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l’un écrasera l’autre; c’est la loi fatale des voisins, monarchies ou républiques, depuis le moyen âge, et c’est ce que chacune des deux rivales entendait sous ces belles paroles, sans avoir ni la pudeur de le nier ni le courage de le dire.
Si le régime électif a les inconvénients de la mobilité, il offre du moins aux gouvernés cet avantage que les échecs y sont personnels aux gouvernants, et qu’il suffit du changement périodique de quelques hommes pour réparer une faute ou en décliner la responsabilité. Huit années ne s’étaient pas encore écoulées que la question de l’université revenait devant un corps rajeuni, non moins entreprenant, non moins ambitieux, mais éclairé par l’expérience et animé d’une ardeur nouvelle. Les anciens collègues de Bichet, dont les efforts avaient été si malheureux, n’avaient pas tous disparu, loin de là ; mais le vote populaire leur avait adjoint deux ou trois citoyens actifs qui, tout en désapprouvant la marche suivie par leurs prédécesseurs, rêvaient de prendre une revanche et ne désespéraient pas d’attacher leur nom à la consommation d’une œuvre naguère regardée comme impossible. Vétérans ou nouveaux venus, les conseillers Pétremand, de Preigney, Lambert et Claude Marquis se distinguaient parmi les plus impatients. A les entendre, non-seulement l’intérêt, mais l’honneur de la cité était engagé à vaincre l’opiniâtre résistance de Dole.
I & 1er novembre 1578, l’un d’eux déposa sur le bureau du conseil la proposition de reprendre les négociations avec Home et d’assembler à cet effet les Vingt-Huit. Cet avis fut adopté à la majorité des suffrages et une commission composée des auteurs du projet, auxquels l’on adjoignit Mathieu Maitrejean et Etienne Montrivel, fut chargée d’élaborer un nouveau plan d’attaque.
Le moment semblait favorable : soit calcul, soit hasard, il était bien choisi. Depuis longtemps, la juridiction archiépis-