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Annales des Ursulines, t. III

Paris; et ayant ordonné au lieutenant-civil en la prévôté et vicomté de Paris de s’employer à tout ce qui est à faire pour l’exécution de nos dites intentions en cette occasion nous vous faisons cette lettre par laquelle nous vous mandons et ordonnons très expressément de recevoir sans difficulté dans le couvent des dites Ursulines, toutes et chacune de ces filles qui y seront renvoyées par le dit lieutenant-civil, pour y demeurer jusqu’à ce qu’elles puissent être remises entre les mains de leurs parents. Vous recommandant cependant de prendre le même soin de leur éducation et instruction que des autres pensionnaires étant dans le dit couvent. Vous assurant que vous ferez en cela chose qui me sera agréable. N’y faites donc faute, car tel est notre plaisir.

« Donné à Fontainebleau le 2 de mai 1661.

Louis.

€ Et plus bas : Le Tellier. »

Ces enfants, élèves de Port-Royal des Champs,

étaient au nombre de quatre qui abandonnèrent alors le costume religieux qu’elles portaient : Mie de la Pailleterie et Mles de Villegat ne demeurèrent point longtemps au monastère; pour la dernière, Hélène de Mouskery, le roi lui-même acquittait sa pension : elle était anglaise, « d’une des plus illustres maisons d’Hibernie »; sur une lettre du roi, au mois d’août, on la remit à ses parents.

En 1664, les querelles jansénistes troublèrent encore les filles de Sainte-Ursule !. L’archevêque de Paris, cherchant à vaincre la résistance des religieuses de Port-Royal qui se refusaient à la signature contre les cinq propositions de Jansénius, voulut émietter l'opposition; 1l pria done la Supérieure des Ursulines, comme il l’avait fait aux Visitandines proches, d'accueillir quelques-unes des rebelles; le conseil y vit grande difficulté tout à fait contraire aux Constitutions, mais se soumit à la demande de Monseigneur Hardouin; celui-e1 convint, le 25 août, de leur envoyer seulement « l’abbesse de Port-Royal, nièce de Monseigneur Séguier, chancelier de France, et nommée Mère Madeleine de Ligué, dite de Sainte- Agnès ». Elle arriva le lendemain avec cette obédience

« Hardouin, archevêque de Paris par la grâce de « Dieu et du Saint-Siège, à notre très chère fille en « Jésus-Christ, sœur Madeleine de Sainte-Agnès, « religieuse professe de l’abbaye de Port-Royal à « Paris, salut en Notre-Seigneur. Nous avons jugé « qu'il était important et nécessaire de vous retirer « de votre Monastère et de vous en assigner un autre « pour y vivre dans toute la régularité et soumis- « sion requise. À ces causes nous vous mandons, et «en vertu de sainte obédience vous enjoignons « qu'incontinent la présente vous sortiez de votre dit « monastère pour aller en celui des Ursulines du fau- « bourg Saint-Jacques de cette ville, et y demeurer

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