LES DEUX ANNIVERSAIRES DE L'ANNÉE
Tout se disposait au Monastère, en 1789, pour deux grandes et belles fêtes. L'état des finances ne permettait pas des manifestations extérieures dispendieuses, mais l’aimable gaieté, l’entrain cordial, trésor inépuisable des bons cœurs et des âmes droites ;—un intime et profond sentiment de gratitude, cet arôme si bien conservé dans la cloître, et qui s'échappe suave et pur sous le regard de Dieu : comme tout cela était propre à épanouir les fronts et à faire chanter, rayonnantes de bonheur :
D'où part la lumière éclatante Qui nous réjouit tour à tour ?
Oh! qu’elle est vive en ce beau jour !
Où vit-on fête plus brillante ?
s. La Mère icien voilier part de nos doreuse par sse me faire 1elque pièce
Bostonnais 6 la perte de pensions et
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pour deux s ne pers dispenial, trésor 8 ;—un inarôme si ppe suave cela était
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D'amis quelle troupe riante !
Aussi partout, les cœurs joyeux Vont-ils chanter : Le ciel comble nos vœux!
Mais pour qui s'apprêtent ces accords triomphants? Les anciennes strophes vont nous l’apprendre.
Un Prélat presque octogénaire La douceur est son caractère, Est le digne objet de nos chants; La justice et la vérité
Contre lui la fureur du temps Et l’aimable simplicité Vient briser sa faux meurtrière ; Sont le cachet de notre Père. Le ciel a béni sa carrière, . Rien pour lui qui ne soit prospère
Aussi partout, les cœurs joyeux Alors partout, le cœur joyeux, Vont-ils chanter: Le ciel comble Nous chanterons: Le ciel comble [nos vœux ! [nos vœux !
Nos lectrices ont déjà deviné que ce prélat chéri et vénéré, était Mgr. J. OI. Briand, l'infatigable champion des libertés religieuses de notre pays; on célébrait sa 50e année de sacerdoce.
‘ Mgr. l’Ancien se prépara à cet anniversaire, dit le Récit, par une retraite de dix jours, des plus exactes, malgré ses continuelles souffrances. Pour témoigner à Dieu sa reconnaissance et son détachement de la terre, il se défit du peu d'argent qui lui restait en faveur des pauvres et des communautés du diocèse. La nôtre en eut sa bonne part.”
Cet autre couplet de la chanson de circonstance était donc bien motivé :
La bonté fait son apanage :
Pour soulager les maux d'autrui,
Si vous réclamez son appui,
Il prodigue son héritage,
Ne voulant que Dieu pour partage.
Ah ! oui, chantons d'un cœur joyeux,
Chantons, mes sœurs: Le ciel comble nos vœux !
Mais le compliment n’eût pas été complet, si la vieille gaieté gauloise n'eut assaisonné quelque part la chanson, aussi :
Pour honorer la cinquantaine De notre illustre et cher Pasteur,
Ah! répétons avec ardeur :
‘Vienne de plus la soixantaine !
Gardons-nous d'en perdre la graine !
Alors toujours, d’un cœur joyeux,
Nous chanterons: Le ciel comble nos vœux !!:
Ce dernier couplet semble avoiï servi de thème pour bien d’autres fêtes analogues, célébrées depuis au vieux cloître. On le retrouve avec des variantes presque infinies, à la fête jubilaire de notre Mère Panet de St. Jacques et de sa sœur.
Dans la petite scène que nous avons sous les yeux, à l'adresse de Mgr. Briavud, il y a plaisir à se représenter ces groupes de charmantes enfants, ne sachant comment exprimer leurs sentiments de vénération et de gratitude. C’est entr'autres une toute petite qui s’avance et dit avec autant de vérité que d’ingénuité : Il est notre Pilote, Il est notre Pasteu: ; Que je serais dévote Si j'avais sa ferveur !
Nous terminerons par ces vere auxquels la justesse de la pensée et du sentiment fera pardonner l'irrégularité de la rime.
Il forme à son Eglise Cloîtres, chantez son zèle ! Des ministres nouveaux ; Sous sa douce tutelle, J'aime à voir ce Moïse Que de vierges nouvelles L'exemple du troupeau. Suivent le saint Agneau !
Cette grande fête du 16 mars (1) disposait admirablement les cœurs à une autre fête jubilaire que les Ursulines ne laissèrent pas passer inaperçue. :
La barque @’Ursule avait souvent été battue par la vague, depuis un demi-siècle ; que de fois la foudre et
(2) Le 16 mars devait rappeler bien des faveurs au peuple canadien ; c'était non-seulement le jour anniversaire de l’ordination de Mgr. Briand, un de ses plus grands bienfaiteurs, mais c'était aussi le jour anniversaire de sa consécration épiscopale en 1766.
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la tempête avaient grondé sur elle, en même t"mps que enr le pays! Cependant, elle aussi surnageait toujours, grâce à ce souffle divin qu'aspiraient sans cesse ceux et celles qui la dirigeaient. On avançait même avec foi et confiance dans l'avenir, car l'esprit de Marie de l’Incurnation présidait encore aux destinées de ses enfants.
Dès le mois de mai 1789, tout le Monastère était en mouvement pour la célébration du 150e anniversaire de l’arrivée des premières Ursulines en Canada. £n dépit de la pauvreté et de la gêne, on travailla si bien et si fort qu’on avait renouvelé les chassis de l'église, et fait dans le goût nouveau un ornement complet de moire blanche brodée en or.
‘ Enfin le 1 août, tout étant disposé le mieux possible pour les circonstances où nous nous trouvions, Mgr. de Capse, nouvellement sacré, voulut faire tous les frais de la fête. Il y eut grand’messe, salut du $. Sacrement et Te Deum solennel, pour remercier Dieu des grâces qu’il avait répandues sur notre maison depuis les jours de sa fondation. Plusieurs messieurs du clergé nous honorèrent aussi de leurs messes. Nous chantâmes des psaumes d’allégresse et de reconnaissance, bénissant Dieu de tout notre cœur d’avoir conservé notre Communauté, surtout depuis que nous sommes sous la domination de la Grande-Bretagne.”