‹ Les #-Unis au xx' #Chapitre 26 sur 103 · VALEUR MOYENNE DES EXPLOITATIONS PAR HECTARE · texte numérisé non relu

VALEUR MOYENNE DES EXPLOITATIONS PAR HECTARE

(En francs.) RégioDs. 1850. 1880. 1890. 1900.

Atlantique-Nord Atlantique-Sud Centre-Nord . Centre-Sud. .

Ouest ....

États-Unis . .

On voit quelle influence a eu sur la valeur de Theclare la constitution de grands domaines pastoraux dans la zone semi-aride entre 1890 et 1900, influence qui s'est surtout fait sentir dans TOuest et le Centre-Sud. C'est dans le Centre-Nord que les terres de grande culture ont le plus de valeur; dans l'Atlantique-Nord, la moyenne se trouve plus élevée grâce aux jardins maraîchers ; dans l'Ouest, les cultures fruitières de Californie, souvent irriguées, viennent aussi augmenter la moyenne qui serait, sans cela, sensiblement moindre.

L'étendue des exploitations n'est qu'un des facteurs de la constitution de la propriété. Il en est un autre, non moins capital, la tenure du sol. En France, on le sait, l'exploitation par le propriétaire lui-môme est le mode le plus fréquent ; en Angleterre, c'est le fermage ; quelle est la situation aux États-Unis ? Les renseignements que nous donne h ce sujet le douzième Census sont très détaillés et très précis : les exploitants y sont classés sous six rubriques différentes, que voici :

Propriétaires exploitant eux-mêmes [Oioners) ;

Propriétaires partiels {Part owners) exploitant un domaine dont une partie leur appartient et dont le reste se compose de terres prises à bail par eux ;

Propriétaires et tenanciers associés (Owners and tenants) ; un petit nombre de domaines sont ainsi exploités par le propriétaire et un ou plusieurs autres individus qui reçoivent une part des produits comme rémunération de leur travail ;

Régisseurs (Managers) exploitant pour le compte de propriétaires non résidants ou de Sociétés ;

Fermiers {Cash tenants) ;

Métayers ou colons partiaires {Share tenants).

Nous allons voir d'abord comment se répartissent

proportionnellement les exploitations des diverses sortes en chaque région des États-Unis :

PROPORTION p. 100 DES EXPLOITATIONS AGRICOLES SUIVANT LE MODE DE TENURE DU SOL

Pro^iét&ires ?n- ProBriéUins exploi- priéUirei etteuieien Répons taots. partiels. assMiès. Régissein. FeRoiers. Métayers

Atlantique-Nord. 72.3 4» 0.9 2» 9.8 H»

Atlantique-Sud . 49.3 4.9 0.6 0.9 18 » 26.3

Centre-Nord. . . 57.8 12.1 1.2 0.9 9.5 18.4

Centre-Sud.. . . 44.8 5.2 0.8 0.6 17.3 31.3

Ouest 69.6 10.1 0.6 3.1 7.7 8.9

États-Unis. . . . 54.9 7.9 0.9 1 » 13.1 22.2

La majorité des exploitations est donc dirigée par les propriétaires eux-mêmes; il est utile d'ajouter que les « propriétaires partiels », nombreux surtout dans le Centre et l'Ouest^ sont en général propriétaires de la plus grande portion des terres qu'ils exploitent, et que cette portion qui leur appartient est aussi étendue, en moyenne, que l'exploitation totale des propriétaires de la môme région qui ne prennent pas de terres à bail et se contentent de cultiver leurs biens. Somme toute, pour avoir la part du faire-valoir direct dans l'exploitation du sol aux États-Unis, il est juste de réunir les trois premières catégories (propriétaires, propriétaires partiels, propriétaires et tenanciers associés); c'est ce que faisaient, du reste, les précédents Census, On obtient ainsi une proportion globale de 63.7 p. 100. La prépondérance de la propriété, de la petite et moyenne propriété appartenant aux cultivateurs du sol, s'affirme donc très nettement aux États-Unis. Elle est surtout très forte dans le Nord et dans l'Ouest.

En deux régions, l'Atlantique-Nord et TOuest, on trouve une proportion notable de propriétés que font valoir des régisseurs moyennant un traitement fixe. Le rapport sur le Census nous apprend que, dans les États de TAtlantique-Nord, il s'agit surtout de propriétés où se trouvent les maisons de campagne de personnes riches qui habitent les villes la plus grande partie de Tannée. Dans TOuest, ce sont des ranches d'élevage appartenant à des Sociétés.

Au Sud le faire-valoir direct joue un moindre rôle que dans le reste du pays : le fermage et surtout le métayage y tiennent une place très importante. Ceci s'explique aisément. L'abolition de l'esclavage, en donnant la liberté aux nègres, ne leur a point donné de terres. Médiocrement capables de se conduire eux-mêmes, peu d'entre eux ont colonisé dans l'Ouest. Comme, d'autre part, beaucoup ne sont pas très laborieux et travaillent surtout irrégulièrement, leur emploi comme journaliers salariés a souvent donné des mécomptes. On a donc réparti entre eux, comme fermiers ou métayers, le sol de maintes plantations, et le métayage l'a emporté sur le fermage, parce que la plupart des nègres n'ont ni assez de capitaux, ni assez d'esprit d'ordre et d'économie pour faire de bons fermiers.

Les terres exploitées par les fermiers ou métayers sont du reste, en général, de médiocre étendue : 8 p. 100 des fermiers et 3,7 p. 100 des métayers cultivaient des domaines de moins de 4 hectares, 10,8 p. 100 des fermiers et 11,5 p. 100 des métayers des terres de 4 à 8 hectares; 30,9 p. 100 des premiers et 32 p. 100 des secondsdes domaines de 8 à 20 hectares. Ainsi 49,7 p. 100 des exploitations affermées et 47,2 p. 100 de celles conduites par des métayers, soit presque exactement la moitié, ont moins de 20 hectares (alors que la moyenne

LA CONSTITUTION DE LA PROPRIÉTé 89

aux Etats-Unis est de près de 60 hectares pour toutes les exploitations) ; 20,9 p. 100 des fermiers et la môme proportion des métayers exploitaient des domaines de 20 à 40 hectares; enfin 18,2 p. 100 des premiers et 19,9 p. 100 des seconds des domaines de 40 à 70 hectares. Il ne restait guère que 10 p. 100 des uns et des autres, pour les domaines supérieurs à 70 hectares. Il y a là une différence sensible avec ce qui se passe en France où les fermes, sinon les métairies, sont beaucoup plus étendues que la plupart des propriétés soumises au faire valoir.

Il semblerait que le fermage et le métayage aient une tendance à augmenter d'importance aux États-Unis, comme cela ressort du tableau que voici :

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