ANTOINE DE GRANVELLE
AU CONSEIL DE LA VILLE DE DOLE
(12 octobre 1555.)
Messieurs, suyvant l’instance quo plusieurs fois dois quelque temps vous m’avez faict pour solliciter l’empereur afin qu’il voulsit continuer pour autres quatre ans les 40i) frans qu’il avoit accordé pour ung autre terme, afin d’entretenir ung docteur estrangier en la ville de Dole, je me suis servy de l’opportunité de la venue du Roy Monseigneur uostre prince et par son moyen obtenu nouseullement lesdicts 1III' frans pour autres quatre ans, mais que sur l’instance que le docteur Slratius me ha faict de
vostre part afin que la somme fut plus grande, icelle somme soit de V' pour le terme de cinq ans à compter dois la fin du terme précédent, et ce en considération du temps qui a couru pendant vostre poursuitte, comme vous le verrez par le despesche que vous sera envoyé, et certes je désire le bien de la ville et le soubstenement de l’université autant que aultre qui qu’il soit plus affectionné à icelle , mais il fault que vous accomplissiez punctuellement une condition qui est apposée en ceste grâce, assavoir que l’on face cesser l’abbaye (1) que ne sert d’aultre chose que pour desbaucher les escolierset les divertir de leurs estudes, ou que pour le moinsnul ne soit contrainctd’y entrer, uy contribuer, ny obéyr au commandement de l’abbé et de ses officiers, sinon ceulx qui voluntairement et comme desbauchiez d’eulx-mesmes y vouldront assister. A tant je prie le Créateur qu’il. Messieurs, vousdoinl l’accomplissement de voz désirs. De Bruxelles ce XII' d’octobre 1555.
Votre entièrement bon amy, L’evesoue d’Arkas.
A Messieurs les maire et eschevius de la ville de Dole.
(.4rc/i. mu n. de Dole, cote 1571).
PHILIPPE n, ROI D’ESPAGNE