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DANIEL CARON alias CARON L'OUTARDE
est né à St-Roch des Aulnaies vers l’an 1817. Il n'a jamais usé ses chaussures à fréquenter l’école du village. Il se maria fort jeune et avec sa petite famille il vint s'établir au Sault Montmorency où il fut employé à l’ancienne scierie Hall. Un soir, en rentrant cher lui, il trouva le logis vide, sa femme était partie sans tambour ni trompette, emmenant avec elle ses enfants, deux garçons et une fille. Madame Caron est morte depuis nombre d'années, mais ses enfants demeurent actuellement à Chicago. Désolé par ce malheur domestique, Caron abandonna son emploi et il n’a cessé depuis à trainer sur son dos, une poche dans laquelle il fourre tout ce qu’il ramasse sar les quais, dans les rues et le long des voies ferrées.
D'autres, à sa place, auraient peut-être noyé leur chagrin dans le fleuve, mais Caron est un philosophe méconnu, il prit la parti de rire et lorsqu'il rencontrait une de ses connaissances sur la rue, il saluait en riant et imitait le cri d’une outarde, de là le sobriquet sous lequel il est universellement connu à Québec. Aujourd’hui, Caron est très vieux ; cependant, il ne rencontre pas une personne sans pousser des cris d'outarde, ce qui amuse énormément les enfants qui le poursuivent lorsqu'il s’aventure sur les boulevards fréquentés. Il raconte qu'’étant allé un jour sur la batture de Beauport, alors très fréquentée par des chasseurs, il crut faire une bonne farce en se blotissant dans les herbes et mystifier les nemrods en poussant des cris d’outarde ; mal lui en prit, car il entendit le plomb des chasseurs siffler à ses oreilles et il se sauva plus mort que vif.
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Caron jouit d’une santé de fer. Il lui arrive parfois d’avoir une attaque d'épilepsie après avoir pris un trop gros repas, précédé d’un long jeûne for:6 de 48 heures.
C'est un bon catholique. Il assiste à la messe basse, le dimanche, à l’église Notre- Dame des Victoires. Avant chaque repas, il récite des prières un quart d'heure durant.
C’est une fête pour le bonhomme que de faire un repas complet. Il reçoit presque tous les jours une généreuse hospitalité à la pension Coulombe, sur le marché Finlay.
Il loge généralement dans une mansarde, au Palais et le peu qu’il gagne, il le donne pour son loyer. Caron raconte qu’au cours de ses pérégrinations sur les quais, il a déjà trouvé sous un quart, un sac contenant une vingtaine de piastres françaises. Le Recorder vient de lui accorder deux mois de prison à l’hôtel B:rnatchez.
HONORÉ CLAVETTE (Thare 6 pouces)
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HONORÉ CLAVETTE alias THARE SIX POUCES
est âgé d'environ 70 ans. Il demeure chez un parent dans Île fort Pitt. Il est natif d'une paroisse d'en bas do Québec. Il n'avait que huit ans, lorsque sa famille vint s'établir à la ville. Ilapprit le métier de cordonnier qu'il exerça à travers les paroisses environnantes, durant piusieurs années, Il est connu à cent milles à la ronde. Il possède une mémoire prodigiense et parle d'une façon surprenante du Québec d'antan, de la construction de vaisseaux sur la rivière St- Charles, etc, 5; il fit sa première communion à l’âge de 21 aus, à l’église Saint-Roch. Il ne sait ni lire ni écrire. Il y a quelque douze ans, il fut enfermé une année à l'asile de Beauport d’où il sortit, disant qu’il était fatigué de travailler sans être payé. Depuis sa sortie, il n’a guère travaillé. Ses outils de cordonnier sont chez un cultivateur de L'Islet. Clavette demande son pain dans les rues de Québec. C'est un marcheur émérite, quoique courtement jambé. Ses tournées sont aussi régulières que celles du facteur de lettres. Les lundis et mardis, à St-Roch ; les mercredis, à St-Sauveur, etc. Dans tous les quartiers, il est la terreur des enfauts. IL est d’une promptitude sans égale. Ni quelqu'un lui crie : ‘* Tharé six pouces ”, il lève sa canne et devient menaçant. Pourtant, il n’est pas dangereux. Il est fort ennuyé des criailleries des enfants. De ce temps-ci, il est souvent le récepteur d’une grêle de pelottes de neige. Perchés sur la clôture, les enfants lui font des misères, sachant qu’ils sont hors de sa portée. Tous les ans, Clavette suit la procession de la Fête-Dieu.
C'est à peu près sa seule chance de s’exhi-