LES URSULINES DE QUÉBEU
décembre 1716, en qualité de Supérieure, hérita de toute l’activité de sa dévancière. Au priniumps suivant, elle fit d’abord achever l'aile des Parloirs, bâtiment en pierre mesurant 106 pieds de long sur 32 de large et à trois étages.
Toute l’ardeur de la Communauté se concentra ensuite sur l’église, pour laquelle on avait commencé à amasser des matériaux dès l’année 1711. Quand on songe que cet édifice ne put être en voie de construction qu'après 1715, malgré toutes les économies et les sacrifices, et qu’il ne fut propre à servir au culte divin qu’en 1723, on reste en admiration devant la persévérance de ces religieuses, que tant de difficultés ne semblent pas un instant avoir déconcertées. Mais laissons parler la voix si naïve et si perauasive des Aunales.
‘6 La providence du Seigneur a donné à nos travaux une bénédiction toute particulière, car malgré la perte que nous avons faite de la moitié de rotre revenu, qui était sur l'Hôtel de Ville de Paris, nous avons pu faire face aux dépenses. Avant de reprendre les travaux, (commencés par la Mère des Anges), nous habillâmes un petit sauvage en l'honneur de l'Enfant Jésus, et nous lui fimes poser la première p'erre au nom de St. Joseph. Ensuite, chacune se dévoua de toutes ses forces à l'avancement de cette église commencée depuis si longtemps. Nous allions nous-mêmes aider à servir les maçons, aux heures où ils allaient prendre leurs repas; nous nous hâtions alors de charger les échafauds. La Mère Supérieure se mettait en tête de la troupe, et toutes les sutres suivaient avec un courage admirsble. Aussi, grâce à Dieu, tout allait comme une bénédiction. Les maçons étaient-ils servis, chacune retournait à son ouvrage: les unes doraient, les autres
tra ot fle m ce de
aut
qu’ été des égli d'êt E de 1:
les miè juillé rieur eu C St. C riche 66 ] voult églis.
de 80 cloch fête :
la vil rendr dont (2 I
à la C Le le
travaillaient à l’aiguille ; celles-ci brodaïent sur écorce ou s’occupaient de tapisserie ; celles-là faisaient des fleurs 2rtificielles : le tout pour grossir les profits communs et aider à payer les ouvriers. Et pendant tout ce tei1ps, ajoute le Récit, nous n'avons perdu aucun de nos exercices spirituels, la regularité des observances religieuses n'ayant jamais été interrompue. Une autre faveur bien grande nous a été accordée, c’est qu'aucun de ceux qui travaillaient à nos bâtisses, n’a été blessé ou estropié. Enfin, après bien des peines et des fatigues, et beaucoup de dépense, notre nouvelle église et notre chœur ont été achevés et mis en état d’être bénits.”’
En effet, chères lectrices, des cérémonies bien dignes de la majesté du culte Catholique, faisaient tressaillir les échos du Monastère, dans l'été de 1722. ‘“ La première pierre de l'autel, dit le Récit, fut bénite le 7 juillet de cette année, par le KR. P. de la Chasse, Supérieur du Collége de Québec et des missions des Jésuites eu Canada. Elle fut posée par un de nos amis, M. de St. Crespin, Conseiller au Conseil Souverain ; il fit un riche présent à notre église et un autre à l’architecte.
La veille de l’Assomption, Mrg. de St. Vallier voulut faire lui-même la bénédiction de cette nouvelle église. Sa Grandeur vint ici en procession à la tête de son clergé, chantant les litanies des Sts, au son des cloches de la Cathédrale et des nôtres. Il y eut à cette fête un concours extraordinaire: toute la noblesse de la ville, les bourgeois et le peuple, étant accourus pour rendre grâces à Dieu avec nous des bienfaits signalés dont nous étions l’objet.
‘ La bénédiction finie, la procession s’en retourna à la Cathédrale dans le même ordre qu’elle était venue. Le lendemain, jour de l’Assomption, la procession vint
encore, comme elle a coutume de faire chaque année ce saint jour. Une troisième solennité se fit dans la nouvelle église le jour suivant, 16 août, jar auquel Mgr. avait eu la bonté de transférer la fôte de nos Stes. Reliques. Sa Grandeur vint accompagné de tout son clergé ; il oflicia pontificalement À la messe, et présida aussi lui-même à vêpres et au salut da St. Sacrement. A cette solennité, il y eut un concert de voix magnifique, avec accompagnement d'orgue et divers autres instruments de musique, touchés par les plus habiles maîtres qu'on eût alors à Québec. Le Rk. P. de la Chasse ravit son auditoire par un discours à ’éloge des Sts. Martyrs. Le tout ne finit qu'à cinq heures du soir ; alors Mgr. (1) et son clergé s’en retournèrent à la Cathédrale en chantant le 7e Deum.'’
Après ce Triduum solennel, il fallut reporter le St. Sacrement à la petite chapelle “ y ayant encore beaucoup à faire dans notre nouvelle église.” Ce fut le 19 mars 1728, que l’on commença à y faire régulièrement le service divin “tel que prescrit par nos règles.” Comme l’on dut respirer et prier à l’aise, dans ce beau et vaste chœur des religieuses et dans la chapelle extérieure, après avoir été per lant 35 ans, entassés pour ainsi dire, dans ce petit local de la chambre actuclle de la Mère Supérieure et du Vieux Dépôt !
Cependant, le maître-autel était encore sans ornement, et ce ne fut qu'en 1732, qu'on osa regarder en face la dépense du rétable. Le Sieur Le Vasseur, sculpteur, travailla pendant auatre années à ce rétable,
(1) Le digne évêque avait alors 72 ans. Il vivait retiré à l'Hôpital. Général, ayant loué au profit des pauvres son palais épiscopal. Ce palais occupait un site charmant sur les remparts, près de la porte Prescott, au sentier de Lamontagne. C'est sur ce terrein que se trouvent les édifices du Parlement du Canada,
rieur à l’éo tienne réguli selon
religie adopté Is suppu:
dans u les pl effet, & filles, 6 person ‘ chalc et dep le Gou démon prouve nos jou
‘ payé à petites sommes,” et s'arrangeant en tout à l'amiable, comme le fait voir le détail du livre des comptes.
Ce fut en 1736 que se termina enfin cette église, qui doit nous rappeler sans cesse tant de belles leçons de dévouement et de patience. Il y avait cinquante ans qu'on la désirait, et vingt-cinq ans qu'on en avait amassé les premières pierres !
Cette construction, qui excite À bon droit l’admiration des étrangers, le maître-autel surtout dans le goût corinthien, révèle un beau talent dans l'architecte. Elle mesure 88 pieds français de longueur sur 38 de largeur et 22 de hauteur quant aux murs. La chapelle intérieure su chœur des religieuses et des élèves, attenant à l’église, donne 87 pieds sur 36. Les stalles où se tiennent les religieuses pour Matines et autres offices réguliers, sont en boiïs de chêne; elles ont été cirées selon la coutume française, et. de la main même des religieuses, jusqu’à ces dernières années, où l’on a adopté le mode plus expéditif du vernis.
Il serait difficile, pour ne pas dire impossible, de supputer le coût. d’un édifice dont le détail est répandu dans un si grand nombre d'années, et sous les formes les plus diverses. Bon nombre de fournisseurs, en effet, se trouvent payés par la pension ou dot de leurs filles, élèves ou religieuses au Monastère. On voit des personnages distingués de l’époque, s’acquitter en ‘ chaloupées de pierres,” ou en ‘ charges de madriers et de planches,” qui viennent même de la part de M. le Gouverneur de Montréal. Ce genre de transactions démontre une fois de plus la rareté de l'argent, et prouve aussi, comme le fait remarquer un historien de nos jours, que la noblesse en Canada était beaucoup
plus nombreuse et généreuse, que favorisée des biens de la fortune.
LesieurG:"*«, entrepreneur maçon, reçut 5126 livres; le mis au a compte du sieur Belleville, entrepreneur charpentier et menuisier, n’a pu être retrouvé ; 1689 livres paraissent avoir été la part du sculpteur du retable, le sieur Le Vasseur. Quant à M. La Jone, architecte, nous ne savons ce que peut lui avoir valu son beau dessin, emprunté en partie, dit-on, à la chapelle de Louis-le-Grand.
Bon nombre de travailleurs sont indiqués sur les livres de comptes, et nous n'avons pu nous empêcher de sourire en voyant l’ensemble qu'offraient ces noms: La Douceur, la Bonté, L'Oyseau, La Musique, La Vallée, La Tulippe, La Jeunesse &e. Si ces noms sont caractéristiques, les ouvriers de la modeste église sembleraient avoir été choisis, presque avec autant de soin que les matériaux du fameux temple de Salomon !
Les Ursulines se trouvant en état d'abriter spacieusement leur croissante famille, jetèrent les yeux au dehors pour répondre à des besoins, secondaires à la vérité, mais aussi très-urgents. En effet, aucune commodité quelconque pour la basse-cour, département alors si indispensable à la subsistance de la communauté; d'autre part, des murs en pieux et en perches pour déterminer l'enceinte de la cloîture. (On pourvut d’abord en partie à la première nécessité ; (1) en 1735, on commença les murs de clôture, “ sous les auspices de la Ste. Famille, dit le Récit, et sans autre fond que celui de la Providence. Nous fimes mettre la première
(1) En 1733 et 34 fut construit le bâtiment en pierre de 60 pieds sur 22, qui sépare le jardin du Monastère de la cour actuelle du Pengionnat. C’est en 1737 que fut bâtie la grange de 70 pieds sur 24, qui se voit dans la cour des domestiques,
pier lui «
autré
ajout avan quan Haut pour affrar toute la gra
JSé—çc
Nos nensic sans dc ville de KR, P..
ressant [14 On que sep choisi ç société :
major, ( intenda subalter prévôt, et forêt:
étendre comme & breux ; , nautés di
pierre par un pauvre qui représentait St. Joseph ; nous lui donuâmes une pistole, et pareille somme à deux autres pauvres, en l'honneur de Jésus, Marie, Joseph.
‘“ La bonne Providence ne nous a pas manqué,” ajoute naïvement l’Annaliste, et de fait en 1737, on uvant complété un ensemble de bâtiments qui étonne, quand on réfléchit au peu de ressources de la Communauté, Cette époque fut si visiblement bénie de Dieu pour les Ursulines, qu'elles se trouvaient en 1738, uffranchies de toutes dettes, et en état de célébrer, dans toute la joie de leur âme et la vivacité de leur gratitude, la grande fête dont nous parlerons à la fin de ce chapitre.
$7.—CouP-D'ŒIL AUTOUR DU MONASTÈRE ; TRAITS CARACTÉRISTIQUES DES MŒURS DE L'ÉPOQUE ; DONNÉS ET DONATEURS,
Nos lectrices ayant vu prendre au Monastère les dimensions qui vont lui suflire pendant un siècle, auront sans doute du bonheur à considérer ce qu'était alors la ville de Champlain ; c’est le riche et facile pinceau du R. P. de Charlevoix, qui va nou en présenter l’intéressant tableau.
‘ On ne compte guère à Québec, écrivait-il en 1720, que sept mille âmes ; mais on y trouve un petit monde choisi où il ne manque rien de ce qui peut former une société agréable. Un gouverneur général avec un étatmajor, de la noblesse, des officiers et des troupes ; un intendant avec 111 conseil supérieur et les juridictions subalternes ; un commissaire de marine, un grand prévôt, un grand voyer, et un grand maître des eaux et forêts, dont la juridiction est assurément la plus étendre de l’univers ; des marchands aisés ou qui vivent comme s'ils l’étaient ; un évêque et un séminaire nombreux ; des Récollets et des Jésuites ; trois communautés de filles, bien composées ; des cercles aussi bril- P
lants qu'il y en ait ailleurs chez la gouvernante et chez l’intendante : voilà, ce me semble, pour toutes sortes de personnes de quoi passer le temps fort agréablement.
‘ Aussi fait-on, et chacun y contribue de son mieux. On joue, on fait des parties de promenades ; l'été en calèche ou en canot, l'hiver en traine sur la neige ou en patins sur la glace. On chasse beaucoup; quantité de gentilshommes n’ont guère que cette ressource pour vivre à leur aise. Les nouvelles courantes se réduisent à bien peu de choses, parce que le pays n’en fournit presque point, et que celles de l'Europe arrivent tout à la fois, mais elles occupent une bonne partie de l’année; on politique sur le passé, on conjecture sur l'avenir ; les sciences et les beaux-arts ont leur tour, et la conversation ne tombe point. Les Canadiens, c’est-à-dire les créoles du Canada, respirent en naissant un air de liberté qui les rend fort agréables dans le commerce de la vie, et nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On ne remarque même ici aucun accent.
‘6 On ne voit point en ce pays de personnes riches, et c’est bien dommage, car on y aime à se faire honneur de son bien, et personne presque ne s'amuse à thésauriser, On fait bonne chère si avec cela on peut avoir de quoi 8e bien mettre, si non, on se retranche sur la table pour être bien vêtu. Aussi faut-il avouer que les ajustements font bien à nos créoles. Tout est ici de belle taille, et le plus beau sang du monde dans les deux sexes ; l'esprit enjoué, les manières douces et polies sont communes à tous; et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n’est pas même connue dans les campagnes les plus écartées. ”’
Continuant plus loin son étude des créoles, en même temps que celle des ressources du Canada, le P. de
Char pour conn la vi les éte coûte hom ments n'app( beauc répand qu'il r
Ajot ques t blent morale être À récéler sont de premie:
en com qui en« pieux, :
services cipation des âme quelque
D'’'abo commu rivière $ front sui
() Cett avec soin guerres, el teur n’en & à la postér
10Z tes »le-
ux.
en ou tité Our sent rnit ut à née; nir ; \Vere les r de e de nent ent.
hes, ueur >sau- Avoir r la que i de leux sont age, les
me de
Charlevoix ajoute : ‘ Tout le monde a ici le nécessaire
pour vivre: on y paye peu au Roi; l'habitant no connaît point la taille ; il y a du pain à bon marché ; la viande et le poisson n’y sont pas chers; mais le vin, les étoffes et tout ce qu'il faut faire venir de Franco y coûtent beaucoup. Les plus à plaindre sont les gentilshommes et les officiers qui n’ont que leurs appointements et qui sont chargés de familles. Les femmes n’apportent ordinairement pour dot à leurs maris que beaucoup d'esprit, d'amitié et d'agrémens, et Dieu répand sur les mariages, dans ce pays, la bénédiction qu'il répandait sur ceux des patriarches, ”
Ajoutons à ce tableau du R. P. de Charlevoix quelques traits fournis par nos annales, et qui nous semblent bien propres à faire ressortir davantage la beauté morale de la société du temps. Nos lectrices sont peutêtre À se demander quels nouveaux secrets peuvent récéler ces pages tant de fois évoquées. Eh bien! ce sont des actes, des contrats, dignes à notre avis des premiers siècles du Christianisme ; on cherche à entrer en communauté de biens spirituels avec les personnes qui en ont retenu les mœurs. Tantôt ce sont des legs pieux, tantôt la donation de sa personne et de ses services, et toujours dans le but de s'assurer une participation plus ample, aux prières et autres bonnes œuvres des âmes pieuses vivant à l'ombre du cloître. En voici quelques exemples.
D'abord M. de l’Epinay, en 1721, offre à notre communauté une terre en bois debout, située sur la rivière St. Charles, vers Lorette, ayant deux arpents de front sur quarante de profondeur, (1) ne demandant pour
(1) Cette terre de M. de l’Epinay nommée le Gros Pin, fut cultivée avec soin pendant plusieurs années ; ayant été dévastée au temps des guerres, elle fut vendue avec peu de profit; mais le souvenir du donateur n’en a pas moins été impérissable parmi nous, et il se transmet à la postérité par la messe annuelle de mars.
1i6 LES URSULINES DE QUÉBEC.
toute redevance que des prières à perpétuité pour lui et pour sa femme. ‘En acceptant ce don, dit le Récit, nous nous obligeâmes à lui faire dire chaque année une messe, et à lui appliquer trois communions générales aux grandes fêtes. ”?
Plus loin, c’est M. Antoine Buteau, riche propriétaire de la paroisse de St. Joachim, qui arrive au Monastère peu après la profession religieuse de sa chère et unique fille, (1722), “ déclarant par devant les notaires royaux, la Communauté héritière de tous ses biens, meubles et immeubles : c’est-à-dire une terre et habitation sise en la dite côte de Beaupré, contenant deux arpents de front sur une lieue et demie de profondeur, avec bâtiments, meubles et bestiaux. Le tout à la charge que le dit donateur, participera de ce jour aux prières des dites successorisses les Dames Ursulines de Québec, qu’au jour de sou décès, elles lui feront faire un service, et un autre au bout de l’an, le feront inhumer et dire cinquante messes pour le repos de son âme. Et au cas que Dame Louise Tremblay, épouse en secondes noces du dit donateur, lui survive, la Communauté sera tenue de donner tous les ans quinze minots de blé froment, un cochon gras
pesant de cent cinquante à cent soixante livres, et
trente livres en argent pour les besoïns de la dite Dame ;
et ce jusqu’au jour de son décès, auquel jour cesseront toutes les fournitures.”
Il est aimable de voir le retour qui fut fait à cette respectable et généreuse famille. “ M. Antoine Buteau, dit le Récit, est mort ce printemps, (1786), quatorze ans après nous avoir fait donation de tout son bien au montant de 70001ivres, en considération de notre chère Sr. Ste. Agnès, sa fille unique. Nous lui avons fait faire d’honorables obsèques dans l’église de sa paroisse, où il a eu sa sépulture ; nous lui avons fait dire cinquante
mes con La 1 des
A proc en « selot (char
retir(
la pl dans dès I tance possi derni sence fait € lenne de s01 Plu du M celle « que d mouv avaien à faire (1709) assem au Sie écoulé être re mative
lui cit, une ales
aire tère Ique aux, 8 et e en ront ents, e dit dites jour autre mesouise teur, tous gras s, et ame ; eront
cette teau, orze n au hère faire où il ante
messes, et de plus autant de services, offices des morts, communions et autres prières que pour une religieuse. La reconnaissance nous a aussi portées à nous charger de sa veuve âgée de 68 ans.”
Ainsi, Mme. Buteau qui désirait ardemment se rapprocher de sa bien-aimée fille, fut reçue au Monastère en qualité de pensionnaire perpétuelle ; elle occupa selon toute probabilité, le parloir de la Ste. Famille, (chambre actuelle de M. le Chapelain), où s’est depuis retirée pendant quelque temps Lady Carleton.
‘ Après avoir passé huit années dans les exercices de la plus touchante piété, Mme. veuve Buteau mourut dans une de nos infirmeries, où nous l’avions placée dès le commencement de sa maladie. Elle eut l’assistance assidue du médecin et tous les soins et remèdes possibles. M. de la Villangevin lui administra les derniers sacrements, qu’elle reçut avec une grande présence d'esprit et une piété très-édifiante. Nous l'avons fait enterrer dans notre église après un service s0lennel, et nous avons fait dire cent messes pour ie repos de son âme.”
Plus touchante encore est la pensée de ces donnés du Monastère, qui confondaient leur existence avec celle de la communauté. Et que l’on n’aille pas croire que de tels actes se fissent à la légère, dans un premier mouvement de générosité et de ferveur ; ces donnés avaient leur temps de probation, une espèce de noviciat à faire, témoin ce passage des Annales : ‘ En mars, (1709), la mère Cath. de l’Incarnation, Supérieure, a assemblé les vocales, pour les avertir qu” l’année donnée au Sieur Breloton et à sa femme pour s'éprouver, était écoulée, et qu'il fallait voir, de notre côté, s’ils allaient être reçus à titre de donnés. La conclusion a été aftirmative.”
Ce Sieur Breloton était un honnête homme de Charlebourg, qui s’engageait avec sa femme à travailler gratuitement pour la Communauté, ne demandant que le logement et l'entretien jusqu’à la mort, et une part dans les prières.
Un autre fait non moins digne de mention, est l’attachement de ces fidèles employés du Monastère qui, voyant la pauvreté des religieuses, deviennent souvent les bienfaiteurs de la Communauté, lui apportant leurs aumônes ou la constituant héritière de leur petite fortune. Ici, c’est Michel Blaïs qui amène triomphant à nos Mères ‘‘un cheval de la valeur de 180 livres ; JA, c’est Pierre Mandin, qui leur fait par testament un don de 200 francs ; plus loin, c’est Nicolas Chauvet qui leur laisse à sa mort tout son bien au montant de 1000 livres. Dans le dernier cas, voyant que les parents du défunt avaient pris de l’ombrage de cette disposition du testament de leur fidèle domestique, les Ursulines n’acceptèrent que 346 livres. De plus, elles payèrent les frais de la maladie et des obsèques, firent chanter un service et dire trente basses messes, avec application pendant un an d’une communion et d’un chapelet tous les mois, ainsi que de toutes les bonnes œuvres faites dans la communauté ces jours-là.
Terminons par un trait qui semble réunir tous les autres, et qui doit compter pour beaucoup dans le tableau des mœurs du temps. Nous allons voir les grands et les petits, les laïques et les religieux, nous montrant que la probité et la vertu à cette époque, étaient des titres à la considération tout autant que le rang et les richesses. Il s’agit d’un sieur Baudin, ancien contremaître entré au service des Ursulines en 1721. “ Etant fort attaché à notre Communauté, disent les Annales, il voulut s’y fixer pour le reste de ses jours. Il nous
pro ce « ent son la c don qu'i cont des Le $ pas de c« comi que reste venic comp pied [44 ( les av méêrmnc consi( nauté Cet ans pl les Ré de fai maître dévou une fi Sagess honnê person vrai PL
proposa donc de le garder en santé et en maladie, jusqu’à ce qu’il plût à Dieu de disposer de sa vie; de lui fournir en tout temps les choses nécessaires, faire raccommoder son linge et ses hardes ; de lui laisser tant qu'il vivra la chambre qu’il occupe, à moins qu’on ne veuille lui en donner une autre plus commode ; de ne pas exiger qu'il travaille comme ci-devant, la Communauté se contentant des soins de la surveillance, tant à l'égard des domestiques que sur les commissions du dehors. Le sieur Baudin stipulait enfin que l’on n’en prendrait pas d’autre pour le remplacer, tant qu’il serait en état de conduire les travaux domestiques. Il donnait à la communauté 1500, livres mais avec cette restriction, que dans le cas où il voulût aller ailleurs, les 1500 livres resteraient au Monastère ; que si, au contraire, nous venions à lui donner son congé, nous lui tiendrions compte du temps écoulé depuis le présent acte, sur le pied de 300 livres par an.
‘ Ces propositions ont paru si raisonnables que nous les avons acceptées très-volontiers ; nous lui aurions même accordé tout autre chose qu’il eût demandé, en considération des services qu'il a rendus à la Communauté. ”
Cette transaction se passait le 17 août 1744, et cinq ans plus tard, le nom du fidèle donné se retrouvait sur les Régistres avec les détails suivants : “ Nous venons de faire une grande perte dans la personne d’un contremaître, le sieur Baudin qui, depuis vingt-ans, -’était dévoué au service du Monastère avec une constance et une fidélité admirable. C’était un homme d’une rare sagesse, d’une égale prudence, d’une douceur et d’une honnêteté qu’on ne trouve pas communément dans les personnes de sa condition. Il avait un attachement si vrai pour notre Communauté que, quoiqu’on ne lui eût
donné que des gages très-modiques, il n’a jamais voulu s'engager ailleurs, où il aurait eu un salaire beaucoup plus considérable.
Le sieur Baudin était estimé de tout le monde, même des puissances de ce pays, le Gouverneur et l'Intendant, qui ont pris part à notre perte. Il était surtout remarquable par un grand fond de droiture, de bon sens et de probité, cet si paisible qu’il était incapable de causer de la peine à qui que ce soit. (Cette Communauté n’oubliera jamais les services qu’il nous a rendus si longtemps et avec tant d'affection ; aussi, nous n’avons rien épargné pour lui marquer notre gratitude par les soins que nous lui avons donnés pendant sa vie, et surtout dans sa dernière maladie, où tout a été employé pour prolonger sa vie et le soulager dans ses souffrances. Comme il avait refusé d'aller à l’Iôtel- Dieu où il était cependant très-estimé, nous avions engagé pour le servir et le soigner, une femme expérimentée, auprès des malades, etnous lui procurionstoutes les douceurs possibles. Enfin il a eu toutes les assistances désirables tant pour l’âme que pour le corps : prêtres et religieux, médecins et chirurgiens, allaient tour-à-tour le visiter et lui prodiguer leurs soins, et tous étaient charmés de ses bonnes dispositions. Il se trouva trois prêtres pour l’assister à sa mort, et ces messieurs publièrent hautement qu'il était sorti de ce monde avec toutes les marques de l:: prédestination. Nous lui fimes faire de maguiïfiques funérailles à la Cathédrale, mais il fut enterré au cimetière commun où il avait choisi lui-même sa sépulture. Quelques jours après, nous lui avons fait chanter un service solennel dans notre église. Et le Récit ajoute que ‘ l’on continua longtemps après à donner à ce fidèle serviteur des marques d’estime et de pieuse souvenance, par les
mour lui fa quoi de bid admit cité q Enc délici.
oublié traité | à dîne:
année Isabell laines « Ste. Fa des ind ant par vive qu au mili pieuses parole « miens c Mlle.
Ste. Vic rieure d
ulu oup
ide, r et tait F de hnCa- Jette ous ussi, gradant a été J 808 [ôtel- 8 enpérioutes ssis- TPS :
aient s, et Il se ces le ce tion.
à la mun ques G 80l’on teur r les
prières, communions et autres bonnes œuvres qui furent offertes pour le repos de son âme.”
Il ne faut par terminer cet article sans mentionner le sieur de Beauchesne qui, moins riche que le sieur Baudin, use d’un petit stratagème pour se donner quelque droit à une part spéciale dans les prières de la Communauté. Pensant bien qu’un cercueil n’était pas chose à effrayer une religieuse, ‘il vient s'offrir à la Communauté pour faire les bières des religieuses, qui mourraient de son vivant, à condition, dit le Récit, qu’on: lui fasse chaque année une communion générale, ce à quoi nous avons consenti.” Nous ignorons combien de bières a faites le sieur de Beauchesne, mais nes admirons beaucoup l’esprit de foi et d’aimable simplicité qui présidait à de pareilles conventions.
Encore un petit trait; ‘“ Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du passé avant qu’on les ait oubliées.” C’est Mlle. Perthuis qui, le 21 novembre, ‘ a traité la très-sainte Vierge à notre réfectoire, lui servant à dîner et à souper, c2 qu’elle a dessein de faire chaque année à pareil jour.” Ne croit-on pas voir ici une Isabelle de France, et tant d’autres princesses, châtelaines ou pieuses dames du Moyen-Age, adresser à la Ste. Famille ou à quelque saint favori en la nersonne des indigents, les meilleurs plats de leur table, sanctifiant par là leurs jours de réjouissance ? La foi est bien vive quand eile s'empare ainsi des premières pensées, au milieu même des fêtes extérieures. Au reste, ces pieuses pratiques ne sont qu’une conséquence de cette
parole divine: ‘ Ce que vous avez fait au moindre des miens c’est à moi-même que vous l’avez fait.”
Mlle. Perthuis avait donc adressé ses hommages à Ja Ste. Vierge comme à la première et principale Supérieure du Monastère: mais que fera-t-on de ce plat de
choix, déposé au réfectoire à la place d'honneur, sous le regard bienveillant de Marie? C'est un plat sacré en quelque sorte, et sa dernière destination ne sera pas moins sainte, car selon le Récit: ‘ Le tout fut ensuite donné à une pauvre famille.”
Ce besoïn qu'éprouve la foi de s’épancher et de se rendre sensibles les objets de sa dévotion, est parfaitement en harmonie avec les mœurs de l’époqur, et s'y montre par des pratiques dont plusieurs subsistent encore dans toute leur naïve simplicité, en plein dixneuvième siècle, même en dehors du cloître. Témoin la pieuse coutume, dans nos campagnes, d'offrir les prémices des moissons pour les bonnes âmes ; de faire tout haut, en commun, une prière, avant d'entreprendre un ouvrage périlleux ; et autres semblables vestiges de la bigoterie des siècles du Moyen-Age, dont le grand forfait est d’avoir donné la première place à l'élément religieux, se traduisant par des actions assurément peu nuisibles à l'humanité. ,
$ 8.—RÉGIME FÉODAL EN CANADA ; —SEIGNEURIE DE STE. CRoIx et Messe DE REQUIEM.
Le Régime Féodal ! c’est encore ramener nos lectrices en plein Moyen-Age, et faire passer à leurs yeux sans doute de brillants tableaux de châteaux crénelés, de preux chevaliers et de gais troubadours, qui excitaient si fort leur enthousiasme, lorsqu'elles traversaient dans leurs études ces siècles intéressants de l'Histoire. La Nouvelle-France figure certainement, sous cetitre, d’une manière un peu plus modeste que l’Ancienne. Le Canada n’a pas vu ses seigneurs ‘se retirant dans l’arrière-saison, à l’intérieur de leurs châteaux crénelés, réunir dans une vaste salle pendant les longues soirées d'hiver, les membres de leur famille et les vassaux
deu Aus récl d'u (titr seiqn ne 8 dans fortu la mi noble nom nes d geign daign la suc croque Le ne po l’aboli une & taires, dérée ment
us cré pas te
> se ites'y tent dixnoin prètout eun le la Drfait ieux,
ïbles
ROIX
rices sans s, de aient dans
La l’une
Le dans elés, irées saux
fidèles, et là, assis dans leurs fauteuils taillés en ogive, donner audience aux troubadours, qui chantaient pleins de verve et d'enthousiasme les exploits des chevaliers chrétiens ;”’avouons cependant que nos humbles Manoirs n’en étaient ni moins gais ni moins heureux. Ces Seigneurs canadiens, protecteurs naturels de censitaires qu’ils avaient dû eux-mêmes se choisir, et aider à établir sur leurs terres, devenaient en quelque sorte les patriarches des familles qui se groupaient d’abord autour de leur domaine, et qui divergeaient avec le temps à une ou deux lieues de distance dans le fief ou la seigneurie. Aussi voyait-on très-souvent ces bonnes gens venir réclamer en toute confiance pour parrain ou marraine d'un premier-né, Monsieur, Madame ou Mademoiselle, (titres qui, pris ainsi absolument, ne s’appliquaient qu’au seigneur ou à la seigneuresse). Ceux-ci, de leur côté, ne se refusaient pas à l'honneur, et grande était la joie dans la famille, quand on rapportait du baptême ce fortuné filleul, avec force présents pour l'enfant, pour la mère et pour la fête ! Quelle reconnaissance pour le noble parrain ou la gracieuse marraine ! et qui dira le nornbre des filleuls et filleules qui, à l’époque des étrennes du nouvel an, assiégeaïent avant le jour le Manoir seigneurial !.. On dit même que le bon seigneur ne dédaignait pas la noce champêtre, ni la tourtière obligée, ni la succulente pyramide de crêpes, de beignets et de croquesignoles de ces jours de fête.
Le système seigneurial, ainsi entendu et pratiqué, ne pouvait avoir en Canada les abus qui en ont amené l'abolition dans la vieille Europe. Loin d’avoir été une source de maux et de vexations pour les censitaires, l1 tenure seigneuriale, au contraire, est considérée comme ayant grandement favorisé l’établissement du pays ; et il est généralement reconnu que, si
les Canadiens peuvent se féliciter aujourd'hui d’être libres et assurés de leur nationalité, d’avoir une terre en propre et de posséder des ressources considérables de savoir, d’aisance et de nombre, c’est en grande partie à la bienveillance et à la générosité de leurs seigneurs, tant laïques que religieux, qu’ils en sont redevables. Toutefois en 1854, la volonté du peuple exprimée par le Parlement, a modifié l’ancien régime seigneurial. Ce changement était peut-être opportun, vu l’agrandissement du pays et les circonstances particulières de notre époque.
Mais entrons ici dans quelques détails qui concernent notre Monastère, et qui nous fassent apprécier encore davantage les bonnes choses du temps passé.
Les Ursulines de Québec avaient donc aussi été créées seigneuresses, rendant et recevant ‘ foi et hommage, avec haute, moyenne et basse justice.” Dès 1637, une étendue de terre d’une lieue de front, sur la rive Sud du fleuve à trente-six milles au-dessus de Québec, et de dix lieues de profondeur, avait été destinée par la Compagnie des Cent-Associés, pour une communauté de religieuses enseignantes, et nos Mères, comme on le sait, furent les premières à emporter ce lot. La Compagnie ne s'était réservé aucun droit de Quint (1) ni autre, les Religieuses Ursulines étant sim-
(1) Droit de Quint, c’est-à-dire, droit du Roi de recevoir la cinquième partie du prix de vente d’une seigneurie. Les autres droits seigneuriaux étaient comme suit: 1®© Lods et ventes : droit du Seigneur de recevoir la douzième partie du prix de vente d’un immeuble dans sa seigneurie ; si le bien passait du père aux enfants, il n’y avait rien à payer. C’est ainsi que dans plusieurs seigneuries, des biens ont été cent ans, deux cents ans, sans donner un sou de lods et ventes ; 2°. Droit de retrait : le seigneur pouvait sous un délai déterminé, racheter un immeuble, en payant au vendeur la somme qu'un autre s'était engagé à donner : 3°. Rente foncière ;
plem bienf peupl pas l:
fusse dang Cet é voit rôme cette sa ma nom après, autou nomin en av:
vieux banal cours Nos censit:
trois f:
Houds Berge To rie, Ca Cham on tro
dans le dans to 4°, D au mor seigneur tenir un
re rre les tie T8, es.
par al.
an-
de
ent ore
plement tenucs à offrir tous les ans des prières pour les bienfaiteurs, et à faire venir des colons de France pour peupler leur seigneurie. Cette dernière clause n'était pas la plus facile à remplir, car il fallait que les familles fussent en assez bon nombre, pour les isoler sans danger de la part des Iroquois sur ces terres nouvelles. Cet établissement ne put commencer qu’en 1647. On voit que le 12 septembre de cette année, le KR. P. Jé6rôme Lalement voulut bien aller prendre possession de cette propriété au nom de la Communauté, posant de sa main les bornes prescrites par la loï, et honorant du nom de Ste. Croix cette seigneurie monastique. Peu après, ou y avait réuni une quarantaine de familles autour d’une petite chapelle, et M. de la Taille était nommé curé de la nouvelle paroisse. De Manoir il n’y en avait pas d'autre que le cloître des Ursulines sur le vieux rocher de Stadaconé, mais en revanche, le moulin banal fonctionna, au bon plaisir des censitaires et du cours d’eau, qui suflisait plus ou moins.
Nos Régistres nous indiquent parmi ces premiers censitaires, six familles Hamel, quatre familles Biron, trois familles Boisvert, Gauthier, Lemay, Dauphin et Houde, deux familles Grenier, Silvestre, Lambert, Bergeron, Legendre &c.
Tout paraît avoir été à merveille sur la vaste seigneurie, car vers 1700, dans un compte-rendu à l’Intendant Champigny de l’état de la Communauté à cette époque, on trouve: ‘ Notre Seigneurie de Ste. Croix, quand
dans le district de Québec, et de la part des Communautés religieuses dans tout le pays, cette rente n’excédait pas deux sols par arpent ; 4°, Droit de banalité : Le censitaire était obligé de faire moudre au moulin du seigneur tout grain récolté et consumé dans la seigneurie ; le seigneur de son côte, devait faire construire et entretenir un moulin convenable.
nous en sommes payées, nous donne 141 livres.” Ce n’était pas à écraser ses censitaires, comme on le voit.
En 1734, il s'agissait de bâtir une église sur la seigneurie ; voici les termes de la délibération des Ursulines. ‘* Comme nous n'avons pu fournir le terrain nécessaire pour la bâtisse de l’église et du presbytère, dans notre Seigneurie de Ste. Croix, nos anciennes Mères ne s'étant pas réservé de domaine, et n’y ayant plus de terres non concédées en lieu convenable, proche du $t. Laurent, nous croyons qu’il est de notre devoir de réparer maintenant cette omission. C’est pourquoi dans l'intention de contribuer à la subsistance de M. le curé, nous avons consenti à lui céder les droits que nous avons comme dames du lieu, sur une terre qu'il a achetée pour lui et ses successeurs, lui remettant les lods et ventes ; de plus, 60 livres que doit la dite terre en arrérages de rentes. Au surplus, nous consentons à l'affranchir pour toujours des rentes qu’il devrait payer annuellement à notre Communauté, ne demandant à M. le curé qu'une Messe de Requiem à perpétuité, dans l'octave de la fête de Ste Ursule, pour les religieuses décédées et qui décèderont dans notre Monastère.”
‘ Les temps étaient durs,” et en 1787, l'édifice sacré n'était pas encore achevé. Les Ursulines, qui venaient de finir leur église au prix de mille sacrifices, ne pouvaient aider leurs censitaires aussi efficacement qu’elles l’eussent désiré ; elle firent voir cependant que la générosité était le besoin le plus pressant de leurs cœurs: “Nos habilanis de Ste. Croix voulant nonobstant leur pauvreté faire un effort pour achever leur église, ils ont demandé qu'on leur donnât encore les revenus du moulin pour cette année. La Communauté charmée de leur zèle pour la maison du Seigneur, a
préti
E nord d'un.
Cette nous ( Asso Port:
de M elle f naiss ment
En passe silles.
(D gouver
Ce roit.
, sei- Jrsurrain rtère, nnes \yant roche evoir rquoi e M.
s que d'il a t les terre ons à payer ant à dans euses
LE
sacré ient ne ment que eurs nobleur s r'eauté r, à
consenti volontiers à leur accorder pour la troisième fois ce secours.”
Nous tenons à constater que, pendant deux cents ans, le droit de banalité n’a suscité ni poursuite de la part des dames Seigneuresses, ni plaintes de la part des censitaires. Pourtant le bon vieux moulin manquait souvent d'eau ; alors aussi tout simplement il manquait de grain ; les censitaires allaient faire moudre ailleurs et la bonne harmonie n’en souffrait aucunement. En 1857, lorsque M. Lazare Lefebvre, agent des Ursulines pour la seigneurie de Ste. Croix, soumettait l’état des rentes foncières devant la commission de la Tenure Seigneuriale, il ne trouva pas un seul censitaire qui prétendît avoir été lésé en quoi que ce fût. (1)