‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme] (volume 2)Chapitre 43 sur 99 · LES URSULINES DE QUÉERC · texte numérisé non relu

LES URSULINES DE QUÉERC

(0 drye, Ang. Perrault, Ang. des Meloises, (1), Thérèse Iertei de Le Cournoyer, Marie Judith Damour de Clignancouri, Thérèse de se. : Frontisny, deux Dlles de Bayeulles, Marie Jos. de Villedonné, ie Marie Morel de la Durantaye, Marie Lse. Carey, Mile de $t. dis: Simon, Charlotte de Boucherville, Marie M. de Muy, Agnès tn Boldue, Elisabeth des Meloises, M. Cath. Amiot, deux Dlles des ver: Auniers, M, A. Beauchêne, Carth. de la Martinière, Cath. de enf Verchères, M. Marthe Le Mieux, M. Marthe Couillard, Miles que Corneille, de Lanou, Chavoy, Noyan, Biron, Brassard, Plulibert et T Proulx, deux Diles Amiot de Vincelot, M. Lse. Carrerot, Gen. dés Hertel de Beauluc, deux Dlles Parent, deux sœurs de Léry, deux ue sœurs de St, Germain, Marie T. Taschereau, Marie Jeanne n'àv Channazard, Marie M. Delorme, Charlotte Denis de la Ronde en p Mlle L'estage, Marie Angélique et Marie-Louise Mariaucheau a d'Eglis, Louise Drouard (2). ane Ane femnre forte Du Canada au Dir-buiticnre siècle, d'int de toi Une élève des plus distinguées de cette époque, et qui exerça de se une influence bien marquée sur les temps qui ont suivi, est sans pend: contredit Mlle Marguerite du Frost de la Gesmerais. Elle était demo nièce par sa mère de nos sœurs de Boucherville, de Varennes et de ne so) Muy et petite-nièce de notre Mère Boucher de St. Pierre. mère Mile de la Gesmerais, qui devint une de ces femmes fortes dont redou] le Canada s’honor: te titre, naquit à Montréal en 1701, de C'est parents également “eux et honorables, et elle sut répondre aux œuvre heureuses impressions qu’elle en reçut. Son père était un gentil- Apt : Fa A ” Gesme (1) Mile. Ang. des Meloises fut plus ter célèbre Dame Gr jamais épouse du Chevalier de Livaudière, (C'était une personne trèsremarquable pour sa beauté, ses agréments et son esprit. en bas source (2) Mile, Drouard était fille de Mme. Cath. de Villeray, qui épousa fondé { en secondes noces M, Michel de Salaberry, ‘ Capitaine de flute du | du moi Roi.’’ Elle fut placée au pensionnat par son beau-père qui lui paya pice de aussi sa dot à l'Hôpital-Général de cette ville, où elle vécut sainte- autel ment pendant près d’un demi-siècle, Elle mourut en 1794, Elle à porta en religion le même nom que sa pieuse tante, notre mère passé d Dronurd de St. Michel. de la G la conso

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homme bretou natif de Médriac, près de St. Malo, où l’on dit que sa famille subsiste encore. Etant entré de bonne heure au service.

il vint en ce pays avec le Marquis de Denonville, combattit av: distinction sur nos frontières, fut promu au grade de capitaine et nommé commandant du fort Frontenac, (Kingston). Il épousa vers 1700, Mlle Renée de Varennes et devint père de plusieurs enfants dont l’aînée fut Mile. Marguerite, qui va nous occuper quelques instants.

Tout semblait sourire à cette jeune famille quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, retira du monde ce bon père au moment où ses enfants avaient le plus grand besoin de son appui. Marguerite n'avait que huit ans lorsqu'elle resta ainsi orpheline ; mais élevée en partie chez son respectable aïeul, M. Pierre de Boucherville» son éducation ne fut pas négligée : dès sa onzième année, on l'envoyait à nos classes. Douce, pieuse, pleine de candeur et d'intelligence, Mlle de la Gesmerais s’acquit la sympathie et l'estime de toutes. Elle ne perdait pas un instant, et si elle voyait quelqu'une de ses compagnes, moins assidue au travail, chercher à s'amuser pendant la classe ou l'étude, elle se disait à elle-même : ‘“ Ces demoiselles sont plus fortunées que moi ; leurs années d’étude ne sont pas limitées : pour moi, je n’ai plus de père, et m'. pauvre mère attend avec anxiété mon retour à la maison...” Æ': elle redoublait d'activité et d'application dans l’acquit de ses ‘:rvoirs, C'est ainsi que Dieu préparait sa jeune servante aux crandes œuvres qu’elle devait plus tard accomplir à la gloire de son nom.

Après deux années de séjour à notre pensionnat, Mile, de la Gesmerais retourna auprès de sa mère, qui avait plus besoin que jamais de cet ange de consolation. Chargée de cinq enfants encore en bas âge, deux garçons et trois filles, elle n'avait aucune ressource pour l'avenir. Il paraît que les amis de la famille avaient fondé de grandes espérances sur notre intéressante Marguerite ; du moins c’est en ce sens que M. Sattin, de la maison de St. Sulpice de Montréal, auteur de sa vie manuscrite, semble expliquer sa nouvelle position à sa sortie de notre Pensionnat. ‘ Après avoir passé deux ans, dit-il, chez les Dames Ursulines de Québec, Mlle. de la Gesmerais revint à Montréal auprès de sa mère, dont elle fit

la consolation et la joie, par es qualités de la nature et de la grâce

que le ciel lui avait données en partage. Elle fut d’un grand secours à sa mère en lui aidant à élever ses autres enfants. Que ne devait-on pas attendre, de si habiles et de si dignes maîtresses ? En cultivant son esprit et en formant son cœur aux vertus de son âge, elles firent en même temps passer dans son âme le germe de ces rares vertus dont elle devait donner dans la suite de si grands exemples.”

Parée de tous les attraits de la jeunesse et de la beauté, cette intéressante orpheline, quoique entièrement dépourvue des biens de la fortune, parut dans la société avec un grand éclat. Elle y fut à la fois fêtée, admirée et chérie. Cet accueil ne la trouva pas insensible, et elle répondit avec empressement aux égards qu’on lui témoignait; Dieu qui devait plus tard l’attirer si parfaitement à lui, voulut qu’elle comprît par sa propre expérience, tout ce qu'il y a d’amer, de vide et de fugitif dans les joies et les espérances de la terre. Le charme de la nouveauté lui fit donc d’abord trouver une certaine jouissance dans les assemblées du monde; plus tard, elle se laissa éblouir par les grâces extérieures d’un brillant gentilhomme français, M. Français M. You d'Youville. Mile. de la Gesmerais était alors dans sa vingt et unième année, et il faut l'avouer, elle était digne d’un meilleur sort. Ce Gentilhomme qui ne jouissait que d’une médiocre fortune, ne paraît avoir eu, d’après un grave histo. rien, que l’éphémère avantage d’être ‘ un des plus beaux hommes de son temps.” L'alliance eut lieu, mais que de larmes coulèrent dès le début de cette union malheureuse ! Capricieux et intraitable, dur envers sa famil'e et Gissipé dans ses plaisirs, M. d'Youville fit cruellement souffrir son héroïqne jeune femme pendant les huit années qu'il vécut. Mme. d’Youville était veuve en 1730; de six enfants il lui restait deux petits garçons qui, plus tard, se consacrèrent à Dieu dans le sacerdoce.

Chargée à la fois de pourvoir « ses enfants et d’acquitter les dettes de son mari, Madame d’Youville se trouva souvent à manquer du nécessaire, et ressentit pour la seconde fois toute l’amertume des épreuves qu'elle avait autrefois partagées avec sa mère. Ce fut alors que sa haute vertu commença à percer, et à la distinguer éminemment parmi les dames de Montréal, dont la douce

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et fervente piété était pourtant alors, comme aujourd'hui, l’honneur et la joie de l’église de Ville-Marie.

La vie entière de la jeune veuve fut, de ce moment, un exercice continuel de bonnes œuvres ; elle visitait les malades à domicile et se faisait en tout la servante des pauvres ; elle reçut même dans sa propre maison plusieurs boiteux et estropiés. Charmées de sa vertu, plusieurs jeunes filles de Montréal se joignirent à elle, vivant en commun, travaillant pour leur propre subsistance et servant les pauvres. La communauté naissante, qui avait pour elle l'approbation de !’'Evêque et la généreuse protection des MM. de St. Sulpice, subsista ainsi jusqu’en 1747. Le Séminaire de Montréal ayant alors voulu intervenir, pour confier à la pieuse veuve l’administration de l’'Hôpital-Général, fondé par les frères Charon environ soixante ans auparavant, Mme. d'Youville fut assaillie d’une persécution générale, et des gens ingrats qu'elle avait assistés et soignés dans leurs maladies, allèrent jusqu'à lui donner par dérision à elle et à ses sœurs, le nom de ‘ Sœurs Grises.”” L’humble Dame voulant mettre à profit cette humiliation, résolut de ne prendre jamais d'autre nom pour distinguer sa Congrégation.

Il serait trop long d’énumérer ici les épreuves par lesquelles eut à passer la sainte Fondatrice ; qu’il nous sufise d'ajouter que les employés du gouvernement furent enfin forcés de reconnaître l’association de Mme. d’Youville, la cour de Versailles, à la sollicitation de l’Evêque et du clergé du Canada, ayant pris sous sa protection les servantes de Dieu et leur ayant accordé des lettres patentes en 1753.

L'Hôpital-Général de Ville-Marie avait été jusque-là dans un état de décadence véritable ; il fut bientôt retiré de ses ruines par la piété éclairée, la sagesse, l’intel .zence et la prudente économie de Mme. d’'Youville. De grandes épreuves vinrent encore dans la suite épurer sa vertu. En 1765, un affreux incendie réduisit en cendres l’asile béni des pauvres. A peine échappée de cette maison envahie par les flammes, cette tendre mère des membres souffrants de J.-C. réunit autour d'elle sa nombreuse famille d'adoption, et s'adressant à tous, aux vieillards, aux estropiés et

aux orphelins des deux sexes, aussi bien qu'à ses sœurs : ‘“ Mes enfants, leur dit-elle d’un ton pénétré, nous allons réciter le Te Deum à genoux afin de remercier Dieu de la grâce qu'il vient de nous faire,” Tant de résignation et de piété reçut bientôt sa récompense ; la charité lui vint en aide de toutes parts, et peu d'années après, l'Hôpital-Général reconstruit sur un plan plus vaste et plus régulier, recueillait sous son toit près de deux cents pauvres.

Personne en ce pays ne peut ignorer les services qu'ont rendus et que rendent encore au public ces véritables Srs. de Charité.

Tous ceux qui ont eu le bonheur de visiter cette maison fondée par Mme. d’Youville, conviendront sans peine avec nous, que le trait le plus frappant de la protection de Dieu sur ces bonnes et pieuses sœurs, c’est qu’elles ont conservé intact jusqu’à ce jour l'esprit de leur digne Fondatrice, cette antique et naïve simplicité religieuse qui ajoute à leur piété je ne sais quoi d'aimable et d’édifiant.

En 1849, Mgr. P. F. Turgeon, actuellement archevêque de Québec, confia aux filles de Mme. d’'Youville la direction de l'Hospice des orphelins de cette ville, qui a son propre noviciat et des règles particulières. Humble fruit des sacrifices du pieux prélat, cette institution déjà grande et prospère par son orphelinat et par ses nombreuses écoles dans la ville et les campagnes, ferait honneur aux plus anciennes villes de l’Europe. La bonne œuvre n’a pas non plus manqué d’encouragement, soit de la part des généreux habitants de Québec, soit par les renforts que lui donne une pieuse et fervente jeunesse, qui s'empresse d'augmenter le nombre des Srs. Parmi les établissements des filles de Mme. d’Youville, nous citerons la mission de la Rivière-Rouge, en faveur des tribus errantes du ‘No:d-Ouest. À Ogdensbourg encore, aux frontières du Canada, se trouve une ramification de la maison-mère, sortie de la maison d'Ottawa, et fondée par M. Le Mercier, prêtre français d'un mérite distingué, qui est décédé sur la fin de décembre l’année dernière, après avoir travaillé avec un zèle digne de nos anciens missionnaires.

En 1824, les filles de Mme d’Youville se sont encore chargées d’un orphelinat nouveau, établi à Montréal en favenr des jeunes

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