ANTOINE LECONTE
AUX GOUVERNEURS DE BESANÇON
(31 octobre 13)66.)
Messeigneurs, combien que desjà j’aye fait response à
voz lettres par monsieur Cujas, lequel m’ayant baillé les vostres, me promit partant d’icy pour s’en aller en Piémont bailler ma réponse à homme seur à Lyon pour vous la faire tenir, toutesfois, pour ce qu’il peult advenir que mes lettres ne vous ayent esté rendues, et aussy pour autant que moy estant de retour en ce pays ay receu, moy absent de troys lieues, autres voz lettres contenant mesme chose que les premières, ayant aussy esté adverty par mes domestiques que le sieur docteur Malarmey estoit de rechef passé par ceste ville pour me présenter voz dites lettres et faire entendre vostre intention , pour ces causes j’ay bien voulu de rechef par ce porteur, habitant de ceste ville, vous advertir par la présente que je suys prest et seray tousjours à vous faire le service que désirez de moy en l’université par vous nouvellement érigée, pourveu que me donniez honneste récompense et meilleur sallaire que je n’ay par deçà, et que me donniez aussy le loisir et moyen de me pouvoir transporter vers vous avec le congé et bonne grâce de ceux desquelz je reçois les gaiges par deçà, vous pryant me faire sçavoir par tous moyens qu’aviserez quelz gaiges vous me pourrez donner et quelz autres moyens je pourroys avoir de me contenter de vous en vous faisant le service et profession que désireriez de moy, vous asseurant y entendre diligemment, si je cognois que vostre intention et offre soyt raisounable et que je y puisse satisfaire, avec le comportement de mes privées nécessitez. Cependant, Messeigneurs, je prye le Créateur vous conserver en toute prospérité. De Bourges, ce dernier jour d’octobre 1566.
Vostre humble et affectionné et prest à vous faire tout service agréable, Ant. Leconte,
Docteur régent es droictz en l’université de Bourges.
Au bas : Reçue le XI* de novembre 1566. •