Annales des Ursulines, t. I
religieuses. Elle a près de quatre toises de long et cinq de largeur au milieu du mur (qui a de l’autre côté la grande porte du chœur où il y avait auparavant un autel); 1l est creux en forme d’armoire, afin d'y pouvoir serrer les reliquaires. Aux deux côtés de l’autel, sous deux formes de pilastres de lambris carrés aussi creux pour le même dessein, y ayant eu au dedans des séparations ornées de riches étoffes à franges d’or avec des vitres au
« dedans des piliers, d’où l’on peut voir à travers les
saintes reliques qui y reposent. Deux autres piliers pareils sont aux deux bouts en droite ligne si bien qu'il y a en tout quatre piliers, et l’autel est au milieu, et entre deux de chaque côté est une fenêtre qui rend dans le chœur. Le tableau de l’autel en figure ronde est une représentation du Paradis. La Très Sainte Trinité, la Sainte Vierge, quelques anges et apôtres et quelques saints de chaque Ordre y sont très bien dépeints.
« Outre cela, la chapelle est toute lambrissée et toute peinte. Le bord du tableau, les ornements de l'autel et les quatre piliers sont dorés à fond d’azur avec des têtes de chérubins dorées. Le lambris de bois qui règne tout autour est séparé en deux par des peintures diverses, car le dessus est de grands portraits de tous les patriarches, d’ordre en leur hauteur, rangés selon le temps où ils ont vécu, et au-dessous sont représentés en petit volume les mystères de Notre-Seigneur. Au plafond paraissent quantité de têtes d’anges perçant les nuées et envi-
€ ronnant six globes de lumière en deux desquels on « voit dans un soleil d’or les noms de Jésus et de « Marie, et aux quatre autres tous les instruments de « la Passion de Notre-Seigneur. Le jour donne en ce « lieu par deux fenêtres en entrant à main droite.
« La chapelle est fort proprement planchée. Enfin, « tout y est avec une agréable symétrie et avec une « agréable décoration. Pour en sortir sont aux deux « extrémités deux petits porches en forme de cabi- « nets peints dedans et dehors, l’un desquels rendait « au commencement dans la chambre de commu- « nauté et qui depuis a été fermé pour plus grand res- « pect; l’autre situé vis-à-vis a, dans le mur au côté « gauche et tout proche de la porte (laquelle donne « sur l’escalier qui conduit du dortoir à l’église), une « grande table de marbre noir où est décrite en lettres « d’or l’intention de la pieuse fondatrice en l’érection « de cette chapelle. Au-dessus du seuil de la porte «est une autre table de marbre où sont gravées en « lettres d’or ces paroles : ….Utinam tantum honorare € possem Deum quantum omnes sancti et quantum « peccatores omnes honorant »1.
L’archevêque de Paris bénit l’église au mois de mars 1627, le jour de l’Annonciation : Mme de Sainte-Beuve, pour ajouter à la parure du sanctuaire, avait emprunté une tapisserie représentant le baptème de Constantin, exécutée vraisemblablement sur quelque carton d’après la célèbre fresque de Raphaël au Vatican; l’auteur des Annales