PU^FACE XI
gâter à Tavenir et le xx® siècle n'assislera-t-il pas à sa décadence ? D'aucuns le craignent, en voyant Tafflux récent d'immigrants du Midi et de TOriont de l'Europe, gens « arriérés », à demi touchés seulement par la civilisation moderne, beaucoup plus difficiles à assimiler que les Allemands et les Scandinaves qui, jusqu'aux environs de 1890, avaient formé avec les Anglais et les Irlandais la très grande majorité des colons. Ayant moins d'esprit d'initiative, de self'help^ se sentant perdus dans un milieu si profondément différent du leur, ces nouveaux immigrants s'accumulent dans les villes, où on leur reproche de déprécier les salaires, et ne contribuent que peu à la mise en valeur réelle du pays. Peut-être, toutefois, les Américains envisagent-ils avec trop de pessimisme le changement effectué dans Torigine des immigrants.
Parmi ces nouveaux venus il en est, comme les Italiens, qui, à côté de certains défauts, sont très loin d'être dénués de qualités. Puis la population des États-Unis est déjà si forte que l'immigration ne saurait plus la modifier aussi profondément qu'elle eût pu le faire jadis. On ne peut nier cependant que cette introduction d'éléments nouveaux et hétérogènes soit de nature à créer peut-être un certain déséquilibre. Si elle doit avoir un effet sensible sur le type américain, ce ne peut guère être qu'en mal. Aussi conçoit-on qu'elle préoccupe le Gouvernement et les citoyens des Etats-Unis.