Chroniques des Ursulines, première partie, ch
Marillac, alors maître des requêtes, et M. de Bérulle, aumônier du roi. Cette petite congrégation est en quelque sorte Le foyer d’un magnifique élan du sentiment religieux en France, puisqu'elle réunit les fondateurs du Carmel français, des Ursulines et de l'Oratoire. M. Acarie d’ailleurs supportait mal que sa maison devint une maison de prières; il aimait « les Jeux et les ris » et bouleversait volontiers les pieux conciliabules de ses hôtes. Il accueillit pourtant les premières novices du Carmel 1: car la réforme des monastères surtout exerçait le zèle du Père de Bérulle, et c’est lui qui s’en fut en Espagne chercher les religieuses destinées à guider celles que Mme Acarie groupait sous l'inspiration de sainte Thérèse?. Peu après, la générosité de la princesse de Longueville leur. donnait une propriété sur la place de l’église Sainte-Geneviève, avant de les installer définitivement rue Saint-Jacques en l’année 1604.
L’embarras de M. de Bérulle fut grand lorsqu'il reconnut que parmi les postulantes, certaines étaient mieux douées pour la vie active que pour la contemplation carmélite : au cours d’un voyage en Avignon (1604), il avait rencontré le vénérable César de Bus * et avait appris l'installation des Ursulines en
1. À. Duvaz, La vie admirable de sœur Marie de l’Incarnation.
2. Il faut distinguer dès maintenant Madame Acarie, fondatrice des Carmélites de France (1565-1618), qui prit le voile sous le nom de Sœur Marie de l’Incarnation, et Marie Guyard (1599-1672), qui fut chez les Ursulines de Tours Mère Marie de l’Incarnation, et devint à Québec la fondatrice des Ursulines de la nouvelle France; la réputa-
tion de son mysticisme est considérable.