INSTRUCTION SOMMAIRE
A NOBLE HOMME ESTIENNE SAULGET, CITOIEN DE BESANCON, DE CE QU'IL DEBVRA NÉGOTIEU A HOME POUR LE FAICT DE LA CITÉ DE BESANÇON.
(12 septembre 1569.)
Premièrement s'adressera à monseigneur le très révérend archevesque, luy présentera les lettres que messeigneurs les gouverneurs luy escripvent avec leurs recommendations.
Luy dira particulièrement, oultre le contenu desdictes lettres, que mesdicts seigneurs les gouverneurs ont grande asseurance de son crédit et bonne affection envers la cité, et le supplient de s'employer envers Sa Saincteté et aultrepart où il verra estre nécessaire, à ce que l'on puisse avoir une annullation contre le mandement révocatoire de l'université ouctroyé par Sa Saincteté, qu'est le but où l'on tend pour le présent, et de vouloir présenter avec luy les lettres au révérendissime cardinal d'Ausbourg, auquel seigneur revérendissime cardinal, comme protecteur de l'empire, l'on suppliera embrasser ce faict affln d'y pouvoir obtenir et de présenter les lettres de la cité à Sa Saincteté.
Si ledict révérendissime cardinal d'Ausbourg n'est au lieu ou qu'il reffïise en prendre charge, ledict sieur Saulget présentera audict seigneur très révérend archevesque les lettres pour Sa Saincteté et le priera de les présenter et recommander comme dessus.
Si ledict seigneur archevesque pour quelque occasion
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prenoit excuse de s'empescher de ceste matière et ne le vouloit faire, ledict sieur Saulget le priera de rechief de le vouloir faire faire par personnages de son crédit, afïln que le faict de ladicte cité ne demeure en arrière.
Et si, oultre la révocation que l'on requiert, se pouvoit obtenir du Pape une confirmation du previlége de l'empereur selon sa forme et teneur et non aultrement, de quoy il tiendra propos à mondict seigneur l'arche vesque, la fauldroit solliciter et faire dépescher, et audict ellèct ledict sieur Saulget aura rière soy une copie dudict previlége pour la monslrer s'il est besoing et l'occasion se présente, comme aussi de la révocation du Pape obtenue par ceulx de Dole.
Quoy qu'il en soit, ne fauldra retourner ce que sera faict et obtenu de Sa Saiucteté pour le faire tenir seurement à mesdicts seigneurs.
Lesquels auront souvenir du labeur dudict sieur Saulget pour le recognoistre cy après.
Faict au conseil le xne de septembre l'an mil cinq cens soixante neuf.
[Minute.)
REQUÊTE
Ou lettres closes adressées par les Gouverneurs de Besançon à Pie V la veille des ides de septembre 15G9, pour obtenir la révocation de son bref qui interdit la création d'une université à Besançon.
Ces lettres, rédigées en latin par les sieurs Rebene et Richer, furent confiées à Saulget, envoyé de la ville à Rome.
LES GOUVERNEURS DE BESANÇON
A l'archevêque de cette ville.
(12 septembre 1569.)
Très révérend seigneur et prélat. Comme a pieu à vostre seigneurie par tant de fois nous faire cognoistre vostre bonne aflectiou allendroit de ceste cité, et promotion du bien, honneur e'. proflit d'icelle, il nous a semblé ne pouvoir mieulx adresser cestes qu'à vostre illustrissime seigneurie, laquelle nous croyons avoir bien sceu le previlège concédé à ceste cité par feu d'heureuse mémoire l'empereur Ferdinand, que Dieu absoille, pour ériger et dresser en icelle université, duquel previlège ayant obtenu confirmation de l'empereur Maximilien son filz à présent régnant, nous avons commencé d'introduyreen ladictecité ce grand bénéfice pour pourveoir noz enflans et tous aultres sectateurs des sciences et bonnes lettres contre la calamité des troubles, guerres et divisions régnans en plusieurs lieux, ayant audict eflect appellé docteurs fameux et de bonne réputation, par façon que l'on ne peult en espérer sinon ung grand avancement des sciences et bonnes lettres. Touteflbis, comme l'on voit ordinairement les choses bonnes et vertueuses soub main estrc traversées, l'on a ces jours passez signifié un brefz obtenu de Sa Saincteté, par lequel elle révocque et adnulle une concession qu'elle nous auroit auparavant faict d'ériger en ladicte cité ung collège et escholles publicques tant en droict civil et canon que aultres facultez, soubz couleur et prétexte qu'en la ville de Dole distant de ceste cité de huict lyeues seullement, y auroit desja université anciennement fondée et que de ladicte concession, à raison de ladicte proximité et aultres causes, se pourroient ensuyr plusieurs maulx, inconvéniens et scandales, comme il est plus à plain contenu en ladicte révocation, contenant oultre inhibition à tous d'ériger et fonder ladicte université et à tous docteurs de lire en icelle
soubz peinne d'encourir la sentence d'excomuniement ipso facto, et comme nous n'avons jamais rien sceu de ladicte concession, et que si l'on nous vouloit empescher de jouyr du bénéfice de nostre prince pourroit causer en ladicte cité ung grand mal, scandale et inconvénient, nous avons remonstré à Sa Saincteté les raisons pour lesquelles nous ne pouvons obéir aux dictes inhibitions par les lettres que le Sr escuyer Saulget, porteur de ceste, a rière soy, contenans aussy la response au bref qu'il avoit pieu à sa dicte
Saincteté nous envoyer par cy devant (Le reste de la
lettre n'offre aucun intérêt).
De Besançon, le xn de septembre 1569.
LES GOUVERNEURS DE BESANÇON