CHAPITRE IV L*6levage. — La production laitière
L'élevage et les productions qui en dérivent occupent, dans l'agriculture américaine, une place presque aussi considérable que la production des céréales. Pendant l'année qui a précédé le recensenaent de 1900, la valeur globale des animaux vendus ou abattus, des produits de laiterie et de la laine s'est élevée aux Etats-Unis à 1.421 millions de dollars, 7 milliards 350 millions de francs S soit 4 p. 100 seulement de moins que la valeur de toutes les récoltes de grains. On sait, d'ailleurs, que les exploitations qui trouvent dans l'élevage ou l'engrais du bétail leur principale source de revenu, jointes à celles qui sont spécialement consacrées à la production du lait et de ses dérivés, sont presque moitié plus nombreuses que celles dont la culture des grains forme la plus importante ressource : 1.922.000 pour les premières contre 1.319.000 pour les secondes.
Cette'grande importance de l'élevage distingue l'agriculture américaine de l'agriculture française et de celle de la plupart des pays du Continent européen, où la culture proprement dite, et celles des céréales en particulier, l'emporte dans une beaucoup plus large mesure qu'aux États-Unis sur la production animale.
1. Non compris 281 millions de dollai's de produits de bassecour, volailles et œufs.
Parmi les pays à civilisation avancée de l'Europe occidentale et centrale, il n'y a guère que les Iles Britanniques qui se trouvent, à ce point de vue, dans le môme cas que les États-Unis. Les produits de l'élevage y ont môme une valeur sensiblement plus considérable que les fruits de la culture du sol, mais cela tient moins au grand développement de la production animale qu au peu d'importance des récoltes de céréales en Grande- Bretagne. Les États-Unis, au contraire, viennent au premier rang dans le monde entier pour l'une et l'autre des grandes branches de l'agriculture.
Nous donnons ci-dessous le nombre des animaux domestiques aux États-Unis, en distinguant, comme le fait le Census de 1900, entre les animaux se trouvant sur les exploitations rurales {animais on farms and ranges) et ceux qui se trouvent ailleurs (c'est-à-dire dans les agglomérations urbaines ou les établissements industriels). On n'a cherché à déterminer avec exactitude que la valeur des premiers, et l'on a supposé que celle des derniers était en moyenne la môme, pour calculer la valeur de l'ensemble :