‹ Les Ulcères Gastriques Expérimentaux: Leurs Processus de Réparation Spontanée etChapitre 18 sur 18 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Il est possible d'obtenir expérimentalement des ulcères gastriques, par exérèses de la muqueuse; il faut pour cela que celte exérèse soit large, dépassant 10 centimètres, afin de lutter contre la rétraction des bords, processus d'urgence destiné à la réparation spontanée des

lésions.

2° La réparation de l’ulcère gastrique expérimental se fait suivant un processus général, qu'on rencontre dans toutes les régénérations de muqueuses, et qui comprend trois éléments principaux :

A) En premier lieu se produit une rétraction des bords de l’ulcèére, due en partie à la contraction des tuniques musculaires sous-jacentes, ce qui diminue d'autant les dimensions initiales de la plaie.

B) On observe ensuite, à la limite de la muqueuse conservée, un processus de glissement de l'épithélium, qui constitue d’abord, à la surface de l’ulcère, une simple couche continue de cellules aplaties.

Ultérieurement, les cellules se multiplient, se relèvent el se tassent, et après une semaine environ, poussent, en surface et en profondeur, des prolongements qui seront l’origine de plis et de glandes dans la muqueuse régénérée.

c) Un troisième processus se réalise sous l'influence des frottements de la plaie avec le reste de la muqueuse : des greffes spontanées se produisent par décalque de la muqueuse ancienne sur le fond détergé de la plaie. Les cellules ainsi greffées contractent des adhérences définitives, prolifèrent à leur tour par division directe principalement, et l'îlot de nouvel épithélium ainsi constitué augmente peu à peu de dimensions, jusqu'au moment où il rejoint la couche épithéliale issue des bords de la plaie par glissement et prolifération.

IT. — La muqueuse ainsi reconstituée a d’abord une structure très simple : c'est un revêtement de cellules de surface. Plus tard. se produisent des saillies et des invaginations constituant d'une part des plis, et d'autre part des formations glandulaires de type muqueux, et cela dès les 10 premiers jours.

Ce type muqueux persiste pendant un assez long temps ; puis après 45 à 50 jours apparaissent des ébauches de différenciation.

Cependant, même après 70 jours, la différenciation n'est pas complète et on trouve seulement quelques rares cellules bordantes, mais aucune cellule principale.

IV. — La simplification de l'épithélium régénéré est à rapprocher de ce qu’on observe dans certains processus pathologiques, tels que la gastrite muqueuse. Elle montre que si la reconstitution épithéliale est d’une étonnante rapidité, sa différenciation ultérieure est un phénomène

beaucoup plus délicat et beaucoup plus tardif.

V.— On peut réaliser artificiellement un processus de greffe qui reproduit le processus naturel précédent :

Une greffe fraîche de muqueuse gastrique prélevée au niveau du fundus chez le même animal et fixée au fond de la plaie, ne meurt pas, mais elle simplifie sa structure et subit elle aussi, dans presque tous Les cas, la (ransformalion muqueuse.

Les cellules muqueuses, seules persistantes, glissent alors sur le fond de l’ulcère au niveau des bords de la greffe comme au niveau des bords de la plaie ; elles prolifèrent en même temps, d’où résulte le lapissement d’une partie de l’ulcère, ce qui raccoureit notablement le temps nécessaire à la réparation d’un ulcère expérimental.

VI. — Par là même on peut songer à l’utilisation thérapeutique de la méthode des greffes muqueuses directement appliquées sur l’ulcère en chirurgie gastrique. Mais toutes réserves doivent être faites sur le développement ultérieur des greffes lorsqu'il s’agit d’ulcères patholoyiques spontanés, à cicatrisation pénible, et souvent récidivants.

VII. — On peut aussi réaliser des greffes en introduisant par ingestion de nombreux fragments de muqueuse gastrique fraîche. Les greffes ainsi ingérées se fixent en pare et avec élection sur le fond dépoli de l’ulcère.

VIII. — Pareille méthode applicable à l’homme simplifierait la technique des greffes dans le cas d’ulcère gastrique spontané, mais elle serait nécessairement plus infi-

dèle et moins facile à contrôler ; de plus, elle exigerait,

pour la réussite des greffes ingérées, de la muqueuse gas- Le

trique humaine et vivante.

IX. — Pour toutes ces raisons, la méthode de traitement des ulcères gastriques spontanés par les greffes muqueuses, que préconise M. le D' P. Carnot, reste jusqu’à main-

tenant une simple méthode expérimentale.

VUE Le Président de la Thèse, GILBERT.

Vu :

Le Doyen, LANDOUZY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, LIARD.

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