ÉTAT DE LA COMMUNAUTÉ DE 1759 À
Le ous voici au chapitre par excel- fort m
a lence, à celui où nous pouvons ces glc
T | @T à loisirinitier nos lectrices aux du no:
VEN à ressorts secrets par lesquels s’est jargen
Ati 24 perpétué, dans cette maison, Dep
ZA l'esprit de nos vénérées Fondatrices. se join
Q: Parmi celles qui terminent leur restrei
| laborieux pélerinage, de 1760 à 1775, devait
y Fr, plusieurs avaient rempli toute la avait à
d première partie du 18e siècle; une avec |
n°) À d'elle rattache même son existence eo
À ç ‘ presque, centenaire à la longue et ie je y] belle carrière de la vénérée Mère de
Flécelles de St. Athanase, venue de En
avons
Paris en 1640, et décédée en 1695. Ces patriarches de
8 tra-
remière Mathuicher— et ferremiers > donne t. Laude la née des rifice— gs Com-
xcel- |vons s aux s’est ison, rices.
leur L775, e la une ence e et e de e de 8 de
la famille du cloître semblent rester debout, à cette époque de pénible transition, pour dire à la génération de vierges qui aura à vivre sous un gouvernement nouveau: ‘ Rappelez-vous les traditions antiques de nos premières Mères! Les gouvernements des hommes sont variables, mais dans notre sainte milice, il est une chose qui ne doit jamais subir d’altération ; c'est le zèle et le dévouement complet aux œuvres de notre sainte vocation d’Ursulines ! ”
Les rangs de nos religieuses s’éclaircirent considérablement dans ces temps d’anxiété et de misère. En examinant les Notices des entrées et des décès, nous trouvons qu’au retour des Ursulines au Monastère, le 21 septembre 1759, la communauté comptait 28 professes de chœur, et 13 sœurs converses. En 1770, ce nombre était réduit à 18 religieuses de chœur et 8 converses. ‘ Nous avons perdu depuis le siége on grand nombre de nos chères sœurs, écrivait un peu plus tard la Mère St. Louis de Gonzague ; et d’autres ont été fort malades.” En effet, en 1775, treize seulement de ces glorieux vétérans restaient debout. Si les portes du noviciat avaient été fermées, celles du ciel s'étaient largement ouvertes.
Depuis 1764, neuf nouvelles sœurs-étaient venues se joindre à elles ; cependant leur nombre était encore restreint, et l’on comprend quel surcroît de travail devait peser sur chacune. En même temps qu'il y avait à faire face aux laborieuses fonctions d'Ursulines, avec toute l’assiduité d’un premier devoir, il fallait encore veiller au chevet des pauvres malades, et subvenir par son industrie personnelle aux plus pressantes nécessités de la vie.
En parcourant les biographies des religieuses, nous avons été frappée de la bonne volonté qu’elles appor-
tent à remplir ces devoirs. ‘“ Avec la Grâce de Dieu, écrivait en 1774, la Rév. Mère St. Louis de Gonzague, la ferveur se maintient dans cette maison et le zèle y est grand pour l'éducation de la jeunesse. Chacune sait se prêter à toute chose selon son petit talent; et cela, pour soulager sa communauté, et à la plus grande gloire de Dieu.”
L'innocence du printemps de la biz avoucit les anvertunres De la dernière heure,
La Mère Marie-Françoise Comparé de St. François-Xavier, est du nombre de celles que Dieu ne semble avoir appelées à la Religion, que pour les élever à la dignité de ses épouses, et les préparer aux noces éternelles. À 25 ans, elle était déjà digne d'être associée au cortége des vierges. ‘“ L'innocence de sa première jeunesse lui rendit facile le sacrifice de sa vie. Les belles et bonnes qualités don elle était douée, son adresse en toute chose, nous eussent fait plaisir dans le temps; son talent remarquable pour l'institut, où elle avait déjà été employée avec succès, nous la rendait particulièrement précieuse: mais le ciel se l'était choisie. Ce fut le 5 juin 1762, à 4 h. du soir, qu'elle consomma l’offrande qu'elle faisait si généreusement à Dieu de la fleur de ses années.”
Dans nos manuscrits, Monsieur F,. X. Comparé est indiqué comme interprète; et unc Dlle. de Launière, tante de la jeune Dile., voulut avoir part au mérite de son entrée en religion, en contribuant largement à sa dot.
Le Matbusalen de notre Histoire, ou la digne fille du Grand- Vère Boucher,
Si le passage mêine rapide de ces élues du cloître, laisse des parfums dont on s’embaume encore après un siècle, que dire de la carrière de celles qui ont lengtemps et admirablement travaillé pour le Seigneur ?
Nos lectrices se rappellent le généreux début de la Mère Genev. Boucher de St. Pierre, en 1694, et la touchante tendresse de sa
piété fil années ( récompe poursui égoiïstes
grâce, ‘ intérêt, profit e servir à
Ce M siècle, 4 gieuses notre € particul digne fi écho d rable M nous ay sence d 72 su 8 parfaite rable, « elle as s’attach était de À nos & une oh Es à
(0 Mère $ au mêt quoiqu maniêt de vie:
souven longte le nom
Dieu, ague, zèle 1cune t; et ande
de la
er, est Reliparer asso- > jeuonnes nous pour us Ja joisie.
rande lées.”?
liqué jeune n, en
and
des de la aillé
nev,
HISTOIRE DU MONASTÈRÉ. 95
piété filiale. Aujourd’hui, elle se présente à novs riche de ses 72 années de vie religieuse, dont elle va demander à Dieu l’éternelle récompense. Quelle ardeur soutenue, dans cette chère Mère, à poursuivre, jusque dans leurs ressorts les plus secrets, les instincts égoïstes de la nature, pour laisser plein effet aux tiouvements de la grâce, ‘ qui ne travaille point, dit le livre de l’Imitation, pour son intérêt, qui n’examine pas ce qui lui est utile et commode ni quel profit elle tirera des autres; mais qui s'attache à ce qui peut servir à autrui en même temps qu'à elle-même.”
Ce Mathvusalem (1) de notre famille ursuline a vécu près d'un siècle, aussi a-t-elle été personnellement connue de plusieurs religieuses avec lesquelles nons avons eu le bonheur de converser dans notre enfance; c'est ce qui nous a fuit parcourir avec un intérét tout particulier, l'éloge que renferment les Annales au sujet de cette digne fille du ‘* Grand-Père Boucher. ” “ Le 30 mai 1766, dit cet écho du passé, le Seigneur a appelé à lui notre très-chère et vénérable Mère Geneviève Boucher de St. Pierre. Quelque désir que nous ayons de faire le détail de ses vertus, il faut y renoncer, en présence de cette longue et belle carrière de 90 ans, dont elle a passé 72 su service de la sainte Religion, dans toute la ferveur d’une parfaite Ursuline. Disons seulement qu’étant d’une famille honorable, qui a exercé les emplois les plus considérables de ce pays, elle a sacrifié de gran@ cœur tous ces bicns et honneurs, pour s'attacher à Notre-Seigneur et n’aimer que lui. Toute son ambition était de se rendre agréable à son divin Epoux, par une exactitude à nos saintes règles, qui allait presque au scrupule, un silence, une obéissance, une pauvreté, qui en faisaient le modèle de toutes. Ehc à passé par tous les principaux emplois de la maison, mai-
(1) La Mère Hertel de St. Exupère le cède peu en ancienneté à la Mère St. Pierre. Nées à quatre années d’'intervalic, elles entrèrent au même âge en religion, firent profession sous la même supérieure, quoique dans deux communauies différentes, se suivirent de la même manière au ciel, la Mère St. Pierre ne comptant que trois mois de plus de vie religieuse. Ces deux vénérables nonagénaires offraient un beau souvenir des deux hommes remarquables, dont elles avaient s1 longtemps propagé le dévouement et les vertus, en même temps que le nom.
tresse des novices, zélatrice, assistante et supérieure, (1) et les a exercés à la satisfaction de tout le monde, jusqu'à l’âge de 84 ans, où Notre-Scigneur lui fit part de sa croix comme à sa véritable épouse, Elle fut pendant six ans dans de grandes infirmités, les derniers six mois surtout où elle ne put sortir de son lit de douleur. Sa résignation à la sainte volonté de Dieu fut toujours inaltérable, Sa grande dévotion envers le S. Sacrement la portait à s’y rendre en esprit avec la Communauté, et elle priuit tout le temps où ce divin Sauveur était exposé sur nos autels. Dieu semble l'avoir récompensée de sa piété en la retirant de ce monde le vendredi dans l’octave de la Fôte-Dieu ; après avoir reçu les derniers sacrements avec sa foi et sa dévotion ordinaire, elle expira dans la paix et la tranquillité d’une âme bienheureuse.”
‘“ La Mère Boucher de St, Pierre, dit M. le Commandeur J, Viger, a vu deux de ses frères prêtres, et dix de ses neveux disant messe, Elle a eu treize de ses nièces religieuses dans les différentes communautés du Canada.” (Trois nièces et quatre petitesnièces de la Mère St. Pierre ont été religieuses Ursulines à Québec), “ M. de Muy, fils, voulut faire le recensement des petits-enfants de M. Boucher, (2) il y a quelques années, il en trouva 150.”
La Mère St. Pierre rapproche sensiblement les traditions du Monastère, Entrée au noviciat en 1694, du vivant de la Mère
(1) Elle remplissait cette charge en 1750, et dans les années suivantes, touchant bientôt à. ses 80 ans.
(2) Celles de nos lectrices qui ont été émues des ‘ Adieux du Grand- Père,” ne le seront pas moins, en lisant l’extrait suivant où le vénéré patriarche se rend compte de ses intentions, dans l’établissement de ses terres. Quel beau et précieux monument pour une famille! Quel bonheur d’avoir recueilli une succession temporelle, si riche en bénédictions pour l'éternité! Quel puissant stimulant pour tenir du fond de son âme aux lois immuables de l'honneur et de la vertu !
Voici ce manuscrit :
‘ RAISONS qui m'engagent à établir ma seigneurie des Îles Percées, que j'ai nommée Boucherville.
Première Raison. C’est pour avoir un lieu dans ce pays con-
de Flé T'asche carrièrd
sacré à tants fa ainsi, te venir he en être
“ De fracas d occuper travaill
«6 T'rd bien pa fiuuille, sciences pourvoi
6 Qu et que ce ble de n si quelqt Dieu der confirme sera util
& Cin moyens dans le] ne suffis grosse fi et la bor d'exécu jJaivu] pourrai:
& Po sion de l’établi:
de tout bout, n
& Je
les a k ans, itable is, les uleur.
rable, endre où ce avoir dredi rniers ins la
ur J, lisant diffétitesbec), fants
s du Mère
j sul-
and bnéré nt de ille !
een r du
de Flécelles de St. Athanase, elle vécut deux ans avec la Mère T'ascherenu de St, François-Xavier, qui prolongea sa vigoureuse carrière jusqu’à l’année 1625.
sacré à Dieu, où les gens de bien puissent vivre en repos, et les habitants faire profession d'être à Dieu d'une façon toute particulière :— ainsi, toute personne scandaleuse n’a que faire de se présenter pour y venir habiter, si elle ne veut changer de vie, ou elle doit s'attendre à en être bientôt chassée,
‘4 Deuvième Raison. C'est pour vivre plus retiré et débarrassé du fracas du monde, qui ne sert qu'à nous désoccuper de Dieu et nous occuper de la bagatelle ; et aussi, pour avoir plus de commodité de travailler à l'affaire de mon salut et à celui de ma famille,
‘ Troisième Raison. C'est pour tâcher d’amasser quelque petit bien par les voies les plus lé times...afin de faire subsister ma faruille, faire instruire mes eniants ea la vertu, la vie civile et les sciences nécessaires à l’état 6ù Dieu les appellera; et ensuite les pourvoir chacun dans la condition où il plaira au Seigneur.
Quatrième Raison. Comme c’est un bien fort avantageux... et que ce serait dommage qu'il demeurât inutile; vû que cela est capable de mettre bien des pauvres gens à Jeur aise, ce qui ne se peut faire si quelqu'un ne commence, cette Terre m’appartenant, je crois que Dieu demande de moi que j'aille au plus tôt l’établir. Ce qui me confirme dans cette pensée, c'est la connaissance que j'ai que cela sera utile au public et au particulier.
‘ Cinquième Raison. C'est qu’il me semble que j'aurai plus de moyens de faire du bien au prochain et d'assister les pauvres, que dans le poste où je suis, (Gouv. de Trois-Rivières), où mes revenus ne suffisent pas pour faire ce que je voudrais, ayant d’ailleurs une grosse famille ;—ce qui fait que je n'ai à présent presque que le désir et la bonne volonté. Peut-être dans la suite me trouverai-je en état d'exécuter les sentiments que Dieu me donne, conformément à ce que j'ai vu pratiquer autrefois à un grand homme de bien; ce que je ne pourrais faire demeurant ici.
‘ Pour y réussir je prie notre bon Dieu, par le méri.e et l’intercession de sou fidèle serviteur, le R. P. de Brebœuf, de m'en faciliter l'établissement, si c'est pour sa gloire et le salut de mon âme et celui de toute ma famille; sinon qu'il ne permette pas que j'en vienne à bout, ne voulant rien que sa sainte volonté.
‘ Je mets ceci par écrit, afin que si Dieu permet que je réussisse,
Beau débouement des sfr soeurs de Lantagnac,
Nous allons maintenant consacrer quelques pages aux intéressantes petites-filles des anciens comtes (1) de Lantagnac, dont les noms, après avoir été consignés dans les régistres du pensionnat,
le relisant je me souvienne de ce à quoi je me suis engagé ; afin aussi que mes successeurs sachent mes intentions. Je les prie de continuer dans la même volonté, si ce n'est qu'ils voulussent enchérir par dessus moi, faisant quelque chose plus à la gloire de Dieu: c'est en quoi ils me peuvent le plus obliger, leur demandant pour toute reconnaissance, que Dieu soit servi et glorifié d'une façon toute particulière dans cette seigneurie, comme étant à lui, en étant le maître. C'est mon intention : je le prie de tout mon cœur qu'il veuille bien l’agréer, s’il lui plaît.—Ainsi-soit-il.—Boucher."
En terminant cette pieuse et patriotique citation, nous aimons à noter que c’est un petit-fils du Grand-Père Boucher, M. le chevalier J. C. Taché, un des plus ardents colonisateurs du Bas-Canada, qui a mis pour épigraphe au journal ‘ Le Courrier du Canada, ” dont il a été le premier rédacteur, ces paroles si dignes : (JE CROIS, J'ES- PÈRE ET J'AIME."”
(1) Les Adhémar de Lantagnac étaient comtes héréditaires d'Orange, seigneurs suzerains de Montélimar, de la Garde et de Grignan, et barons d'Aps, de Rochemaure etc., ete.
L'ancêtre immédiat du major de Lantagnac s’allia par contrat du 13 octobre 1647, avec Mile. Anne de Rigaud de Vaudreuil, fille de Jean Ls. de Rigaud, seigneur et baron de la ville d'Auriac et Vaudreuil, et de Marie de Chateau Verdun. Il était en 1677, capitaine au régiment de Lantagnac. Il fut nommé par le Roi, commandant de la ville et du fort de Mantoue, et gouverneur de cette ville pour le prince de Monaco en 1707. Le fils aîné de Pierre II succéda à l'héritage et aux emplois de son père, et mourut en 1759. Ce dernier était père de Gaspard de Lantagnac dont nous parlons ici, son frère, Ls. Antoine, a continué la descendance. Quant aux héritages, ils les ont aussi, car notre major, en se fixant en Canada, répondit bien à la devise de sa famille; ‘Plus d'honneur que d’honueurs.”?
Cette famille est célèbre dans les fastes de la monarchie française, les Adhémar de Lantagnac étant du nombre de ces vieux nobles qu’on avait comptés depuis des siècles parmi les plus fermes appuis
se sont et des |
Sept notre 1 science Genevi
Gen fut d'â; plaça a Cather conduit monde, piété.
que les puérils, faire ra
du trônc à leurp vaillanc qui refu 6 octobr de les Restaur dant de de-camp en Esp:
D'aut Révolut d'Adhé:
de son 1 ennemis lui le 9 à Orléa n'avaie tion. I 1792, a élèves « sœurs c
éresit les nnat,
aussi inuer r par Pat en toute partiaître, e bien
ons à valier qui a ntila J'ES-
ignan,
rat du ille de
Vaubitaine ndant our le éda à ernier frère, ils les nàla
çaise, nobles appuis
se sont associés à notre œuvre, ainsi qu'à celles des Hospitalières et des Sœurs de la Congrégation N. D,
Sept demoiselles de Lantagnac ont été tour-à-tour élevées dans notre maison, et formées par nos Mères à la vertu comme à la science, Les deux qui nous intéressent particulièrement sont Geneviève et Angélique.
Geneviève-Françoise naquit À Québec en 1725. Dès qu'elle fut d'âge à suivre les exercices d'une classe, sa pieuse mère la plaça au pensionnat, où se trouvaient déjà ses deux sœurs aînées : Catherine-Ignace et Marie-Anne, Mme, de Lantagnac, dont la conduite distinguée répandait une grande édification au milieu du monde, n'eut pas de peine à inspirer à ses eufants l’amour de la piété. Dès ses premières années, Geneviève n'avuit manifesté que les goûts les plus solides; au lieu de s'amuser à des jeux puérils, son plaisir était de se tenir auprès de sa mère, et de lui faire raconter des histoires de la Ste. Ecriture. Dès lors aussi,
du trône. Aussi les a-t-on trouvés, comme les Rigaud de Vaudreuil, à leur poste, aux jours de la terreur. Qui n'a pas ouï parler de la vaillance du comte Maurice d'Adhémar, ce page fidèle de Louis XVI, qui refusa de quitter cet infortuné prince, lors des attentats du 5 et du 6 octobre 1789, et qui ne consentit ensuite à émigrer, que dans la vue de le servir plus eflicacement dans le régiment de Condé? A la Restauration il fut comblé d'honneurs. Nommé colonel, commandant de la légion du Haut-Rhin, en 1815, il fut proclamé maréchalde-camp, le 3 décembre 1823, et généralissime de l’armée française en Espagne.
D'autres membres de cette famille ont été massacrés pendant la Révolution, pour la défense de leur religion et de leur roi, Jean d'Adhémar de Lantagnac, chevalier de St. Louis et officier supérieur de son régiment, fut accusé d’avoir eu des correspondances avec les ennemis de la République. Un décret d'accusation fut rendu contre lui le 9 janvier 1792, et il fut traduit dans les prisons de la haute cour à Orléans. Ses deux fils, qui servaient dans le même corps, et qui n'avaient pas voulu quitter leur père, partagèrent aussi sa proscription. Ils furent massacrés tous trois à Versailles, le 9 septembre 1792, avec un grand nombre d’autres royalistes. Dans la liste des élèves de Si. Cyr, on trouve le nom de plusieurs proches parentes des sœurs de Lantagnac.
cette bonne mère avait fait d'elle sa petite confidente, et l’initiait à toutes ses dévotions et bonnes œuvres. (C’est ainsi qu’au sein de la famille, notre future Ursuline préludait à une vie plus parfaite, Ses bons sentiments n'eurent qu’à se fortifier au pensionnat, car déjà elle avait trouvé le secret de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et de ne pas s’ennuyer à la prière. L’habitude de la réflexion lui facilita beaucoup l'étude des sciences alors requises ; aussi ses progrès ne furent pas médiocres. Selon notre Récit, elle parlait bien, écrivait avec facilité, et chantait avec une grâce ravissante.
Son éducation terminée, Mlle. de Lantagnac reprit sa place auprès de sa mère dont elle fui l’amie inséparable. A un air avble, elle joignait cette solidité d'esprit, cette douceur de caractère et ces grâces extérieures, qui font d’une jeune personne l’ornement de la société. Cependant, décidée à se faire religieuse, Geneviève ne paraissai: que malgré elle dans les réunions de plaisir, et les noces de sa sœur, (1) qui se firent dans sa seizième année, n’ébranlèrent aucunement sa résolution. C’est vers ce temps
qu’elle eut la douleur de voir mourir sa bonne mère, qui était
encore dans la force de l’âge et entourée de tout ce qui pouvait, ce sembie, la rendre parfaitement heureuse. Mieux que jamais alors, Geneviève comprit tout ce qu'il y a de faux et de passager dans le bonheur d'ici-bas. L’amère douleur de son père, l’affliction de sa famille, le deuil de tout ce qui l’entourait, achevèrent bientôt l’œuvre de la grâce, commencée en son cœur par l'Esprit-Saint, La voilà complètement déterminée à n’aimer que Celui-là seul dont l'existence ne s'éteint pas.
Son père refusa d’abord de croire à cette vocation, et ce ne fut que dans sa vingtième année qu'il lui permit d’entrer au noviciat. Elle y fut admise le 23 mai 1744, et après les épreuves ordinaires, elle prit l’habit de l'Ordre sous le nom de St. Henri.
(1) Mlle. Marie Anne de Lantagnac épousait à Québec, sur la fin de l’année 1741, Auguste Antoine de la Barre, Ecr., seigneur du Jardin et officier de la Marine Royale. Nous allons voir que Mlle. M. Anne, eut moins d’imitatrices dans sa famille que sa sœur Geneviève,
Sa & auprès et la c ses dési réal, on d'armes qu'Ang militair amies é demoise Angéliq serait p son père
Cepe laient re Québec lique ét fixée au été disp était alc
La ve un entr # Cher cette gr.
quelque Qu'est-c refuse ?- —Non, son coul se faire sœur Ge peignait si Dieu deux fo
Le le amis, m
itiait
sein
parsionqui de la ises ; récit, œrÂce
place n air aracorneeuse, aisir, nnée, emps était it, ce alors, dans ction bienaint,
seul
e fut ciat.
ires,
la fin r du Mille.
sœur
Sa sœur Angélique, qui terminait ses études, alla la remplacer auprès de son père, dont elle fut, pendant deux ans, la joie et la consolation, par son attention délicate à prévenir en tout ses désirs. Chez M. de Lantagnac, alors major de ville à Montréal, on s’amusait à la française. L'assiduité de ses compagnons d'armes était pour beaucoup dans les plaisirs du major, de sorte qu'Angélique eut bien des sacrifices à faire au milieu de tous ces militaires enjoués, et de toutes ces “ belles à gais loisirs.” Ses amies étaient loin de soupçonner que l’aimable et intéressante demoiselle méditât le projet qui devait bientôt les surprendre. Angélique, en effet, ne soupirait qu'après le moment où il lui serait permis de se réunir à sa sœur; mais elle n’osait en parler à son père.
Cependant, les deux années du noviciat de Geneviève s’écoulaient rapidement ; M. de Lantagnac devait bientôt descendre à Québec pour être témoin de la consécration de sa fille, et Angélique était de la partie. La cérémonie de profession avait été fixée au 23 août 1746, et dès le commencement du mois, tout avait été disposé pour le voyage; un voyage de Montréal à Québec était alors une véritable expédition.
La veille du départ, Angélique étant parvenue à se ménager un entretien seul à seul avec son père, lui dit d’une voix timide: ‘ Cher papa, j'ai une grâce à vous demander; elle est grande cette grâce, mais vous pouvez me l’accorder ; s’il vousen coûte quelque chose, il vous en reviendra aussi de grands profits. — Qu'est-ce donc, ma fille, y a-t-il chose aucune que je vous refuse ?—C'est que je crains de vous attrister, repartit Angélique, —Non, non, mon enfant, ne crains rien.” Sentant alors redoubler son courage, la jeune fille apprit à son père qu'elle aussi désirait se faire religieuse, qu’elle voulait vivre et mourir auprès de sa sœur Geneviève aux Ursulines de Québec. Après une pause où se peignait la lu te du sacrifice :—“ Ma fille, reprit M. de Lantagnac, si Dieu demande encore cette immolation, il nous faudra à tous deux force et courage pour l’accomplir.”
Le lendemain matin, le père et la fille, accompagnés de quelques amis, montaient généreusement dans la barque qui devait les trans-
porter à Québec. La jeune Angélique, s'éloignant des rives charmantes qui bordent l’île de Montréal, murmurait intérieurement, mais sans tristesse: ‘“ Adieu beau pays; c’est pour Dieu que je te quitte!” Oui, le Seigneur seul avait droit d'exiger de pareils sacrifices ; seul il pouvait donner ‘ force et courage ”” pour les accomplir et y persévérer.
Enfin arriva pour Geneviève le jour si beau de la profession religieuse, et ce fut en présence d’un grand nombre de parents et d'amis qu’elle prononça ses vœux sacrés. La cérémonie finie, on se réunit au parloir pour féliciter la jeune professe. M. de Lantagnac était heureux du bonheur de sa fille; cependant il parla peu et ne tarda pas à se retirer. Angélique s'approchant alors de la grille du parloir, dit tout bas aux religieuses: “ Gardez pour moi s’il vous plaît, mes bonnes Mères, ce voile blanc que ma sœur vient de quitter.” On le lui promit, et elle rejoignit gaîment son père,
La promesse ne fut pas vaine; quelques jours plus tard, cette jeune fille, angélique de mœurs et d'instincts aussi bien que de nom, arrivait à la porte du Monastère accompagnée de sa tante, Mlle. Marie Anne de Lino, et de plusieurs autres membres de sa famille. Admise au noviciat au commencement de septembre 1746, elle prit, le 15 décembre suivant, l’habit de l'Ordre, sous le nom de Ste. Marie, et fit profession (1) deux ans après.
Selon les traditions du Monastère, ces deux sœurs furent également chéries de Dieu et des hommes. La plus jeune ayant pris dès son bas âge son aînée pour modèle, s’efforca de l’imiter plus
(1) Le 25 sept. 1748, M. de Lantagnac se rendait de nouveau au Monastère pour donner à sa chère Angélique une dernière preuve de sa tenûresse paternelle, et de sa sollicitude à pourvoir à son avenir, en lui assurant la jouissance de 30001. Mlle. de Lino y vint aussi, car elle voulait répondre pour le tiers de cette somme. Voici quelques passages de ce document, signé de la main des plus hauts fonctionnaires de la colonie.
4 Par devant les notaires royaux fut présent Gaspard Adhémar de Lantagnac, Ecr. Chev. de St. Louis, Major de la place et Gouverneur de Montréal, demeurant actuellement en cette ville, veuf de dame
parfa marc} bient Henr plut à se dis leur s entrée valle :
réunid
En “ Le | notre qui n° de tou ment :
trême sans C chérie elle n”’:
Qu:
lique donna d'une qui er
Genv.
stipule mineui Ursuli somm par un lines p de Ind
rives ieure- * Dieu ver de ? pour
ession nts et ie, on I. de lant il chant “ Garnc que oignit
, cette ue de tante, de sa embre ous le
égaleit pris r plus
au au ive de venir, si, Car > pasnaires
ar de rneur dame
parfaitement encore après son entrée en Religion, et toutes deux marchèrent à si grands pas dans la voie des parfaits qu’elles furent bientôt trouvées dignes de la récompense. La Mère Genev. de St, Henri prit encore les devants dans la route du ciel; et quand il plut à Dieu d’abréger les jours de son pèlerinage, la jeune sœur se disposa sérieusement à suivre son aînée. Elle espérait que leur séparation ne serait pas plus longue qu’à l'époque de leur entrée en Religion, mais le Seigneur voulut doubler cet intervalle : aussi les préparait-il à un bonheur plus complet et à une réunion plus inaltérable,
En date du 26 novembre 1765, le Récit dit, entr'autres choses : ‘ Le Seigneur vient de nous afliger en retirant du milieu de nous notre chère sœur Geneviève-Françoise de Lantagnac de St. Henri, qui n’était que dans sa quarantième année. Elle eût été capable de tous les emplois de la maison, si la faiblesse de son tempérament ne l’eût soumise à des infirmités presque continuelles. L'’extrême délicatesse de sa conscience eût même dégénéré en scrupule, sans cette parfaite obéissance qui la guidait en tout. Cette âme chérie de Dieu a presque toujours souffert elle-même ; mais jamais elle n’a su ce que c'était que de faire souffrir les autres.”
Quatre ans plus tard, le Récit notant la mort de la Mère Angélique de Lantagnac de Ste. Marie, ajoutait: “ Cette chère sœur
donnait bien de la consolation à notre communauté. Elle était
d’une douceur, d’une politesse, d'un recueillement, d’une humilité, qui en faisaient un modèle de la parfaite religieuse, et charmaient
Genv. de Lino, et tuteur des enfants mineurs issus de leur mariage, stipulant en cette partie pour Dlle. Angélique Adhémar de Lantagnac, mineure de 19 ans, novice, dans le Monastère des dames Religieuses Ursulines de Québec, pour la dot de laquelle il a été convenu de la somme de 3000 livres, à prendre et percevoir ainsi; savoir, 2000 livres par une délégation en transport en faveur des dames Religieuses Ursulines par le Sieur Fleury de la Gorgendière, Agent de la Compagnie de Indes etc., etc.
(Signé) Rolland Michel Barrin de la Galissonnière, Gouv. François Bigot, Chevalier Intendant de justice etc. Gaspard d’Adhémar de Lantagnac, Chevalier de St, Louis et Major de Montréal.’
toutes ses sœurs. Dans son désir de soulager la maison, elle se livrait au travail avec une ardeur incroyable. Elle a été seconde dépositaire, infirmière et sacristine; sa dévotion au $. Sacrement et au Sacré Cœur de Jésus lui faisait chérir particulièrement ce dernier office. Elle est morte comme sa sœur d’une fluxion de poitrine. Nous n'avons épargné pour la sauver ni prières ni remèdes, mais il fallut nous soumettre à ce nouveau sacrifice. Cette chère Sœur était âgée de 38 ans, dont elle avait passé 22, en religion, exerçant avec succès, ainsi que sa sœur aînée, les fonctions d’'Ursuline.”
Des quatre autres religieuses de la famille de Lantagnac, trois furent Hospitalières.
En 1742, trois demoiselles de Lantagnac se trouvaient au Pensionnat : Charlotte, Jeanne et Angélique. Notre Régistre indique que Charlotte laissa le Pensionnat le 31 août de la même année, âgée de 15 ans. Elle retourna à Montréal, et prit peu après l'habit à l'Hôtel-Dieu de cette ville. L’Annaliste de l’Hôtel-Dicu ajoute qu'elle mourut victime d'une épidémie qui fit de grands* ravages à Montréal, en 1756, et qui enleva plusieurs jeunes religieuses dans l'exercice de leurs saintes fonctions.
Mlle. Jeanne de Lantagnac de Ste, Radegonde, entra à l'Hopital-Général de Québec en 1749, y fit profession et mourut en
Mlle. Thérèse de Lantagnac entra aussi à l'Hopital-Général de Québec, environ deux mois avant la mort de sa sœur. Douée d’une santé plus forte que ses aïînées, elle fut la dernière à prendre le chemin du tombeau, ayant poussé sa vigoureuse existence jusqu’en 1802.
Mile. Ursule C. de Lantagnac, la sixième religieuse de la famille, se consacra à Dieu parmi les pieuses Sœurs de la Congrégation N. D. à Montréal, où elle mourut en 1800, dans la 63e année de son âge ct la 46e de sa consécration au Seigneur.
Un mot maintenant sur les parents éminemment chrétiens qui ont donné six religieuses à notre Canada.
‘Le chevalier Gaspard Adhémar de Lantagnac, officier de la
maiso minist plusie est de et M.
regar
Court Herte
Pe contr force l’avou Canac pas à famill 7 mar dont | ville.
son n€ parfai
Por rents
la per
elle se econde rement ent ce ion de ‘res ni crifice.
ssé 22, s fonc-
, trois
nt au e indimême après l-Dicu rands* s reli-
l'Ho-
ut en
ral de Douée ‘endre stence
la fangré- \ 63e
s qui
le la
maison du Roi, était venu en ce pays peu avant la mort de Louis XIV. En 1717, son oncle le marquis de Vaudreuil, écrivait au ministère en ces termes: ‘ Mon neveu, qui est en ce pays depuis plusieurs années, a servi longtemps dans la maison du Roi. Il est de la maison d'Adhémar d’où sortent les comtes de Grignan, et M. le prince de Monaco prend beaucoup d'intérêt à ce qui le regarde. il est fait capitaine au lieu cet en la place de M. de Courtemanche, (mort), sa lieutenance poura être donnée au sieur Hertel de Cournoyer.”
Peu après ces recommandations, le bon marquis eut un grief contre ce cher neveu, et il se crut en droit de faire contre lui force plaintes au même ministère....La raison ?—Tl faut bien l'avouer, c'est que le vaillant Chevalier voulait épouser une jeune Canadienne... .Qu'en arriva-t-1? M, de Lantagnac, ne jugeant pas à propos de tant céder aux traditions aristocratiques de sa famille, laissa gronder son oncle ct resta fidèle à sa jeune fiancée. Le 7 mars 1720, il épousait, à Québec, Mile. Genv. Thérèse. de Lino, dont le père du reste était conseiller au Conseil souverain de cette ville. Le marquis de Vaudreuil ne tarda pas à se convaincre que son neveu avait fait un assez heureux choix, et il se réconcilia parfaitement avec lui.
Pour nous, nous ne pouvons que bénir la mémoire de cos parents vertueux, dont il faut chercher la postérité dans les asiles de la perfection évangélique.
ongébité et ferbeur de la ‘“ Fille du Héros.”
L'année 1770, fut remarquable au Monastère par la mort de quatre religieuses dont la perte fut longtemps pleurée. La première qui fit ses adieux en donnant à ses chères sœurs rendez-vous au ciel, fut la Mère Françoise Hertel de St. Exupère. On se rappelle qu’elle était professe de Trois-Rivières et qu’elle avait fait ses vœux l'an 1700. Décédée dans notre Monastère après y avoir donné durant 57 ans aide et édification, la pieuse “ Fille du Héros ” a mérité de notre Récit l'éloge suivant: “ Notre- Seigneur tout miséricordieux à l'égard de celles qui se donnent À lui de bonne heure et le choisissent pour Epoux, a donné à notre
chère Mère Françoise Hertel de St. Exupère, longues années pour l'aimer ct servir dans sa sainte maison, Il serait difficile de dire avec quelle fidélité elle s'est attachée à cet Epoux des âmes, Elle nous en a donné des preuves constantes, en gardant avec joie et ponctualité nos saintes Règles et tout ce qui constitue nos saintes Observances, et cela, jusqu'à une extrême vieillesse,
& Elle était à la disposition des Supérieures, et nous a édifiées dans tous les offices où elle a été employée. Mais son talent particulier était pour l'éducation des élèves, tant pensionnaires qu’externes; et il a produit d'inestimables avantages dans les familles. Elle a formé de bonnes et ferventes chrétiennes qui font honneur à l'éducation qu’elles ont reçue,
‘ Sa naissance était noble, car elle appartenait à la famille des sicurs de Hertel, si connus par leur valeur et leur bravoure dans les guerres contre les sauvages des pays d'en haut; sa complexion aussi était délicate, par la manière dont elle avait été élevée ; cependant, depuis son entrée en Religion, sa vie a été des plus laboriceuses, ne cherchant qu’à aider sa communauté et à sculager ses sœurs. Nous ne pouvons jeter les yeux sur l'autel da Sacré- Cœur, sans nous rappeler la générosité de son cœur et son amour du travail. Elle-même nous en a procuré toutes les dorures, se privant pour cela de tout ce que MM. ses parents lui donnaient, et y travaillant de sa propre main.
‘ Elle avait déjà plusieurs fois, dans de grandes maladies, reçu les derniers sacrements. Mais le ler mars, après quatre mois de maladie, se sentant très-mal, elle demanda avec une grande ferveur qu'on lui administrât de nouveau les secours de l'Église; ce qui lui fut accordé. Elle avait toute sa vie aimé la retraite et le silence; elle expira dans la même paix et tranquillité, prononçant les SS. noms de Jésus et de Marie, le 4 mars 1770, dans la 91e année de son âge, et la 72e de sa carrière religieuse.”
ne petite-fille d'u des premiers Défricheurs De Beauport,
À l’époque où s'éteignait cette vénérable nonagénaire, deux autres sœurs étaient à l’extrémité. La première qui prit son congé pour une meilleure vie fut la Mère Marguerite Cloutier de
Ste.
géna en u des
a fai trou d’ant ouvri d'êtr mais Jésu subsi N.S cette gloird le 27
En à
Le comp Ursu chanc son :
force pend:
reuse qu'el grâcc du c
(L de le Nos en Il:
des a
nées pour > de dire es, Elle c joie et s saintes
fées dans
particus qu'’exfamilles.
honneur
nille des ire dans 1plexion élevée ; les plus sulager
Sacréamour res, se naient,
ès, reçu mois de erveur ce qui
et le onçant la 91e
or t,
deux t son er de
Ste. Monique. Cette chère Mère, qui était plus que septungénaire, nous est représentée comme obligeante, active, laboricuse, en un mot, la très-digne petite-fille du vieux Zacharie Clouticr, un des premiers défricheurs des belles collines de Beauport. ‘“ Elle a fait presque l'impossible pour soulager la communauté, qui se trouve dans une extrême pauvreté depuis un certain nombre d'années, Il y a peu d'églises en ce pays où l’on ne voie de ses ouvrages, Ses grands travaux toutefois ne l'empêchaient pas d'être employée aux classes et dans les différents offices de la maison. Elle a été jusqu’à sa mort sacristine (1) des RR, PP. Jésuites. Tous ces secours ont grandement contribué à notre subsistance et au maintien de l'Institut. Depuis plusieurs années, N. Seigneur l'avait attachée à la croix par de notables infirmités ; cette chère Mère n’en est descendue que pour aller régner dans la gloire, comme nous avons tout lieu de l’espérer. Elle est décédée le 27 mars 1770, dans la 57e année de sa vie religieuse.”
En ancien médecin Du Monastère Donne généveusentent à l'ordre v'Arsule sa chère £rlle,
Le 23 avril suivant s’échappait de cette terre d’exil une religieuse comparativement jeune, la Mère Lse. Françoise Soupiran de Ste. Ursule, âgée de 384 ans. ‘“ Elle avait toujours été d'une santé chancelante et peu capable de suivre nos saintes observances; mais son adresse et sa bonne volonté suppléaient au défaut de ses forces ; ce qui, joint à une piété sincère et soutenue, en a fait, pendant les dix-neuf années de sa vie religieuse, un vrai trésor pour notre monastère. Sa maladie a été longue et biey douloureuse; mais sa fidélité, pendant toute sa vie, à bien remplir tout ce qu'elle pouvait de nos saintes obligations, lui a attiré de grandes grâces de Dieu,” tant il est vrai que Dieu exauce jusqu'aux désirs du cœur, et que, comme dit quelque part le livre de l’Imitation,
(1) C'est-à-dire, chargée de blanchir et de préparer le linge d’antel, de le réparer au besoin ainsi que les ornements, d’en faire de neufs, etc. Nos religieuses ont rempli cet office jusqu’à l'extinction des Jésuites en 1800. Elles ont aussi été sacristines de la cathédrale pendant bien
des années,
‘c'est faire beaucoup, que d'aimer beaucoup et bien faire ce que l'on fai:.”
M. Simon Soupiran avait été pendant bien des années médecin de notre maison. Il aimait tendremer. ;.: chère Louise-Françoise ; mais san amour loin d'être égoïste, le porta à faire ur généreux sacrifice de cette fille chérie, dès qu'il eut compris les desseins de Dieu sur elle. Non-seulement il lui laissa toute liberté de choisir “ Ja meilleure part,” mais il la dota largement, se réservant ue venir reposer auprès d'elle afin de ressusciter ensemble, pour l'éternelle récompense de leur mutuel sacrifice. M. Soupiran précéda de six ans sa fille dans la tombe; il fut inhutaé dans notre église le 18 juin 1764.
Da Sr. St, Baurent du second siècle du Monastère,
Nous sommes encore au printemps de 1770. ‘“ Notre-Seigneur, écrivait la Mère St. Louis de Gonzague, nous a donné sujet de ressentir la séparation de nos chères sœurs, nous en avant enlevé, depuis le mois de mars, trois qui ont été malades tout l'hiver ; la quatrième avait été languissante, et nous nous flattions qu'elle se remettrait au printemps ; mais c'était un fruis mûr pour le ciel ; nous avons eu, le 24 mai, la douleur de la perdre. Cette plaie sera longtemps à se fermer dans nos cœurs.”
Cette sœur chérie, qui languissait dans de stints désirs de la béatitude, pendant que toute la communauté se réunissait pour demander sa conservation, était Sr. Marie-Anne Racine de la Résurrection. Il faut croire qu’elle était extrêmement précieuse à la maison, car naturellement on eût pu lui permettre d’aspirer à la patrie, puisqu'elle était dans la 71e année de son pèlerinage et la 54e de ses travaux au service de Dieu.
Mais laissons se faire entendre la voix si persuasive des Annales. ‘ Nous serions bien iasensibles si nous pouvions oublier celle dont les durs travaux et le dévouement sans bornes, ont si grandement adouci toutes nos privations, aux jours de nos plus rudes épreuves. ÆElle ne voulut jamais abandonner le Monastère, pendant le grand siège, et brava avec sept autres les bombes et
les b prian Aprè de td presq Supé Jer, « repos lende autre:
excéd était rendra dans tageus mais maint Nazar presqt travau et à la comm f l'ordr.
td moins de po l’enle la vie possil Ù Er Raci qui :
plus Laut d'un:
e ce que
médecin ançoise ; rénéreux seins de » choisir ue venir iternelle a de six se le 18
Le,
igneur, ujet de enlevé, rer ; la ‘elle se e ciel ; e plaie
t pour ieuse irer à inage
les boulets des Anglais, veillant jour et nuit sur ces débris, et priant sous la voûte (vieux dépôt,) aux heures de la canonnade, Après le retour de la communauté, nos toits étant percés à jour de toutes parts, les grandes pluies d'automne nous inondaient presque jour et nuit. Alors cette chère Sœur allait supplier la Mère Supérieure de la laisser veiller, disant qu’elle avait une santé de Jer, que rien ne la dérangeait, et surtout qu’elle saurait bien se reposer le lendemain. I: Mère cédait à ses instances. Mais le lendemain, il fallait observer de près Sr. Marie de la Résurrection, autrement elle eût travaillé tout comme à l'ordinaire.
“ Sa charité pour toutes ses Mères et Srs. a véritablement excédé ; nous avions en elle une ressource pour toute chose. Elle était bienfaisante, d’un esprit Groit et humble, toujours prête à rendre service, au dedars et au dehors. Ayant reçu son éducation dans nos classes, Sr. Marie de la Résurrection eût pu servir avantageusement notre maison en qualité de religieuse de chœur ; mais elle ne le voulut pas, préférant l’état de Sr. converse pour se maintenir plus sûrement dans la vie cachée de la sainte famille de Nazareth. Son amour pour sa Communauté la faisait travailler presque jour et nuis pour la soulager et la soutenir. Ses grands travaux ne l’'empêchaient pas d’être fidèle à ses exercices de picté et à la garde de nos saintes règles. Jamais elle ne manquait de communions, et elle honorait d’une piété toute filiale les Sts. de l'ordre comme ses plus chers patrons.
‘ Quoique infirme dans ces derniers temps, elle n’en soutenait pas moins ses habitudes laborieuses ; elle contracta enfin une fluxion de poitrine à laquelle ses forces ne purent résister et qui nous l'enleva en sept jours. Comme elle nous a été fort chère pendart la vie, nous ne manquerons pas de la secourir par tous les moyens possibles, afin qu’elle jouisse au plus tôt de la vue de Dieu.”
En voyant le dévouement sans bornes de Sr. Marie-Anne Racine de la Résurrection, alors doyenne de nos bonnes sœurs, et qui semblait vouloir prendre à ‘elle seule tout ce qu’il y avait de plus pénible, nous nous sommes rappelé Sr. Anne Bataille de St. Laurent, morte environ un siècle auparavant, ce type admirable d’une sœur converse Ursuline. Toutes deux eussent pu être
religieuses de chœur; ayant choisi leur humble état par une prédilection toute spé n'est pas étonnant de voir à quelle hauts perfection elles s'y sont élevées. Voilà les beaux modèles sur lesquels se sont formées tant de saintes sœurs, héritières de leurs travaux, dont le dévouement a si bien servi la religion, en pro-
pageant les plus édifiantes vertus.
Mission probiventielle de la ère Marie Anne Pigeon De Lx Natibité,
Depuis son entrée en 1702, le nom de la Mère Marie Anne Migcon de Bransac de la Nativité s'est présenté à plusieurs reprises sous notre plume, et nous devons le dire, jamais nous ne l'avons retracé sans de vives émotions de piété filiale et de gratitude. En effet, depuis les jours des Fondatrices, aucune peut-être n'a plus mérité l'estime et la reconnaissance de la virginale postérité de cette maison de Ste. Ursule. Quand on examine dans son ensemble la longue et utile carrièe de cette vénérable Mère, on est facilement convaincu que sa mission spéciale dans cette maison, a été de soutenir les courages et de relever les espérances, aux moments où tout paraissait dans la plus complète désolation. Elle arrive an début du siècle comme un député de bon augure, au miieu des plus poignantes calamités. En 1735, elle est mise pour la première fois à la tête de la communauté, en qualité de supérieure, à cette époque où la mort de Mgr. de St. Vallier et l'absence de l'autorité épiscopale, avaient répandu de si épais brouillards sur le gouvernement ecclésiastique de cette colonie.
Tout d'abord, elle s'élève à la hauteur de ses obligations, et la communauté apprécie tellement ses talents et sa vertu, qu'après l'intervalle exigé par la règle au bout des six premières années, elle est réélue en 1744 et 47, puis de nouveau en 1753 et 56.
Sur la fin de ces derniers six ans, c.-d., en 1759, on sait dans quel état se trouvait le pays. Les Angluis étaient maîtres de Québec, leurs officiers et soldats blessés encombraient le Monastère, La vénérable Supérieure avait alors 74 ans, et c'était à elle qu'échéait la tâche doublement pénible de conduire et de sauvegarder la tremblante barque à travers ces nouveaux périls. Ah! que de
fois alors une autol et bénir
avec la &
Franç:
hautes, le étaient l'4 amertum comme le gers. 5 loyale ex] dévouemi lui concil Ursuline
Nous ( dans l’ét
nous no
ciennes cœurs to revers, 8 velle po:
jouissant
Ceper élections pleine d commur nelles, d tions d gouvern Briand.
seulemc Il y
déceml
excepti
commu
bar une à quelle modèles de leurs en pro-
v de Ia
Anne usieurs ous ne
gratiut-être rginale ie dans
Mère, s cette rances, lation, ugure, st mise lité de lier et | épais olonie, , etla ’après nnécs, dans ‘es de
stère, qu'éarder ue de
fois alors, avec le poids que donnent l'âge, l'expérience, et surtout une autorité émanant de Dieu, sa voix s'est élevée pour rassurer et bénir ses chères filles, sur lesquelles elle veillait jour et nuit avec la sollicitude de la plus tendre des mères,
Française de sentiments et de pensées, mais aux vues larges ct hautes, la mère de la Nativité comprit aussitôt que les événements ) l étaient l’œuvre de la Providence. Elevant son cœur au-dessus des amertumes du présent et des inquiétudes de l'avenir, elle accucillit comme les exécuteurs de Ja volonté divine ces vainqueurs étrangers. Ses procédés nobles et dignes, la droiture de ses vues, la loyale expression de ses sentiments, la complète générosité de son y ) £ dévouement, qu’elle sut faire passer dans l'âme de toutes ses sœurs »4 ) lui concilièrent tout d'abord les autorités nouvelles, L'œuvre des Ursulines fut envisagée dans son jour et appréciée des vainqueurs. 5 l
Nous dirons en passant à nos lectrices que bien des fois, surtout dans l'étude de lu correspondance intime avec les amis de France, nous nous sommes arrêtée à réfléchir sur le bon esprit de nos anciennes Mères dans ces temps de crise; nous admirions comme ces cœurs toujours français, tout en déplorant les vicissitudes et les revers, savaient néanmoins se soumettre aux devoirs de à 1x nouvelle position, ‘rendant à César ce qui est dû à César,” et jouissant avec modestie de la faveur du nouveau gouvernement.
Cependant le 16 décembre approchait, et avec lui l'époque des élections. La communauté qui, dans son anxiété, s'était groupée pleine de confiance autour de cette Mère si digne de ce nom, cette communauté crut devoir dans des conjonctures aussi exceptionnelles, demander au Supérieur majeur une exemption aux constitutions de l'ordre, afin de ne rien céranger pour le moment, au gouvernement de la maison. La chose fut agréée de M. le G. V. Briand, qui permit de continuer en charge, mais pour une année seulement, la Mère Migeon de la Nativité.
Il y à de la eonsolation à voir, dans une lettre en date du 17 décembre, la vertueuse supérieure s'inquiéter de cette réélection exceptionnelle, et en exprimer sa surprise au supérieur de la communauté, M. le G. V. Briand.
Elle porta toutefois généreusement lg fardeau, et afin que rien ne manquât à sa couronne, sa vertu fut éprouvée d'une manière bien sensible, (1) par des pluintes faites au supérieur, par une sœur, dont l'imagination se trouva surexcitée par les événements et les difficultés. N'ayant pas assez de pénétration de vues pour comprendre la part qu'il fallait faire aux circonstances, cette sœur voyait des irrégularités et des sujets de mécontentement dans les dispositions prises pour le plus grand bien, Mais si les supérieurs majeurs furent d'abord un peu émus de ces représentations erronées et inopportunes, ils en firent bientôt justice, et la ferveur ct régularité de la maison, conduite par une main aussi ferme et aussi sage, n'en parut qu'avec un plus bel éclut,
Loin de souffrir aucun détriment de tant d’affuires et de tracasseries, l'esprit religieux et lu piété de la Mère de lu Nativité qui, d'après les Annales, ‘ possédait en éminence ces précicuses qualités,” ne firent que se fortitier et s’accroître, Elle suivait eu principe cette maxime de notre Vén. Mère Marie de l’Incarna-
(1) 2 ès plus d'un siècle et au début d’une époque nouvelle, les supérieures eurent à passer par une épreuve à peu près semblable à celle qu'avait dû subir la Ven. Mère de l’Incarnation, daus les premières années de la fondation. On se rappelle qu'une sœur (qu’elle ne nomme pus), lui occasionna bien des difficultés. C'était une de ces imaginations mobiles, plus occupées des plans d'une perfection idéale que des occasions présentes de zèle et de dévouement, Venue de France sans avoir sondé les difficultés qu'entraînait cette entreprise, elle ne put s’accommoder et finit par retourner au monastère d’où elle était sortie, après avoir donné bien de l'embarras et du trouble.
Il est facile de comprendre que de tels esprits dérangent toujours plus ou moins la paix et l'union d’une communauté. Nous ne saurions concevoir trop de reconnaissance pour les Rév. Mères Migeon de la Nativité et Wheelwright de l'Enfant-Jésus, qui gouvernèrent avec tant de fermeté, de prudence et de sagesse, à cette époque critique de pénible transition.
Quelle ne fut pas la consolation de la communañté en entendant Mgr. Briand, rendant compte, quelques années plus tard, de l’état de notre maison, appuyer sur sa régularité et sa ferveur, conservées, disait-il, au milieu d’embarras bien grands.
tion :
perdre Die les vo talent, timent spiritu et très Vén.
exhorti intenti Voil de la dation surés 6 était r Nativi gitaire pressa donnar délaiss bien d de ren Ma voir u qu’elle memb chant:
accabl beau affige Dani et cell Vo de ce «Gil gible
que rien e manière par une rénements rues pour ette sœur dans les upérieurs ons errocrveur ct e et aussi
de tra- Nativité récicuses aivait en Incarna-
velle, les blable à les pre- (qu'elle une de erfection
Venue e entreonastère s et du
oujours ne sau- Migeon rnèrent e criti-
endant état de ervées,
tion: ‘“ Quand on appartient à Dieu, il faut le suivre où il veut et se perdre dans sa sainte volonté.”
Dieu ayant destiné cette pieuse Mère à conduire les autres dans les voies de la perfection religieuse, ‘ lui avait aussi donné le talent, continue sa Notice, d’inspirer par ses exhortations les sentiments qui l’animaient elle-même.” Mais si ‘‘ elle était des plus spirituelles et fort instruite, parlant facilement, écrivant poliment et très-bien,” elle tenait fidèlement à cette autre maxime de la Vén. Mère: ‘“ Ne sachez rien pour vous, mais pour Dieu, Hn exhortant les autres, exhortez-vous vous-même, par une sainte intention de faire ce que vous enseignez.”
Voilà sous quelle conduite la communauté traversa les temps de la conquête, temps presque aussi critiques que ceux de la fondation même, Comme jadis, la ressource ct les fonds les plus assurés étaient l’adorable Providence. En 1757, alors que l'on était réduit à la pesée et que l’on manquait de tout, la Mère de la Nativité écrivait en France, au R. P. de Launay: ‘“ Notre Dépositaire vous envoie ses mémoires un peu en tremblant; mais la pressanto nécessité où nous sommes nous oblige de risquer, abandonnant tout aux soins de l’amoureuse Providence, qui ne nous délaissera point, je l'espère fermement de sa bonté, Nous avons bien des sujets de ranimer la confiance que nous avons en elle, et de remettre toutes nos sollicitudes dans son sein.”
Mais pour connaître à fond ce cœur généreux et dévoué, il faut voir un peu plus de sa correspondance. Les rapports d'affection au’elle conserva, à travers toutes les vicissitudes, avec les divers membres de sa famille, nous ont paru un des traits les plus touchants de son caractère. Dans les dernières années de sa vie, accablée comme elle l'était de tant de soins et d’affaires, il est beau de voir la part qu'elle savait prendre aux épreuves qui
affligeaient deux jeunes familles qui lui étaient chères : celle de Daniel de Beaujeu, dont nous avons déjà parlé en date de 1755, et celle de son neveu M. Varin.
Voici ce qu’elle écrivait au R. P. de Launay, au sujet du fils de ce dernier, qu’on avait envoyé au collége des Jésuites, à Paris. 4 Si la bonté de votre cœur, mon R. Père, vous engage à être sen-
sible aux afflictions qui arrivent à ceux de ma famille, jugez quelle #
sentinl ce do PIû eusse Dieu igeaie plus td abîme La Mi planaïl souhai malver
douloureuse impression ces aflictions doivent produire sur le cœur du père et de la mère......Mais, malgré la vivacité de leur peine, j'ai été édifiée de la soumission qu’ils ont eue à la volonté de Dieu. Cet enfant n’avait jamais eu aucune atteinte de ce mal, en Canada; il faut bien qu'il soit intervenu quelque accident qui ait occasionné ce funeste effet; une frayeur, dit-on, peut le produire. C’est à la prudence des précepteurs et des régents d'éviter tout ce qui pourrait lui être préjudiciable. Ma nièce ayant été en France pendant trois ans, il est étonnant qu’on ne lui en ait pas donné connaissance, puisque dès les premières attaques, il est plus facile de remédier à toute espèce de maladie. Enfin, mon cher Père, vous comprenez parfaitement tout le poids de cette croix ;
un aîné de famille qui a de l'esprit joint à d’aimables dispositions, était réduit à cet âge dans un si triste état, c'est un grand sacrifice. Canadi Ce n’est pas cependant le seul que le Seigneur a exigé de nous ; venger vous avez peut-être déjà appris qu’il nous a enlevé le cher Beau- flétriss AN CT anxiété
Un peu plus tard, en 1756, la Mère de la Nativité écrivait au notre même : ‘C’est une consolation pour moi, mon R,. Père, ainsi que accusés pour ma famille, dans l’afliction que nous cause la maladie du sort de cher Varin, que vous soyez à portée de l’encourager et de lui Launa: adoucir un si triste état, que le Seigneur permet sans doute dans lui et 1 des vues de sanctification sur ce cher enfant qu'il a aflligé si jeune. Ces Je souhaite que les derniers remèdes qu'on lui a faits aient eu un banni : heureux succès et que Dieu les ait bénis. On a agi avec beau- On. coup de prudence en ne le faisant pas repasser en Canada, en de not conséquence des dangers que courent les voyageurs, et par la avait} raison que son père fait tous ses efforts pour retourner en France tombé l’année prochaine; trente années de service et de travail d'esprit furent ont affaibli considérablement sa santé; il a le droit de demander n'avai son congé et il n’aspire qu’à cela.” — Dans l'automne de 1757, elle disait: “ M. Varin, qui passe en Le : France cette année avec sa famille, aura l’honneur de vous remer- 1 000 | cier, mon R. Père, des peines et soins que vous avez bien voulu Var vous donner pour son fils aîné. La jeunesse s’oublie quelquefois. liv. d': Vous avez agi avec votre prudence ordinaire en le renvoyant à la Is « Flèche; je prie Notre-Seigneur qu’il y reprenne les premiers prono
sur le e leur olonté :e mal, nt qui e proéviter nt été en ait il est , mon Croix ; tions, rifice.
1OUS ; Beau-
ait au si que ie du le lui dans eune.
u un beau- , en r la ance sprit nder
sentiments de sagesse et de piété que vous aviez tâché de lui inspirer, ce dont je vous suis fort obligée.”
Plût à Dieu que la santé et les étourderies du petit-neveu, eussent seules donné de l'inquiétude à la vénérable tante; plût à Dieu que M. Varin, ne reculant pas devant les sacrifices qu’exigeaient impérieusement son honneur et sa conscience, se fût retiré plus tôt d’une société où devaient s’engouffrer comme dans un abîme, etsa probité, et sa réputation, et l’avenir de sa famÿle ! La Mère de la Nativité pressentait sans doute les malheurs qui planaient sur lui. Sans connaître les fautes de M. Varin, elle souhaitait ardemment le voir s'éloigner d’une Intendance dont les malversations n'étaient plus un mystère. Hélas! après Bigot, il était au poste le plus périlleux, subdélécué de l'intendant du Canada. Aussi, quand la cour de France voulut au moins venger l'honneur de nos braves qui avaient tant souffert, en flétrissant les honteuses spéculations qui avaient ruiné le pays, les anxiétés devinrent bien vives dans le cœur élevé et affectueux de notre Mère; car elle eut la douleur de voir au premier rang des accusés le nom de son neveu. ‘“ Nous sommes fort inquiets du sort de M. Varin,” écrivait au mois de février 1762, le R. P. de Launay ; ‘“ son procès se fait très-sérieusement. Priez Dieu pour lui et les autres employés dans le maniement des deniers du Roi.”
Ces appréhensions n'étaient que trop fondées; M. Varin fut banni à perpétuité du royaume et ruiné sans ressource. (1)
On comprend quel douloureux retentissement eut dans l'âme de notre Mère la triste nouvelle de la culpabilité de M. Varin. Elle avait pleuré son neveu de Beaujeu, mais en se félicitant qu'il fût tombé pour !2 plus noble des causes; combien autrement amères furent les larmes qu’elle versa sur ce fonctionnaire public, qui n'avait pas même su sacrifier sa cupidité à son honneur et à celui
(1) Le jugement rendu le 10 décembre 1763, condamnait en premier lieu: Bigot, banni à perpétuité du royaume, ses biens confisqué”. 1,000 liv. d'amende, 1,500,000 liv. de restitution.
Varin, banni à perpétuité du royaume, ses biens confisqués, 1,000 Jiv. d'amende, 800,000 liv. de restitution.
Ils devaient garder la Bastille jusqu’au payement des restitutions prononcées.
de sa famille. ÆElle ne s'en consola que dans la pensée que ces disgrâces temporelles serviraient d’expiation, et ouvriraient la voie à un repentir qui donnât au moins droità une parfaite réhabilitation aux yeux de Dieu.
Cependant la bonne Mère, profitant de toutes ces afllictions et traverses, faisait elle-même son chemin vers le ciel. A quatrevingts ans toutefois, elle était si vigoureuse que sa ferveur et son actiMité donnaient de l'admiration à ses amis. M. l'abbé de Villars écrivant de Paris, lui en faisait ainsi son compliment, en même temps qu’il lui donnait les nouvelles du temps. ‘“ Votre écriture, ma Rév. et chère Mère, ne se ressent pas encore du poids de vos années, et je vois encore avec plus de plaisir que l'esprit ne se ressent en rien des infirmités du corps.
‘ Entre les grâces que Dieu me fait, celle d’avoir toujours part à vos prières et à votre souvenir n’est pas une des moins estimables. Je l’en remercie parce que j’en sens le prix, et que je suis intimement convaincu que le Seigneur a pour très-agréable, les prières d’une âme qui sait faire un aussi bon usage que vous le faites, des croix, des humiliations, des infirmités, et de toutes les autres épreuves de la vie présente. Oh! qu’on est heureux quand on sait mettre à profit les occasions de souffrir et de mériter!
“ J'ai eu l'honneur de voir de votre part les dames Carmélites dela rue Chapon. Elles m'ont témoigné une joie bien vive et bien sensible d'apprendre de vos nouvelles : elles vous sont fort attachées et elles m'ont prié de vous dire bien des choses de leur part. Je n'ai pas encore vu les dames de la Visitation de la rue St. Antoine, mais je m'acquitterai de ma commission au premier moment libre.
‘ Que j'ai ressenti de consolation et de joie, ma Rév. Mère, en voyant le secours que le ciel vous a envoyé, en vous donnant trois sujets de si grande espérance. (1) Puisse votre nombre augmenter encore, et votre St. Institut se soutenir et fleurir toujours de plus en plus dans votre sainte maison, pour laquelle je conserve tant d'estime et d'affection.
(1) Dile. Cath. Besançon de St. Joseph, qui ouvrit les portes du noviciat le 19 mars 1764; Dlle. Marie A. Lse. Taschereau de St, François-Xavier, et Dile. Marie-Joseph Blais de St, Michel.
bien
vaille fais
Le R permi M. B cour ( le ser désira