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compté sur cette fille chérie pour la consolation de ses vieux jours. Cependant comme il l'aimait bien tendrement, il évitait de la contrister au sujet de sa vocation et ne lui en parlait que rarement. Son frère de Rouville n'avait pas pour elle les mêmes égards, il l’importunait sans cesse, voulant à tout prix qu'elle épousât un de ses jeunes compagnons d'armes, qu’on admirait grandement alors, et qui perdit depuis la vie daus l'expédition de Haverhill, (1703). C'était toujours de nouveaux combats entre le frère et la sœur. — Quelle folie à toi, Fanchette, de ne rêver à ton âge qu’à te renfermer dans un Couvent ! Crois-moi, laisse ta place aux Ursulines à quelque vicille fille dont le monde ne veut plus, etqui n’est bonne en vérité qu’à réciter ses prières. Est-ce qu’il faut se mettre derrière des grilles pour servir Dieu ? Penses-tu donc que maman ne soit pas une bonne et véritable chrétienne ?”” On comprend facilement quelles étaient les réponses de notre future religieuse à de semblables objections, et comme elle savait se retrancher, en souriant, derrière cette déclaration de St. Paul: % Ceux qui se marient font bien ; ceux qui ne se marient pas font mieux.”
Témoin de ces innocents débats entre ses enfants, François de Hertel fut longtemps à réfléchir, et il évitait de se prononcer sur cctte importante question. Enfin, vaincu par la constance de sa fille, il consentit à son entrée aux Ursulines, non à Québec comme Mlle. Françoise le désirait, mais à Trois-Rivières,
Le 9 septembre de l’année 1700 était le beau jour où Mile. Françoise Hertel, connue en religion sous le nom de St. Exupère, s’engageait définitivement dans la milice de Ste. Ursule, et cela en présence de Mgr. de St. Vallier, de la Mère Marie Le Maire des Anges Supérieure, et de la Mère M. Madeleine
Amiot de la Conception, assistante de la nouvelle fondation, Grande fut la joie ce jour-là au Couvent, et grande aussi la foule des parents et amis qui félicitaient les religieuses, la plupart d’entr’eux croyant déjà voir dans la jeune professe la future Supérieure de la petite Communauté. Le peuple, ses censitaires surtout qui s'étaient fait en quelque sorte une idole du généreux guerrier, croyaient tout bonnement que de nécessité, tout ce qui se rattachait au nom du “ Iléros ” devait siéger au premier rang, au-dedans d'un Monastère comme ailleurs. Ce préjugé, tout flatteur qu’il était pour la famille Ifertel, devint pour l'humble fille d'Angèle quelqne chose de très-onéreux comme on va le voir.
Plusieurs années s'étaient écoulées, on avait fait des élections à plusieurs reprises, et le scrutin n'avait pas encore rapporté le nom de cette personne si chérie de Dieu et des hommes.....Les amis de Ilertel s’en étonnaient, et murmuraient tout bas contre les Ursulines de Québec qui, appelées alors à pourvoir de supérieures le nouveau Couvent, semblaient dans leurs élections oublier complètement la fille du “ Héros.” Les choses en étaient là au commencement de l’année 1713, où nos Mères firent à l’ordinaire leurs élections, dont le résultat, paraît-il, ne fut pas du tout agréable aux adulateurs de la famille Hertel. Outrés de dépit, ils se rendent en foule à la porte du couvent de Trois- Rivières, pour se répandre en invectives contre celles qui avaient si peu suivi leurs intentions. Enfin, les mécontents allèrent si loin et firent tant de tapage, qu’il ne fut plus possible d'en dérober la connaissance à celle qui en était la cause innocente. Confuse de l'ambition de ses amis, et peinée de voir la Commu-
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Hertel prit une résolution généreuse, digne des sentiments que devait lui inspirer sa sainte vocation.
Voyant que Mgr. de St. Vallier l'appuyait de son autorité, elle demanda l'entrée de notre Monastère, où dès son enfance elle avait paru comme destinée. C'est ainsi qu'elle s'éloigna deslieux qui lui étaient pourtant bien chers, mais où son désir de vivre ignorée et cachée en Dieu se trouvait si combattu.
Les traditions du Monastère nous représentent la Mère Françoise de St. Exupère, comme une des plus ferventes et des plus laborieuses filles d’Ursule qui, au siècle dernier, servirent de piliers à la régularité de ce cloître de Québec. Nous la retrouverons encore en 1770, édifiant et réjouissant notre maison.