‹ Les Ursulines de Paris sous l'Ancien RégimeChapitre 69 sur 87 · Archives nationales, S · texte numérisé non relu

Archives nationales, S

habituels ne suflisaient plus à satisfaire les créanciers. Une information d’office fut faite alors auprès du sieur François Marchant, le mardi 23 janvier 1770, en cette manière :

« Sieur François Marchant, conseiller-secrétaire du Roi, maison, couronne de France, et de ses finances, demeurant à Paris rue Saint-Martin, culde-sac de Clerevaux, paroisse de Saint-Merry de cette ville de Paris, âgé de quatre-vingt-quatre ans ou environ, témoin assigné de notre ordonnance du 18 présent mois par exploit de Griveau, huissier de la cour, en date du présent mois de Janvier, de la copie duquel il nous a fait apparoir, lecture à lui faite du décret de l’archevèque de Paris du 16 Octobre dernier ensemble des lettres patentes du roi obtenues sur iceluv, données à Versailles au mois de Novembre aussi dermier, et de l’arrêt de la cour du 4 Janvier présent mois qui, avant de procéder à l'enregistrement des dites lettres patentes, ordonne la présente .information. J € Après serment par lui fait de dire vérité et qu’il a déclaré n’être parent, allié, serviteur, n1 domestique des parties, dépose qu’il a une connaissance particulière de la modicité du revenu des religieuses de Sainte-Avoie; que la nécessité où elles ont été de faire faire des réparations considérables à leur maison les a obérées et les met dans l’impuissance de satisfaire à ce qu’elles doivent; qu'il eroit qu'il est de leur intérêt de les autoriser à vendre les trois maisons qu’elles ont, situées à Paris, l’une

« rue Sainte-Avoie et les deux autres rue Geoffroy- « Langevin, pour les mettre en état de payer leurs « dettes et d'éviter les poursuites de leurs créanciers, « ce qui est tout ce qu'il a dit savoir.

« Lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle « contenir vérité, n'y veut augmenter ni diminuer, «€ y persiste et a signé ainsi : Marchant.» Après lui, maître Charles Benoist Barreau, procureur au Parlement de Paris, maître Gabriel Jacques Mesnil, avocat à la cour, sieur Antoine Laurent-Cornet, bourgeois de Paris, témoignèrent à leur tour de la gêne des religieuses, des exigences des bouchers et des architectes, et se montrèrent favorables à la vente des trois maisons ( eu égard à la modicité du revenu de la communauté et à la cherté actuelle des vivres ». Quant aux deux petites maisons sises au cul-de-sac de la rue Beaubourg, le monastère les avait réunies à ses bâtiments en 1664 : les pensionnaires étaient si nombreuses alors, que l’on manquait de place et «souvent dans les maladies et infirmités. elles ont craint d’en tomber en langueur dont l’inquiétude les avait souvent portées à souhaiter un accroissement de logis »1.

Le grand couvent du faubourg Saint-Jacques ne semble pas avoir connu tant de vicissitudes : des jardins « plantés de ulleuls et de charmilles » entouraient des pavillons à deux étages; et dans les belles pièces lambrissées de chêne verni, aux sculptures blanches et dorées, auprès des hautes cheminées de

Page 1