PRÉFACE IX
dépassent jamais TEmpiro russe, dont la population s'accroît aussi rapidement que la leur, grâce à une exubérante natalité. Mais c'est ici qu'il convient de s'attacher, non plus seulement à la quantité, mais à la qualité des hommes, qui est, en Amérique, tout à fait exceptionnelle.
Depuis les puritains, les Pi/grim fathers de la Mayflower qui s'exilaient de la mère-patrie pour aller fonder, sur la rude terre du Massachusetts, une société conforme aux enseignements que leur foi trouvait dans la Bible, jusqu'à ces émigrants modernes, dont vingt millions sont venus depuis trois quarts de siècle s'établir aux États-Unis, les Américains sont le produit d'une sélection et d'une double sélection. Une première se fait au départ : dans un milieu humain donné, ce ne sont que les hommes les plus hardis, les plus entreprenants qui ont le courage de passer la mer pour aller, en pays inconnu et lointain, se créer une nouvelle vie. Puis, une fois arrivés, ce ne sont, parmi eux, que les plus énergiques, les plus sages, les mieux doués d'esprit d'organisation, qui réussissent dans la lutte pour la vie, plus âpre encore, plus impitoyable au faible dans les pays neufs que dans les vieux pays. Ainsi, l'Amérique a écrémé, pour ainsi dire, les sociétés du Vieux-Monde ; c'est pourquoi l'échantillon humain s'y trouve supérieur à ce qu'il est en d'autres contrées.
Si la société américaine est énergique et active.
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si son activité va même parfois jusqu'à Tagitation, elle reste cependant disciplinée. L'esprit des Puritains qui furent les premiers colons y a en partie survécu. CVsl que l'immigration, si considérable qu'elle ait été à certaines périodes ne Ta jamais été assez pour submerger — comme en Australie — la population préexistante, qui a pu ainsi inculquer aux nouveaux venus ses fortes traditions et son idéal; c'est aussi que cette immigration s'est composée pour la plus grande partie d'éléments semblables à la population primitive, ou facilement assimilables par elle. Nous croyons, d'ailleurs, démontré, par l'analyse des statistiques des divers recensements et do celles de l'immigration, que la majorité des habitants blancs des États-Unis actuels descendent de ceux qui s'y trouvaient au début du xix® siècle et sont originaires des Iles -Britanniques — ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'ils soient <r Anglo- Saxons ». Ce sont, en tous cas les Américains de vieille souche, ou les fils et les petits-fils d'immigrants tout à fait américanisés, plutôt que les immigrants eux-mêmes, qui sont les principaux instruments de la colonisation de l'Ouest et qui forment l'immense majorité des habitants des campagnes et des petites viUes, le siibstratum solide de la population américaine.
Ce type américain, si remarquable assurément, tout en ayant ses défauts, n'est-il pas exposé à se