BAUDOUIN AUX MÊMES
(5 novembre 1566.)
Messieurs, pour autant que je présuppose que tout ce qui a esté escript d’icy à monsieur Bichet, vous a esté raporté et communiqué, j’ay pensé faire plus discrètement de ne vous rompre pas la teste de redictes, et néantmoins pour le regard d’un poinct que j’ay tousjours requis et stipulé comme le premier et plus nécessaire et sans lequel on ne peult rien commancer chez vous, je suis content de le rafreschir; c’est qu’il fault que je soye accompaigné d'un ou de deux de ma qualité pour marcher et commancer par ensemble le cours dont il est question. Nous vous en avons nommé un qui vault bien deux. Au défault d’iceluy, il seroit besoin d’avoir povoir icy de traicter avecque deux aultres dignes et capables pour vous faire honneur et service avecque moy, et sans cela, encores que tous noz aultres empeschemens cessassent, on ne peult passer oultre. Ainsy, Messieurs, voilà un poinct principal et préallable que vous recommande, puys qu’il dépend de vostre volunté, cependant que je pourchasse icy le surplus avecque grande paine et fascherie du retardement où je suis le plus intéressé. Toutesfoys je me console que cognoissez mon affection. Et sur ce, en vous présentant mes humbles recommandations, je prie Dieu do vous conserver et maintenir. De Paris ce V* de novembre.
Vostre humble serviteur Balduin.