IL. — Lettres patentes et bulle romaine
Le nom de Mme de Sainte-Beuve avait acquis aux Ursulines la confiance de tous : aussi, lorsque M. de Manillac eut conduit au faubourg Saint-Jacques, le 28 décembre 1607, sa fille Valence et sa nièce, le marquis d’'Urfé, le baron du Vieux Pont, le baron de Lessigny, s’empressèrent à l’imiter. On avait décidé tout d’abord de s’en tenir au nombre de onze pensionnaires, en souvenir des onze mille vierges qui accompagnaient sainte Ursule; et la porte allait se fermer sur la fille de M. Gelée, heutenant-criminel, quand les nièces du Père Coton se présentèrent, puis d’autres encore : il fallut céder. Mais M. de Marillac et Mme de Sainte-Beuve, sollicités par le soin des installations matérielles, ne pouvaient suffire à la direction du monastère. Bien opportunément, Françoise de Bermont, « première Ursuline congrégée de France », arrivait alors à Paris avec Lucrèce de Montez, pour instruire ses nouvelles sœurs. Nommée aussitôt supérieure, elle édifia par sa piété et par sa science tous ceux qui l’approchaient.
Or, 1l était temps d’intéresser le Saint Père aux Ursulines de France : les Pères Jésuites étaient favorables à la clôture et à l'obligation des vœux pour le nouvel institut ; ils aidèrent à la rédaction d’une supplique au pape Paul V, qui fut confiée à la bonne influence de M. de Soulfour, sieur de Glatigny. La négociation fut si lente que MM de Sainte-Beuve put
1e LES URSULINES DE PARIS
obtenir entre temps un brevet du Roi, puis au mois de décembre 1611 des lettres patentes approuvant l'érection du monastère et toute sorte de dons qui lui seraient faits 1,
Une épreuve avait troublé la petite société du faubourg Saint-Jacques : les Ursulines de Provence, inquiètes des intentions de la supplique, rappelèrent Françoise de Bermont; elle partit malgré la consternation générale. Et la sœur Cécile de Belloy de Morangle fut choisie pour supérieure, alors qu’on annonçait les premiers succès des démarches de Rome. Il y eut pour y satisfaire un nouvel embarras : des religieuses d’un autre Ordre devaient « donner l'esprit aussi bien que lhabit religieux aux Ursulines de Paris » Mme de Sainte-Beuve choisit les chanoinesses de Saint-Augustin : Monseigneur Hennequin, évêque de Soissons, ne sut pas refuser à sa sœur la présence de l’abbesse de Saint-Étienne de Reims, Mme de Roussy, qui vint avec la prieure, Mme de Villers de Saint-Paul, et trois autres religieuses. C'était au mois de juillet 1672 ?.
Le:25 septembre, le chant solennel CE Te Deum accueillait l’arrivée de la bulle romaine * : l’établissement des Ursulines de Paris était autorisé, sous la règle de Saint-Augustin; il relevait de la juridiction de l’évêque de Paris, et, pour le représenter, trois docteurs en théologie, maîtres Guillaumes Gelin, Jacques
Gallemant, et Thomas Gallot étaient désignés comme