‹ Les Ursulines de Paris sous l'Ancien RégimeChapitre 29 sur 87 · Annales, t. III · texte numérisé non relu

Annales, t. III

années de la fondation, en 1615, la Mère Alix Le Clerc qui, avec Pierre Fourrier, instituait à Nancy la congrégation de Notre-Dame pour l'instruction des petites filles. Pierre Fourrier écrivait le 7 mars :

Il est non seulement expédient, mais du tout nécessaire que quelques-unes de nos sœurs visitent les dames Ursulines de Paris et séjournent quelques mois avec elles en leur monastère pour voir à l’œil, apprendre, retenir et rapporter en Lorraine la pratique et la disposition de tout ce qui se trouve làdedans. » Il leur remit même un long mémoire :

« Les deux filles envoyées à Paris, étant admises « en la maison des Ursulines, tâcheront prendre, pour « la plus grande gloire et service de Dieu, connais- « sance autant qu'il leur sera permis par les Dames « de là, des Règles, des personnes, des lieux, des « exercices, des biens, de l’habit et gouvernement de « ladite maison pour en rapporter l’instruction et « pratique en Lorraine...

En tous les lieux et chacun d’iceux faudra con-

« sidérer la forme, longueur, largeur, hauteur, jour, « situation et respect de chacun d’iceux à tous les « autres, et ce qui se fait en chacun...

« Enseigner les pensionnaires et les externes, qui, « par qui, quoi, combien de temps avant le dîner, « combien après, et comment pour la piété, pour la « lecture et écriture, pour les ouvrages, sous quelles « conditions et les unes et les autres sont admises, « retenues, renvoyées et notamment si l’école est « gratuite pour les externes. Donner les punitions, à

« quels jours, heures et occasions, où, par qui, « comment et quelles à chacune sorte de faute... » ?.

Elles furent très édifiées pendant les deux mois qu’elles passèrent au faubourg Saint-Jacques, mais il reste peu de ehoses de leurs réflexions.

L’enthousiasme des Ursulines de Flandre qui s’arrêtèrent à Paris sur le chemin de Rome en 1691, puis en 1732, est bien plus éloquent et nous trace une image pittoresque et vivante du Grand Couvent : « Nous eûmes l’honneur de manger les trois Jours au « réfectoire avec la communauté, en silence. Nous y « eûmes de la bière fort agréable... Tous les jours, «le matin, nous avions le thé pour déjeuner avec «un peu de pain; car, depuis Cambrai, il n’y avait « plus de beurre ni de bière... Il est certain qu’il y a « des villes qui n’ont pas tant de circuit que celui « que le Grand Couvent renferme dans ses murs; car, « outre les bâtiments qui sont très étendus, chaque « office a un corps de logis où se trouvent toutes les « commodités qu’on peut souhaiter. Elles ont plu- « sieurs Jardins, des vignes qui fournissent des rai- « sins suffisamment pour leur provision de vin; un « grand bois d’arbres de marrons sauvages. Les «€ haies du jardin sont en buis; mais il y a des ifs «en quantité qui forment diverses figures, et le € jardin à fleurs a de très beaux compartiments que « l’on prend plaisir à examiner »?.

Ce joli tableau suggère une gravure de Pérelle ou

1. Archives de la Congrégation de Notre-Dame à Moulins. 2. J. Loripan, Les voyages à Rome des Ursulines de Flandre.

de Silvestre; il nous montre aussi comme les couvents suivaient la mode charmante des jardins, tracés à la manière de Le Nôtre; on croirait lire une lettre de Mme de Sévigné retirée dans son domaine des Rochers, ou quelque bavardage de Mlle de Scudéry s’attardant à travers des parterres aux jeux des fontaines. En dépit des alarmes et des épreuves, le sentiment de la nature pénétrait les cloîtres tout autant que les riches domaines; et les Ursulines de Flandre auraient pu dire comme l’auteur de la Clélie : « Naturellement j'aime si fort les jardins que je ne puis Jamais me résoudre d’en parler simplement en passant. De sorte que, comme je m’arrête volontiers en traversant un parterre, mon esprit s’arrête aussi facilement à décrire un beau lieu quand j'ai occasion d’en dire quelque chose » (Clélie, 1x, 5).

- Seconde Paris. EST

Du Chapitre des coulpes.

CuHariTRe XIX.

1 Vtre les affentblées des Religicufesvocales quifedoiuét faire en Chapitre de temps en temps, & felon l'occurence pour la delibcration des affaires ; le Chapitre fe tiendra vne fois la femaine, auiour, & à l’heure la plus commode , auquel toutes les Religieufes tätProfefles que Nouices, tant du Chœur que Conuerfes K ii

l'ac-similé d’une page des Constitutions (1646),

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