‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 99 · N. D. DES VICTOIRES · texte numérisé non relu

N. D. DES VICTOIRES

Rappelons maintenant les événements que notre chère Mère Anne Bourdon de Ste. Agnès n’a pas eu le temps d'inscrire, et dont ne rend pas compte la seconde annaliste, qui ne reprend les faits qu’à partir du mois de novembre.

Le pays était donc enfin délivré par la puissante protection de Marie ! Les Canadiens ne furent pas moins reconnaissants en 1711 qu’en 1690 : on célébra une fête solennelle où M. de la Colombière prêcha avec

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un nouveau zèle et un grand succès, sur la fidélite à laquelle obligeait ce bienfait signalé de la très-sainte Vierge ; la verve des poëtes s’épuisa à rimer des poésies et des chansons sur le désastre de cette flotte ennemie, quatre fois plus nombreuse que tout ce qre la colonie avait à lui opposer ; maïs la piété voulut quelque chose de plus durable, pour témoigner à la postérité de sa reconnaissance envers sa céleste Libératrice. Il fut conclu, dans mne assemblée générale, que l’on ferait une quête dans Québec et les environs, pour bâtir le portail de l’église de la Basse-Ville. Les communautés religieuses aussi bien que les citoyens, donnèrent selon leurs ressources et même au delà ; on recueillit plus de 6,000 livres. Il fut aussi question de fonder des messes en l’honneur de la Ste. Vierge, où fût chanté le cantique de Moïse après la défaite de Pharaon : Cantemus Domino, “ ce qui, au dire de l’Annaliste de l’Hôtel-Dieu, plaisait davantage à tout le monde.”

Enfin, la chapelle votive de 1690, changea son titre de N. D. de Victoire en celui de N. D. des Victoires, et elle rappelle encore aujourd’hui sous ce nom ia double faveur de la Mère de Dieu, de cette Ætoile de la Mer, qui devint un signe de tempête et de dispersion pour les ennemis de son peuple.

Il est à remarquer que la confiance des Anglais dans le succès de l'expédition de 1711, était telle, qu'un grand nombre de colons s'étaient embarqués sur la flotte de Walker ; ils venaient en toute assurance, s'établir dans le pays conquis. Il paraît y avoir eu aussi parmi eux bon nombre de catholiques, car les Français et les Sauvages trouvèrent dans les parages voisins du sinistre, des livres de prières et autres objets de piété qui

n'avaient pu appartenir qu’à des catholiques. F

Maintenant on peut juger de cette époque de 1700 à 1713 à travers laquelle nous passons, et voir s’il était possible à la colonie de faire alors quelque progrès. Le Séminaire seul n'Évait pas vu périr moins de dixhuit de ses membres dans ces quelques années, et douze seulement étaient venus remplir les places vacantes. Il faut dire cependant, qu’il lui restait encore de précieuses ressources; caravec des hommes aussi distingués que les des Maizerets, les Glandelet, les Boulard, les Gauthier de Varennes, les Bertrand de la Tour, il pouvait avec confiance continuer l’œuvre première de sa fondation, celle de former un clergé canadien, comme l’a dit avec tant d’éloquence M, l'Abbé Antoine Racine, dans son discours sur le deux centième anniversaire de la fondation du Séminaire. Au reste, le pays entier ailait enfin respirer. La France, humiliée dans les dernières années du Grand Roi, va faire une paix durable, au p1:. même d'assez grands sacrifices, et les colonies d'Amérique participeront à ce bienfait aussi bien que les métropoles respectives.

$10.—LES CAPTIFS DE GUERRE ;—MLLE WHEELWRIGHT—DEUX COMPAGNES DE NOVICIAT,

Nos lectrices, tout en admirant l’intrépridité de nos valeureux canadiens, ont sans doute bien des fois gémi avec nous, sur le sort de tant de pauvres familles ainsi surprises et massacrées par l’ennemi, ou traînées en captivité. Les partis de sauvages qui se joignaient à ces expéditions lointaines, retrouvaient dans ces circonstances les instincts de leur nature farouche, et trop souvent d’affreuses scènes s’ÿ renouvelaient. Ces cruautés malheureusement étaient réciproques, et tels gouverneurs anglais qui adressaient des plaintes à nos

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Mais, hâtons-nous de présenter à nos lectrices une autre de ces intéressantes captives qui, paraît-il, ne regretta pas plus que sa dévancière, les malheurs qui avaient frappé sa première enfance. Il s’agit d’une fille d’Albion, douée de plus de grâce et de douceur que ne le ferait soupçonner son nom, dont l’harmonie semble si étrange à des oreilles françaises. Mlle. Esther Wheelwright, car c’est ainsi qu’elle s'appelait,

portait cependant un des beaux noms de son pays natal, et ce nom s’est trop entouré d'estime et de vénération au Monastère pour que nous n’ayons pas à y revenir. Mile. Wheelwright entrait au noviciat le 2 oct, 1712, et prenait l’habit trois mois après, sous le nom de Marie-Joseph de l’Enfant-Jésus. Elle fut de 1714 à 1780, un des plus beaux ornements et des plus fermes appuis de ce Monastère.

Les futures supérieures se suivaient alors à pas de course, le bon Dieu semblait vouloir cicatriser les plaies récentes, car quelques mois avant Mlle. Wheelwright entrait au noviciat Mlle. Louise Gaillard, fille de M. Guillaume Gaillard, conseiller au Conseil Supérieur de Québec, et de Mme. Catherine Nepveu.

Cinq jours après se présentait une autre élève du pensionnat native de Québec, Mlle. Louise Catherine Pinguet-Vaucours, fille de M. Jacques Pinguet-Vaucours et de Mme. Marie-Anne Rochebelle. Nous aurons à en parler plus tard.

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