PRIS PAR BAUDOUIN D'ENSEIGNER LE DROIT A BESANÇON
(21 octobre 1566.)
Sur ce que le docteur Mareschal, au nom et par la charge de messieurs les gouverneurs de la cité de Besançon, a
déclairé à monsieur Balduin, docteur es loix, la bonne délibération que avoient lesdis seigneurs d'ériger et establir en leur dicte cité une notable et fameuse université, spéciallement pour les loix, et qu'il a requis lediclsieur Balduin d'en vouloir prendre la charge et s'y employer, luy offrant à ces fins dès maintenant sept cens livres tournois de gaiges, ledict sieur Balduin après avoir dèclairé quelle aultre considération le pourroit esmouvoir à prendre telle charge, a dict et respondu pour le regard des gaiges qu'il falloit que du moins ilz fussent sulllsans pour un honorable eutretenement de sa maison et la diguilé de la profession , et au reste a promis d'aller veoir et visiter lesdis seigneurs, pour de plus près communiquer avecque eux de tout ce qui appartient à l'érection et establissement do ladicte université et ce qui se trouvera nécessaire pour les gaiges, mesmoment pour commancer quelque lecture, moyennant aussy que lesdis seigneurs fourniront aux despens des voiages dudit sieur Balduin et de son train ou famille. Et sur ce ledit sieur promect faire tel debvoir qu'il espère povoir estre, Dieu aydant, audit Besançon en dedans six sepmaines ou plustost, si faire se peult. — Faict à Paris le XXIe d'octobre l'an mil cinq cens soixante et six.
Balduin.
BAUDOUIN
AUX GOUVERNEURS DE BESANÇON
(21 octobre 1666.)
Messieurs, j'ay receu vos lettres et bien entendu ce qui m'a esté plus amplement dèclairé par monsieur le docteur Mareschal en vostre nom et par vostre charge. Sur quoy il vous plaira pour response veoir le sommaire de ce que en avons résolu par ensemble. J'adjousteray seulement que sans avoir aultre esgard à mes affaires particulières et après avoir refusé tant d'aultres conditions autant prouflic-
tables que honorables, il est advenu que un grand désir d'ayder à vostre très noble et vertueuse et louable entreprise m'a faict incontinent consentir à ce que désirés, voire pour m'y emploier du tout et à bon escient, comme aussy J'espère que poursuyverés à bon escient ce que avez bien entrepris pour la République, de sorte que l'exécution aura son accomplissement. Or pour myeux en adviser avecque vous et de plus près et sur les lieux, ainsy qu'il est nécessaire que telles choses soient traictées, il m'a semblé le plus expédient de vous aller veoir et d'expérimenter ce que faire se pourra pour l'establissement de vostredicte université. Je n'ay faict pour le présent aultre dilUculté sur l'offre des gaiges. Car oullre ce que ne me suis jamais amusé à telles stipulations et que j'ay toujours ou mémoire de ce que la loy dict : ta lia prestari debere potiusquam peti, et accipi hontstius cjuam peti, aussy que vostre honesteté et discrétion pourra bien veoir ce qu'il appartient, il y a d'aultres choses préallables que j'ay en plus grande considération. Mais espérant que de brief sur les lieux j'aurai moien de vous en donner plus grand contentement, et au reste que cependant la soufllsance de ce porteur est telle qu'il n'est besoin d'aultre lettre, je ne feray la présente plus longue, ains, Messieurs, en vous présentant mes trèshumbles recommandations, je prieray Dieu de vous conserver. De Paris ce XXIe d'octobre.
Vostre très-humble serviteur François Balduin A Messieurs
Messieurs les gouverneurs de la cité impériale de Besançon.
Reçue le fécond de novembre 1566.