SES
pauvreté seule mettait obstacle à la magnificence extérieure, qu’il est si naturel à la piété de déployer en pareille circonstance. Le cœur toutefois n’en fut pas moins ardent, ni le concours des pieux amis moins unanime.
‘6 Le 17 mai, 1769, disent les Annales, nous reçûmes de Rome une indulgence plénière, tant pour les séculiers que pour les religieuses, à l’occasion de la Béatification de notre Bienheureuse Mère Angèle Mérici. Nous en avons eu la solennité le 31 mai, jour assigné pour gagner l’indulgence. Mgr. nous fit la grâce de nous dire la sainte messe et de communier la communauté. Nous chantâmes ia grande messe en plainchant, M. Perrault, G. V. y oflicia avec les cérémonies de première classe. Le panégyrique fut fait avec succès par le R. P. Le Franc, $. J. Notre cloche avait annoncé à toute la ville cette grande fête; elle fut terminée par un 7e Deum, qui se chanta à la fin du salut.”
Paris, en 1768: {....Selon ce que vous me marquez et d’après les connaissances que nous avons eues d’ailleurs, il y a bien du trouble
dans Paris : on s'efforce de persécuter les communautés religieuses, nos RR. PP. Jésuites en sont un triste exemple. On nous a dit que vous n’aviez fait la fête de notre B. Mère Ste. Angèle qu’à petit bruit. Si cela était, votre gêne serait grande ; nous n’éprouvons rien de semblable de la part des Anglais.” ‘,..La Religion est parfaitement tranquille à présent, répétait-elle en 1770; ceux qui veulent s’en écarter, c'est du’ils le veulent...
La Mère dépositaire des Ursulines de Paris, félicitant nos mères de la paix dont elles jouissaient ainsi que le pays: ‘‘ Dieu vous y conserve, ajoutait-elle. Quant à nous, nous avons grand besoin de la miséricorde et protection de Notre-Seigneur. Le Roi a tenu sont lit de justice hier, le 11 du présent mois, (juillet 1769), pour faire passer plusieurs édits. On prétend qu’il y a plusieurs nouveaux impôts. Nous sommes dans un temps bien critique et bien triste; la Religion diminue tous les jours... .?
Une lettre de notre mère St. Louis de Gonzague, en date du 1 août 1769, est encore plus explicite sur cette heureuse circonstance.
‘ Ma très-révérende Mère,—Je souhaite que cette lettre vous soit rendue aussi heureusement qu® la vôtre m'est parvenue par M. Berthelot, le 30 mai, iorsque nous chantions les premières vêpres de notre Bienk: ::: 1e Tère Angèle, dont nous avons fait la fête avec toute la sol r1ité po:cible. Mgr. l’avait fait annoncer au prône afin que tous ies fidèle: ,ussent participer aux Indulgences: (1) ce qui a eu le plus heureux succès, chacun s’empressant de venir partager la joie qui s'était emparée de nos cœurs, ainsi que la dévotion qui nous faisait implorer avec ardeur l'assistance de cette chère Fondatrice. Des personnes importantes se sont même fait transporter dans notre église, pour obtenir d'elle quelque puissant secours dans leurs maux. Tous les corps ecclésiastiques, réguliers et séculiers, Mgr. en tête, sont venus dire la sainte messe. Le R. Père LeFranc, Jésuite, fit un très-beau sermon: quoiqu'il n'eût eu que trois jours pour s'y préparer, il satisfit pleinement son auditoire, ce bon père ayant beaucoup de facilité à s'expliquer et énoncer eu chaire. Si par hasard, ma chère Mère, il se présente quelque occasion favorable, envoyeznous, s'il vous plaît, quelques médailles et estampes de cette bien-
heureuse Mère, ainsi que sa grosse vie... .”
Quelques mois après cette consolante solennité, on trouve une
(1) La fête de Ste. Angèle se trouve souvent remise à raison de l’octave de la Pentecôte. La mère de l’Enfant-Jésus, écrivant aux Ursulines de Paris en 1771, disait: ‘Nous apprenons par votre lettre ce que jusqu'ici nous avions ignoré, au sujet de”la fête de notre B. Mère Angèle : c’est-à dire que nous ne pouvons gagner l’indulgence que le 31 mai, et qu’il n’y a que la fête et l’office qu’on puisse transférer, quand, au 31 mai, il arrive une fête plus considérable. Pour cette année, n'ayant reçu votre lettre qu’à la fin juin, Mer. nous perinit d'en faire la fête pour la dernière fois le 10 juillet: et comme il avait plusieurs indulgences dont il pouvait disposer, il nous fit la grâce de nous en accorder une ce jour-là, ce qui rendit la fête des plus solennelles.
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