‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 44 sur 99 · ET = NES · texte numérisé non relu

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filles Irlandaiscs pauvres et délaissées, et en 1853, elles ont accepté la direction d’une autre institution semblable, fondée au Faubourg St. Antoine par O. Berthelet Ecr., de Montréal.

Il y aura bientôt un siècle que la vie pieuse et méritoire de Mme. d'Youville s'est éteinte, laissant après elle des œuvres qui feront à jamais bénir sa mémoire dans notre pays. ÆElle mourut paisiblement au milieu de ses chères filles, le 31 décembre 1771, d'une paralysie qui résista à tous les remèdes. Elle était dans sa soixante et dixième année. Objet des regrets et de la vénération du publie, elle était encore infiniment plus chère à ses sœurs, et longtemps après sa mort, on ne pouvait sans verser des larmes entendre prononcer son nom au-dedans de l'asile qu'elle avait fondé. Ses restes reposent aujourd'hui dans une châsse, pratiquée ces dernières années dans le mur de la salle de Communauté de la maisonmère, à Montréal où ils sont, nous n’en doutons pas, une source de bénédictions et de consolation pour ses filles.

Il y a une remarque que nous aimons à faire en terminant cette notice. Mme d’Youville était non-seulement notre élève, mais elle avait aussi, comme nous avons pu le voir, de proches parentes au Monastère. Nous avons eu du bonheur à constater que les membres de deux ou trois familles patriarcales se sont ainsi généreusement partagés entre les familles religieuses du pays : ce qui n’a pas peu contribué sans doute à la douce et cordiale amitié qui les unit. Il nous sera agréable d’avoir à revenir plus tard sur cet article, surtout au sujet de nos chères sœurs de la Congrégation N. D.

Bel Zremple de piété filiale,

Parmi les compagnes de classe de Mme. d’Youville, il s’en trouve une qui s’est rendue particulièrement remarquable par son dévouement envers sa famille. Son père, M. René Phézercet, était un armurier de Montréal que l’âge et les infirmités mettaient hors d'état de pourvoir à l'avenir de sa fille. Accablé par la perte de ses trois fils, morts au service, il ne faisait plus que languir dans le découragement et la douleur ; ces pauvres jeunes gens qui rêvaient gloire et honneur, n'avaient trouvé sur nos frontières qu’une mort prématurée. Mile, Phézeret revenue du pensionnat, est témoin de

la désolation de son vieux père, A peine âgée de 17 ans, elle se trouvait sans autres ressources, pour l'avenir de ses parents et le sien, que celles que pourraient lui suggérer sa piété et son bon cœur, Que fit alors la douce et timide jeune fille ? Son bontange l'inspira sans doute, Elle se détermine à révéler au chef du gouvernement, au Marquis de Vaudreuil lui-même, toute la détresse de sa position, et dans cette résolution, elle va trouver un homme d'affaires pour dresser son placet,

Le Gouverneur qui connaissait bien la famille Phézeret, les jeunes gens ayant servi sous ses ordres, fut charmé de ce noble dévouement de l'intérossante Dlle., et en répondant favorablement à sa demande avec son bon cœur ordinaire, il prit plaisir à entrer dans le détail des circonstances propres à relever son mérite, et voulut même consigner, dans les documents publics, le témoignage de son admiration: “ Dlle. Marie Josephe de Phézercet, dit-il, nous ayant représenté qu'étant âgée de dix-sept ans..…...elle s'est trouvée dans l'obligation pressante de s'adresser à nous, afin de venir en aide à son père et à sa mère, nous priant de vouloir bien lui concéder une terre sur la rivière Ouamaska, ayant cinquante arpents de front sur environ deux lieues de profondeur...” Non seulement les 50 arpents furent octroyés, mais pour lui prouver davantage son estime, le Gouverneur ajouta à ce premier don une autre concession sur la même rivière, et donna à ce dernier fief qui est non loin de celui de Mlle Louise de Ramesay, le nom de ‘ Bourg Marie,’ gratifiant la jeune Dlle. “ de tous les pouvoirs de haute, moyenne et basse justice, ainsi que de tous les priviléges de la pêche et de la traite avec les sauvages.”

Le fief de ‘ Bourg Marie ” avait soixante arpents de front sur une lieue et demie de profondeur, le tout accordé aux conditions ordinaires : “ qu’elle rendrait foi et hommage au représentant de Sa Majesté, au Château St. Louis, selon les coutumes de Paris, qu’elle défricherait ses terres et y maintiendrait feu et lieu.”

Mile .Phézeret trouva moyen de concéder et de faire valoir ses terres, et entoura ainsi de joie cet de consolation les vieux jours de ses bons parents. Quelques années après cette heureuse démarche, elle épousa Gabriel François de Thiersan, Ecuyer, Sieur de

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fut précisément alors que les Dlles. les plus vertueuses et les plus

Genlis, Lieutenant de la Marine Royale, Vingt-cinq ans plus tard, probablement pendant l'absence de son mari, en guerre ou en Europe, on retrouve cette ancienne élève au Monastère parmi les “ pensionnaires en chambre, ” Elle séjourna auprès de nos Méres pendant près de trois ans, et les laissa au mois d'octobre de 1734.

D'après une note qui nous à été fournie par M. l'abbé Ferland, nous voyons que Mme. de Thiersan passa en France vers le temps de la conquête, avec son mari et son fils, Charles Henri de Thiersun.

Bes six Dlles, de KRamesan,

Des six Dlles de Ramesay que nous avons vues au pensionnat vers 1710 ot 1715, l'aînée, comme nous l'avons dit, se fit Hospitalière, et sous le nom de Marguerite Charlotte de St, Claude, elle vécut à N. D. des Anges d’une vie tout angélique pendant près d’un demi-siècle. (Geneviève avait pris son parti dans le monde et Marie-Catherine, en 1717, se faisait Ursuline.

Disons un mot des trois plus jeunes, Milles Angélique, Louise et Elisabeth, qui retournèrent à Montréal à leur sortie du pensionnat, et se fixèrent dans leur famille, faisant l'édification du monde par une vie digne des premiers siècles de l'Eglise. Par leur haute vertu, surtout par leur héroïque charité, elles pouvaient servir de modèles aux personnes mêmes vouées par état à la perfection religicuse, Elles étaient ravies de trouver quelqu’occasion d'assister les pauvres ou de servir les infirmes, et elles n’eussent pas hésité à exposer leur santé et leur vie, pour procurer à un pauvre mourant quelque soulagement corporel où quelque consolation spirituelle, Qu'on en juge par le trait suivant, que nous tenons des RR. Mères Hospitalières de Montréal, et qui se rapporte à l’année 1735, époque où une maladie contagieuse fut communiquée à la population de Ville-Marie par un vaisseau du Roi.

Après avoir décrit le progrès de la contagion, la mort de neuf Hospitalières, le partage que l’on fit de la Communauté en pleurs, lorsque l’Evêque, l’Intendant et le Gouverneur les obligèrent d’envoyer à la campagne toutes les sœurs à l'exception de six, qui se dévouèreut à mourir auprès des malades, l’Annaliste ajoute que ce

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