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toutes les fonctions du servico divin, (2) tant la semaine, que les fêtes et les dimanches.”
Depuis le printemps de 1759, il n’y avait point eu de première communion dans Québec. L'automne de 1760, et l'hiver qui suivit, servirent comme de préparation éloignée à ce grand acte de la vie chrétienne, ‘ Au mois de mars, M. Récher, curé de la paroisse, eut la charité de commencer dans notre église les cours de catéchisme pour les enfants des deux sexes, et il les fit communier pour la première fois, le 26 avril de cette présente année 1761, notre église continuant à servir de paroisse, tant pour les baptêmes que pour le servico divin, qui se fait avec beaucoup de piété.”
Avec quelle ardeur ne devait-on pas appeler cette jeune phalange à se nourrir du Pain des forts, afin de combattre les combats de la Foi ! Jusque-lÀ, on avait été catholique sans obstacle, maïs il n’en sera pas ainsi désormais ; pendant un certain temps surtout, il faudra de l'énergie et de la générosité, pour lutter contre l’appât des honneurs et des biens de ce monde, appât auquel plusieurs malheureusement succomberont, comme nous le dira plus tard une lettre importante dans ses révélations, et qui montre tout le danger qu'il y à de transiger en pareille matière.
(2) Nous savons par les traditions du cloître, que le service selon le rit anglican se fit aussi tous les dimanches dans notre église, tout le temps que les blessés anglais séjournèrent au Monastère: c'était l’ordre du vainqueur.
Ce fait nous rappelle quelque chose d'assez analogue : c’est que vers 1813, à Kingston, H. C., l’église catholique ayant été changée en hôpital pour les soldats blessés, les Catholiques célébrèrent l'office divin dans l’église protestante de cette ville. Le regretté historien du Canada, M. l'abbé Ferland, nous a dit qu’il y avait souvent servi la messe dans son enfance.
Le 24 juin 1763, l'église du Monastère, qui avait tant de fois retenti des accents de la douleur, s'ouvrait pour une fête de joie et d'actions de grâces ; la population de Québec, autant que possible, s’y réunissait pour un 7e Deum solennel, afin de remercier le Seigneur d'avoir délivré le pays du fléau de la guerre, et de lui avoir assuré surtout, selon l'expression du Récit, ‘la continuation de la religion Catholique et Romaine.” C'était là en effet le point essentiel, la grande préoccupation de ce peuple si profondément religieux. Rassurés là-dessus, ils se résignèrent enfin à l'abandon de la France, et comprirent qu'ils devaient, autant par intérêt que par devoir, se soumettre à la nouvelle puissance que la Providence appelait à régner sur eux.
Une autre fête, que les circonstances rendirent puplique, fut celle du 12 avril 1764, “jour où notre Rév. Mère Supérieure, la Mère Esther Wheelwright de l’'Enfant-Jésus, renouvelait ses vœux de 50 ans de profession, entre les mains de M. Briand, V. G. du diocèse vacant, et notre très-digne supérieur. Rien ne manqua à la solennité ; M. Resche; notre très-digne confesseur, joua de l'orgue, et l’on chanta plusieurs motets pendant la sainte messe. M. Récher, de son côté, nous favorisa d’un très-beau sermon sur le bonheur de la vie religieuse. Le Te Deum se chanta À l'issue de la messe, et nous eûmes le soir la bénédiction du S. Sacrement. La Communauté fut traitée magnifiquement et MM. nos prêtres aussi.”
Cettebien-aimée jubilaireétait la premièresupérieure anglaise de notre maison, et par une singulière coïncidence, elle entrait en charge au mois de décembre 1760, précisément à l’époque où la Domination Anglaise s’établissait en Canada. Cette vénérée et ch're Mère, qui devait tant à l'hospitalité française, semblait
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dire que le mélange des deux races n'altèrerait jamais en rien la charité, et que si, d'un côté, le Monastère restait toujours profondément françuis, il saurait, de l’autre, apprécier le mérite des filles d’Albion,.
Enfin, ‘ la veille de Noël de cette année, 1764, les soleunités de la Cathédrale ont été transférées dans l'église du séminaire, après avoir été pendant cinq ans ettrois mois dans notre église. M. Récher est également retourné au Séminaire, après avoir séjourné plus de cinq ans dans notre maison.”
Les Ursulines, si longtemps accoutumées à entendre les prédications du dimanche, et à se réjouir en sonnant les baptêmes des “petits innocents,” semblent n'avoir va qu'à regret s'éloigner de leur église le service paroiïssial, qui s’y faisait, d'après leur témoignage, avec tant d'édification. Quant au digne curé et À ses assistants, ils laissèrent à notre porte de précieuses bénédictions. Les paroissiens aussi témoignèrent hautement de leur gratitude, comme le prouvent les
ot" de la paroïsse, dont on a eu la complaisance
de nous passer l'extrait suivant. Nous l’insérons ici d'autant plus volontiers que le parfum de la reconnaissance évidemment ne vieillit pas; après un siècle, il embaumera et rafraîchira encore le cœur de tous les intéressés.
Extrait des Régistres de la paroïsse de Québec :—
“ Dans une délibération du quatorze avril, mil sept cent soixante et onze, l’article suivant a été inséré ponr constater la reconnaissance que les paroïissiens en général doivent aux dames Ursulines, ainsi qu'il suit, savoir :
La province ayant canitulé au mois de septembre mil sept cent soixante, M. Murray alors Gouverneur-Général, ayant sous le bon plaisir de Sa Majesté, accordé le libre exercice de la religion, et les paroissiens étant rentrés en cette ville, les dames Religieuses Ursu-
lines voulurent bien permettre que le service paroissial se fit dans leur église, Et elles livrèrent avec plaisir leur sacristie et fournirent au logement de feu (1) notre curé. Ces dames ont souffert cet embarras avec une condescendance, une patience et un désintéressement que les Paroissiens ne peuvent oublier sans ingratitude,
“ Le service divin se fit dans leur Église jusqu’au 24 décembre mil sept cent soixante et quatre.
‘# Donné la présente copie, par nous soussignés, Marguillers en exercice, Québec, 18 avril 1771. Marcoux, Perroy, Dufau.”
Ce témoignage authentique de gratitude, qui était probablement adressé à la communauté à l’époque où se terminait le rétablissement de la cathéirale, était accompagné des lignes suivantes :
‘ Mesdames, —Comme nous avons manqué dans le discours ci-joint, de faire mention de plusieurs autres bienfaits pour lesquels les paroïissiens vous doivent leur reconnaissance, particu- Jièrement du don que vous avez fait à la fabrique des ouvrages de dorure, et du gradin du grand autel de notre Église, ainsi que pour la peine que vous vous êtes donnée en nous conservant tout ce qui vous avait été renus lor: du siége, et que vous nous avez rendu dans le même état. La présente est pour vous en témoigner au nom de la paroisse une parfaite reconnaissance, et en notre particulier, nos très-humbles reirerciments.
‘€ (Signé) MARCOUX, PERROY, DUFAU.”
() M. Jean Félix Récher, décédé le 16 mars 1768, à l'âge de 45 ans, dont il avait passé 21 en Canada, et 19 comme curé de la paroisse de N. D. de Québec. Les Annales nous disent qu'il était ‘grand prédicateur, charitable à soulager l’indigent et l’orphelin. Sa bienveillance pour notre communauté a toujours été la même, étant prêt en toute occasion à nous rendre service et nous faire plaisir.”
M. Récher eut pour successeur à la cure de Québec, M. Bernard Sylvestre Dosquet, dont les Annales notent la inort en date du 29 janvier 1774, ajoutant: ‘ Une pleurésie nous l’a enlevé après trois jours seulement de maladie. Sa charité, sa douceur, son zèle pour le salut de ses paroissiens, l'ont fait chérir et aimer. Il a été regretté de toute la ville, des Anglais aussi bien que des Français.”
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