‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 99 · PRES A RE RE · texte numérisé non relu

PRES A RE RE

purée ra bhr SEA

Appartenant d’ailleurs à une famille des plus marquantes du pays, M. Bourdon, son père, étant Procureur-Général du Roi en la Nouvelle-France, elle avait grandi à la source du patriotisme le plus pur et le plus désintéressé qui fût jamais, (on sait quels sentiments amenaient iciles premiers colons), et avait pu recueillir d’une famille toute dévouée au pays, des notions certaines sur les aftaires extérieures. On voit en outre que la Mère Bourdon de Ste. Agnès possédait une intelligence au-dessus du commun, et un esprit d'ordre et d’investigation qui ne se lasse point dans ses recherches. Tantôt elle interroge les papiers du dépôt échappés aux flammes, et en tire de précieuses informations de noms et de dates; tantôt elle étudie les lettres de la Vén. Mère de l’Incarnation, récemment publiées, (1680 ) y renvoie pour les choses qui y sont décrites, parlant toujours de cette première Mère avec une vénération qui décèle une intime connaissance de sa sainteté. Et dans ce résumé des cinquante premières années de notre Histoire, son récit a un caractère de simplicité et d'abandon qui inspire une parfaite confiance. Il n’est pas à douter non plus que le Conseil des Sages du Monastère, ne se soit réuni à plusieurs reprises, pour discuter en présence de la Mère Ste. Agnès sur les événements et les époques; la précision avec laquelle les choses sont dites en fait foi.

Nos lectrices, sans doute, sentent l'intérêt qui se rattache à tout ce qui concerne les premières bienfaitrices de notre famille cloîtrée ; quant à nous, il est impossible de rendre les émotions de notre cœur, en voyant ces Mères qui nous ont dévancées de deux siècles, aimer leur famille jusque dans les générations les plus lointaines, et donner la mesure de leur propre cœur en

pensant aux jouissances que nous aurions un jour à vivre dans leur intimité.

“ Je remarque, disait en débutant la seconde Annaliste, (nous ignorons son nom), qu'on n’a rien écrit dans ce livre des Annales depuis 1711 ; celle qui était chargée de ce soin étant décédée, insensiblement on a négligé d'en charger une autre.....Je reprends les faits les plus remarquables, afin que celles qui nous suivront puissent y remarquer les traits merveilleux de la Providence sur notre Communauté, et que cela les engage à bénir le Seigneur.”

Mes arrière-neveux me devront cet ombrage disait le bon vieillard de Lafontaine, en plantant avec joie pour la postérité ses arbrisseaux chéris ; mais ici, c’est quelque chose de plus touchant encore : l'esprit de communauté absorbe toute individualité ; aucune ne se nomme pour faire bénir sa propre mémoire, elle est membre d’un corps et agit pour le corps entier, le hasard seul la découvre ; ‘“ Transmettons, disent-elles en se passant la plume de l’une à l’autre, transmettons à nos sœurs futures les bienfaits de notre Dieu, afin de le bénir encore par elles dans les siècles à venir ! ”

Page 1