A JEAN DE FRANCOLIN , ROI D'ARMES DE L'EMPEREUR
(15 septembre 1569.)
Monsieur l'Hérault. Le procès des lymites d'entre la comté de Bourgoigne et ceste cité impériale, duquel vous avez tant de fois ouy parler, n'estant encore achevé et vuydé, nous ressuscite tous les jours nouvelles difflcultez et fascheries, comme vous pourrez cognoistre par la requeste que vous envoyons pour présenter en nostre nom à sa Majesté Impériale, en laquelle sont comprins deux chiefz, l'uug concernant la poursuyte dressée contre certains particuliers de ceste cité en la court du parlement à Dole, et l'aultre touchant le previlége de l'université que l'on tasche par tous moyens nous empescher du cousté de Dole sans aulcune raison ny occasion légitime, mais ilz ne peuvent souffrir le bruict et avancement que promet l'establissement de ladicte université, lequel est desja acheminé. Vous sçavez assez ledict previlége avoir esté principalement ouctroyé en faveur de la nation d'Allemaigne, à laquelle
nous croyons asseurément sa Majesté ne vouloir permettre qu'ung tel tort soit faict d'empescher l'establissement de ladicte université. Nous vous prions solliciter diligemment envers sadicte Majesté l'ung et l'aultrc des poinctz contenuz en ladicte requeste et faire de sorte que puissions obtenir quelque depesche favorable selon que nous confions de vostre diligence et expérience en tous noz affaires. Nous en escripvons particulièrement à Monseigneur de Chantonnay (1) et à monsieur Singhkmoser du faict généralement. Vous pourrez recommander et emboucher l'ung et l'aultre la particularité comprise en ladicte requeste, signautment audict sieur Singhkmoser, et l'asseurer que s'il luy plaist accommoder noz affaires et les favoriser de son crédit, nous le recognoistrons à son contentement. Si vous cognoissiez qu'il y reste à faire quelque chose de nostre cousté pour l'avancement des besoignes, ne faillez incontinent de seurement nous en advertir et de tout ce que vous pourrez apprendre nous concernant, mesmement à qui nous pourrions avoir adresse en Allemaigne pour solliciter sa Majesté pour noz affaires, car nous avons besoing de support. Et nous ne fauldrons mériter par récompense condigne la peinne que prandrez pour nous, et ne fauldrez faire entendre à sa Majesté qu'estant ja en pied ladicte université, il est impossible l'empescher ou retarder sans danger d'ung grand trouble et scandale en ladicte cité. L'assurance que nous avons de vostre bonne et naturelle affection nous fera mettre fin à la présente par noz très affectueuses recommandations à vostre bonne grâce, priant le Créateur conserver icelle en toute prospérité. De Besançon ce XVe de septembre 1569.
Si vous treuvez quelques lettres avec ce pacquet adressées à monsieur le chancelier de Bohème, vous ne fauldrez luy
(1) La lettre adressée à M. de Chantonnay, ambassadeur du Roi Catholique près l'Empereur, est conçue dans des termes identiques. Elle porte la dite «lu 15 septembre 1569, comme la requête que le héraut Francolin était chargé de remettre à l'Empereur. Cette dernière pièce, écrite en latin, nous a paru trop longue et trop peu importante pour être reproduite.
présenter et l'employer en ceste besoingne, laquelle luy sera y recommandée d'affection.
Les Gouverneurs de la cité impériale de Besançon entièrement vostres.
A noble homme Jehan de Francolin, roy d'armes de l'Empereur.