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L’INSTRUCTION RELIGIEUSE CHEZ LES URSULINES

« Combien que la plupart du temps doit être « employé à montrer aux pensionnaires à lire, à « écrire, à coudre et à faire d’autres honnêtes ouvra- « ges convenables à leur sexe et à leur âge; néan- « moins, les religieuses ursulines se souviendront que « la doctrine chrétienne et les bonnes mœurs sont la « premuère et la principale chose qu’elles doivent « enseigner » ?.

Ainsi, on ne trouvait point, dans les pensions de la rue du faubourg Saint-Jacques et de la rue Sainte- Avoie, des petites filles mièvres, se prêtant sans conviction profonde à l’accomplissement des exercices religieux ; mais la doctrine chrétienne leur était enser-

1. Règlements des religieuses ursulines de la Congrégation de Paris. De ce qui concerne l'instruction des petites filles, première partie : des pensionnaires. — Ch. r : de l’ordre général des classes. — Ch. 1v : de la manière dont les maîtresses doivent instruire les pensionnaires aux choses de piété. — Ch. v : de la manière de disposer les pensionnaires pour leur Première Communion. — Ch. xx : de l'Ordre que les pensionnaires doivent garder. — Ch. x1v : des jours extraordinaires.

2. Constitutions, 1-vi, 5 et 6. De l'instruction de la jeunesse : ce qu'il faut enseigner aux écolières.

gnée, comme toute autre science, c’est-à-dire expliquée, apprise, afin qu’au mieux elles la mettent en pratique. Telle devait être en effet la piété féminine au siècle de Louis XIII et de Louis XIV : sans cesse, autour des dévotions et des dévouements nouveaux, naissaient des ordres pour y satisfaire; la tragédie était « une école de grandeur d’âme », et la comédie une satire des caractères et des mœurs de ce temps; Vincent de Paul montrait comme Bossuet l’éminente dignité des pauvres dans l’Église; Jansénistes et Gallicans partageaient entre eux la cour et la ville.

Les enfants, à leur tour, étaient instruites de la vertu de religion. Le P. Gontery, un Jésuite, écrivait en 1615 aux Ursulines du Grand Couvent

« Vous devez être les guides des filles de maison, « leurs anges tutélaires, leurs yeux, leurs pédago- « gues; vous les devez instruire en toutes sortes de « probité : non par de vaines paroles comme les phi- « losophes, mais par une vertu qui ne soit pas fardée « d’hypocrisie, mais qui soit vraie et mâle, ne tenant «rien de l’efféminé. Et le plus court chemin pour « atteindre à tous ces devoirs ensemble est de les «remplir de la crainte de Dieu et du respect conve- «€ nable envers ceux de qui, après Dieu, elles tiennent « leur naissance, envers les rois et les reines, envers € leurs prélats et magistrats ». (De Reims, le 18 jan- « vier 1615) 1.

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