MISE EN VALEUR AGRICOLE DE L OUEST ET IRRIGATION
attachent la plus grande importance. Sans doute l'e'lève du bétail est une industrie importante, mais, extensive au point oii elle doit l'être dans la zone aride, son développement, bien que loin d'être terminé, reste assez limité ; elle n'occupe qu'un nombre très restreint de personnes, condamnées souvent, par l'obligation de changer fréquemment les pâturages, h. une existence seminomade. Le développement de l'agriculture, seul, peut amener une population dense. Or l'agriculture ne saurait guère être pratiquée, dans la zone aride proprement dite, que sur les terres irriguées. En comparant, d'après le Census de 1900, l'étendue de ces terres irriguées et celles des terres dites « améliorées » improved land, on voit, en effet, que dans le Nevada, l'État dont le climat est le plus défectueux, 88 p. 100 des terres améliorées sont irriguées, dans le Wyomi«g 80 p. 100; dans l'Arizona la proportion est de 72 p. 100, dans le Colorado 71 p. 100, dans le Nouveau-Mexique 62 p. 100, rUtah 61 p. 100. Dans le Montana, qui a déjà quelques cantons un peu plus humides, cette proportion est encore de 54 p. 100 ; dans l'Idaho, dont la partie Nord- Ouest comprend de hautes vallées où les nuages du grand Océan viennent se condenser, elle tombe à •43 p. 100. Les trois États riverains du Pacifique, dont la moitié environ du territoire reçoit une abondante précipitation atmosphérique, ont au contraire une beaucoup plus faible proportion de terres irriguées, 12 p. 100 dans la Californie et l'Oregon, moins de 4 p. 100 dans le Washington. L'étendue absolue de ces irrigations est cependant considérable, en Californie surtout.
Si l'on compare non plus l'étendue des terres irriguées à l'étendue de l'ensemble des terres améliorées, mais la valeur des récoltes obtenues sur les premières h celle de toutes les récoltes obtenues dans l'Ouest, on voit
ressortir encore mieux Timportance de rirrigation ; sur 2.863.000 dollars que valaient, en 1899, les récoltes du Nevada, 2.853.000 provenaient de terres irriguées. Dans le Colorado, qui a la production agricole la plus importante de la zone aride (les États du Pacifique exceptés), 15.100.000 dollars de produits sur 16.860.000 avaient été récoltés sur les terres irriguées, proportion de 90 p. 100; dans TArizona, TUtah, le Wyoming la proportion de la valeur des récoltes fournies par ces mêmes terres étaient également supérieures à 90 p. 100; dans le Montana, elle atteignait 70; dans l'Idaho, 60 p. 100; en Californie, quoique les terres irriguées ne forment qu'un huitième de l'ensemble des terres améliorées, la valeur des produits obtenus sur les premières atteignait plus du tiers de la valeur totale : 33 millions de dollars sur 93 millions et demi.
Les récoltes fournies par les terres irriguées ont donc une valeur beaucoup plus considérable que celles qui sont obtenues dans les mêmes régions sur des terres non irriguées. Ceci s'explique, en partie, parce que l'on cultive sur les premières des produits plus précieux, mais surtout parce que le rendement est plus considérable. Voici, d'ailleurs, la répartition des terres irriguées suivant les différentes cultures auxquelles on les affecte :