FRICOTER
Chou pour chou (aller), v. Suivre exactement la copie imprimée. C'est l'équivalent de KIF-KIF.
ChoufliC; s. m. Mauvais ouvrier. Expression employée dans d'autres argots.
Claquer, v. intr. Mourir. Ce mot n'est pas particulier aux typographes. Alfred Delvau, dans son Dictionnaire, l'attribue aux faubouriens. Il est aussi bien compris dans le centre de la ville qu'aux faubourgs.
Cliché, s. m. Réplique ou propos qui est toujours le même, n Tirer son cliché, c'est avoir toujours la même raison à objecter ou dire constamment la même chose.
Clous (petits), s. m. pi. Caractères d'imprimerie, h Lever les petits clous, c'est être typographe, paquetier.
Coloquinte (avoir une araignée dans la , v. Avoir le cerveau fêlé. V. hanneton.
Commandite, s. f. Association d'ouvriers pour la composition d'un travail quelconque. Les grands journaux de Paris sont, à peu d'exceptions près, tous faits en commandite. Les membres de l'association choisissent eux-mêmes le metteur en pages. •
Compagnon, s. m. Camarade de rang. Dans les ateliers, les rangs sont disposés pour deux compositeurs; chacun des deux est le compagnon de l'autre : Dis donc, mon compagnon, prête-moi ta pointe.
Compositrice, s. f. Jeune fille ou femme qui se livre au travail de la com-
position. Nous ne réveillerons pas ici la question tant de fois débattue du travail des femmes; nous ne rappellerons pas les discussions qui se sont élevées particulièrement à propos de la mesure prise par la Société typographique, qui interdit à ses membres les imprimeries où les femmes sont employées à la casse. Contentons-nous de dire que nous sommes de l'avis de MM. les. typographes qui, plus moraux que les moralistes, trouvent que la place de leurs femmes et de leurs filles est plutôt au foyer domestique qu'à l'atelier de composition, où le mélange des deux sexes entraine ses suites ordinaires. — Quoi qu'il en soit, il existe des compositrices; nous devions en parler.
MM. les philanthropes qui les emploient vont les recruter dans les ouvroirs, les orphelinats ou les écoles religieuses. Ces jeunes filles, en s'initiant tant bien que mal à l'art de Gutenberg, ne tardent pas à cueillir la fine fleur du langage de l'atelier et à devenir sous ce rapport de vraies typotes, comme elles se nomment entre elles. L'argot typographique ne tarde pas à se substituer à la langue maternelle; mais il en est de l'argot comme de l'ivrognerie : ce qui n'est qu'un défaut chez l'homme devient un vice chez la femme, et il peut en résulter pour elle plus d'un inconvénient. L'anecdote suivante en fournit un exemple : Un employé, joli garçon, courtisait pour le bon motif sa voisine, une compositrice blonde, un peu pâlotte (elles le sont toutes), qui demeurait chez ses parents. La jeune fille n'était point insensible aux attentions de son galant voisin. Un samedi matin, les deux jeunes gens se rencontrent dans l'escalier : « Bonjour, mademoiselle, dit le jeune homme en s'arrètant; vous êtes bien pressée. — Je file mon nœud ce matin, répondit-elle; c'est aujourd'hui le batiau et mon metteur goberait son bœuf si je prenais du salé. » Ayant dit, notre blonde disparaît. Ahurissement de l'amoureux, qui vient d'épouser une Auvergnate à laquelle il apprend le français.
Conscience, s. f. L'ensemble des ouvriers qui travaillent à la journée ou à l'heure, par opposition à ceux qui travaillent aux pièces.
Copie, s. f. Ce qui sert de modèle au compositeur. Elle est manuscrite ou imprimée; la copie manuscrite est, on le comprend, payée un peu plus cher que la réimpression, n Au figuré, Faire de la copie sur quelqu'un, c'est dire du mal de lui, en médire.
Copie de chapelle, s. f. Exemplaire donné par l'auteur aux ouvriers. Ce mot est tombé en désuétude, les auteurs ne donnaut plus d'exemplaire aux ouvriers, et les chapelles ayant cessé d'exister.
Coquilles, s. f. pi. Lettres mises pour d'autres, par manque d'attention. On écrirait un volume avec les coquilles cocasses qui émaillent les ouvrages peu soignés et notamment les journaux. Le compositeur fait des coquilles quand, en distribuant, il place dans un cassetin une lettre qui devrait se trouver dans un autre.
Nous pourrions citer un grand nombre de coquilles; contentons-nous d'extraire du Grand Dictionnaire de M. Pierre Larousse quelques-unes de celles que nous y avons insérées :
— Un libraire avait fait imprimer un rituel de son diocèse. Dans l'indication des cérémonies se trouvait cette phrase, immédiatement avant l'élévation : Ici le prêtre ôte sa calotte. Dans le dernier mot, un u perfide vint prendre la place de 17/ .
— Sieyès, trouvant dans une épreuve d'un discours justificatif de sa conduite politique les mots : « J'ai abjuré la République, » au lieu de: «J'ai adjuré...,» s'écria furieux : « L'imprimeur veut donc me faire guillotiner! »
— Le Moniteur universel mit un jour dans la bouche de l'austère Guizot, parlant à la tribune : « Je suis à bout de mes farces, » pour : « Je suis à bout de mes forces. »
— A l'époque de la mort du prince Jérôme, les journaux annoncèrent sa
maladie et les diverses phases qu'elle suivait. Un soir, le bulletin de la Patrie était ainsi conçu : « Un peu d'amélioration s'est manifesté dans l'état du prince.»
Et le lendemain :
« Le vieux persiste. »
Malheureuse coquille! d'ailleurs parfaitement explicable, puisque, dans la casse, le compartiment qui contient les m touche à celui des v.
— Tout le monde a lu ces deux vers gracieux de Malherbe dans son ode à Dupérier sur la mort de sa fille :
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.
Malherbe avait d'abord écrit :
Et Rosette a vécu...
Le typographe commit une coquille équivalant presque à un trait de génie :
Et rose elle a vécu...
C'était substituer une métaphore charmante à une expression vulgaire. La version du typographe est restée.
— La coquille ne respecte rien : elle osa uu jour s'attaquer à Racine. Nous avons relevé ce vers :
Vous nllez'a l' hôtel, et moi j'y cours, madame. Mais ce n'est pas là une véritable coquille, puisque le mot tout entier est trouqué.
— Dans un volume de vers, on a laissé passer cette horrible coquille :
J'aime à te voir, ô jeune fille, Détachant ta noire mantille De tes épaules de catin.
— Une gazette du xvme siècle annonçait : « Le roi Louis XV est depuis huit jours au château de Fontainebleau; hier, il s'est pendu dans la forêt. »
— Alphonse Karr, dans un de ses moments de misanthropie, avait écrit sur son manuscrit : « La vertu doit avoir des bornes. » Le typographe lut et composa cette phrase phénoménale : « La vertu doit avoir des cornes. »
— Un typographe s'avisa d'écrire uu jour dans un titre : les Jambes de Bar-
bier, en vertu sans doute de cette règle qu'un j remplace deux i ou un i.
— On a pu lire dans les Petites affiches : « Belle femme à vendre ou à louer ; très-productive si on la cultive bien. » Nous ne donnons pas le mot.
— Uu journal de tribunaux a écrit :
« Les juges, trouvant la faute légère, n'ont condamné le pauvre diable qu'à huit jours à' empoisonnement . »
— On rencontre parfois des fautes qui ne sont plus de simples coquilles, mais de véritables àneries : Au lieu à' Archipel de Cook, un compositeur mit : Archipel de 600 kilos. Un autre, prenant cette recommandation de l'auteur : Guillemetez tous les alinéas, pour du texte, composa : Guillotinez tous les aliénés. Un troisième, à la pêche au cachalot, substitua la pèche au chocolat.
— Voici enfin une Ode à la coquille, due à nous ne savons quel poète, un typographe peut-être, ou plutôt un auteur mécontent.
Je vais chanter tous tes hauts faits, Je veux dire tous tes forfaits, Toi qu'à bon droit je qualifie Fléau de la typographie.
S'agit-il d'un homme de 6ien, Tu m'en fais un homme de rien ; Fait -il quelque action insigne, Ta malice la rend indigne, Et, par toi, sa capacité Se transforme en rapacité.
Que sur un vaisseau quelque prince Visite nos ports en province, D'un brave et fameux amiral, Tu fais un fameux animal, Et son émotion ïisible Devient émotion risible ; Un savant maître fait des cours, Tu lui fais opérer des fours ; Il parle du divin Homère, O sacrilège ! on lit Commère ; L'amphithéâtre et ses gradins Xe sont plus que d'affreux gredins.
Le professeur cite Aristote, Tu dis : le professeur radote ; Puis,' s'il allait s'évanouir, Tu le ferais s'épanouir.
Léonidas aux Thermopyles Montre-t-il un beau dévoilment, Horreur ! voilà que tu jubiles En lui donnant le dévomient.
Coule (être a la), v. Etre bien au
l'ait d'un travail, être rompu aux us et coutumes de l'imprimerie. Cette locution a passé dans d'autres argots.
Coup de feu, s. m. Ivresse commençante. V. BARBE.
Coupé (être), v. Être sans argent.
Couper, v. intr. Tomber dans un piège, accepter comme vraie une assertion qui ne l'est pas ; croire à la véracité d'un récit plus ou moins vraisemblable : Je ne coupe pas, je n'en crois rien.
Crachoir (tenir le), v. Parler plus souvent qu'il ne faut, et quelquefois à tort et à travers; faire l'orateur. Expression employée aussi dans le langage vulgaire.
Cran, s. m. Entaillure faite à la lettre pour en distinguer le sens, n Au figuré, Avoir son cran, c'est Avoir son bœuf ou sa chèvre.
Crever, v. Débaucher, congédier : Il a laissé sa copie en plan pendant deux jours, le proie l'a crevé.
Cuiller à pot, s. f. Grand composteur : // se sert d'une cuiller pour composer.
Culotte (prendre une), v. S'enivrer.
il Avoir une culotte, Être ivre. Expression commune à d'autres argots.
Débaucher, v. a. Congédier, renvoyer.
h // a été débauché, On l'a remercié, on l'a renvoyé de l'atelier.
Décartonner (se), v. pr. S'affaiblir, devenir poitrinaire. Terme emprunté aux relieurs.
Décognoir, s. m. Morceau de bois dur, long de 18 à 20 centimètres, aminci par un bout, employé pour chasser les coins avec lesquels on serre les formes, il Au fig., Nez. Pourquoi appelle-t-on un gros nez un décognoir? Sans doute à cause de l'analogie de forme.
Deleatur, s. m. Signe ayant à peu près la forme d'un delta grec (S ) et par lequel on indique, dans la correction des épreuves, ce qui est à retrancher. Ce mot, qui est la troisième personne sing. du présent du subjonctif passif du verbe latin delere, effacer, signifie : qu'il soit efjucé.
Dessaler (se), v. pr. S'acquitter, se mettre au pair, quand on a compté par avance une composition qui n'est pas faite. V. salé.
Distribuer, v. intr. Mettre chaque lettre dans le cassetin qui lui est propre.
Doublon, s. m. Répétition du même mot, du même membre de phrase ou de la même phrase de la copie. Cette répétition, due au manque d'attention de l'ouvrier, a pour lui les mêmes inconvénients que le bourdon et exige souvent un remaniement.
Doublonniste, s. m. Compositeur qui fait habituellement des doublons.
Dur (être dans son), v. Travailler avec une ardeur sans pareille. En général, c'est dans la semaine du batiuu, quelques jours avant la remise du bordereau, que les ouvriers sont dans leur dur.
Embaucher, v. Admettre un compositeur dans un atelier.
Enquiller (s'), v. pr. Être embauché.
Envoler (s'), v. pr. Quitter l'atelier, seul ou en compagnie, pour aller faire une balade.
Épreuve, s. f. Première feuille imprimée, destinée aux correcteurs ou aux auteurs, pour qu'ils y indiquent les fautes commises par les compositeurs. On distingue l'épreuve en première, la première d'auteur, le bon, la tierce et la révision.
Étoffes, s. f. pi. Écart entre le prix de revient et le prix marqué sur la facture du client. Les étoffes sont, en général, de SO à 60 pour 100. Elles sont destinées à couvrir les frais généraux, l'intérêt du capital engagé, et le restant constitue le bénéfice réalisé.
Étouffer un perroquet, v. Expression pittoresque pour dire : Boire un verre d'absinthe, sans doute à cause de la couleur verte de ce funeste breuvage.
Faces (avoir des), v. Avoir de l'argent, sans doute parce que la monnaie, qu'elle soit d'or ou de billon, porte le plus souvent l'effigie, la face d'un souverain.
Fade, s. m. Avoir son fade, c'est, dans une distribution de liqueurs ou de comestibles, être bien servi, n Dans d'autres argots, le même mot signifie Argent.
Avoir son fade veut dire alors: Recevoir son compte.
Flémard, adj. Atteint de cette maladie qu'on appelle la flème. Le flémard se distingue du paresseux en ce qu'il n'est atteint du vice de ce dernier que par intermittences.
Flème, s. f., sans doute altération du mot flegme. Paresse passagère, n Avoir la flèrne, c'est ne travailler qu'à contrecœur. Cet état est fréquent dans tous les ateliers le lendemain des fêtes, carillonnées ou non. Le mot — et surtout la cbose — ne sont pas particuliers aux typograpbes.
Flémer, v. intr. Ne pas travailler; flâner.
Fonctions (faire des), v. Distribuer, corriger; spécialement aider un metteur en pages.
Fouailler, v. intr. Lâcher, reculer.
Frère, s. m. Typograpbe qui fait partie de la Société typographique. Un vrai frère est aussi celui qui ne refuse jamais de prendre une tasse, et qui ne laisse jamais un autre vrai frère dans l'embarras.
Fricoter, v. a. Prendre des sortes dans la casse de ses compagnons.
Fricoteur, s. m. Celui qui fricote, c'est-à-dire qui pille la casse de ses compagnons. Les fricoteurs sont rares.
Fripe, s. f. Nourriture. Ce mot est aussi employé dans le langage populaire.
Frusques, s. f. pi. Vêtements. Commun aux autres argots parisiens.
Galerie, s. f. Salle de composition, le plus ordinairement de forme rectangulaire. Les rangs sont placés perpendiculairement à chacun des grands côtés du rectangle. L'espace laissé libre au milieu est en partie occupé par les marbres.
Gosse, s. m. Gamin. Dans l'imprimerie, les gosses sont les apprentis.
Gourgousser, v. intr. Se répandre en jérémiades, en récriminations de toute sorte et à propos de tout.
Gourgousseur, s. m. Celui qui gourgousse. Nous avons défini ce type dans la première partie de cette brochure.
Grate, s. f. Abréviation de gratification. La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires, ou les jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le Tarif fixe à 25 centimes par chaque heure. C'est ce qu'on appelle la grate. Elle a été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus d'ouvriers possible. Il a, on le comprend, un moyen facile d'échapper à la gratification : c'est de mettre sur le même ouvrage un nombre d'hommes suffisant pour qu'il ne soit pas nécessaire d'avoir recours aux heures supplémentaires. Tous le feraient assurément, si quelquefois l'espace ne leur manquait.
Grebige, s. f. Cette expression, usitée seulement dans quelques ateliers, au Moniteur universel, par exemple, désigne la ligne de pied qui contient le nom d'imprimerie suivi ou précédé d'un numéro d'ordre; c'est sans doute le nom même de celui qui fit cette petite innovation.
Guitare (avoir une sauterelle dans la), v. Avoir le cerveau un peu détraqué. V. hanneton.
H! Exclamation ironique qui est employée dans une foule de circonstances.
C'est l'abréviation du mot hasard, dont on se sert également. H ! ou hasard! est employé ironiquement et par antiphrase pour dire qu'une chose arrive fréquemment. Un poivreau vient-il promener sa barbe à l'atelier, H! s'écrient ses confrères. Quelqu'un raconte-t-il une sorte un peu trop forte, son récit est accueilli par un H! très-aspiré et fortement accentué.
Hanneton, s. m. Idée fixe et quelquefois saugrenue, n Avoir un hanneton
dahs le plafond, c'est avoir le cerveau un peu détraqué. On dit aussi, mais plus rarement, Avoir une sauterelle clans la guitare et une araignée dans la coloquinte.
Le hanneton le plus répandu parmi les typographes, c'est, nous l'avons déjà dit, la passion de l'art dramatique. Dans chaque compositeur, il y a un acteur. Ce hanneton-\h, il ne faut ni le blâmer ni même plaisanter à son sujet; car il tourne au profit de l'humanité. Combien de veuves, combien d'orphelins, combien de pauvres vieillards ou d'infirmes doivent quelque bien-être et un adoucissement à leurs maux au hanneton dramatique! Mais il en est d'autres dont il est permis de rire. Ils sont si nombreux et si variés, qu'il serait impossible de les décrire ou même de les énumérer; comme la fantaisie, ils échappent à toute analyse. On peut seulement en prendre quelques-uns sur le fait. Citons, par exemple, celui-ci : Un bon typographe, connu de tout Paris, d'humeur égale, de mœurs douces, avait le hanneton de l'improvisation. Quand il était pris d'un coup de feu, sa manie le talonnant, il improvisait des vers de toute mesure, de rimes plus ou moins riches, et quels vers ! Mais la pièce était toujours pathétique et l'aventure tragique; il ne manquait jamais de terminer par un coup de poignard, à la suite duquel il s'étendait lourdement sur le parquet. Un jour qu'il avait improvisé de cette façon et qu'il était tombé mort au milieu de la galerie de composition, un frère peu touché se saisit d'une bouteille pleine d'eau et en versa le contenu sur la tête du pseudo- Pradel. Le pauvre poète se releva tout ruisselant et prétendit à juste raison que « la sorte était mauvaise. » C'est le hanneton le plus corsé que nous ayons rencontré, et on avouera qu'il frise le coup de marteau.
Un autre a le hanneton de l'agriculture : tout en composant, il rêve qu'il vit au milieu des champs; il soigne ses
vergers, échenille ses arbres, émonde, sarcle, arrache, bêche, plante et récolte. Le 0 rus, quando te aspiciam ? d'Horace est sa devise. Parmi les livres, ceux qu'il préfère sont la Maison rustique et le Parfait jardinier. Il a d'ailleurs réalisé en partie ses désirs. Sa conduite rangée lui a permis de faire quelques économies, et il a acquis, en dehors des fortifications, un terrain qu'il cultive; malheureusement ce terrain, soumis à la servitude militaire, a été saccagé par le génie à l'approche du siège de Paris. Vous voyez d'ici la c/ièvre!
Un troisième a une singulière manie.
Quand il se trouve un peu en barbe, il s'en va, et, s'arrètant à un endroit convenable, se parangonne à l'angle d'un mur; puis, d'une voix caverneuse, il se contente de répéter de minute en minute : « Une voiture! une voiture! »
jusqu'à ce qu'un passant charitable, comprenant son désir, ait fait approcher le véhicule demandé.
Autre hanneton. Celui-ci se croit malade, consulte les ouvrages de médecine et expérimente in anima sua les méthodes qu'il croit applicables à son affection. Nous l'avons vu se promener en plein soleil, au mois de juillet, la tête nue, et s'exposer à une insolation pour guérir des rhumatismes absents.
Un de nos confrères, un correcteur celui-là, a le hanneton de la pêche à la ligne. Pour lui, le dimanche n'a été inventé qu'en vue de ce passe-temps innocent, et on le voit dès le matin de ce jour se diriger vers la Seine, muni de ses engins. Il passe là de longues heures, surveillant le bouchon indicateur. On ne dit pas qu'il ait jamais pris un poisson. En revanche, il a gagné à cet exercice, Sur les humides bords des royaumesdu Vent, de nombreux rhumes de cerveau.
Hannetonné, adj. Atteint de cette maladie spéciale qu'on nomme hanneton.
La définition donnée par Alfred Dclvau n'est pas exacte. Pour lui, un hannetonné est un homme qui « se conduit
comme un enfant. » Ce n'est pas cela : le hannetonné agit en vertu d'une idée fixe, et on sait que les enfants n'ont guère de ces idées-là.
Hareng, s. m. « Nom que donnent les imprimeurs aux compagnons qui font peu d'ouvrage. Ce nom vient de l'Allemagne. » (Momoro.) Cette expression n'est plus usitée; Momoro l'écrit aratig, sans doute d'après la prononciation et sans avoir songé qu'elle provenait de l'habitude que les Allemands avaient de manger beaucoup de harengs.
Hasard ! Expression elliptique et ironique qui peut se traduire par : Cela arrive par hasard! pour dire : Cela arrive très-fréquemment. Aujourd'hui, on emploie plus souvent H!
Homme de bois, s. m. Dénomination ironique pour désigner un ouvrier en conscience; il est corrigeur, homme de conscience ou chef du matériel. Se dit aujourd'hui à peu près exclusivement de celui qui fait les fonctions avec un metteur en pages.
Il n'y en a pas! Réponse invariable du chef du matériel, du moins d'après le dire de MM. les paquetiers. Le chef du matériel est chargé, entre autres fonctions, de donner aux paquetiers la distribution et les sortes manquantes. On comprend qu'il soit assailli de tous côtés. On prétend que, d'aussi loin qu'il voit arriver vers lui un homme aux pièces, avant même que celui-ci ait ouvert la bouche, il s'empresse de répondre à une demande qui n'a pas encore été formulée par ce désolant : // n'y en pas !
Il pleut! v. unipers. Exclamation par laquelle un compositeur avertit ses camarades de l'irruption intempestive dans la galerie du prote, du patron ou d'un étranger. Dansquelques maisons, Il pleut! est remplacé par Vingt-deux. Pourquoi vingt-deux? On n'a jamais pu le savoir.
Index, s. m. Décision de la Chambre syndicale typographique qui interdit aux sociétaires de travailler dans telle ou telle maison, par suite d'infraction de la
part du patron aux règlements acceptés.
Les imprimeries à l'index, peu nombreuses d'ailleurs à Paris, sont celles où des femmes sont employées comme compositrices et où le travail n'est pas payé conformément au Tarif. Les ouvriers typographes qui consentent à y travailler sont désignés sous le nom de sarrasins.
Italique, adj. Penché, tortu. Il a les jambes italiques, il est bancal. Le sens de ce mot vient, sans contredit, du caractère dit italique, qui est penché.
Jacques (aller a Saint-), v. Faire des bourdons. « Un compositeur que l'on envoie à Saint-Jacques, dit Momoro, est un compositeur à qui l'on indique sur ses épreuves des remaniements à faire, parce que celui qui corrige les épreuves figure avec sa plume une espèce de bourdon aux endroits omis pour indiquer l'omission. » C'est sans doute de là que vient le mot bourdon. Il faut ajouter que l'expression Aller à Saint-Jacques est actuellement presque inusitée.
Justification, s. f. Longueur de la ligne, variable suivant les formats, n Au figavé^Prendre sa justification, c'est prendre ses mesures pour faire quelque chose. Kif-kif. Expression dont nous ne connaissons ni l'origine ni l'étymologie, et que nous orthographions tout à fait au hasard : elle s'emploie pour dire qu'une chose est la même qu'une autre : C'est kif-kif, c'est équivalent, c'est la même chose.
Lapin (manger un), v. Aller à l'enterrement d'un camarade. Cette locution vient sans doute de ce que, à l'issue de la cérémonie funèbre, les assistants se réunissaient autrefois dans quelque restaurant avo;sinant le cimetière, et, en guise de repas des funérailles, mangeaient un lapin plus ou moins authentique.
Cette coutume tend à disparaître; aujourd'hui, le lapin est remplacé par un morceau de fromage et quelques litres de vin.
Nous connaissons un compositeur philosophe, le meilleur garçon du monde, qui, à tort ou à raison, se croit atteint
d'une maladie dont la terminaison lui parait devoirêtre fatale et prochaine. Or une chose surtout le chiffonnait: c'était la pensée attristante qu'il n'assisterait pas au relias de ses funérailles ; en un mot, qu'il ne mangerait pas son propre lapin. Aussi, l'automne dernier, par un beau dimanche lendemain de banque, lui et ses amis s'envolèrent vers le bas Meudon et s'abattirent dans une guinguette au bord de l'eau. On fit fête à la friture, au la-, pin et au vin bleu. Le repas, assaisonné de sorte* et de bonne humeur, fut trèsgai, et le moins gai de tous ne fut pas le futur macchabée. C'est gentil ça, n'est-ce pas?
Lardée, s. f. Composition remplie d'italique et de romain. (B. Vinçard.) Vieilli.
Lever les petits clous, v. Composer.
Un bon leveur est un ouvrier qui compose habilement et vite.
Lignard, s. m. Compositeur qui fait spécialement la ligne courante.
Lignes à voleur, s. f. pi. Lignes composées d'une syllabe ou d'un mot de trois ou quatre lettres qu'il était passible de faire entrer dans la ligne précédente en espaçant moins large. Les lignes à voleur sont faciles à reconnaître, et elles n'échappent guère à l'œil d'un correcteur exercé, qui les casse d'ordinaire impitoyablement. Les lignes étant comptées pleines, on conçoit l'intérêt du compositeur à n'avoir qu'un mot à mettre dans une ligne. Toutefois, c'est le fait d'ouvriers peu soigneux.
Loup, s. m. Créancier, et aussi la dette elle-même, n Faire un loup, c'est prendre à crédit, principalement chez le marchand de vin. Le jour de la banque, le créancier ou loup vient quelquefois guetter son débiteur (nous allions dire sa proie) à la sortie de l'atelier pour réclamer ce qui lui est dû. Quand la réclamation a lieu à l'atelier, les compositeurs donnent à leur camarade et au créancier une roulançe, accompagnée des cris : Au
Imif,! nu loup!
Louvetier, s. m. Celui qui fait des dettes, qui a des loups. Ce terme est pris en mauvaise part, car le typo auquel on l'applique est considéré comme faisant trop bon marché de sa dignité.
Macabre, s. m. Un mort. Ce mot vient peut-être de ces danses macabres que les artistes du moyen âge peignaient sur les murs des cimetières. La Mort conduisait ces chœurs funèbres, n On dit
aUSSi MACCHABÉE.
Macchabée, s. m. Un mort. V. macabre.
Manuscrit belge, s. m. Copie réimprimée. On a donné ce nom à cette sorte de copie sans doute parce qu'en Belgique, au temps où florissait la contrefaçon, on ne faisait guère que des réimpressions. D'autres prétendent que, les ouvriers belges, assez nombreux à Paris, ne pouvant autrefois déchiffrer la copie manuscrite, on ne leur donnait a composer que les réimpressions. Aujourd'hui, cette distinction a à peu près disparu.
Marcher, v. intr. Etre de l'avis de quelqu'un. Je marche, j'approuve.
Marque-mal, s. m. Margeur, ou plutôt receveur de feuilles h la machine.
Marron, s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent d'étoffes.
Mastic, s. m. Discours confus et embrouillé, ii Faire un mastic, c'est s'embrouiller dans les explications que l'on donne; c'est quelquefois dire le contraire de ce que Ton voulait dire, commencer une phrase et ne pouvoir la terminer.
Mastroquet ou Mastroc, s. m. Marchand de vin.
Mèche (.demander), v. Offrir ses services dans une imprimerie.
Mince, adj. pris adverbialement. Beaucoup, sans doute par autiphrase. \\ Il a mince la barbe, il est complètement ivre Commun à plusieurs argots.
Mise-bas, s. f. Grève, cessation de
travail dans un atelier. Les mùes-bas ont lieu pour infraction au Tarif.
Moine, s. m. Endroit sur une forme qui n'a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n'est pas imprimé sur la feuille.
Montage, s. m. Ensemble de pratiques ou de paroles qui ont pour but de faire croire à quelqu'un une chose qui D'existé pas, et surtoqt de le faire agir en vertu de cette fausse croyance. On dit aussi montage de coup. Cette plaisanterie est fréquente dans les ateliers; mais le compagnon, « né malin, » ne coupe pas toujours.
Morasse, s. f. Epreuve faiteà la brosse d'une page de journal avant le serrage définitif de la forme, h Se dit aussi des ouvriers qui attendent pour partir que le journal soit prêt à être mis sous presse et du temps pendant lequel ils attendent. Munisse vient d'un mot latin : mora, délai, retard.
Mulet, s. m. Compositeur qui aide dans son travail un metteur en pages surchargé de besogne. Le mulet est en conscience ; son office reçoit encore le nom de fonctions; il serre et desserre les formes, fait corriger les paquetiers, l'ait l'aire les épreuves et descend les feuilles aux machines.
Musique, s. f. Grande quantité de corrections indiquées sur la marge des pages, de telle sorte que l'épreuve a quelque analogie d'aspect avec une page de musique, n En un autre sens, Groupe de compositeurs qui calent fréquemment par suite de leur incapacité. On dit encore la petite musique.
Naïf, s. m. Patron. Le vieux pressier resta seul dans l'imprimerie, dont le maître, autrement dit le naïf, venait de mourir. N'est plus guère usité.
On pave ! Exclamation pittoresque qui exprime l'effroi d'un débiteur amené par hasard à passer dans une rue où se trouve un loup. Le typo débiteur fait alors un circuit pour éviter la rue où l'on pave. Ours, s. m. Imprimeur ou pressier.
Ce Séchard était un ancien compagnon pressier que, dans leur argot typographique, les ouvriers chargés d'assembler les lettres appellent un ours. (Balzac.) Cette expression a vieilli. V. singe.
Pallas, s. m. Discours emphatique ou plutôt amphigourique. C'est sans doute par une réminiscence classique qu'on a emprunté ironiquement, pour désigner ce genre de discours, l'un des noms de la sage Minerve, déesse de l'éloquence. Que de pallas finissent par des mastics!
Pallasser, v. intr. Faire des phrases, discourir avec emphase.
Pallasseur, s. m. Celui qui a l'habitude de faire des phrases, des pallas.
Paquetier, s. m. Compositeur qui ne fait que des lignes qu'il met ensuite en paquets.
Parangonner, v. intr. Allier des caractères de force différente, de façon qu'ils s'alignent ensemble, n Au figuré, Se parangonner, c'est se consolider en s'appuyant; s'arranger de façon à ne pas tomber, parce qu'on se sent peu solide sur ses jambes.
Pâte (mettre en), v. Laisser tomber sa composition ou sa distribution. Quelquefois une forme entière mal serrée est mise en pâte quand on la transporte.
Remettre en casse les lettres tombées, c'est faire du pâté, n Par extension, on dit de quelqu'un qu'il s'est mis en pâte, quand il a fait une chute.
PâtéjS.m.Caractèresmêlés et brouillés qu'on fait trier par les apprentis, n Faire du pâté, c'est distribuer ces sortes de caractères.
Pâté de veille, s. m. Collation que l'on fait dans les ateliers le premier jour des veillées. Hélas ! comme beaucoup d'autres coutumes, le pâté de veille tombe en désuétude.
Piau, s. f. Conte, plaisanterie incroyable, n Conter une piau, c'est mentir, faire un conte invraisemblable. Les dérivés piausser et piausseur sont a peu près inusités. Nous ne connaissons pas l'origine de cette locution.
Pige. s. f. Tâche que doivent faire, pour être admis à la commandite, les compositeurs de journaux. La pige est de 30, 33, 40 et 42 lignes à l'heure.
Piger la vignette, v. Regarder avec complaisance quelqu'un ou quelque chose de divertissant.
Piller, v. intr. Prendre des sortes dans la casse de ses compagnons. C'est voler.
Pilleur de boîtes, s. m. Celui qui pille la casse de ses camarades. "V. fricoteur.
Planquer des sortes, v, Cacher les lettres ou sortes qui entrent en grande quantité dans un travail en cours d'exécution. L'ouvrier qui planque des sortes cause un préjudice à tous ses compagnons, qui ne trouvent plus celles qui devraient être dans des casses ou bardeaux d'un usage commun.
Plâtre, s. m. Simple paquetier et plus spécialement mauvais compositeur.
Pointu, s. m. et adj. Disposé à prendre les choses par leur mauvais côté, et, par suite, insociable, grincheux, désagréable. Ce travers n'est pas étranger aux typographes; mais le mot n'appartient pas exclusivement à leur langue.
Poivreau, s. m. Ivrogne. Que d'anecdotes on pourrait raconter au sujet des poivreaux! Contentons-nous de dire que ce mot tire évidemment son origine du poivre que certains débitants de liquides ne craignent pas de mêler à l'eau-de-vie qu'ils servent à leurs clients. Ils obtiennent ainsi un breuvage sans nom, capable d'enivrer un bœuf.
Pomaquer, v. Se faire prendre, se faire pincer. Mot à peu près tombé en désuétude.
Pompe (avoir de la), v. Avoir du travail en quantité suffisante.
Pomper, v. inlr. Travailler avec une grande ardeur. Ce n'est pourtant pas la même chose mi'étre dans son dur; c'est surtout travailler vite et pour peu de temps.
Prote, s. m. « C'est, dit Momoro, le chef ou directeur d'une imprimerie. La personne qui remplit cette place est supposée avoir des talents au-dessus du com-
mun des ouvriers. Dans les premiers temps de l'imprimerie, des gens savants n'ont point dédaigné cet emploi. Aujourd'hui, on choisit parmi les compositeurs ceux qui réunissent les talents les plus propres èi remplir cette place. » Prote vient du grec «eStoç, premier. « Je dirai, ajoute Momoro, qu'un prote est primus inter pares, le premier parmi ses égaux. » h Prote à manchettes. C'est le véritable prote ; il ne travaille pas manuellement; son autorité est incontestée.
Il représente le patron vis-à-vis des clients aussi bien que vis-à-vis des ouvriers, h Prote à tablier, Ouvrier qui, en prenant les fonctions de prote, ne cesse pas pour cela de travailler manuellement, ii Prote aux gosses, le plus grand des apprentis, il Prote aux machines, Conducteur qui a la haute main sur les autres conducteurs d'un même atelier.
Quantès? Corruption de Quand est-ce?
Lorsqu'un compositeur est nouvellement admis dans un atelier, on lui rappelle par cette interrogation qu'il doit payer son article 4 ; c'est pourquoi Payer son quantès est devenu synonyme de Payer son article 4. Cette locution est usitée dans d'autres professions.
Que t'es. Riposte saugrenue que les compositeurs se renvoient à tour de rôle, quand l'un d'eux, en lisant ou en discourant, se sert d'un qualificatif prêtant au ridicule. Donnons un exemple pour nous faire mieux comprendre. Supposons que quelqu'un dans l'atelier lise cette phrase : « Sur la plage nous rencontrâmes un sauvage..., » un plaisant interrompt et s'écrie : Que Ves ! (sauvage que tu es !). C'est une scie assez peu spirituelle, qui se répète encore dans les galeries de composition plusieurs fois par jour.
Ranger, v. a. Mettre en pâte. Ce mot est employé ironiquement et par antiphrase. Lorsqu'un homme de conscience laisse échapper de ses mains un compartiment de casse, un paquet de distribution ou tout autre objet, les compagnons
charitables ne manquent pas de s'écrier, en appuyant sur le dernier mot : Ce n'est rien ; c'est la conscience qui range !
Rangs, s. m. pi. Tréteaux sur lesquels les casses sont placées. Un rang est disposé pour deux compositeurs.
Réclame, s. f. Mot qui se mettait autrefois à la fin d'une feuille, dans la ligne de pied, et qui se répétait au commencement de la feuille suivante.
il Vérifier la réclame, c'est s'assurer que la fin d'une feuille concorde bien avec le commencement de celle qui suit immédiatement, ii Au figuré, Ce qui reste dans une bouteille après que chacun a eu sa part : Ne t'en va pas, il y a la réclame, c'est-à-dire: Il en reste encore un peu pour chacun de nous.
Reconnaissance, s. f. V. réglette.
Registre (faire le), v. C'est, en imprimant la retiration, faire tomber exactement les pages l'une sur l'autre, n Au figuré, c'est verser le contenu d'une bouteille de façon que chacun ait exactement sa part.
Réglette, s. f. Petite lame de bois ou de métal, mince et plate, de la hauteur des cadrats, et qui sert à justifier les pages en longueur, n Arroser la réglette. Lorsqu'un paquetier passe metteur en pages, il manquerait à tous ses devoirs s'il ne régalait son équipe ; celle-ci, à son tour, fait une reconnaissance, c'est-à-dire paye la moitié (à revenir) de ce qu'a payé le nouveau metteur.
Retiration, s. f. Verso de la feuille à imprimer, quand on tire en blanc, n Être en retiration, c'est avoir atteint la cinquantaine.
Rien, synonyme de beaucoup. // est rien bête celui-là. Cette expression saugrenue appartient plutôt à l'argot des margeurs et des receveurs qu'à celui des compositeurs. V. minck.
Roulance, s. f. Tapage assourdissant que font tous ensemble les ouvriers d'un atelier en frappant avec leurs composteurs sur leur galée ou sur les compartiments qui divisent les casses en cassetins, sur
les taquoirs avec les marteaux, en même temps qu'ils frappent le sol avec les pieds. Quand un sarrasin pénètre dans une galerie, quand un compositeur est vu d'un mauvais œil, qu'il est ridicule, ou ivre, qu'il a émis une idée baroque et inacceptable, en un mot quand quelqu'un ou quelque chose leur déplaît, MM. les typographes le manifestent bruyamment par une roulance. Les roulances ne respectent rien : les protes, les patrons euxmêmes n'en sont pas à l'abri.
Rouler, v. iutr. Aller d'imprimerie en imprimerie
Rouleur, s. m. Ouvrier typographe qui roule d'imprimerie en imprimerie sans rester dans aucune et qui, par suite de son inconduite et de sa paresse, est plutôt un mendiant qu'un ouvrier. Aucune corporation, croyons-nous, ne possède un type aussi fertile en singularités que celui dont nous allons essayer d'esquisser les principaux traits. Les rouleurs sont les juifs errants de la typographie, ou plutôt ils constituent cet ordre mendiant qui, ennemi juré de tout travail, trouve que vivre aux crochets d'autrui est la chose la plus naturelle du monde. Il en est même qui considèrent comme leur étant due la caristade que leur alloue la commisération. Nous ne leur assimilons pas, bien entendu, les camarades besoigneux dont le dénûment ne peut être attribué à leur faute : à ceux-ci, chacun a le devoir de venir en aide, dignes qu'ils sont du plus grand intérêt.
Les rouleurs peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui travaillent rarement, et ceux qui ne travaillentjamais. Des premiers nous dirons peu de chose : leur tempérament ne saurait leur permettre un long séjour dans la même maison;, mais enfin ils ne cherchent pas de préférence, pour offrir leurs services, les imprimeries où ils sont certains de ne pas être embauchés. Si l'on a besoin de monde là où ils se présentent, c'est une déveine; mais ils subissent la malchance sans trop récriminer. De plus.
détail caractéristique, ils ont un saintjc.-m, ils sont possesseurs d'un peu de linge et comptent jusqu'à deux ou trois mouchoirs de rechange. Afin que leurs bagages ne leur soient pas un trop grand embarras dans leurs pérégrinations réitérées, ils les portent sur le dos au moyen de ficelles, quelquefois renfermés dans ce sac de soldat qui, en style imagé, s'appelle azor ou as de carreau. Un des plus industrieux avait imaginé de se servir d'un tabouret qui, retenu aux reins par des bretelles, lui permettait d'accomplir allègrement les itinéraires qu'il s'imposait. Ce tabouret, s'il ne portait pas César, portait du moins sa fortune.
Mais passons à la seconde catégorie.
Ceux-là ont une horreur telle du travail, que les imprimeries où ils soupçonnent qu'ils en trouveront peu ou prou leur font l'effet d'établissements pestilentiels ; aussi s'en éloignent-ils avec effroi, bien à tort souvent; car le dehors de quelques-uns est de nature à préserver les protes de toute velléité d'embauchage à leur endroit. D'ailleurs, si les premiers ne se présentent pas souvent en toilette de cérémonie, les seconds, en revanche, exposent aux regards l'accoutrement le plus fantaisiste. C'est principalement l'article chaussure qui atteste la fécondité de leur imagination. Ce qui va suivre est de la plus scrupuleuse exactitude : deux individus, venant s'assurer dans une maison de banlieue que l'ouvrage manquait complètement et toucher l'allocation qu'on accordait aux passagers, étaient, l'un chaussé d'une botte et d'un soulier napolitain, l'autre porteur de souliers de bal dont le satin jadis blanc avait dû contenir les doigts de quelque Berthe aux grands pieds. Des vestiges de rosette s'apercevaient encore sur ces débris souillés d'une élégance disparue.
Au physique, le routeur n'a rien d'absolument rassurant. La paresse perpétuelle dans laquelle il vit l'a stigmatisé. Il pourrait poser pour le lazzarone napolitain, si poser n'était pas une occupa-
tion. Une particularité due à la conversion en spiritueux d'une grande partie des collectes faites en sa faveur, c'est son nez rouge et boursouflé.
Lorsque, contre son attente, le routeur est embauché, il n'est sorte de moyens qu'il n'emploie pour sortir de la souricière dans laquelle il s'est si malencontreusement fourvoyé : le plus souvent, il prétexte une grande fatigue, et se relire en promettant de revenir le lendemain.
Il serait superflu de dire qu'on ne le revoit plus.
Il est un de ces personnages qu'on avait surnommé le roi des routeurs, et que connaissaient tous les compositeurs de France et de Navarre. Celui-là n'y allait pas par trente-six chemins. Au lieu de perdre son temps à de fastidieuses demandes d'occupation, il s'avançait carrément au milieu de la galerie, et, d'une voix qui ne trahissait aucune émotion, il prononçait ces paroles, dignes d'être, burinées sur l'airain : « Voyons ! y a-t-il mèche ici de faire quelque chose pour un confrère nécessiteux? » Souvent une collecte au chapeau venait récompenser de sa hardiesse ce roi fainéant; souvent aussi ce cynisme était accueilli par des huées et des injures capables d'exaspérer tout autre qu'un routeur. Mais cette espèce est peu sensible aux mortifications et n'a jamais fait montre d'un amourpropre exagéré.
Pour terminer, disons que le routeur tend à disparaître et que le tijpo laborieux, si prompt à soulager les infortunes imméritées, réserve pour celles-ci les deniers de ses caisses de secours et se détourne avec dégoût de celui-là, parasite sans pudeur, dont l'existence se passe à mendier quand il devrait produire. (Delestre.)
Sac (avoir le) ou Être saqué, v.
Avoir de l'argent, être riche.
Saint-jean, s. m. Ensemble des outils d'un compositeur. Ces outils, d'ailleurs peu nombreux, sont : le composteur de fer et le composteur de bois, les pinces,
la pointe, aujourd'hui presque complètement abandonnée, le visorium et la boîte à corrections.
Saint-Jean-Porte-Latine, s. f. Fête des typographes. Elle tombe le 6 mai; mais elle n'est plus guère chômée à Paris.
Salé, s. m. Travail compté sur le bordereau et qui n'est pas terminé. Le compositeur qui prend du salé se fait payer d'avance une composition qu'il n'a pas faite encore et qu'il ne comptera pas quand elle sera finie; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages.
Le salé est, on le conçoit, interdit partout. On dit que le salé fuit boire, parce qu'il n'encourage pas à travailler, et rien n'est plus juste; en effet, le compagnon, sachant qu'il n'aura rien à toucher en achevant une composition comptée et qui lui a été payée, n'a pas de courage à la besogne. Loin d'être dans son dur, il a là flème : de là de fréquentes sorties; de là aussi l'adage.
Sarrasin, s. m. Ouvrier qui travaille en mise-bas, et, par extension, compositeur qui ne fait pas partie de la Société typographique. Cette expression vient sans doute de ce que les Sarrasins sont des infidèles.
Scie, s. f. Mystification; plaisanterie agaçante. N'est pas particulier au langage des typographes, n On appelait autrefois scie, dit Vinçard, ce qui sert à disposer les garnitures.
Sentinelles, s. f. pi. Lettres qui tombent dune forme quand on la lève et qui se tiennent debout sur le marbre.
Services, s. m. pi. Mot usité dans cette formule à peu près invariable du typo en quête de travail : Monsieur, je viens vous offrir mes services pour la casse.
Sibérie, s. f. Se dit de rangs situés à l'extrémité de la galerie et avec lesquels la chaleur n'a aucune espèce d'accointance. Dans quelques imprimeries, on donnait ce uom à un coin de l'atelier où
les apprentis, personnages encombrants et plus spécialement affectés aux courses qu'à l'initiation de leur art, étaient relégués pour le tri du pâté. L'attrape-science, heureux de ne pas sentir là peser sur lui une surveillance constante, en profitait pour dévorer le moins de pâté possible et se livrer à toutes les malices que lui suggérait une imagination précoce.
La bande joyeuse composait et jouait des drames inévitablement suivis de duels, où les épées, représentées par des réglettes, jonchaient de leurs débris le dessous des rangs. Mais tout, hélas !
n'était pas rose pour nos singes en herbe, et plus d'une fois les jeux se terminèrent par de terribles catastrophes. L'un d'eux ayant un jour chipé chez ses parents un mirifique jeu de piquet, quatre apprentis joyeux, quoique gelant dans leur Sibérie, se mirent à battre bravement les cartes. A peine se les étaient-ils distribuées, qu'ils devinrent l'objet d'une panique soudaine. On venait d'entendre le frôlement d'une robe qui n'était autre que celle de la patronne, laquelle n'entendait pas raillerie. Le plus avisé, ramassant vivement les pièces accusatrices, les jeta dans sa casquette, dont il se coiffa non moins vivement. Il était temps ! La patronne vit nos quatre gaillards acharnés après la besogne qui semblait fondre sous leurs doigts. Aussi leur adressa-t-elle des paroles éloquentes de satisfaction. Mais s'aperce vant que l'un d'eux était couvert, et comme elle tenait au respect : « Dieu me pardonne, ditelle, mais vous me parlez la casquette sur la tète. — Pardon, madame! » dit l'interpellé. Aussitôt le roi de pique, la dame de cœur et leur nombreuse cour dansèrent une sarabande effrénée et couvrirent le parquet, plus habitué à recevoir la visite de caractères en rupture de ban que celle de ces augustes personnages. Le jour même, nos quatre drôles avaient quitté la Sibérie et l'atelier. (Nous devons la définition de la Sibérie et les développements de cet article à M. De-
lestre, un des héros du drame L'enfant promettait!) '
Singe, s. m. Ouvrier typographe. Ce mot, qui n'est plus guère usité aujourd'hui et qui a été remplacé par l'appellation de typo, vient des mouvements que fait le typographe en travaillant, mouvements comparables à ceux du singe. Une opinion moins accréditée, et que nous rapportons ici sous toutes réserves, attribue celte désignation à la callosité que les compositeurs portent souvent à la partie inférieure et extérieure de la main droite. Cette callosité est due au frottement réitéré de la corde dont ils se servent pour lier leurs paquets.
« Les noms d'ours et de singe n'existent que depuis qu'on a fait la première édition de l'Encyclopédie, et c'est Riehelet qui a donné le nom d'ours aux imprimeurs, parce qu'étant un jour dans l'imprimerie à examiner sur le banc de la presse les feuilles que l'on tirait, et s'étant approché de trop près de l'imprimeur qui tenait le barreau, ce dernier, en le tirant, attrape l'auteur qui était derrière lui, et le renvoie, par une secousse violente et inattendue, à quelques pas de lui. De la il a plu à l'auteur d'appeler les imprimeurs à la presse des ours, et aux imprimeurs à la presse d'appeler les compositeurs des singes. » (Momoro.)
Autrefois, MM. les typographes se qualifiaient pompeusement eux-mêmes du titre d'hommes de lettres, et MM. les imprimeurs de celui à' hommes du barreau.
Sonnettes, s. f. pi. Lettres ou mots mal justifiés qui tombent d'une forme qu'on lève de dessus le marbre. Les sonnettes diffèrent des sentinelles en ce qu'elles ne restent pas debout, comme ces dernières.
Sorte, s. f. Quantité quelconque d'une même sorte de lettres, n Au figuré, Conte, plaisanterie, baliverne, n Conter une sorte, c'est narrer une histoire impossible, interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l'infini; en
voici quelques exemples : « Oui, Bidaut, » est une réplique qui signifie : « Oui, oui, c'est bien, soit; je n'en crois pas un mot. » — « Il parait qu'il va passer sur le nouveau labeur : le Rhinocéros. On dit que ça fait au moins 400 feuilles in-144, en cinq mal au pouce, cran sur l'œil. » Ou bien encore : « Le prote va mettre en main ['Histoire de la Chine, dont la préface fera à elle seule 4o volumes in-12. » C'est une scie qu'on monte aux nouveaux pour leur faire croire que le travail abonde. On dit aussi : « Le pape est mort! » quand on entend remuer l'argent de la banque, parce que ce bruit argentin imite celui des cloches qui annoncent la mort du pape. — Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s'écrie : « Tu disais donc, Matéo, que cette femme t'aimait? » comme s'il reprenait tout à coup un dialogue commencé. — Il y a aussi des sortes en action. « Quand un compositeur n'est pas venu travailler, surtout le lundi, dit l'auteur de Typographes et gens de lettres, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu'ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettent en main un composteur et lui donnent la pose d'un compositeur dans son dur.
— Quand un compositeur n'est pas matineux, ajoute le même écrivain, ses compagnons, pendant son absence, lui fout une petite chapelle. C'est l'assemblage de mille choses plus disparates les unes que les autres : blouses, vieux souliers, composteurs, galées, bouteilles vides, qu'on dispose artistement en trophée; puis on allume. autour tous les bouts de chandelle que l'on peut trouver. »
Voici une autre sorte en action dont la victime s'est longtemps souvenue.
C'était dans un atelier voisin du quai des Grands-Augustins. Il y a quelques années se trouvait sur ce quai le marché aux volailles connu sous le nom de la Vallée. Il arrivait parfois aux typogra-
pbes de s'y égarer et d'acheter à la criée un lot de volailles : des poulets, des pigeons ou des oies. A l'atelier, on se partageait le lot acheté. Chacun contribuait au prorata de la dépense. On faisait des parts; mais ces parts ne pouvaient jamais être égales : il était impossible, en effet, de disséquer lés volatiles. Force était donc de tirer au sort. Il arriva un jour qu'un jeune fiancé gagna à cette loterie d'un nouveau genre une oie superbe, une oie de 15 livres, une oie grasse, blanche et dodue. Joyeux, il l'enveloppe soigneusement dans une belle feuille de papier blanc, à laquelle il adjoint un journal du jour, puis une maculature. Il ficelle le tout et dépose précieusement le paquet sous son rang. Le soir arrive; notre jeune homme se hâte d'endosser son paletot et court tout empressé chez les parents de sa fiancée. « Je viens dîner avec vous, » s'écrie-t-il. Puis, discrètement, avec un clignement d'yeux significatif, il remet à la ménagère son précieux fardeau; car c'en était un. On se met à table, on cause, on boit, on rit. La ménagère, curieuse de faire connaissance avec le cadeau du fiancé, profite d'un moment pour s'esquiver. Elle revient bientôt après, le visage allongé, et s'assied à sa place en grommelant. L'amoureux typo, s'apercevant de la mauvaise humeur de sa future belle-mère, veut en connaître la cause. On l'emmène à la cuisine, et quelle n'est pas sa stupéfaction de voir son oie changée en tiges de bottes moisies, en vieilles savates et autres objets aussi peu appétissants. Un compagnon facétieux avait accompli la métamorphose. L'oie fut mangée le lendemain chez un marchand de vin du voisinage. Le fiancé, dit-on, fut de la fête. Il existe des milliers de sortes dont beaucoup sont très-vieilles, et que la tradition a conservées jusqu'à nos jours.
Symbole (avoir, demander), v. Avoir, demander crédit. Cette expression nous parait venir de celle-ci : Passer devant la glace. Gomme on sait, Passer devant
la glace, c'est payer au comptoir, derrière lequel se trouve d'ordinaire une glace.
Dans cette glace, on y voit son portrait, son image, son symbole. Avoir symbole, c'est donc, par ellipse, avoir la permission de passer devant cette glace redoutée sans s'arrêter. On peut donner encore une autre étymologie : les pièces de monnaie portent sur une de leurs faces la représentation, le symbole d'un souverain quelconque, ou une autre figure. De là peutêtre l'expression. Nous livrons ces conjectures à la sagacité de quelque Du Cayge de l'avenir.
Tableau! Exclamation par laquelle on exprime la surprise ou la joie maligne que l'on éprouve à la vue d'un accident risible arrivé à un ou à plusieurs confrères.
Tableautier, s. m . Compositeur qui fait spécialement les tableaux, les ouvrages à filets et à chiffres.
Tablier (droit de), s. m. Bienvenue payée par les apprentis à leur entrée dans l'atelier. Cette coutume est tombée en désuétude à Paris; mais elle est encore pratiquée en province, et particulièrement dans le nord de la France.
Taquer, v. intr. Frapper avec le marteau sur un morceau de bois nommé taquoir, pour égaliser les lettres d'une forme en baissant celles qui pourraient remonter, n Par extension et au figuré, Frapper quelques coups légers avec le composteur sur le bord de la casse, quand un compositeur conte une piau. C'est une façon de protester contre ce qu'il dit; c'est un diminutif de roulance.
Tasse, s. f. Verre, demi-setier. n Allons prendre une tasse, allons boire un verre.
Têtes de clou, s. f. pi. Vieux caractère usé, bon à mettre à la fonte.
Tirage, s m. Action de tirer, d'imprimer. Les éditeurs donnent souvent le nom de nouvelle édition à ce qui n'est qu'un nouveau tirage, particulièrement quand l'ouvrage est cliché.
Tirer, v. intr. Mettre sous presse, imprimer. Ce mot, en ce sens, vient sans
doute de l'opération nécessitée par l'impression au moyen des presses manuelles, opération dans laquelle l'imprimeur tire, en effet, le barreau.
Toquade, s. f. Manie, dada, fantaisie, inclination. Ce mot, généralement usité clans le langage du peuple de Paris, a été introduit dans l'atelier typographique et ne paraît pas y être né.
Truc, s. m. Façon d'agir, bonne ou mauvaise; plus souvent synonyme de ruse, de tromperie : Tu sais, mon vieux, je m'aime pus ces trucs-là. Usité aussi dans d'autres argots.
Truquer, v. iutr. Avoir recours à des trucs ; tromper. Usité dans d'autres argots.
Turbiner, v. intr. Travailler avec activité.
Typo, s. m. Typographe, dont il est l'abréviation. Il signifie exclusivement compositeur et a remplacé le vieille dénomination de singe. Par imitation, les compositrices se qualifient de typotes.
Voleurs, s. m. pi. Morceaux de papier qui se trouvent collés aux feuilles durant l'impression (Vinçard), et qui produisent des moines sur la feuille imprimée. Momoro les appelle larrons.
Un grand nombre de mots purement techniques, quelques autres trop... verts, ont été omis à dessein : on trouve les premiers dans tous les dictionnaires: les seconds ne sauraient se rencontrer dans aucun.