Règlements, vit
d’un peloton jaune que du dernier roman paru chez Charpentier.
La Maîtresse du jet et de l'orthographe ?: il y avait là encore tout un matériel d'enseignement. La boursière fournissait jetons et livres, et la maîtresse de l'écriture pourvoyait au reste. C’est à l’aide de jetons en effet que l’on apprenait l’arithmétique : il fallait tout d’abord savoir reconnaître « les neuf lettres du chiffre barbare », comme aussi le chiffre romain; puis venaient les dizaines, les vingtaines, les centaines, et ainsi de suite Jusqu'à mille. A celles qui devenaient capables de compter jusque-là, on expliquait les opérations : tout d’abord l’addition, vraiment essentielle : on alignait les jetons pour faire de petites sommes que chacune proclamait, et peu à peu l’on formait des sommes plus importantes. La multiplication est un exercice sévère : l’on commençait au plus simple, comme six fois cinq, sept fois sept; bientôt, l’on posait de véritables problèmes, pratiques et utiles à ces prochaines femmes du monde : «elle (la maîtresse) leur fera supputer «à quoi reviendraient les choses qu’elles auront « achetées, par exemple quinze aunes de passement « à trente-cinq sols quatre deniers l’aune, puis le « leur ayant fait compter, elle leur en fera faire une « somme totale et le payer en diverses sortes de « monnaie »?, Nos écolières modernes semblent bien
1. Règlements, ch. vux : de celle qui enseigne le jet, la lecture en
lettre de la main, et l'orthographe.
DAPITSOYIIT, 9:
favorisées par l’unité du système métrique, et ces « diverses sortes de monnaie » devaient être comparables aux livres, aux shillings et aux pence dont la « conversion » nous semble si redoutable.
D'ailleurs les enfants travaillaient deux par deux; puis les plus avancées comptaient « à la plume » et étaient instruites des éléments de l’arithmétique. Elles lisaient aussi Cen lettres à la main ».
La même religieuse enseignait l’orthographe : huit ou dix élèves étaient rassemblées pour cette leçon, et autant de livres, tous semblables, étaient préparés. La maîtresse lisait lentement, à haute voix, quelques lignes d’un de ces livres; châcune les écrivait sur sa feuille blanche; alors, l'élève recevait à son tour un des livres et corrigeait elle-même ses fautes en reportant la bonne orthographe au-dessus du mot mal écrit. L’on faisait une nouvelle lecture du même passage, sans consulter le premier brouillon. Le lendemain, on recommençait sur une autre feuille jusqu’à ce que toute faute disparût.
Il existait une autre méthode qui paraît moins certaine que l’examen par chaque élève du livre luimême : l’une d’elles épelait les mots, on corrigeait au fur et à mesure, et la maîtresse revoyait les cahiers. Le lendemain, on répétait la dictée.
Si l’on cherche à se représenter l’aspect de cette classe active, surtout chez les petites qui ne jetaient et lisaient encore qu’à la main, on croit voir un de ces jardins d’enfants où petits garçons et petites filles alignent de gros cubes de bois, réunissent des
cartons où sont dessinées deux cerises, trois cerises, poussent des boules de couleur, guidés par une jeune fille remplie d’entrain. Toute pareille était la religieuse Ursuline, car « la vraie dévotion propre aux « Ursulines n’est pas une dévotion de tendresse, « de suspension et de ravissement; c’est une dévo- « tion forte et solide qui sait trouver et goûter « Dieu au milieu du tracas des classes, et qui les « excite aux vertus généreuses et guerrières » 1
1. Annales des Ursulines du faubourg Saint-Jacques, t. I, épître dédicatoire.
La journée d’une Pensionnaire.
6 heures 10 heures 10 heures 12 heures
2 heures 3 heures 3 heures 4 heures 4 heures 5 heures
7 heures
— Lever.
— Messe.
30 — Déjeuner.
45 — Récréation.
15 — Classe (lecture, couture, jet).
— Chapelet et litanies.
30 — Dîner, récréation.
15 — Classe (orthographe, écriture, couture).
— Vêpres, goûter.
— Catéchisme.
15 — Ouvrage manuel.
— Récréation.
15 — Catéchisme et lecture.
— Souper, récréation.
— Prière, coucher.