‹ Les Universités de Franche-ComtéChapitre 87 sur 126 · AU ROI CHARLES IX · texte numérisé non relu

AU ROI CHARLES IX

(3 novembre 1571.)

Sire, nous avons receu les lettres qu’il a pieu à vostre Majesté nous escrire sur la requeste et exposé de messire François Balduyn, ensemble de la copie d’icelle requeste par laquelle à son accoustumé il a beaucoup travaillé pour desguiser à son plaisir la vérité du tort irréparable et injure qu’il a faict à ceste cité, car sçachant ledit Balduyn la délibération pour dresser et establir en ceste cité université de loix selon et en conformité du privilège concédé par la très sacrée Majesté de l’Empereur nostre souverain prince et seigneur, mesme au regard de la nation d’Allemaigne pour la comodité qu’elle avoit d’estre instituée tant aux bonnes lettres comme à la langue françoise dans les contins de l’Empire, iceluy Balduyn nous feil sçavoir qu’il désiroit s’employer à ung si bon œuvre, selon que par ses lettres l’on peult cognoistre, par où nous fusmes occasionnez envoyer devers luy où il traicta de venir deçà pour ledit elfect dans un certain temps; de quoy toutefTois n’ayant faict aulcun compte, nonobstant plusieurs interpellations et sollicitations à luy sur ce faictes de nostre part avec très grands fraiz. Toute ffois lorsque tous ces délays et subterfuges par luy prins estoient ja escoulez et que l’on n’espéroit plus aulcun efTect de toutes ses parolles et promesses, il se treuve inespérément en ce lieu, où estant à plain informé de nostre délibération de luy estre faicte communication du privilège par nous obtenu et desempeschemens que l’on se travailloit y meclre, et sur iceulx eu son advis, il traicta et s’obligea encores plus expressément pour la première lecture en ladite université, et se feit avancer ses gages, payer les fraiz de voicture de ses livres et meubles envoyez par deçà avec aultres deniers, le tout soubs l’espoir et asseu-

rance qu’il donnoit de se retreuver icy deans un certain temps pour s’acquitter de ses promesses. De quoy il a faict si peu de compte que s’estant parly soubz couleur d’aller mectre ordre à sa maison, il n’est jamais retorné ni faict aulcun debvoir de satisfaire à ses dictes promesses, et moins proposé aulcun empeschement, encores que de nostre part ayons par tout satisfaict au conlract, par où vostre Majesté peut cognoistre comme ledit Balduyn nous a circonvenu, abusé et mis en grandz fraiz et que ce n’est sans occasion quelesditz libvres et meubles conduictz icy à noz fraiz sont retenuz jusques à ce que le remboursement nous soit faict desdits fraiz et aultres interestz esquelz ledit Balduyn nous a mis par ses promesses non accomplies; en quoy n'a esté usé d’hostilité, barbarie ou ravissement, selon que ledit Balduyn pense suggérer à vostre Majesté pour parvenir à la conclusion de sadite requeste, laquelle se trouvera bien esloignée de la raison par la vérité du faict cy ramantené pour l’information de vostre Majesté. De quoy aussy nous avons adverty et faict réponse à Monseigneur le duc d’Anjou, vostre frère, avec oufTres tant raisonnables pour son respect qu’il nous sembloit debvoir cstre acceptées dudit Balduyn, pour luy estre remis par icelles beaucop des interestz qu’il a faict pointer à éfeste cité. Et encores qu’en ce faict ou aultre ne vouldrions procéder sinon par la voie ordinaire et droicturière de la justice, toutellois, puisqu’il plaist à vostre Majesté uous requérir de convenir et accorder déjugés compétans pour le vuydange et décision de ces diiférendz, nous sommes bien contens qu’ilz soient décidez par la chambre impériale de Spire qui en peult par droict cognoistre, ayant égard que le contract duquel le tout procède a esté faict et délibéré en cesle cité impériale. Et cependant pour la révérence de vostre Majesté, pour ce que ledit Balduyn faict grand cas par sadite requeste de quelques libvres escriplz à la main et aultres mémoires concernant le service de vostre Majesté, nous serons bien contens de les rendre, et si ledit Balduyn veult prester caution lldéjussoire et réceante en cesle cité pour tous les interestz, fraiz et despens prétendu/ contre luy, de luy

rendre aussy tout le reste tant en libvres que meubles, affin qu’il ne semble que nous voulions empescher le service de vostre Majesté et le profllt qu’il peult revenir à voz subjectz par le moien dudit Balduyn. Que sont ouffres si raisonnables que nous estimons que vostre Majesté en recevra contentement, envers laquelle nous serons tousjours affectionnez à rendre très humble service, priant Dieu qu’il la veuille tousjours maintenir en prospérité. De Besançon, in* de novembre 1571.

Vos très humbles serviteurs, les gouverneurs de la cité impériale de Besançon.

Au Roy très chrestien.

ORDONNANGE

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