‹ Les Universités de Franche-ComtéChapitre 41 sur 126 · CCXXXVIII · texte numérisé non relu

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copale qui s’étendait sur le comté , c’est-à-dire sur un sol étranger, était l’occasion de graves conflits entre l'autorité civile et l’autorité ecclésiastique, entre le parlement de Dole et l’archevêque de Besançon. Le premier prétendait connaître exclusivement des actions réelles et personnelles relatives aux bénéfices situés en Bourgogne, et le second, peu satisfait de juger les causes des gens d’Eglise et les crimes ou délits imputés à ses diocésains laïques en matière religieuse, admettait indifféremment à son tribunal toutes les parties qui le préféraient au juge séculier. Il s’était même glissé dans l’officialité diocésaine un abus étrange dont l’origine remonte sans doute au droit de justice inhérent à la puissance épiscopale avant la constitution des tribunaux laïques. Un débiteur refusait-il de payer son créancier? Celui-ci, pour éviter les frais d’une procédure, s’adressait à l’oflicial qui lui délivrait une sentence d’excommunication contre le récalcitrant. Une partie condamnée par le juge d’Eglise s’avisait-elle d’appeler au juge civil? Elle était aussitôt frappée d’une semblable censure. On en était venu à fulminer ces peines sur le simple dépôt d’une requête, sans productions de titres à l’appui. On délivrait des monitions dans tous les procès, même sur des questions de propriété, on en délivrait en blanc. On faisait, faut-il le dire? commerce des lettres de cléricature, des provisions de bénéfices, sinon du consentement, du moins sans la défense de l’archevêque. Cette scandaleuse promiscuité du spirituel et du temporel, ces abus criants, auxquels résistait avec énergie la cour de Dole, avaient plus d’une fois attiré l’attention souveraine. En 1532 et 1538, Charles-Quint était intervenu entre son parlement et l’archevêque Antoine de Vergy ; en 1559 , un concordat avait été même conclu entre Claude de la Baume et deux conseillers au parlement, Etienne Le Clerc et

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Fauche, au nom de Philippe II (1). Mais la réception des canons du concile de Trente en Franche-Comté, réception qui n’eut pas lieu sans une vive résistance de la cour souveraine de Dole, avait réveillé toutes les prétentions du prélat. Les sentences d’excommunication pour dettes avaient repris leur cours au mépris du concordat, et de son côté le parlement, rompant lui-même un accord qui n’était plus exécuté par sa partie adverse, avait publié en 1571 un édit portant défense à tous sujets espagnols, de quelque qualité qu’ils fussent, même aux clercs, de poursuivre dans le comté leurs débiteurs par voie de censures ecclésiastiques, sous peine de perdre leur créance et de payer une amende arbitraire. Les esprits sages et modérés qui blâmaient l’abus du pouvoir spirituel et disaient avec le tolérant Granvelle : « I*a procédure par censures pour debtes et choses temporelles ne me pleut oncques... c’est une quasi-impiété de la tolérer, » ne désapprouvaient pas la résistance parlementaire; ils n’en regrettaient que la forme. « Je tiens, écrivait Granvelle à son ami Broissia, que le monde ne prospérera que l’on ne laisse à chacun sa chacune et que l’Eglise ayt sa juridiction entière et les princes la leur, sans que les ungz entrepreignent sur les aultres. >> 11 remarquait encore avec finesse : « Noz anciens, nonobstant les excommunions, sont demeurez fermes, grâces à Dieu, en la religion catholique (2). » Mais l’archevêque, moins calme et moins désintéressé que lui, avait jeté de violentes clameurs, soulevé le chapitre, le sénat, la ville elle-même et déféré l’édit au pape. Sa crosse était brisée, ses droits étaient violés, on avait porté la main sur l’oint du Seigneur ! On avait commis à son égard le plus coupable des rapts! Il n’y aurait plus de paix, plus de sécurité pour la

W Pétremand, Ordonnances et Edits de la Franche-Comtt, p. 323. (2) Lettres à Jean Froiasard de Broissia, de 1582 et 1583.

propriété, s’il était impuissant à la protéger. Besançon se dépeuplait à vue d’œil, depuis qu’elle élait privée des bénéfices, cet hôpital de la noblesse, comme disait Antoine Perrenot, qu’entretenaient les tribunaux ecclésiastiques et leur privilège de juridiction. Encore quelques jours, et ce serait un désert, une ruine, une cité morte (1).

Les doléances de Claude de la Baume avaient été d’autant mieux accueillies à Rome que, dans sa riposte, le parlement n’avait pas ménagé les expressions. Le conciliant Granvelle reconnaissait lui-même que l’édit était * couché en assez maulvais termes. » Les prélats chargés de son examen et le nonce du pape à Madrid avaient pris chaudement la défense de l’archevêque. Ils faisaient en sa faveur observer que l’atteinte portée à un droit aussi ancien et aussi vénérable que sa juridiction était du plus funeste exemple, qu’elle anéantirait dans les peuples le respect dû à l’autorité spirituelle et aux décrets du concile de Trente. Dans le duché de Bourgogne en effet, à Losne, à Langres, et jusqu’à Lyon, en France enfin où les décisions de cette grande assemblée n’avaient pas été, il est vrai, reçues avec autant de respect qu’en Espagne, les magistrats de Dole avaient déjà fait des prosélytes et rencontré des imitateurs. Le Conseil privé des Pays-Bas proposait lui-même de réduire l’archevêque bisontin aux privilèges beaucoup moins étendus des prélats flamands. Rome, mécontente et prévenue, ne voyait pas sans dépit ces légers symptômes d’indépendance, et son pontife inclinait à donner tort au parlement.

Nous le répétons, l’heure était donc éminemment favorable pour rentrer en campagne au sujet de l’université. On se hâta de la saisir. L’agent de Besançon près de Gré-

(1) Nous n’exagérons rien : tous ces termes se trouvent dans les mémoires de la ville et la correspondance de l’archevêque.

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goire XIII, le sr Mugnier, reçut la mission confidentielle de solliciter une nouvelle expédition du premier bref de Pie V, et, sur le conseil de l’empereur, on se mit en devoir de se procurer « deux bons docteurs, sçavans et catholicques pour lire en droit, que l’on stipendiera raisonnablement (1).» On pria Cujas et Vincent Cabot, régent à l’université de Toulouse, par l’intermédiaire de Pierre de Soyeet de l’écuyer Chavirey, de faire cette recherche, La ville se réservait de fournir le professeur d’institutes. Le refus poli de Cujas, qui s’appuyait sur le défaut d’autorisation du Saint-Siège, ne fit que redoubler l’activité des quatorze gouverneurs. Ce qui leur manquait surtout, c'étaient des auxiliaires, des alliés. On leur conseilla d’invoquer l’appui des cantons suisses. Charles Varin courut à Fribourg et à Soleure demander aux confédérés des lettres de recommandation près du pape. Pendant que l’on rédigeait, d’accord avec le haut doyen du chapitre, François de Grammont, un placet adressé à Sa Sainteté, que le chanoine Bacholet, chargé d’apporter le chapeau de cardinal à Claude de la Baume, devait remporter à Rome, on envoyait au cardinal Madrucci copie des brefs de Pie V, de l’édit du parlement sur la juridiction ecclésiastique et du concordat de 1339, qui devenaient des pièces importantes au procès; on entrait en relations avec un Florentin nommé Pitti, qui se faisait fort de procurer à Besançon l’appui du grand-duc de Toscane, on se jetait aux pieds de celte altesse et on adressait mémoires sur mémoires au cardinal viceprotecteur de l’Empire (2), au cardinal Maflei, au cardinal Caraffa, au cardinal de Médicis (3).

(1) Délibérations du 30 janvier 1579 (▼. s.) et du 30 juillet 1580.

(2) Délibérations des 2. 6. 9 mars, 17 juin et 16 août 1581. A cette dernière date on lit : « Le conseil a été assemblé pour adviser à faire réponse au Sérénissime Grand-Duc de Toscane, à S' Jacques- Antoine Pitty et M' le chanoine Bacholet, desquelz Messieurs avoient receu lettres concernant le faict de l'université. ••

(3) Délibérations de 1582, purrini

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Hélas! si la ville ne se défiait pas assez de ses illusions généreuses, elle se défiait moins encore de la sincérité de ses agents. Celui qu’elle avait découvert à Florence était le dernier des hommes à qui l’on pût se livrer. L’Italie était alors pleine — et certains médisants affirment qu’elle a peu changé depuis — d’intrigants obscurs et faméliques, sentinelles officieuses des palais, courtiers-marrons des faveurs princières, qui vivaient de la desserte des cours et surtout de la naïve confiance des solliciteurs. Malgré son nom sonore qui supposait une illustre origine, Pitti appartenait à cette race mendiante et rapace dont la forfanterie fait tout le crédit, et qui prélève sur la crédulité étrangère un tribut que scs compatriotes lui paient en mépris. Dès le premier jour, il s’était offert à vaincre la résistance de la chancellerie romaine et à faire mettre au plomb, c’est-à-dire à faire expédier sous forme exécutoire, la bulle de 1567 qui autorisait l’université. Ses plus fabuleuses promesses n’avaient pas dessillé les yeux des gouverneurs qui, pour stimuler son zèle, lui envoyaient presque à chaque courrier de bonnes lettres de change en guise de gratifications. Chacune des dépêches par lesquelles il accusait réception de ces envois contenait un merveilleux récit de ses courses incessantes et des progrès que faisait entre ses mains la cause de la cité. Malheureusement les actes ne répondaient guère aux paroles. Contraint un jour de venir à Besançon rendre compte de ses onéreux services, il ne put représenter qu’une lettre insignifiante du grand-duc et une dépêche du cardinal Maffei adressée, non pas à la république, mais au conseil de Dole(l ). La simple suscription de cette dernière pièce produisit une telle stupéfaction parmi les gouverneurs qu’ils

(1) ...u Mgr le cardinal Maffei duquel il n’a peu obtenir sinon lettres adressées magnifias dominis consulibus et consiliariit commun itati s dolensit... ** (Délibération du 4 mars 1582.) La lettre du cardinal est du mois de janvier précédent.

appelèrent immédiatement les Vingt-Huit et les anciens membres du sénat, afin de s’éclairer de leurs avis. La majorité décida que l’étrange négociateur irait porter lui-même la lettre à Dole, « en son nom et non au nom de la cité, et obtiendroit certillication de la délivrance d’icelle ou instrument pour en faire apparoir à MKr le cardinal, afin de taster encore si l’on pourra obtenir quelque chose de mieulx, combien qu’il n’y ait grande apparence et ce au moings de frais qu’il sera possible. » C’était le premier doute, le premier désenchantement qu’éprouvaient les honnêtes magistrats depuis la reprise des négociations, mais leurs vœux étaient si ardents et leur foi dans la loyauté humaine si pure, qu’après avoir reconnu, un an plus tard seulement, que Pitti n'avait jamais cessé de les abuser (1), ils retombaient presque aussitôt dans une autre illusion, sinon dans un autre piège, dont les registres consistoriaux nous révèlent à moitié la trace (2).

Les choses n’avançaient guère en effet à Rome, malgré l’activité que l’on déployait à Besançon. Des intrigues aussi vulgaires ne pouvaient forcer les portes du Vatican. En admettant même, comme le prétendait mensongèrement Pitti, que plusieurs cardinaux et le grand-duc de Toscane aient pris en mains les intérêts de la république, en admettant que la recommandation des cantons de Fribourg, de Soleure et de Lucerne, appuyée par le capitaine de la garde

(1) “ Du 17 avril 1583 À 2 heures après midi. — Messieurs se sont assemblez pour veoir lettres... par où il appert la négociation dudict Pitty estre frivole. Pour ce a esté ordonné au syndique luy escrire en particulier, selon qu’il luy a esté déclaré. » {Registre! de Besançon.)

(2j « Du 25 février 1585. — Messieurs ayant entendu qu’il y auroit un personnage signalé, bien affectionné à ceste cité, par le moyen duquel l’on peult parvenir à obtenir de Sa Saincteté le privilège d’université sans y faire aucuns frais, et qui ne désire estre nommé ny que bruict en soit faict jusqu’à ce que le négoce sera achevé, ont commis MM. de Preigney et Montrivel pour en prier ledict personnage, en communiquer avec luy et faire ce qu’ilz verront à ce convenir. «

pontificale, qui était originaire de cette dernière ville, ait eu une grande influence sur l’esprit de Grégoire XIII, on ne pouvait méconnaître que l'obstacle principal était à Madrid, et que, tant que le puissant monarque espagnol s'obstinerait dans sa résistance, la papauté persisterait dans ses refus. Les gouverneurs le sentaient si bien eux-mêmes que, dans une heure de découragement, ils consignaient l’aveu de leur impuissance sur leurs registres. « On recognoit assez, écrivaient-ils le 8 octobre 1582, par les lettres des agens à Rome que les empeschemens des adversaires ne peuvent estre vuydez sinon par le vouloir de Sa Majesté Catholicque. » Ce vouloir, on essaya de le fléchir, puisqu’on ne pouvait le surmonter.

Au nombre des enfants de Besançon dont la ville était le plus justement fière, quoiqu’il ne lui ait point réservé sa haute intelligence et ses services, était cet Antoine Perrenot, que nous avons déjà maintes fois cité , ce sage cardinal de Granvelle, dont les traits empreints d’une fine bonhomie jettent un sourire lumineux entre les sombres visages des conseillers de Philippe II. Si quelqu'un pouvait s’ouvrir un chemin jusqu’à l’âme moins résolue qu’opiniâtre et fermée du maître, si quelqu’un pouvait sonder ses replis, c’était ce vieux serviteur qui possédait toute sa confiance, qui avait deviné ses secrets plutôt qu’il ne les avait reçus et qui à une singulière justesse et à une balance d’esprit très-délicate joignait un charme, un art de séduction qu’il exerçait à mi-voix, sans chaleur apparente, par touches légères, par nuances. Nul n’était plus propre, s’il le voulait, à relever les tristes affaires de la république. Une lettre écrite par les échevins de Dole au cardinal Maffei servit de prétexte et d’introduction. Cette lettre, dans laquelle l’université se vantait de l’appui de Granvelle, avait été interceptée par les gouverneurs qui la lurent sans scrupule, en prirent une copie et l’envoyèrent

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à leur compatriote en lui reprochant doucement de renier son berceau pour une ville étrangère. Le cardinal parut fort sensible à ce reproche. Son premier mouvement fut de se courroucer contre les Dolois qui trahissaient étourdiment d’anciennes sympathies, au risque de le brouiller avec sa ville natale; mais le second fut de se désintéresser de la querelle et de quitter la lice. En homme loyal, il répondit aux gouverneurs que, s’il avait autrefois soutenu la politique royale à Rome et combattu le projet d'érection d’une université rivale, il entendait désormais demeurer neutre dans le débat (1); on fit de part et d’autre de vains efforts pour l’ébranler (2); il tint parole et ne s’en mêla plus.

Au fond, la prudence et l’équité s’accordaient chez Granvelle à donner raison aux Comtois. « Je sçay bien, écrivait-il à M. de Broissia le 4 mars 1583, que le pape n’a nulle envie de consentir ladicte université et qu'il veult en ce suyvre la résolution de son prédécesseur. Ceulx dudict Dole prétendent d’avoir privilège semblable à celle de Louvain que à austant de lieues à la ronde ne se puisse faire université. Et je tiens que, si en ceste conjecture ilz le poursuyvent, qu’ilz l’obtiendront; et mesme que l’on advertit que les cantons catholiques qu’avoient escript pour ceulx de Besançon s’en retirent, et je les laisseray faire, n’y ayant touteffois grande difficulté à conduire tout cecy au désir de ceulx dudict Dole, lesquelx à la vérité sont esté peu discretz en mon endroit et m’ont rendu maulvais change de ce que je faisoye pour eulx. » Philippe II, qui n’avait pas les mêmes motifs de s’abstenir, soutenait vivement ses sujets dans leur résistance. Le duc de Parme avait écrit par ses ordres à Gré-

(1) V. aux Pièces justif.,p. 136, ta lettre du 23 février 1583, confirmée par sa correspondance avec Broisaia.

[2] Délibération des gouverneurs du 26 janvier 1584.

goire XIII (1) ; le roi lui-même avait adressé de véhémentes remontrances à Rome par son ambassadeur (2). Il y rappelait que d’anciens concordats obligeaient la ville impériale à ne faire aucun préjudice au comté, qu’un duc de Bour^ gogne avait fondé l’université doloise contrairement à l’intérêt de Dijon, sa capitale, et qu’il n’y avait pas de raison pour préférer Besançon à Dijon ; il ajoutait qu’on ne place pas deux écoles à une demi-journée de marche seulement; que si on en établissait une à Besançon, il mettrait des impôts nouveaux sur les vivres et les marchandises qui traversaient le comté, de manière à rendre la vie impossible aux Bisontins ; qu’une cité libre, si voisine des pays protestants et non soumise à la juridiction de la chambre impériale de Spire, pourrait recevoir chez elle toutes sortes de gens, « et laisser faire profession de toutes choses non approuvées par l’Eglise catholique; » qu’elle l’avait déjà bien prouvé en choisissant pour professeur « ung certain Balduin, duquel le nom et les œuvres sont censurez par le sainct concile de Trente, » et en donnant asile à un cordelier « naguères exécuté de mort à Dole pour avoir dogmatisé en ceste cité ; » que Besançon accueillait tous les fugitifs expulsés pour fait d’hérésie de Dijon et d’autres villes; que plusieurs de ses habitants et des plus grands, faisaient élever leurs fds à Heidelberg, qui est semblable à Genève; que « les religieux et gens d’église allant recepvoir les ordres en ladicte cité estoient par les artisans huez, mouquez et râliez par injures, appelez caffards, loups et aultres insultes, » et qu’enfin lui donner une école, ce serait créer un foyer de libertinage, où les plus dangereuses opinions seraient enseignées. Ce sévère langage, Dole le tenait à son tour et, après elle, toutes

(1) Lettres en italien du 15 avril 1582. (Archive» de Dole.)

(2) Lettre du roi aux échevins do Dole, du 31 octobre 1582. (M.)

les villes franc-comtoises, Baume, Quingey, Àrbois, Orgelet, Lons-le-Saulnier, Salins, Noseroy, Poligny, Champlitte, Bietterans, Gray, Clerval, etc. Ces manifestations successives, en révélant le mécontentement unanime d’un peuple renommé par la fermeté de sa foi et son attachement à l'Eglise, avaient peut-être plus de force encore que les remontrances royales, dont deux députés dolois. Colard et Gollut, étaient allés presser la rédaction en Espagne [1 ); elles touchèrent profondément Grégoire XIII et le confirmèrent dans sa résolution de maintenir le sialu quo. Il allait même, pour trancher définitivement le débat, accorder à l’université de Dole un privilège semblable à celui que possédait l’école de Louvain, c’est-à-dire prohiber l’établissement de toute institution rivale dans un périmètre de plusieurs lieues, lorsque la mort vint arrêter son dessein et rendre un peu d’espoir à l’infortunée république.

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