‹ Les #-Unis au xx' #Chapitre 34 sur 103 · VALEUR DE LA PRODUCTION AGRICOLE DANS LES DIVERSES RÉGIONS · texte numérisé non relu

VALEUR DE LA PRODUCTION AGRICOLE DANS LES DIVERSES RÉGIONS

(en millions de dollars).

Tous produits

Surface totale

déduction faite de

en milliers

Tous

la nourriture des

de kilomètres

produits.

animaux de ferme.

carrés.

Atlantique-Nord .

Atlantique-Su.l. .

Centre-Nord. . .

Centre-Sud. . . .

Ouest

Alaska et Hawai .

Total ....

114 LES ETAT>-UM^ AU Xi'' SIECLK

La région da Cenlre-Xord possède donc près de la moitié de la richesse agricole des Etats-Unis. Cependant, relativement à sa surface, la vieille région de TAtlantique-Nord l'emporte encore, grâce à ses nombreuses cultures maraîchères et fruitières perfectionnées. On voit, par contre, quel faible rôle joue l'immense étendue de l'Ouest qui occupe 40 p. 100 de la surface de l'Union (Alaska et Hawaî non compris) et ne fournit que 7 p. 100 de sa production agricole ; comme, d'autre part, l'importance industrielle proprement dite de ce vaste espace est presque nulle, ce n'est guère que par la richesse de ses mines qu'il tient une place sérieuse dans la vie économique des États-Unis.

Il est intéressant de pénétrer un peu plus avant dans le domaine de la répartition des richesses agricoles et d'examiner les États qui en possèdent le plus. En tête et de très loin, viennent l'Iowa et l'Illinois, qui se font face de part et d'autre du Mississipi et ont, d'ailleurs, presque exactement, la même étendue de 14S.000 kilomètres carrés : le premier donne 365 millions de dollars de produits en valeur globale ou un peu plus de 263 millions, après déduction de ce qu'absorbent les animaux de ferme ; le second, 345 millions et, môme déduction faite, près de 264 millions; viennent ensuite le Texas (240 et 209 millions de dollars), l'Ohio (257 et 201 millions), le New-York (245 et 182 millions), le Missouri (219 et 161 millions), le Kansas (210 et 161 millions), rindiana (204 et 156 millions), la Pennsylvanie (208 et 151 millions).

Ces neuf États, qui sont les seuls à avoir plus de 200 millions de dollars de produit global et plus de 150 millions de dollars de revenu brut agricole (le C ensus appelle de ce dernier nom le produit global, déduction faite de la nourriture du bétail) sont tous contigus.

à rexception du Texas, et forment une bande allongée de l'Est à rOuest, en inclinant un peu vers le Midi, de part et d'autre du 41® degré de latitude. A eux neuf, ils donnent près de la moitié du produit global de l'agriculture ; si l'on y joint le Nebraska qui est le dixième par ordre d'importance et se trouve limitrophe du Kansas et de riowa, on arrive à plus de la moitié. Quatre autres Etats ont encore plus de 120 millions de dollars de produit global et de 100 millions de revenu brut : ce sont le Minnesota, le Michigan et le Wisconsin contigus du côté du Nord à la bande formée par les dix plus grands États agricoles, et le Kentucky, qui flanque cette bande au Sud. La région agricole par excellence des États-Unis se trouve ainsi bien déliiile.

La valeur de la récolte des grains forme, à elle seule, la moitié, et môme un peu plus, de la valeur de l'ensemble des récoltes américaines : 1.484 millions de dollars sur 2 milliards 910 millions *. Les surfaces cultivées en céréales, 74 millions d'hectares, constituent 4i p. 100 de la surface totale des terres améliorées, et près des deux tiers (63,8 p. 100) de l'ensemble des terres cultivées proprement dites, de celles qui fournissent une récolte annuelle. Ces chiffres font nettement ressortir quelle est la part des céréales dans l'économie agricole des États-Unis. 11 n'est pas sans intérêt de comparer rapidement ces données avec celles que nous possédons sur notre pays môme : d'après l'enquôle agricole de 1882, faites à peu près au moment où l'agriculture française était dans la situation la plus prospère, les céréales couvraient, en France, 15 millions d'hectares, sur un peu moins de 34 millions d'hectares correspondant à ce que les Américains appellent mj?roved land ou « terres améliorées », et sur 24 millions et

1. Non compris HO millions do dollars do produits forestiers, qui portent le total dos produits vOgctaux à 3 milliards 20 millions, dont les cén;ales ne formeraient plus que 49,1 p. 100. En ajoutant à cela lus 1.710 millions de dollars de produits animaux, on constate que les céréales forment 31 ,6 p. 100 de Tensemble.

LA CULTURE DES GÉHéALES 117

demi d'hectares produisant des récoltes* ; la proportion des céréales aux surfaces en culture était donc — et est encore — très voisine en France de ce qu'elle est aux Etats-Unis. En ce qui concerne la valeur du produit, le rôle des céréales en France est un peu moins considérable : 4 milliards pour les grains et 1.300 millions pour la paille sur 11 milliards 200 millions de produit végétal en tout. Même en joignant aux grains la valeur de la paille dont nous ne trouvons pas trace dans les statistiques américaines, on est loin d'arriver, chez nous, à cette proportion de la moitié qui est atteinte aux États-Unis. C'est que nous avons sensiblement plus de fourrages et, si la grande culture industrielle d'outre- Atlantique, le coton, nous fait absolument défaut, la vigne et la betterave viennent le remplacer.

On sait combien rapides ont été les progrès de la culture des céréales aux États-Unis. Ils ne se ralentissent pas et ont même été plus grands pendant la dernière décade d'années que pendant la précédente : le Census de 1880 relevait 47 millions et demi d'hectares ensemencés ; celui de 1890, 56 millions ; l'accroissement s'est élevé ainsi h 18 millions d'hectares, ou 31 p. 100 de 1890 h 1900, au lieu de 8 millions et demi d'hectares, ou 18 p. 100 de 1880 à 1890. Durant l'ensemble de ces vingt années, l'augmentation n'atteint pas moins de 26 millions et demi d'hectares, ou 56 p. 100.

1. On doit considérer comme « terres améliorées » ou improved landy les surfaces désignées dans nos enquêtes agricoles comme terres labourables, vignes, prés naturels et herbages, à l'exclusion des landes, terres incultes, bois et forêts. Pour ce qui est des terres portant des récoltes, area under crops^ elles comprennent toutes les terres labourables à l'exception des jachères, plus les vignes, et y compris les jardins et vergers. Les prés et herbages, et tout ce qui est mangé sur pied par les animaux, n'en font pas partie.

as LES BTATà-UXIi AU XX* SIÈCLE

Il va sans dire que ces progrès ne sont pas également rf^partis sur toutes les régions du pays. Des 26 millions d'hectares qui sont venus s'ajouter aux étendues cultivées en céréales entre les deux census de 1880 et de 1900, il s'en trouve quatre millions et demi dans les deux Dakotas, où la colonisation n'avait pour ainsi dire pas pénétré il y a vingt ans et qui n'avaient pas al ors 200. 000 hectares cultivésen grains; troisautres Etats voisins des deux précédents : le Minnesota qui est immédiatement h l'est des Dakotas, le Nebraska qui les limite au Sud, et le Kansas, lui-môme voisin méridional du Nebraska, ont gagné chacun de 3 millions à 3 millions et demi d'hectares, soit 9.200.000 à eux trois, triplant à peu près leurs ensemencements. Ainsi 13 millions 700.000 hectares, presque exactement la moitié de la surface dont s'est accrue la culture des céréales, vient de ces cinq États qui, en 1880, étaient encore ou tout à fait vierges ou très peu colonisés. On peut y joindre riowa, qui complète le groupe géographique formé par les cinq précédents, mais dont la mise en valeur était beaucoup plus avancée il y a vingt ans, puisqu'il comptait dès lors 4.600.000 hectares de céréales ; il n'en a pas moins augmenté de 2.200.000 hectares ses cultures de grains, en sorte que, sur l'accroissement total de 26 millions et demi d'hectares, 15.900.000 forment la part de ces six Etats situés sur la rive droite du haut Mississipi et de part et d'autre du moyen Missouri.

Prolongeant vers le Sud ce groupe, où l'essor de la culture des céréales a été le plus grand depuis vingt ans, s'en trouve un autre constitué par l'Oklahoma, le Territoire Indien et le Texas, pays que l'on peut également qualifier de tout à fait neufs, les deux premiers surtout. L'Oklahoma, qui n'a été ouvert à la colonisation qu'en 1890, ne possédait pas alors 8.000 hectares

de céréales ; il en avait plus de 1.100.000 en 1900 ; le Territoire Indien lui-môme, où Ton prenait, en 1900, pour la première fois, un recensement exact, mais dont on peut dire avec certitude qu'il n'avait presque aucune terre cultivée il y a vingt ans, possédait, au dernier censuSy 600.000 hectares de céréales. Le Texas, enfin, faisait plus que doubler ses cultures en les augmentant de 1.550.000 hectares depuis 1880. Pour ces trois États ou Territoires réunis Taugmentation était de 3.200.000 hectares environ.

Les progrès faits aux Etats-Unis par la culture des céréales au cours des vingt dernières années du xix® siècle proviennent ainsi, pour un peu plus des deux tiers, d'une large bande de pays s'étendant de la frontière du Canada au golfe du Mexique, limitée (très approximativement) de part et d'autre, par le 95® et le 105® degré de longitude Ouest de Paris. Cette zone de grand développement est même, en réalité, un peu plus étroite, parce que toute la moitié Ouest des deux Dakotas et du Nebraska, une notable portion du Kansas et du Texas, sont à peu près impropres à l'agriculture par suite de la sécheresse et n'ont pas contribué à l'augmentation : la grande culture des céréales ne dépasse pas le 100® degré de longitude Ouest de Greenwich (102 degrés et demi Ouest de Paris).

Dans les huit États et Territoires qui se trouvent entre la zone que nous venons de définir et les États riverains du Pacifique, la culture des céréales était tout à fait insignifiante, comme la population elle-même, en 1880; depuis, la population a augmenté, mais les surfaces en culture se sont bien peu développées. Dans aucun de ces immenses États qui ont, chacun, de 20 à 37 millions d'hectares, cette surface n'a progressé môme de 200.000 hectares. Non seulement la colonisation agri-

cole ne les atteint pas encore, mais elle ne peut y prendre une grande extension, nous l'avons dit, à cause de Tinsuffisance des pluies. C'est au delà de cette zone aride, sur les bords mômes du Pacifique, qu'il faut aller chercher de nouvelles terres susceptibles d'exploitation. Cependant, on n'observe pas, dans les trois États riverains du Grand Océan, un essor aussi rapide de la culture des céréales qu'on aurait pu le croire : de 1880 à 1900, la Californie n'a augmenté ses surfaces que de 600.000 hectares, soit de 65 p. 100, l'Oregon ne les a pas tout à fait doublées, gagnant 240.000 hectares ; à l'extrême Nord-Ouest, le Washington, qui n'avait que 55.000 hectares en céréales en 1880, en comptait 540.000 en 1900. L'augmentation, pour ce groupe d'États, ne ressort donc qu'à 1.400.000 hectares. Ce n'est rien de comparable aux progrès effectués dans la grande bande centrale, qui va des Dakotas au Texas.

Au contraire, à Test de cette bande, les régions comprises entre TOhio et les Grands Lacs ainsi que sur le moyen Mississipi, qui sont, depuis longtemps, les grandes productrices de céréales, ont encore sensiblement développé leurs cultures : dans l'Illinois, le Missouri, l'Indiana, TOhio, le Michigan, on observe des gains allant de 400.000 à 900.000 hectares en vingt ans. En outre, la plupart des États du Sud, qui négligeaient fort la culture des céréales, se sont mis à y donner plus d'attention; c'est le cas, notamment, de l'Arkansas, qui a 1.200.000 hectares de céréales, contre 700.000 il y a vingt ans, de la Louisiane, qui en a 640.000 au lieu de 325.000, et, à un moindre degré, de presque tous les autres. L'augmentation réalisée dans ces États, relativement vi<2ux, est ainsi plus importante, en définitive, que dans la région de l'Extrême-Ouest.

Il existe, par contre, aux États-Unis, des régions où.

loin d'augmenter, la culture des céréales a perdu de son importance depuis vingt ans. Ce sont les vieux Étals riverains de l'Atlantique : le Maine, leNew-Hampshirc, le Vermont, le Massachusetts, le Rhode-Island, le Gonnecticut, le New-York, le New-Jersey, le Maryland, la Virginie. Ils forment, depuis la frontière canadienne jusqu'au 36® degré de latitude, une bande qui serait continue, si elle n'était interrompue par la Pennsylvanie; encore, dans cet État, l'augmentation a-t-elle été tout à fait infime* et vraiment négligeable. Dans son ensemble, toute cette région de vieille colonisation, de sol en grande partie médiocre et le plus souvent épuisé, nécessitant, par conséquent, plus de frais de culture, souffre, comme l'Europe elle-même, de la concurrence de l'Ouest. Le pâturage et la production du lait s'y substituent, dans une large mesure, au labourage et à la production des grains. Encore ces nouveaux modes d'utilisation du sol ont-ils, eux aussi, de la peine à se maintenir, depuis que le perfectionnement des procédés frigorifiques permet aux produits de l'Ouest de venir les concurrencer. La Pennsylvanie, qui, en 1880, figurait encore au septième rang des États producteurs de céréales, n'est plus, en 1900, qu'au quinzième. New-York est tombé, de même, du treizième au vingt et unième, et les surfaces en cultures y ont diminué de 220.000 hectares, soit de 15 p. 100.

De ces variations dans la surface cultivée en céréales, qui s'est considérablement étendue à l'Ouest tandis qu'elle se réduisait à l'Est, il est résulté un déplacement très marqué du centre de production des grains qui, en 1860, se trouvait dans l'Indiana, non loin de la frontière de l'Ohio, par 85°59' de longitude ouest (de Greenwich),

1. 5.400 hectares seulement, sur un total de plus de 1.800.000.

puis, en 1880, passait dans Tlllinois par89°19', de longitude, atteignait presque, en 1890, la frontière occidentale de cet État, c'est-à-dire le Mississipi, par 91*13' et franchissait enfin le grand fleuve en 1900 pour se placer dans riowa, par 91^38^ Ce mouvement vers l'Ouest a été accompagné d'un déplacement assez sensible vers le Nord, de 39°29' en 1860 h 40'>3T en 1900 : le Minnesota, les deux Dakotas, l'Iowa, même le Nebraska, devenus aujourd'hui de très grands centres de la production des grains, se trouvent, en effet, k une latitude plus septentrionale que la Pennsylvanie, l'Ohio, Tlndiana, l'IUinois, qui étaient les principaux États producteurs vers 1860. Il convient de remarquer, toutefois, que le mouvement vers l'Ouest s'est beaucoup ralenti durant la dernière décade; au lieu de s'avancer de près de 2 degrés, soit d'environ 195 kilomètres, comme il l'avait fait régulièrement pendant chacune des décades précédentes, le centre de production des céréales n'a plus progressé que de 40 kilomètres.

C'est là un symptôme important; le rapport sur le Census le relève : « La suspension du progrès vers l'Ouest pendant la dernière décade pose la question de savoir si ce mouvement vers l'Ouest n'approche pas de sa limite et si l'accroissement à venir de la production des céréales ne doit pas dépendre plutôt de l'amélioration des méthodes agricoles que de la mise en valeur de terres nouvelles à l'Ouest. » En effet, ces terres nouvelles paraissent commencer à manquer. Il n'y a plus maintenant, comme il y avait encore en 1880, de vastes étendues de contrées tout à fait vierges entre la limite occidentale de la colonisation et la limite orientale de la zone semi-aride. Ces deux limites se confondent presque aujourd'hui.

Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait, dans les États récem-

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ment colonisés, et en dehors de cette zone aride, dans le Minnesota, môme dans Tlowa, dans la bonne partie des deux Dakotas, du Kansas, du Nebraska, des terres non encore exploitées et propres h la culture des céréales. Il s'en trouve, et beaucoup, mais ce ne sont plus les plus fertiles. Toutes les régions des États-Unis où le climat est suffisamment humide pour permettre la culture du sol ont été maintenant abordées par la colonisation, qui les a écrémées, qui a pris possession déjà des terres les meilleures et les mieux placées. En fait de pays complètement vierge, où tout est à prendre môme les meilleures terres, c'est tout au plus s'il reste quelques portions du Territoire Indien, qui pourront ôtre livrées aux immigrants aussitôt l'expiration des traités avec les tribus indiennes, c'est-à-dire bientôt ; il y a aussi certaines parties du Texas, puis, à l'extrême Nord-Ouest, du Washington et de l'Oregon. Gela est assez peu considérable en somme. Par contre, dans l'Ouest-Canadien, les étendues encore vierges sont très vastes ; c'est pourquoi beaucoup d'Américains s'y portent. Mais aux États-Unis mêmes, il faudra se résigner, pour accroître les cultures de céréales, à exploiter les terres vacantes qui restent dans les États déjà colonisés et qui, sans avoir une valeur négligeable, ne sont naturellement pas les meilleures ni les mieux placées, en général. C'est ce que l'on a commencé à faire déjà de 1890 à 1900, car c'est au cours de ces dix dernières années qu'ont été réalisées la plupart des augmentations que nous avons relevées pour la période 1880-1900 dans les États situés à l'est du Mississipi.

Il faudra aussi, comme dit le rapport sur le Census, et ce sera d'autant plus indispensable qu'on aura affaire à des terres de moindre fertilité, perfectionner les méthodes agricoles. Nous avons dit combien sont sommaires aux États-Unis les soins donnés au sol. Ils le

sont particulièrement dans la culture des grains. Si l'on considère les exploitations dont cette culture, jointe à la production du fourrage, forme la principale source de revenu (et, dans la très grande majorité des cas, les grains l'emportent de beaucoup sur le fourrage), on voit que les dépenses d*engrais sont presque nulles dans toute la région des États très grands producteurs. Elles atteignent, au maximum, la moyenne de 93 dollars par exploitation dans le Maryland ; ceci est assez important, quoique non encore énorme pour des exploitations d'une étendue moyenne de 70 hectares; mais le Maryland est un petit producteur; en Pennsylvanie et dans le New- York, seuls États de l'Est où la culture des céréales ait quelque importance, on tombe à 18 et2B dollars de dépenses d'engrais par exploitation. Dès qu'on passe les Alleghanys, c'est bien autre chose. On trouve encore 9 dollars par farm, ce qui ressort à un peu plus d'un franc par hectare dans l'Ohio, 8 dollars, par farm, dans l'Indiana ; dans l'IUinois on tombe à 3 dollars pour des exploitations d'une étendue moyenne de 60 hectares, ce qui fait moins de 25 centimes par hectare. Dans aucun autre État grand producteur on ne dépasse une moyenne de 2 dollars par exploitation, et celles-ci sont plus vastes que dans l'IUinois, l'Ohio et l'Indiana. C'est dire qu'on n'achète d'engrais que dans des cas tout à fait exceptionnels; et, quant au fumier de ferme dont on dispose, c'est bien peu de chose pour des exploitations qui ont, en moyenne, 64 hectares dans l'ensemble des Etats-Unis et davantage dans l'Ouest.

Ce qui montre encore combien la culture est extensive, c'est le peu de dépenses faites pour la maind'œuvre. Dans le Missouri, qui figure au sixième rang des cinquante États ou Territoires pour la culture des céréales, cette catégorie de dépenses n'absorbe que

31 dollars par exploitation et par an. Dans l'Iowa, qui est au premier rang, elle n'est encore que de 60 dollars ; dans le Kansas, le Nebraska, l'Indiana, TOhio qui sont tous parmi les dix premiers États producteurs, elle varie de 45 h 58 dollars. Tout ceci fait moins de 300 francs. C'est donc bien loin de représenter le salaire annuel d'un homme, surtout dans le Centre des États-Unis^ et cela signifie que, dans les Etats que nous venons d'indiquer, les exploitations sont géne'ralement cultivées par l'exploitant seul et ses enfants, bien que leur étendue moyenne varie de 40 hectares dans l'Ohio à 80 dans le Nebraska. On n'emploie pas de travailleurs salariés en permanence ; on n'en a sans doute quelques-uns qu'au moment de la moisson. Dans l'Illinois, qui vient au second rang pour la culture des céréales, les frais annuels de main-d'œuvre ne sont encore que de 91 dollars, 470 francs, ce qui entraîne la même conclusion. Ils atteignent 112 et 128 dollars dans le Dakota du Sud et le Minnesota, 216 dans le Dakota du Nord ; mais les étendues moyennes des farms faisant des céréales et des fourrages y sont respectivement de 80, 130 et 140 hectares. Dans l'Extréme-Ouest, pour le Washington, rOregon et la Californie, les dépenses de main-d'œuvre s'élèvent à 310, 166 et 414 dollars ; mais les étendues moyennes atteignent 160, 130 et 200 hectares. L'exploitant, fut-il aidé en permanence par un salarié — et ces chiffres n'impliquent guère davantage — il est clair qu'il ne pourrait encore donner à de pareilles surfaces une culture un tant soit peu intensive, si nombreux que soient les animaux de ferme et si répandu que soit l'usage des machines agricoles. La valeur moyenne de

1. Il convient de remarquer que l'on comprend, dans les frais de main-d'œuvre, la valeur estimée des allocations en nature données aux salariés, nourriture et logement.

ces machines, par exploitation produisant des grains, est de 187 dollars, soit près de 1.000 francs pour la région du Centre-Nord et atteint 328 dollars dans le Dakota du Nord, 335 dans le Washington et 425 en Californie.

Les États où Ton cultive le plus de céréales sont actuellement les suivants : Tlowa (6.800.000 hectares), nilinois (6.700.000), le Kansas (8.300.000), le Nebraska (4.800.000), le Minnesota (4.500.000), le Missouri (4.200.000). Ce sont les seuls États qui aient plus de 4 millions d'hectares en céréales. Viennent ensuite, dans Tordre décroissant, Tlndiana, l'Ohio, le Texas, le Dakota du Sud, le Wisconsin, le Kentucky, le Tennessee qui ont plus de 2 millions d'hectares chacun ; puis avec 1 à 2 millions d'hectares, la Pennsylvanie, le Michigan, la Géorgie, la Californie, la Caroline du Nord, la Virginie, le New-York, TAlabama, l'Arkansas et TOklahoma ; les 26 autres États ou Territoires ont moins d'un million d'hectares en grains.

Ayant examiné les caractères généraux de la culture des céréales, nous n'avons qu'à rappeler, pour chacune d'entre elles, la surface totale qu'elle occupe, les quantités produites, la valeur de la production et le rendement par hectare, puis à indiquer leur répartition sur le territoire.

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