Chroniques des Ursulines, première partie, ch
mais avec confiance, chez celle qui savait l’éminente dignité des pauvres dans l’Église 1.
Mme de Sainte-Beuve intervint avec un zèle tout particulier dans les soins de ceux qui préparaient en France le retour de la Compagnie de Jésus : elle y était elle-même fort attachée et déplorait l’éloignement de son confesseur. Or, le roi voulait autour de lui des visages heureux; il cherchait à effacer peu à peu les tragiques souvenirs de la Ligue. N’était-ce . point le temps de lui demander la grâce des Jésuites? Mme Éléonore de Bourbon, abbesse de Fontevrault, sa tante, désirait vivement avoir quelqu'un des Pères pour prédicateur du prochain Avent. Ainsi pressé par ses plus chers conseils, Henri IV céda, et l’on vit un jour paraître à Fontainebleau le Père Gontery et le Père Coton. Quelques mois plus tard, on s’en allait en foule à Saint-Gervais ou à Saint-Jean entendre leurs homélies : le roi cependant, rudement traité, en fut mal satisfait; 1l se plaignit même au sortir d’un sermon « avec grande bonté : Sainte-Beuve, dis à ton confesseur que Je le prie de m’aimer et de m’épargner un peu; et que lorsqu'il aura quelque réprimande à me faire, il me vienne parler à l'oreille ». Aussi le Père Gontery dut-il garder le silence, au sortir de l'Avent de 1609.
Mme de Sainte-Beuve était maintenant des plus fanuhières chez ses cousins Acarie : elle y conduisait son amie la marquise de Maignelay, sœur de Monseigneur de Gondi, évêque de Paris; il y avait là M. de