‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 43 sur 70 · ÉLÈVES · texte numérisé non relu

ÉLÈVES

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Ces timides jeunes filles, dispersées comme des viseaux par la tempête, s'éloignèrent à regret des lieux de leur enfance ; elles avaient peu d'espoir alors d'y revenir jamais. Cependant, à l'ouverture des classes en 1760 et 61, nous retrouvons avec plaisir parmi les élèves, après 15 mois d'absence, mesdemoiselles Villemonde de Beaujeu, Genev. La Lime, Josephte St. Michel, Louise de Guise et Charlotte de Brouague.

née M. Arnoux pour tirer sur vous une lettre de change. Je ne pense pas vous mettre dans l'embarras, ce M. m’ayant promis d'attendre deux mois, qu’il doit rester à Paris ; il est trop de nos amis pour nous manquer de parole. Nous l'avons prié de vous faire visite au nom de notre communauté. Personne n’est plus en état de vous informer au juste de notre situation pour toute chose, et du graud nombre d’infirmes qu’il a soignées depuis quelques années. Sans faire ouvertement profession d’être médecin ou chirurgien, son mérite et scs bonnes qualités lui attiraient notre confiance, et nous regrettons beancoup son départ du pays.”

La Mère Ste. Saturnine répondait au mois de février 1767 : ‘J'ai fait honneur à votre lettre de change. Nous nous sommes entretenues avec M. Arnoux de votre communauté, qu’il estime beaucoup. Je prends part à la perte que vous faites de ce bon ami.”

(1) Le Capt. Marin envoyé en 1753 pour élever le fort Presqu’ile sur le lac Ontario, y mourut par suite des misères et des privations qu’il y endura. Avec Mlle. Marin se trouvaient au Pensionnat, Milles. Estèbe, St. Vincent et Joannés ; ces noms disparaissent à cette époque. M.Joannés était major de place à Québec en septembre 1759. Quant à Mlle. Philibert, qui était aussi une élève de ce temps, le nom de son père paraît à plusieurs reprises dans nos correspondances. En 1767: ‘J'ai parlé à M. Jacquin Philibert, qui aura l'honneur de vous remettre cette lettre; ce Monsieur a promis de nous faire passer une pièce d’étamine à voiles qui reviendra à un prix considérable, car il nous faut payer 10 p.100.” M. Philibert revint en Canada comme l'indiquent des correspondances postérieures. Il était négociant.

’ Ars aînées de cette dernière avaient à cette époque achevé leur éducation.

Quant aux Diles. Anglaises que la conquête avait amenées à nos portes, et qui, par là inême, s’y trouvèrent des premières rendues, il nous est impossible de donner leurs noms véritables. Nos Mères, de désespoir sans doute de se jamais faire l'oreille ou la langue à des sons aussi nouveaux et aussi étranges pour elles, écrivent d’abord tout uniment : ‘* Deux petites Diles. Anglaises.—Méthé ? anglaise. Nimbé Il.” (Noémi Hill), Un peu plus loin cependant, la plume s'assouplit, et l’on trouve le nom des Dlles. Boaton, Patton, Fergusson, Malcolm, Parker, Seavelon, Collins, Chandler, Lee, Brooks, etc.

Pensant bien que la presque totalité des élèves venues au pensionnat dans les années de stupeur qui suivirent la conquête, étaient de la ville ou des environs; frappée d'ailleurs de l'observation que bon nombre de ces noms ne pouvaient être ni complets ni corrects ; nous nous somines mise avec un redoublement d’ardeur à la recherche.

Grâce à l'intelligente compilation des Régistres de la paroisse par M. l'abbé Cyprien Tanguay, M. notre Aumônier a pu nous fournir, sur l’origine de ces élèves, des renseignements précis qui nous semblent jeter quelqne jour sur cette époque obscure des annales canadiennes, et qui sont d’un intérêt tout particulier pour la population de Québec.

Nous allons donc donner une liste aussi complète que possible de nos élèves pensionnaires, jusqu’à l’année 1775, où se termine le travail de M. l'abbé Tauguay. Cette liste sera disposée par années, inscrivant le nom des élèves selon la date de leur entrée au peusionnat. Le chiffre qui suit immédiatement le

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nom indique l'âge de l'enfant, æt aussitôt après, se trouvent les noms des parents, tels qu'ils sout consignés dans les archives de la paroisse de Québec.

Ou comprend facilement que bon nombre d'enfants nés en 1759 et 60, ne se rencontrent pas dans les Registres de la paroisse, vu que la plupart des familles s'étaient éloignées de la ville.

Nous ferons remarquer qu'il ne faut pas juger du nombre des élèves qui composent annuellement jes classes, par celui que renferme la liste de chaque année. La plupart de ces Diles. restaient deux et trois ans au pensionnat ; bon nombre, davantage; il y en a même quelques-unes qui se trouvent encore élèves, cinq, six, et même huit ans après la date de leur entrée. Dailleurs, divers documents font voir que beaucoup de noms n'ont pas été enregistrés.

Toute décharnée que soit la nomenclature qui suit, elle ne manquera pas de fournir matière à bien des réflexions, même pour ceux et celles qui penseraient d'abord n'avoir pas grand intérêt à la parcourir.

L'ouverture des classes en 1760, n'eut lieu, comme on le sait, que vers l’automne.

1760. Une petite Dile. Billy, 4 ans (1)—Deux petites Diles. Anglaises—Mlle. Anne Beaton—Mile. Cath. Beaubien, 12: M. Etienne Trotier Desauniers Beaubien, marchand, ct dame Louise Damours äes Pleines—Mile M. Josephte Taché, 12. (2)

1761. Mlles. Genev. La Lime, 14: M. J. B. Lépine dit

(1) Mme. Billy, mère de cette enfant, est enregistrée dans nos archives en qualité de dame pensionnaire en chambre, de 1759 à 1761. Nous n'avons pu découvrir son origine. Nous sommes portée à conclure que c'était quelque veuve d’officier. Si nous en croyons ns traditions, nous donnerions longue vie à cette petite Dlle. Billy ; nous la ferions vivre à Kamouraska sous le nom de inadame Viviers, et aimant encore, après 1840, à parler de ses années de couvent.

(2) Voir Notice ci-après. à

206 LES URSULINESDE QUÉBEC.

La Lime et dame Gevpev. Gosselin—Charlotte de Brouague, 13 (1)—Josephte St, Michel, 12: M. Pierre Dion dit St. Michel et dame Françoise Dorion—Louise Flamand, 12: M. Jacques De Guise Flamand, maître maçon, et dame Elizabeth Laisné— Angélique Charlery, 11: M. Michel Charlery, charpentier de navire, (2) etdame Margte. Roza—Geneviève de la Fontaine, 9 : M. Jacques de la Fontaine de Belcour, (3) Secrétaire du Gouverneur, et dame Genev. Lambert—Elizabeth Fergusson, 8—Marie Anne Rousseau, 11: M, Joseph Dominique Rousseau, Ecrivain du Roy, et dame M. Anne Cureux dit St. Germain—Louise Margte. Dorval, 13: M. J. B. Dorval, sieur des Groscillers, Agent de la Compagnie d'Occident, et dame M. Josephte de Chavigny de Ja Chevrotière—Sally Patton, —Mauarie-Louise et Marg. Françoise Debarras, 8 et 7 ans: M. André Debarras, Visiteur du domaine du Roy, et dame Louise De Louches— Angélique Bazin, 10—Marie Amiot, 8: M.Jean Amiot, marchand, et dame Louise Elis. Bazin—Nancy Malcolm, 11—Anne et Elizabeth Parker, 9 et 8 ans, —Julie de Beaujeu, 13—Angélique Taché, (4) 7: sœur de la précédente du nom—Marie Derveau, 19—Angélique Gravel, 8: M. Jos. Gravel et dame

(1) Voir Notice à son nom.

(2) Le terme charpentier de navire équivalait alors au terme actuel de constructeur.

(3) Par ordonnance du 2 nov. 1760, le général Murray nommait procureurs-généraux et commissaires de la cour et conseil de guerre, ‘ comme gens de bonne vie, mœurs et capacité en fait de loi,” M. J. Belcour de la Fontaine, dans toute l'étendue de la côte sud, et M. J. E. Cugnet, pour la côte nord. Par commission de la même date M. J, CI. Panet était fait ‘greffier en chef de la cour supérieure de Québec, et dépositaire des minutes, actes et papiers du gouvernement.” Ce sont là les auteurs de familles des plus recommandables en notre pays; la famille Panet nous semble la plus nombreuse et celle qui a constamment occupé, soit le banc judiciaire, soit des siéges dans les chambres de la législature, soit des emplois importants comme no. taires.

(4) En 1765, cette Dlle. était remise au pensionnat par Mme. Vollant de, Chamblain, sa grand'mère.

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Genev. Chauveau—Mary et Jane Brooks, 9 et 8 ans—Doux petites Diles, de Beaujeu, 8 et 7 ans—Eliz. Seavelon, 16-— Louise Rousseau, 8 : sœur de la précédente du nom—Marie Anne Fortin, 12: M, Michel Fortin, marchand, et dame M. Anne Cureux dit St. Germain—Genev. Mercier, 17—Rosalie Michon, 13.

1762. Milles. Marie Elis. Dunière, 13: M. Louis Dunière, (1) marchand, et dame Elis. Trefllé Rotot—Elis, Ursule de Vienne, 9: M. Franç. Jos. de Vienne, écrivain du Roi et garde magasin, et dame Ursule Vaillant—Angélique Berlinguet, 11 : M. Jean Guil. Berlinguet et dame Ang. Roza—Mad. Dorion, 13 : M, Jean- Marie Dorion, capitaine de Milice, et dame Thérèse Le Normand—Marie-Anne Amiot, 7: sœur de la précédente du nom —Marie-Anne Méthot, 13: M. Les. Jos. Méthot et dame Marie- Anne Bonhomme—Angélique Chauveau, (2) 12—Marie-Joseph Charets, 12 : M. Etienne Charets, marchand, 3e seigneur

(1) La famille Dunière est très-ancienne dans le pays, Elle est originaire de St. Saturnin, évêché de Tours, et portait en Frauce le nom de Gunière. En 1736, M. Gaspard Dunière, après avoir complété son cours d’études au Petit Séminaire de Québec, était ordonné prêtre. Vers 1750, deux Louis Dunière, frères, marchands, se mariaient à Québec: le premier, Louis Durand L'unière, à Dlle. Lelièvre ; (son nom s’est éteint avec la famille); le second à Dlle. Treftlé Rotot; cette vénérable bisaïeule de M. notre Aumônier mourut à l’âge avancé de 106 ans. M. Louis Dunière, celui qui a si souvent payé des pensions pour ses parentes, à notre pensionnat, mourut sans postérité à l’âge de 80 ans, vers 1830,

Parmi les volontaires de 1775, on trouve la compagnie Dunière: Louis Dunière, capitaine; Richard Corbin, 2nd capitaine; de Chamblain, J. B. Panet, enseignes ; Jacques Pampalon et Ant. Jackson, sergents. Ces noms se rencontrent fréquemment sur nos listes, Non content de s'être enrôlé comme officier volontaire, on voit en 1799, le sieur Louis Dunière donner £23, comme contribution pour la guerre que l’Angleterre soutenait en Europe. D'autres parents de nos élèves souscrivaient aussi alors avec une égale générosité: M J. A. Panet, £30 ; M. Frs. Baby, £40 ; M. G. El. Taschereau, £10 ; M. W, Grant £22 ; M. A. de Lanaudière, £23 ; le ler bataillon des Voltigeurs Canadiens, lieutenant colonel de Longueuil, £500,

(2) Voir Notice ci-après,

de Lauson, et dame Cath. Trotier Desauniers—M. Lse. Franc. Panet, 12: M. Jean-Claude Panet, procureur du Roi et notaire public, et dame M. Louise Barolet—M. Joseph Perthuis, (1) 12: M. Jos. Perthuis, Conseiller, et dame M. Anne Chasle— Charlotte Riverin, 12: M. Jos. Riverin, (2) marchand, et dame Charlotte Guillemin—Genev. Lapart, 8: M. Michel Lapart et dame Lse. Joigner—Polly Isbister, 12—Genev. Gaulin, 9: M. François Gaulin et dame Mad. Racine—M. Franç. Flamand, 12: M. Jos. De Guise Flamand et dame M. F. Jourdain —Angélique Parent, 10: M. Antoine Parent et dame M. Angèle Chauveau—M. Lse. Judith La Croix, 12: M. Hubert Jos. de la Croix, (3) chirurgien, et dame Anne Mad. Dontaille—Nancy Collin 14—Louise Elis. Dumont, 10: M. J. B. Dumont, marchand, et dame M. Josèphe de Villedonné—Elizabeth Lee, 14— Genev. Dalaire, 12: de la Pointe Lévis ?

1763. Miles. M. Joseph Morissette, 12 : de St. Jean, I. d'Orléans ?—Catherine Chauveau, 11 : sœur de la précédente du nom— M. Joseph Dunière, 12 : M. Louis Durand Dunière, marchand, et dame M. Jos. Lelièvre— Marie Rode, 13—Henriette Guichaud, 11 (4)—Angélique Boisseau, 8: M. Nic. Gaspard Boisseau, (5)

(1) Voir Notice ci-après.

(2) Cette famille, dont le nom se rencontre si fréquemment sur nos listes d'élèves, était au service du Roi vers le temps de la conquête. Nous pensons que c’est:là la famille de A. D, Riverin Ecr., secrétaire si estimé de la compagnie d'assurance de Québec, contré le feu.

(3) Fils du Seigneur de Maufois. M. Jos: de la Croix était membre de la première chambre d’assemblée, en 1792.

(4) Voir Notice à son nom. D’après nos correspondances, M. Guichaud était négociant, à Québec.

(5) Nous trouvons sur nos listes d'élèves des Diles. Boisseau et Amiot jusqu’à la génération actuelle. MM. Amiot et Boisseau furent des premiers, après la conquête, à demander pour leurs compatriotes la permission de tenir des assemblées publiques, assemblées qui sont un besoin surtout lorsqu'il. n'existe pas de gouvernement régulier. Cette permission fut accordée en 1765, mais à condition que deux membres du Conseil fussent présents, et que la réunion n’eût lieu que dans Québec. L'année suivante, M. Hertel de Rouville faisait la

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HISTOIRE DU MONASTÈRÉ, 209

greffier, et dame Thérèse Couillard—Marie-Anne Josephte De- Gaspé, 9 : M. Ignace Aubert De Gaspé, enseigne en pied, et dame M. Anne Coulon de Villiers—M. Louise Paquet, 13: M. Ant. Paquet, menuisier, et dame M. Josephte Guillot-——Genev. Fortin, 7—Genev. Thèrèse Séguin, 14: M. Jos. Séguin et dame T, Jourdain—M. Louise Routier, 13: M. Jos. Routier ot dame ©. F. Villiars—Cath. Chandler, 10—Charlotte De Guise Fianand, 13: sœur de la précédente du nom—Lse. Thérèse Fortier, 13 : sœur de la précédente du nom—Marie-Anne Morin, 11 : M. Henri Morin, marchand, et dame M. Anne Bouchaut—Louise Déry, 12—M. Louise Ignace des Roches, 11: M.Etienne des Roches, négociant, et dame M. Gabrielle Aubain de l'Ile.

1764. Miles. M. Françoise Chevalier, 19: M. René Chevalier et dame Thérèse Marois—Angèle-Ursule Guéroute, 7 : M. Jacques Guéroute, perruquier, et dame Angèle Guenet— Charlotte Bédard, 10 : de Charlebourg ?—Marguerite Gagnon, 17—Angélique Bazin, 13: M. Pierre Bazin, marchand, et dame Thérèse Fortier —Cath. Charets, 12: sœur de la précédente du nom—Angélique Philibot, 12: M. Jos. Marie Philibot, charpentier, et dame Angèle Gilbert—Cath. Berlinguet, 11 : sœur de la précédente du nom—Françoise Charlotte Perrault, (1) 13: M. Louis Perrault, marchand, et dame M. Josephte Baby— M. Louise Primault, 10: M. Joachim Primault, tanneur, (2) et

même demande au nom des seigneurs du district de Montréal, mais la surveillance s’y montra encore plus ombrageuse.

Dans l’été de 1764, des délégués de toutes les paroisses du gouvernement de Québec s'étaient réunis dans cette ville, sur l'invitation du gouverneur ; mais comme le serment exigé par la loi était contre leur conscience, ils se séparèrent sans vouloir rien faire. Nous aimons à citer ces témoignages de patriotisme et d’attachement à la foi donnés par nos pères.

(1) Dlle. Charlotte Perrault était sœur du Protonotaire de Québec que nous avons connu, M. Joseph François Perrault. L'aînée fut mariée à M. Duralde, commandant au poste des Apeloussas. Voir notice ci-après.

(2) Dans le siêge de 1759, les boulets lancés des batteries de la N

dame M. Lagasé—Genev. Marchand, 14: M. Nicolas Marchand, (1) officier milicien d'artillerie, et dame Genev. Defoy— M. Franc. de Bellefeuille, 13—Louise-Marie-Joseph et Susanne Perrault, 12 et 9 ans: sœurs de la précédente du nom :—Ursule Perthuis, 9 : M. Ignace Perthuis, marchand, et dame Jos. Hiché— Fra içoise Sutland, (2) petite Dile. anglaise âgée de 4 ans—M. Mad. et M. Louise Cerry, (3) 11 et 9 ans—Judith Irving, (4) 9— M. Joseph Desfonds, 12 : de Montréal—Genev. Chabot, (5) 13— M. Françoise Chauveau, 11: sœur des précédentes du nom— M. Françoise des Carrières, 15-—-Susanne de Louvré, 11—Peggy Goldfrap, (6) 12—M. Joseph Pérat, 10.

1765. Milles. Marg. Picard Dubours, 20 : M. Henri Dubours dit Picard, et dame Genev. Guay—Elis. Morissette, 12—Anne Warden, 13—Genev. Létourneau, 14: M. Louis Létourneau, navigateur, et dune Thérèse Dubois dit Lafrance—Alice Prentiss, 14—Marie Lamorille, 11: M. Franç. Lemaître de la

Pointe-Lévi atteignirent la maison de M. Primault dansle faubourg, à la distance de près d’une lieue.

(1) Ce brave défenseur de la patrie fut tué par un boulet de canon en 1759, à Québec.

(2) Le père de cette enfant est indiqué sur le Registre comme Procureur du Roi.

(3) Filles de M. d’Aiïlleboust de Cerry, dont le nom revient à plusieurs reprises et avec éloge dans nos correspondances. Il était .grand ami de notre maison, et paraît avoir eu de fréquents rapports avec la France.

(4) Voyez Notice à son nom.

(5) Placée au Pensionnat par le sieur Chabot, son père adoptif, selon le Registre.

(6) M. Goldfrap, secrétaire du Gouverneur, écrivait aux curés de la province, vers 1766 ou 67, de se préparer à sortir du Canada s'ils refusaient de prêter serment de fidélité, (serment du Test). Ce fut alors qu’on dressa un état des communautés religieuses avec un précis de leurs constitutions, droits, priviléges etc. M. Goldfrap ainsi que ses amis d’Albion gagnèrent sans doute à connaître de plus près les institutions catholiques. Toujours est-il que les noms anglai multiplient sur nos listes d'élèves dans les années qui suivent.

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Morille, marchand, et dame M. Josephte Latour—Catherine de Vincelot, 19—Louise Paradis, 13: de Charlebourg ?—Thérèse Verrault, 14: M. Frs. Verrault, du Château Richer, et dame Elisabeth Gagnon—Louise Chauveau, 11: M. Claude Chauveau, et dame (Cath. Feuilleteau—Marg. Cath. Launière 11: M. Jos. Launière Gamelin, interprête des sauvages, et dame Mag, Renaud.

1766. Miles. Franç. Brooks, (1) 5—Marie-Joseph et Elis. Gouïn, 14 et 11 ans: toutes deux de Ste. Anne—M. Elis. Crêpeau, 14: M. Chs. Crêpeau, gardien au Palais de l’Intendant, et dame Angélique Lambert—Louise Charlotte Cressé 9: M. Ls. Pierre Courval Cressé, sous-constructeur des vaisseaux du Roi, et dame Lse. Lambert Dumont—M. Joseph de la Brocquerie, 11—Josephte Robert, (2) 13—-Louise Des Noix, 13—(3) Marie-Anne des Ruisseaux, 12: M. Jos. des Ruisseaux et dame Mad. Dumais—Amelia Irving, 11—M. Lise. Le Cours, 12— M. Lse. Gilbert, 10: M. Jean Gilbert et dame M. Jos. Vallée— Charlotte Richaux, 12—Angélique de Léry, 10 : M. Gaspard Jos. Chaussegros de Léry, lieutenant, et dame Louise Martel de Brouague—Madeleine Bernard, 13 : M. Nicolas Bernard, écrivain du Roi, et dame Mad. Levasseur.

1767. Cath. Josephte Delezenne, 11: M. J. Frs. Delezenne, orfèvre, et dame Cath. Janson—Genev. Bedard, 16—Agathe Besançon, 13: M. Guil. Jos. Besançon, marchand, et dame Frse. Chalot de Blé—Cath. Dupré, 7: M. Le Comte Dupré (4) et

(1) Malgré les préjugés de l’époque, M. Brooks, ministre protestant, eut assez de courage pour mettre successivement au pensionnat ses trois filles.

(2) La pension de Mile. J. Robert était payée par le sie: Tchenic. Ce nom, qui paraît être d’origine allemande, est le même, nous diton, que celui que l’on écrit aujourd’hui Chinic. Nous regrettons de ne pouvoir le constater.

(3) Cette Dile. fut placée au pensionnat par M. de Montgolfier, dont nous dirons la bienveillance à l’égard des Ursulines, au chapitre suivant.

(4) M. Dupré était du conseil exécutif en 1789, ainsi que MM. Smith, Dunn, Mabane, de Léry, Caldwell, Grant, St. Ours et Baby.

dame Cath. de Brouague—Cath. Pérat, 5—Ursule Marchand, 11: sœur de la précédente du nom—Louise Connefroy, 12: M. Robert Connefroy, navigateur, et dame Josephte Métivier— M. Joseph Fortin, 12—M. Joseph Dumas, 6: M. Alexandre Dumas et dame Joseph Laroche—Deux petites Dlles. Mayeux, : 7 et 6 ans : de Beauport ?—Cath,. Sauvage. 13. L. 1768. Miles. Marguerite Sénie, 7—Marg. Frénier—Deux Diles. Jeringue (1)—Angélique Duhamel, 14—Charlotte La Lime, 15—Cécile Mérand, 12—Dlle. Roy, 11—Marg. Marchand 13—Jeanne, Charlotte et Julie Baronet-Papin, 18, 16 et 15 ans: M. P. Baronet-Papin, marchand, et dame Cath. Guichard— Elisabeth Marchand, (2) 15: M. Jean Marchand, négociant, et dame Mad. Godbout—Cath. Charlotte Lebrun, 5: M.J.B. de Duplessis Lebrun, procureur, et dame Cath. Méthot—Marie Anne Panet, 13: sœur de la précédente du nom—Marie Riverin, 13, sœur de la précédente du nom :—Marie des Roches 18,— Morg. Morisette, 11—Pélagie Ricard, 19—Dlle. Thomson, 8. 1769. Mlle. M. Joscph Bellefleur : M. Jos. Bonneville de Bellefleur, et dame M. Boivin—Marg. Dumas Libéral, 6 : M. Franç. Dumas Libéral, marchand, et dame Marg. Cureux—M.

Joseph Martin, 12—Louise Blais, 13. } ( 1770, Miles. M. Joseph Graham, 13—Mad. Borneuf, 11 : del M. P. Borneuf, marchand, et dame Mad. De Gré—Cath. Graham ( 12—Morg. McCord—Bridget Sherlock—Mlle. de Longueuil (3) cha —Cath. Basset—M. Joseph Boisseau, 13 : sœur de la précédente ds | du nom—M. Joseyh de Bellefeuille, 13: M. Frs. Lefebvre de ( Bellefeuille et dame M. Josephte Cournoyer—Apolline Marchand, a ué () Nous doutons fort que l'orthographe de ce nom anglais soit père correcte. ‘ Le père de ces Dlles. est colonel,” dit le Registre. ( (2) ‘M. Cibet, son beau-frère, paye.” Nous trouvons dans une ! lettre des Ursulines de Paris en date du mois de mars 1770: 4 Vous de & avez bien des obligations à M. Cibet, car sans lui votre traite de 1500 pen: livres eût été protestée et renvoyée en Angleterre. Ce monsieur s'est mis dans l'embarras pour m'en retirer ; j'étais hors d'état de vous ce préserver de ce malheur. Je n'ai jamais éprouvé une inquiétude si de douloureuse pour nos nropres affaires.’ à a

(3) Voir Notice ci-après.

larchand, roy, 12:

étivier— lexandre Mayeux,

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aichard— négociant, M.J.B.

t—Marie arie Rivehes 18,— son, 8.

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11 : de Verchères—Mile. Neveu, 16—Deux petites Diles. Napier, 5 et 4 ans—Louise Soupiran, 10 : M. Chs. Simon Soupiran médecin, et dame M. Lse, Roussel —Genev. Berthelot 6: M. Chs. Berthelot, marchand, et dame Genev. Channazors (1)—Angèle Dénéchaud: M. Jacques Dénéchaud, (2) chirurgien, et dame Angèle Gastonguay—Elis. Bonenfant, 11—M. Joseph et Charlotte Perrault, 12 et 9 ans: M. Jacques Perrault, (3) marchand, et dame Charlotte Boucher de Boucherville.

1771. Milles. Genev. Danion,—Rachel Franks et sa petite sœur—Betsey et Polly Chiners, 13 et 12 ans—Ursule Cambis, 13 —Lse. Renée Desharnais, 14— Reine Frémont, (4) 6: M. Jean Ls. Frémont, marchand, et dame Cath. Reine Boucher &: Boucherville—Françoise Alexandre, 12—Charlotte Bordage, 16 : M. Raymond Bordage et dame Esther Leblanc—KElisabeth De la Ronde, (5) 12.

1772. Milles. Julie Baronet, 17—Eliz. Jones, fille du colone! —La négresse de Mme. Grant, 12—Marg. Bickest, 11— Marie Couture— Angélique Turgeon—Nancy Jackson, 14—Elizabeth Sinclair, 10—Janet Dunnell, 11—Louise Badelard, (6) 12—

(1) Dans les notices de nos religieuses et d’après la signature même de leur mère, ce nom s’écrirait Channazard.

(2) Nos correspondances indiquent qu’en 1765, un sieur Dénéchaud, ci-devant apothicaire au collége des RR. PP. Jésuites, allait s'établir en France.

(3) Oncle du Protonotaire déjà mentionné, et dont ce dernier ditdans sa Biographie:....f{L'aîné était un négociant résidant à Québec, dont les affaires étaient fort étendues, ainsi que celles demon père ; ils possédaient chacun une maison à la Basse-Ville... .”

(4) Voir Notice ci-après.

(5) Probablement fille du capitaine De la Ronde, tué à la bataille de Ste. Foye. Mme. des Meloises, tante de la jeune Dlle. payait sa pension à notre pensionnat.

(6) Philippe-Louis-François Badelard était chirurgien major au service du roi de France. (C’est lui qui a pansé Montcalm sur le champ de bataille des plaines d'Abraham. Louise-Susanne Badelard était sa sœur ; Louise-Philippe était sa fille. Cette dernière épousa

Angélique De Gaspé, 11: sœur de la précédente du nom—La petite Dlle. Grant.

1773. Milles. Nancy Macolas et sa sœur, 8 et 7 ans—Manon Etherington—Angélique Crête: M. Jos. Crête et dame Angèle Simon—Rachel et Sally Fraingue, 9 et 5 ans: Juives—Anne Dugât, 17: Acadienne—Gabrielle Roy, 16—Madeleine et Marguerite Turgeon, 11 et 9 ans—Sally Phillips (1)—Cordelia Murray, 7—Eliz. Owen, 5—Cath. Perras, 11-—Marg. Anglaise : Mme. Murray paye, dit le Registre—Marg. Robertson, 9—Mile. Grant, (2) 8—M. Lse. Amelot, 11: M.Jacques Amelot et dame Lsce. Monjon—Nancy Taylor, 7—Louise et Elis. Bruneau, 10 et 8 ans: M. Guill. Bruneau, marchand, et dame Elis. Morin—Marie Dupont, 13: M. Jos. Dupont et dame Angèle Côté—Elis. Oneil, 10 : M. P. Oneil, perruquier, et dame Josephte Chandonnet— Charlotte Charlery, 11 : M. Michel Charlery et dame Charlotte Moraud—M. Josephte Lépine, 13—Elis. Voyer, 12: M. Michel Frs. Voyer, capitaine de vaisseau, et dame M. Charlotte Morin Chênevert—Marie-Jérémie Douville, 7: M. Ls. Douville, navigateur, et dame M. Josephte Grenier —M. Lse. Collard, 15 : M. Jos. Collard, navigateur, et dame Cath. Despagnol—Marg. Laforce, (3) 10: M. Hippolyte Laforce, capitaine de vaisseau, et dame Marg. Corbin—M.Joseph St. Médard, 11—Marg. Giroux, 10: M. Louis Giroux, et dame Marg. Normand—Genev. Marcoux, 14 —Bridget Daly, 13—Jane Tator, 9: fille d’un sergent anglais.

l’'Hon. J, A. Panet, juge à Québec. C’est l’origine de la famille de

l'Hon. Louis Panet de cette ville.

(1) En 1777, sous le Genéral Bourgoyne marchait le major-géné-

vent sur nos listes d'élèves.

(2) Nous trouvons dans une correspondance en date du 16 nov. 1715: ‘ Au moment où je perdais tout espoir de trouver quelqu'un qui voulût prendre une lettre de change, M. Guil. Grant s’est décidé à passer en Europe. Il nous fait le plaisir de nous avancer 3000 liv. pour pareille somme à Paris, et me met en mesure de payer les dépenses faites depuis le printemps, pour réparer notre pauvre maison, qui menace ruine de toutes parts.

(3) Voir Notice à son nom.

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1774. Milles. Mad. Belette, 12—Marg. L'Anglais, 11— Genev. Chevalier, 15—Betsey Franks, 19—Mad. Deschenaux, 6, (1)—M. Louise Soupiran, 9—Thérèse Marchand, 9—Julie Berthelot, 8 ans : sœur de la précédente du nom—Mlle, Drummond, 11—M. Anne Bonfield, 11-—Charlotte Samson, 13 : anglaise, dit le Registre—Louise Marchand (2) 21—M. Cath. Shorty, 14: M. Chs. Shorty et dame Charlotte Laviolette Lachapelle Nadeau—Angélique Connefroy, 12—Charlotte Drolet, 13 : M. Jos. Drolet et dame M. A. DeChambre—Charlotte de Varennes, 12—M. Lse. Cloutier, 14: M. Prisque Cloutier et dame M. Lse. Bedard—Thérèse Denis, 18 (3)—Elis. La Vigueur, 24— M. Joseph Normanville, 13—Angélique Lucain, 8—Anne Dugât,

1775. Miles. M. Dorothée Poulin, 11: M. Guilbault paye— Angélique Etherington, 14—Françoise Dénéchaud, 11 : sœur de la précédente du nom—Eliz. Costes, (4) : —Marg. Gauvreau, 19 : M. Jacques Alexis Gauvreau, tanneur, et dame M. A. Hamel— Eliz. Wilkes 10: fille d’un marchand anglais—Marie-Anne Baillargé, (5) 10—Marie-Anne, Catherine, et Marie-Louise de Lanaudière, 10, 8, et 5 ans—Mlle. Williams, 6—Nancy MeCulloch, 10—Marie Dunbar, 14—Louise Perras, 6—Cath. Oger, 8 : anglaise dit le Registre—Polly Challoner, 19—Cath. Lée, 14: M. Thom:s Lée, (6) marchand, et dame Cath. Langlois—Marie

(1) Probablement fille du juge Deschenaux, mort à Trois-Rivières en 1802.

(2) “ Mise au Pensionnat par son oncle, M. Mercereau, curé de Verchères.'” Registre.

(3) ‘ Mise au Pensionnat par son oncle M. Emond ?”’

(4) “ Fille d'un sergent anglais ; M. le maître-officier se charge de sa pension.”

(5) Voir Notice ci-après.

(6) M. Thomas Lée était fils de M. Jacques Lée et de dame Anne Quin, de la paroisse de St. Michel, Evêché de Bordeaux. Quant à dame Cath. Langlois, elle avait pour père M. Pierre Langlois, et pour mère, dame Catherine Boucher. Le mariage de M. Thomas Lée se contractait à Ste. Foye, Je 7 juillet 1760, en présence de MM. Jean Taché, Frs. Monnier, négociants de Québec, et de Mlle. de la Gorgen.

Borne, 15: M. George Borne et dame M. De Chambre—Lse, Philippe Badelard, 14—Mlle. Savage, 18 : anglaise selon le Registro—Mlle, Cox, 7 : anglaise—Marg. George, 9: anglaise — Deux petites Diles, L'Ange, 7 et 6 ans—Nancy et Rebecca Solomon, 16 et 12 ans— Charlotte Dunière, 10—Geneviève Berthelot, 11.

| Ici se termine le travail de M. l'abbé Tanguay sur les registres L: de la paroisse de Québec ; nous nous arrêterons aussi à cette époque avec les Annales. Après avoir résumé les incidents principaux du siége des Bostonnais, et jeté un coup-d'œil sur les années écoulées depuis le grand siége de Quéhec pour bénir et remercier la divine Providence, nos Annales continuent en ces termes :

‘# Une grande consolation pour notre Communauté, c’est qu'à travers tant de difficultés et d’embarras, notre institut a toujours été assez florissant, ayant souvent jusqu’à 60 pensionnaires, tant françaises qu'anglaises. Le naturel de ces dernières est fort heureux. Il est triste de n'être pas à même de les élever dans notre Ste. Religion.

‘ Le nombre des externes est grand, et il le serait encore davantage s’il y avait vlus de religieuses pour les instruire ; il faut en renvoyer....Nous ne sommes actuellement que 23 professes de chœur et 2 novices. Les filles de notre siècle n’ont pas grand goût pour la vie religieuse ; c’est un mal dont les communautés de France se plaignent comme celles du Canada.”

Nous avons dit ailleurs que 15 pensionnaires étaient restées au Monastère pendant les six mois de siége des Américains. Ces Dlles. furent placées à la salle de Communauté, comme au lieu le plus sûr et le moins incommode de la maison. ‘“ Plusieurs dames de la ville, qui avaient demandé avec instance un logement chez nous, occupèrent les appartements laissés libres par la dispersion des élèves. Mme. Taschereau et sa Dlle. qui vinrent se réfugier à notre Monastère dès le commencement de décembre, (1) occu-

dière etc., etc. Ces noms nous portent à croire que Mme. Lée appartenait, par sa mère, à la famille Boucher de Boucherville.

(1) Mme. Taschereau et sa Dile. ne sortirent qu’au mois d'août 1776, ‘ regrettant, dit le Récit, de ne pouvoir habiter plus longtemps le Monastère.”

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pèrent une des salles des pensionnaires. Mme. Beaubien et Mme, Amiot, que la peur fit bientôt sortir de la Basse-Ville, accoururent aussi auprès de nous, et elles occupèrent la dorerie pendant quelque temps.”

Zièle et difficultés, —MRaveté des libres français,

Avant de poursuivre la liste de nos élèves jusqu’à 1800, nous allons faire plus ample connaissance uvec les jeunes Dlles. qui ont déjà été nommées. Nous dirons d’abord un mot de l’ardeur des parents pour l'éducation; car c'est toujours vers ces premiers bienfaiteurs, après Dieu, que les enfants doivent tourner leur cœur et leur gratitude, quand ils reconnaissent que leur enfance et leur jeunesse ont reçu ces influences morales et chrétiennes qui assurent le bonheur, la consolation et le bien-être de l'avenir.

Il n’y a pas à douter du zèle constant de la population canadienne pour l'éducation des enfants, quand on remarque ce retard à quitter les classes, alors même que l’avenir le plus sombre pesait sur le pays, et cette promptitude à les reprendre, dès que les difficultés les plus insurmontables sont levées. Le nombre de trentesept élèves pensionnaires, en 1760 et 61, nous paraît extraordinaire pour cette époque de ruine généraleoù personne ne pouvait venir en aide à son frère, Pas de commerce dans les villes; dans les campagnes, les traces encore toutes vives de l'incendie et de la dévastation ; le clergé sans chef pour se recruter; tous les cœurs serrés par une poignante incertitude au sujet des affaires tant civiles que religieuses: telle était la situation du pays.

Les jeunes gens, il est vrai, furent alors moins bien partagés que leurs sœurs. Un tiers seulement du collége des RR. PP. Jésuites était occupé par eux comme école primaire; de plus, ce corps, frappé de stérilité par la loi des vainqueurs, devait partager les travaux des missions ainsi que l’exercice du saint ministère : comment suflire à tant de besoins avec si peu d'ouvriers ?

Quant au Séminaire des Missions Etrangères de Québec, à part trois jeunes ecclésiastiques qui se disposaient à entrer dans les ordres sacrés, et trois écoliers des plus avancés, qui furent

admis en 1762, pour terminer leurs études classiques, (1) les MM. du Séminaire, faute de prêtres et de ressources pécuniaires, n'ouvrirent leurs classes qu’en 1765, et cela seulement en faveur des anciens élèves,

Les Ursulines eurent done le bonheur d'être des premières à pouvoir répondre au désir des parents en reprenant l'instruction de la jeunesse; les misères d'un double siége interrompirent à peine cette grande œuvre. Il était, à la vérité, difficile de remettre à un autre temps ce genre de culture ; le sol se fût durci,

et qui ne sait la difficulté de rendre meuble une terre obstruée de ronces et d'épines ? De toutes les terres en friche, celle de

(1) Voici quelques détails recueillis sur ce sujet. La petite vérole, disparue depuis 22 ans, avait de nouveau fait de grands ravages, dans l'été et l'automne de 1755, et obligé de renvoyer tous les écoliers. En septembre 1757, on ne crut pas devoir les reprendre et les pensions furent -uspendues. L'année suivante, on reprit seulement vingt pensionnaires des plus pauvres, et de ceux qui étaient en seconde et en philosophie. Ils furent renvoyés de bonne heure en 1759, et se dispersèrent dans les campagnes ou s'enrolèrent courageusement, En refléchissant maintenant que les classes ne furent reprises qu'en 1765, c'est-à dire, après dix années d’interruptions presque continuelles, on comprend combien l'instruction de la jeunesse du pays dut souffrir. Dix années dans la carrière d’un jeune homme, c'est une longue époque: l'enfant de 11 ans, prêt à commencer des études regulières, n’y est plus guère disposé à 21. Les anciens praticiens morts, les professions devaient nécessairement être très-restreintes, quant au nombre et à l'expérience.

Ceci nous rappelle une remarque de Mgr. Dupauloup dans son traité sur l'Education, où il explique le brusque passage du siècle de Louis XIV à celui de Louis XV. Cette remarque est jusqu'à un certain point applicable aux temps que nous traversons,

Pendant les guerres qui désolèrent la fin du règne de Louis-le- Grand, les colléges furent dépeuplés par les enrôlements, qui devaient arrêter la France sur le penchant de sa ruine. Or, tous ces jeunes gens ayant manqué l'occasion de faire de solides études, leurs connaissances n'étaient que superficielles ; et quand parut la triste littérature des philosophes impies, elle ne fut que trop bien accueillie par ces esprits à demi-formés et dont l’éducation religieuse devait grandement se ressentir de la vie des camps.

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l'esprit et du cœur de l’homme est sans contredit la moins suscoptible d'amélioration, une fois passée la saison favorable de l’adolescence et de la jeunesse. Ne pouvant assurer aussi promptement le bienfait de l'instruction aux jeunes gens du pays, on voulait au moins que la femme en fût dépositaire, pour en conserver le goût et en inspirer la génération croissante.

D'ailleurs, les jeunes Dlles. n'avaient pas eu, comme leurs courageux émules des séminaires, à endosser la capote militaire et à échanger la plume pour l'épée, aussi se trouvèrent-elles plus tôt disposées à la vie sédentaire des classes.

C'est en 1769, 71 et 72, que le nombre des élèves fut moins considérable, par suite sans doute de la misère qui pesait alors sur le pays.

Quand on réfléchit à la diminution extraordinaire du nombre de nos religieuses, de 1755 à 1764, tant par les misères et les maladies qui les avaient rapidement décimées que par le refus des religieuses, pendant 9 ans, d'admettre des novices ; quand on sait d’ailleurs qu'il leur fallait, par le travail de leurs mains, pourvoir à leur propre subsistance; on ne peut qu’admirer cette sainte impatience de reprendre les classes. Ces vraies Ursulines ne semblent pas un instant avoir hésité ou s'être ralenties, dans l’accomplissement de ce premier but de leur vocation. Ce zèle paraît avoir grandement consolé et réjoui le peuple ; la bonne odeur s’en répandit au loin, et c’est sans doute ce qui faisait dire à la Rév. Mère dépositaire des Ursulines de Paris, en date de 1764: ‘“ Je vous envoie des livres, latins et français, avec des alphabets pour les différentes communautés, quoique vous ne m'en demandiez pas......Je sens la position où vous êtes; je prie Notre- Seigneur d’être votre force et votre consolation. Il serait triste que votre maison ne se soutînt pas, vu surtout la bonne éducation que vous donnez aux jeunes personnes que l’on vous confie, et l'utilité que le public retire de votre Institut.”

Dès 1763, dans la correspondance de nos religieuses, la Mattresse-Générale exprimait la crainte d’avoir à renvoyer un certain nombre d'élèves externes, faute de livres, et cette gêne continua longtemps. “Je ne puis vous dépeindre l’allégresse qui se répandit parmi nos sœurs, à la nouvelle qu'il nous venait des livres par M.

de Montgolfer, à qui M. de Villars me marquait les avoir remis, écrivait notre dépositaire en 1764; mais l'arrivée do ce monsieur eut bientôt tempéré notre joie.” (1) En 1777: ‘‘ Si la Providence vous procure quelque circonstance favorable, et que vous puissiez en profiter pour nous faire parvenir sept ou huit douzaines de livres français de l'Instruction de la Jeunesse, et autant de livres latins, à l'usage de nos classes, vous nous rendrez un service signalé. Ces articles nous font gémir depuis longtemps.”

Mais les livres, de même que l'étamine, passaient difficilement, malgré les petits stratagèmes.—‘ Pour l'année prochaine,” écrivaient en 1778, les Ursulines de Paris, “il faudra que vous vous informiez des Messieurs de la Mission, s'ils doivent faire venir quelque chose, et les prier de joindre dans leur facture les livres que vous voudrez avoir, afin que le libraire s'entende avec son correspondant de Londres, pour obtenir ses permissions.”

On sait que cette disette de livres se fit sentir partout dans le pays, et que même à une époque peu éloignée de nous, les jeunes étudiants des séminaires étaient réduits à se passer de main en main, des manuscrits devenus dans notre pays presque aussi rares et aussi précieux qu'aux siècles du Moyen-Age.

Les livres en langue anglaise, sans doute, ne manquaient pas ; mais on fut longtemps sans pouvoir s’en servir, au moins quant à

(1) En 1763, les MM. du Séminaire avaient demandé un certain nombre de livres et espéraient les recevoir par M. de Montgolfier ; mais ce monsieur, informé en Angleterre que ces objets étaient de contrebande, ne voulut pas se mêler de les faire passer en Canada. Un libraire de Paris, qui avait un correspondant à Londres, en fit passer dans cette dernière ville, d’où ils vinrent sans difficulté à Québec,

Hist. Man. du Séminaire.

On voit par la correspondance, que les Ursulines profitèrent à plusieurs reprises de l’obligeance des MM. du Séminaire pour se procurer des livres par la même voie. En 1769, au sujet d’une nouvelle demande, notre dépositaire écrivait: ‘M. Gravé, du Séminaire de cette ville, doit prévenir M. de Latour, à Paris....Je ne verrais à craindre que la confiscation, qui ne ferait pas plaisir.’ M, le G. V. Taschereau dit are déjà, sous la domination française, les livres de classes étaient rares en Canada, que les élèves n'en avaient pas la propriété, que souvent même il leur fallait copier l’ouvrage.

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la généralité des élèves ; d'ailleurs, on tenait, alors comme uujourd'hui, à conserver la langue de ses traditions les plus saintes : traditions de la foi, de la patrie et des aïeux, Nous aurons à noter, plus tard, l'introduction de traités élémentaires en langue anglaise, dont on pressent déjà les motifs,

Les pensions du Moi et de la Fondatrice,

Un grand sujet de peine pour les Ursulines, ce fut la réduction des revenus qui avaient assuré l'éducation à tant de jeunes filles de bonnes familles, ‘“ Les 1500 livres de gratification du Roi, écrivait notre dépositaire, ne nous ont pas été payées en 1760, Cela est d'autant plus mortifiant que nous sommes privées pour toujours de cette gratification, et que notre nouveau Roi n’est pas dans le goût de nous en faire.”

On reçut encore moins la gratification dans les années qui suivirent, puisque on ne pouvait pas même retirer la rente des fonds placés sur le gouvernement français.

Quant aux pensions fondées par Mme. de la Peltrie, nous lisons dans les Annales en date de 1767: ‘ Comme li guerre nous avait réduites à une extrême nécessité, nous avons été obligées de retenir ce que Mme. notre Fondatrice avait alloué, par son Testament et ses dernières volontés, pour l'instruction de quelques jeunes filles sans fortune. Mgr. nous ayant déchargées des années où il était de toute impossibilité de le faire, il en a dressé un acte, Du 3 août 1762, nous avons recommencé à reccvoir les quatre pensionnaires de la fondation. Cette somme se monte pour chaque année à 480 livres. Depuis 1762, on s’acquitte exactement de cette obligation.”

Nous verrons plus loin au prix de quelles tracasscries était acheté ce revenu lointain de la fondation, jusqu’à ce qu’enfin tout fût englouti dans les bouleversements de 1792, en France.

Xntévet et affection des Sirsulines pour leurs élèbes,

Rien n’a eu plus de charme pour notre cœur que l'intérêt de nos devancières à suivre la destinée de leurs élèves À travers le monde, A l’époque de la conquête, alors que plusieurs familles quittèrent un pays qu'ils croyaient perdu, elles eurent la consola- |

tion de voir de leurs élèves passer de leurs mains entre celles des Ursulines de Paris, cette maison-mère en quelque sorte, avec laquelle on entretenait des relations si intimes. Il y a plaisir à voir les Mères de Québec envoyer à leurs anciennes enfants du Canada, de ces petits cornets de sucre d'érable et autres bagatelles de ce genre, si agréables à recevoir. Grande était alors la fête parmi la petite troupe expatriée ; et les jeunes parisiennes de savourer avec délices les douceurs de cette Nouvelle-France à jamais perdue pour l’Ancienne.

En 1769, entre autres, il était question d’une petite Dlle. Cadet, que nos religieuses avaient eue toute enfant, et qui leur avait apparemment donné de ces espérances que l’on attache facilement aux grâces ingénues de cet âge. Elle était maintenant une adolescente dont on aimait à connaître les progrès. ‘“ Mille. Cadet, répondait-on de Paris, ne se rappelle distinctement aucune de vos religieuses. Elle est fort douce et semble promettre pour l'avenir. Présentement, elle montre beaucoup d’enfantillage, et il y a un peu de peine à la faire appliquer ; ce sera pour plus tard."

Nous ne savons ce qu'est devenue la petite Dile. Cadet, non plus que plusieurs autres élèves de l’époque; mais nous pouvons certifier à nos lectrices qu’une chose est restée ce qu'elle était alors, c'est l'affection et l’intérêt de leurs secondes mères pour leur bien-être, tant social que spirituel,

Rétablissement de Ia maison de fine, de La Peltrie ;—Hmyportance de l'Ærteruwat,

Cette partie des Constitutions de l’ordre de Ste. Ursule, qui enjoint de considérer “ l'instruction de la jeunesse comme premier et principal but de l'Institut, disposant pour cela de toutes les charges et offices, les Ursulines s’y appliquant de toutes leurs forces et attention de leur esprit, estimant que par là elles pourront satisfaire à la vocation de Dieu”; cet article, disonsnous, n’a jamais cessé d'être en vigueur dans cette maison, comme ce qui précède l’a amplement prouvé. Ajoutons qu'il n'a pas eu moins de force au sujet des élèves externes qu'à l'égard des élèves pensionnaires. Aussi, quand il fut question de déroger aux règles de la clôture ou de négliger l'instruction des classes gratuites, il n’y eut pas un moment d'hésitation,

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‘ Ayant été obligées, pour satisfaire à l'obligation d'instruire les petites filles externes, de les faire entrer dans notre clôture, et de faire une de leurs classes dans une salle des pensionnaires, et la seconde classe dans une autre chambre, (la durerie actuellement chambre de la Mère Supérieure), près de l’ancien dépôt; l’incommodité et la petitesse des lieux nous firent enfin résoudre à travailler au rétablissement de la maison de Mme. de la Peltrie. (Cette maison, qui avait servi d’externat depuis notre établissement en ce pays, avait été abîmée par les boulets et les bombes, pendant le siége de 1759. Les travaux ont commencé le 2 septembre 1767, et le bâtiment est occupé cette présente année 1768. Les maçons, charpentiers et menuisiers nous ont coûté 3100 livres.”

Il est à regretter qu'on ne nous ait pas conservé les noms des élèves externes, nous y retrouverions sans doute ceux d'un bon nombre d’anciennes familles de Québec. Dans ces années où la gêne était si générale et si excessive, combien de parents profitèrent de leur proximité de l'école, pour s’épargner les frais de la pension de leurs enfants. Remarquons aussi que le demi-pensionnat n'étant pas encore établi, c'était presque invariablement comme externes, que les enfants des meilleures familles venaient s'initier aux premiers principes des sciences. (Cette pratique a longtemps existé, comme peuvent l’attester encore aujourd'hai bon nombre de dames de cette ville.

L’Externat, surtout alors, était très-considérable. Dès l'automne de 1760, les Annales remarquent que les élèves v'1rent en grand nombre aux classes gratuites. Si elle furent obligées, dans la rigueur de l'hiver, d'abandonner les appartements de leurs classes à la disposition d’honnêtes citoyens, dont les habitations étaient ouvertes de toutes parts au froid glacial de la saison, le printemps ramena bientôt les élèves externes, et les Annales remarquent incessamment que ‘leur nombre augmente toujours.” En 1772, Mgr. Briand recommandait d'ouvrir deux fois la porte à ces enfants qui, par les plus mauvais temps, venaient de loin à nos classes.

L'action de l'enseignement n’est certainement pas aussi sensible sur ces élèves temporaires, que sur celles qui sont sous le contrôle

constant et exclusif des maîtresses; cependant, que de bonnes semences jetées par elles dans la société, pour le maintien des mœurs et de la foi.

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Vers l’époque de la conquête se trouvait au pensionnat une classe presque toute formée de Louise: Louise de Brouague, Louise Chauveau, Louise Joly, Louise Amiot, Louise Hertel de Rouville, Louise Langlois, Louise de St. Germain, Louise Perrault, Louise Cadet, Louise de Beaujeu, Louise Gouïn, Louise Routier, Louise Fortier, Louise Dumont, Louise Arnoux, Louise Pétrimoulx.

Les bonnes mamans, qui visaient moins à la rareté et à la nouveauté qu'au patronage, choisissaient de préférence ce nom, sans doute dans un sentiment de respect et d’admiration pour le grañd exemple de vertu que donnait alors, aux Carmélites de Paris, cette magnanime Louise de France, qui négociait avec

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sait que l'on dérogeait rarement à la touchante coutume de Fe

conserver les noms des parents et des ancêtres; il fallait un motif dt on

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à-dire: ‘Si toutes les dames Canadiennes vous ressemblent, la conquête en vaut la peine ! ”

Une Dlle. de Brouague fut mariée au général Johnson, une autre, à M. Le Comte Dupré, et la dernière, au colonel Hughes de l’artillerie. Le fils de Louise, le général de Léry, qui commença à huit ans ses études à Paris, en 1761, s’acquit en France, sous | l'Empire et la Restauration, la plus brillante renommée. Il avait épousé la fille du duc de Valmy, et mourut à Chantrelle près Melun, le 24 sept. 1824, chez le comte de Marchais, son parent. Le général de Léry avait eu, comme il l’écrivait lui-même, le bonheur de donner l'hospitalité à Mgr. J. O. Plessis.

lle. Guichaud.

Au sortir du pensionnat, Mlle. Guichaud, qui était une assez belle personne, fut une des premières À adopter les modes anglaises, et à étaler ces fantasques chapeaux de satin, qui donnaient aux jeunes filles des airs d’amazones, et qui, selon la correspondance de nos religieuses, ne servaient qu’à fomenter la vanité,

Mile. Guichaud céda à la tentation de s’allier à un homme dont les principes en matières religieuses étaient bien différents des siens; cependant, il faut le dire, elle fut plus fidèle que d'autres aux traditions de ses pères et professa hautement sa foi. Son premier mari, M. Fargues, riche huguenot, et le plus impitoyable railleur des choses saintes que l’on eût encore vu à Québec, ne put jamais la détourner d’une seule de ses pratiques de religion. Comme ils avaient pour résidence la maison actuellement occupée par l'Hôtel-de-Ville, Mme. Fargues pouvait se guider un peu par la cloche du couvent. Son mari était tellement habitué à son départ pour la messe que lorsqu'il entendait sonner la nôtre, il lui criait de sa plus grosse voix: “ Henriette, voilà ta messe qui sonne aux Ursulines, dépêche-toi done !—J'y vais, j'y vais, mon ami, répondait-elle ; j'y vais prier pour toi.” Souvent, en parlant de lui, elle disait à sa cousine, notre ancienne Mère Ste. Marie: ‘Ce pauvre Fargues, il se rit dela piété; voilà son malheur l”’ Hélas! ce mal est aux yeux de Dieu un grand crime, car on voit rarement qu’il appelle à la péni-

: . 4 tence ceux qui se moquent des choses saintes.

M. Fargues mourut comme il avait vécu, riant de ceux qui croyaient à la divine institution de la messe, et laissant à son fils, le célèbre médecin dont nous parlerons ailleurs, de grandes richesses avec l'exemple d’une impiété plus grande encore.

Mme. Fargues, jeune veuve et mère de trois enfants, se laissa de nouveau séduire par l’appât d’une haute alliance hors de l'Église Catholique; elle épousa l'Hon. Ths. Dunn, (1) président du Conseil Exécutif, et lieutenant-gouverneur en 1805 et en 1811.

Mme, Dunn reçut plus d’une fois l'invitation d'accompagner son mari à l’église anglicane ; l'évêque Mountain lui disait un jour: “ Vous viendrez bientôt à notre église, a’est-ce pas ?—Moi, Bishop, répondit-elle avec force; mais vous savez que je suis catholique et que je mourrai catholique! ” Tous les anciens citoyens de Québec savent qu'elle a très-bien gardé sa parole, et que M. Dunn, l’homme d'honneur et l’ami dévoué de Mgr. Plessis, ne l’en estima que davantage.

Mme. Dunn mourut en 1839, à l’âge avancé de 87 ans. Elle avait choisi sa sépulture dans notre église où si souvent elle était venue prier, et se consoler sans doute des peines qui devaient

oppresser son cœur, à la pensée des êtres qui la touchaient de si près, et auxquels elle n'avait pu communiquer la foi qui sauve. Ses deux filles, Henriette et Julie Fargues, si remarquables par leur piété et leurs bonnes œuvres, reposent auprès d'eile. Le major général William Dunn est sou fils.

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Les demoiselles Irving sont encore de ces élèves dont la carrière a été brillante selon le monde; espérons que leur fin aura été précieuse devant Dieu.

Le colonel Irving, leur père, était un de ces braves officiers qui furent blessés sur les Plaines, et du soin desquels nos religieuses furent chargées après la capitulation. Il était alors major dans le 13e Régiment d'Infanterie, et âgé de 44 ans. Promu peu

(1) On sait que M. Dunn se montra des plus favorables au clergé ainsi qu'aux intérêts canadiens. L'influence de son épouse fut sans doute pour quelque chose, dans les bons procédés dont il usa à l'égard des Catholiques. L’'Hon. Th. Dunn était seigneur de St, Armand.

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après au grade de commandant en chef, il fut nommé lieutenantgouverneur par le général Murray, au départ de ce dernier pour l'Europe en 1766.

Les bons procédés du colonel Erving à l'égard de notre maison, furent toujours les mêmes. Ses deux filles vinrent à notre pensionnat: d’abord, Mile. Judith en 1764, et peu après Mlle, Amélie. Toutes deux ne sortirent qu’en 1768, pour passer en Angleterre. L'aînée fut mariée à un colonel aussi nommé Irving, et la cadette épousa un baronnet. Leur frère Paul-Emile fut fait baronnet,.

En 1771, le colonel Irving, père, était gouverneur de Guernesey. Il mourut en 1796, chargé d’ans et d’honneurs ; sa femme Mme. Judith Westfel, l’avait précédé de trois ans dans la tombe.

Ze secret De vebibre gloriensenent Dans sa postérité,

Mlle. M. Josephte Taché était fille de sieur Jean Taché, marchand, et de dame Marianne Jolict de Mingan, M. J. Taché est l'ancêtre de Sir E. Paschal Taché, (1) premier ministre du Canada, de Mgr. Taché de la rivière Rouge, du chevalier J, C. Taché, des seigneurs Taché de Kamouraska, St. Paschal, ete. ‘“ Jean Taché, dit M. Bibaud, était né à Toulouse et avaitétudiéà Paris. Ils’embarqua pour le Canada en 1739, et s'établit à Québec où il devint Syndic des Marchands. En 1759, les négociants du Canada députèrent à la cour le sieur Taché, homme intègre et d’esprit, pour faire des représentations contre l'administration infidèle de l’Intendant Bigot.” Le changement de domination le ruina ; il perdit jusqu’à

(1) C’est le 30 juillet 1865, que le Canada, sans distinction de partis politiques, a gémi profondément de 14 perte de son premier ministre. Les obsèques se sont célébrées avec la plus grande magnificence dans

‘ la vaste église de la ville de Montmagny, et la procession put se dé-

ployer avec assez d'avantage sur la place publique. Aucun homme politique canadien n’a eu plus d’honneurs conférés sur lui que Sir Etienne-Paschal Taché, et c’est lui qui, quelques jours avant sa mort, disait à deux prêtres qui lui faisaient une visite d'amis: “Il n'est pas nécessaire à un homme d’être premier ministre, et d’avoir part à la gloire humaine; mais ce qui lui est nécessaire, c’est d’être bon chrétien et honnête homme”?

sept navires qui furent pris en mer ; il était, on peut dire, le plus riche négociant, valant avant la conquête £30,000 de notre monnaie actuelle, Heureusement, ‘il se fit remarquer du général Murray, duquel il obtint une commission de notaire public sans étude préalable, On lui doit le joli poème intitulé: Le Tubleau de la Mer.”

On a pu remarquer que plusieurs Dlles. Chauveau, sœurs ou cousines germaines, ont fait leurs classes à notre pensionnat, avant et après la conquête. C’est de la même famille que descend notre Surintendant actuel de l'Instruction Publique, l'Hon. P. J. ©. Chauveau. Il est beau de constater à une époque aussi difficile, le zèle de l'éducation, qui semble être héréditaire dans cette famille. L’ancêtre, sieur Charles Chauveau, charpentier de navire, (ce qu'on appelle aujourd’hui constructeur), avait trouvé moyen de faire faire au Séminaire de cette ville, un cours complet d’études à deux de ses fils, dont l’un, Charles, terminait ses classes en 1775. T1 fut ordonné prêtre, et mourut le 1 déc. 1794, à Ste. Anne de la : ocatière, dont il était curé. L'acte de sépulture porte ‘ qu’il était rerommé pour ses talents et sa grande piété.”

Les Dlles. Chauveau, furent plus tard mesdames Bouchard, Rabby, Borgia ct Pinguet, de Québec, noms qui reviennent incessamment sur nos listes d'élèves.

Mlle. Marguerite La Force était fille de sieur Hippolyte La Force, capitaine de navire, et de dame Madeleine Corbin. Elle est grande tante de la famille Langevin, actuellement à Québec : de M. l'abbé Jean Langevin, Principal de l'Ecole Normale Laval, fondée par la Léoislature en 1853, de l'Hon. Hector Langevin, Solliciteur-Général du Canada Est, de M. l’abbé Edmond Langevin, Secrétaire du diocèse, etc., etc.

Disons un mot du père de notre élève, qui a beaucoup de traits de ressemblance avec le célèbre d’Iberville ; qui nous rappelle le courage, la persévérance indomptable de cette âme bordée d’un triple airain, de ce guerrier, de ec marin distingué du siècle dernier.

A 26 ans, le sieur Hippolyte La Force servait comme volontaire dans le corps de Jumonville, (1754). Il fit avee M. Drouillon la campagne de la vallé de l'Ohio, où tous deux furent faits prisonniers. Le colonel Geo. Washington, en les remettant

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à la garde du gouverneur Dinwiddie, lui disait : ‘* Les principaux officiers sont M. Drouillon, et M. La Force, de qui Votre Honneur m'a souvent entendu parler comme d’un homme hardi, entreprenant, d'un homme très-habile et très-rasé......Si La Force était mis en liberté, il pourrait, je le pense sincèrement, nous faire plus de dommage que cinquante autres hommes; par l’activité de son esprit, il connaît toutes les parties du pays. De plus, il Lossède parfaitement les langues sauvages, et il exerce une grande influence sur les tribus indiennes......Je leur ai témoigné tout le respect possible, et pour eux, je me suis privé de certains vêtements qui m'étaient très-utiles.””

Malgré ces égards que le colonel Washington, (1) avait cru devoir spécifier, le gouverneur fit mettre double fers à La Force, et voulut que sa chaîne fût rivée au plar:her de sa prison.

Le capitaine La Force, paraît-il, n’en perdit pas sa vigueur, car, en 1778, il faisait les fonctions officielles de ‘“ commodore et commandant de la flotte de tous les lacs et rivières de la province du Canada.” |

Voilà trois familles dont l’une avait pour chef un négociant, l’autre, un industriel, et la troisième, un militaire. Ces chefs de famille n’ont pas vu prospérer leurs enfants par le malheur des circonstances; mais grâce à l'héritage de vertu et d'énergie qu’ils avaient légué, grâce aussi à l'éducation supérieure que donnent actuellement les colléges, les petits-enfants de ces ancêtres si estimables ont repris leur rang très-haut dans l'échelle sociale.

Il serait assez désirable de donner une longue liste de nos personnages marquants qui ont ausi glorieusement triomphé de l'épreuve : mais l’espace aussi bien que l’absence-de détails précis ne nous le permettent pas. Si nos lectrices veulent bien rapprocher les articles sur le pensionnat mentionnés dans ce tôme, de ceux qui ont déjà été publiés dans les précédents, elles sentiront naître dans leur âme une grande estime du travail, qui est aussi l’estime de la vertu, et une horreur toute particulière de la mollesse et de tout ce qui peut affaiblir la dignité de l’homme en énervant ses facultés. Ii leur importe de bien saisir cette vérité, puisque

(1) Il s’agit du grand Washington, fondateur de la République des Etats-Unis.

c'est én grande partie entre leurs mains que la Providence a mis les plus chers intérêts de notre société, en leur confiant la génération naissante,

Nous les engageons à réfléchir de temps à autre sur les extraits que nous avons consignés venant de la plume de Mgr. Dupanloup. Soit qu'elles aient à soutenir un nom déjà honorable, soit qu’elles aient à rendre honorable un nom encore peu connu ; il leur faudra dans tous les cas du courage et de la vertu. De la vertu et du courage ! Oui, c’est là le mot, c’est le secret d'enrichir sa patrie de souvenirs historiques, de vivre dans les âges futurs, et d’at. teindre aux siècles qui ne finissent plus. C’est ce que nous disions à la fin du premier tôme de cette Histoire: Curam habe de bono nomine.

Æncore un mot D'une honorable et pieuse famille,

La famille Perthius dont le nom reparaît à l'infini sur nos registres, a laissé ici de beaux souvenirs de sa piété. Nous en avons déjà parlé en date du commencement du siècle. Nous ajouterons qu’une Dlle. Perthuis, sœur de nos deux religieuses du nom, dé-

corait notre chapelle dédiée à St. Augustin, d’un tableau où ce grand saint est représenté bénissant, de concert avec Ste. Ursule, Ste. Angèle et ses filles.

Mlle. Perthuis, pensionnaire en 1762, était sœur de la petite Dile. Perthuis décédée au Monastère en 1756, et enterrée dans le caveau même des religieuses. Espérons qu'un grand nombre de Mémoires qui sont en voie de publication, rendront possible de faire l’histoire d'individus ou de familles entières dignes d’être présentées à la postérité.

Quelques lettres que nous avons retrouvées récemment de la mère M. Mad. Perthuis de St. Charles, dépositaire en 1753, prouvent ce qu’en dit sa notice; elles indiquent une personne d'esprit et de talents, entendue dans les affaires en même temps que dans la piété. Le R. P. Mesaiger, notre procureur à Paris, lui écrivant à cette époque, disait: ‘ Comment gouvernez-vous M. votre frère Joseph ? .se porte-t-il bien ? M. Ignace est-il toujours chartreux dans son île isolée ?......"

En novembre 1755, la mère St. Charles écrivait s'adressant au

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Un M. Perthuis, vraisemblablement le Procureur du Roi à Québec en 1759, qui passa en France à la conquête, écrivait en 1768, au sujet de quelques malentendus : ‘* Soyez persuadée, Madame, que je n'ai jamais été chargé de ces papiers, ni d'aucun autre relatif à votre maison. Elle m'est précieuse à tant de titres et je la respecte si particulièrement, que je n'aurais certainement pas négligé de faire pour elle, ce que j'ai fait pgur tant de particuliers qui m'intéressent beaucoup moins.” Les autres membres de cette famille paraissent être restés dans le pays. En septembre 1775, un M. Perthuis, interprète, se trouvait au fort St. Jean, sous le commandement de M. de Longueuil. S’étant trop exposé, il périt, et quand on put retirer son corps, il avait déjà été scalpé par les ennemis.

A partir de cette époque, ce nom qui, du reste, paraît avoir été le plus souvent attaché à une descendance féminine, ne se voit plus sur nos listes d'élèves, et nous n'avons pu découvrir s’il se rencontrait encore en Canada ailleurs que dans les vieux manuscrits, et sur les anciennes cartes, qui ont conservé le nom du fief de la famille.

Alle. MA. À. Baillargé.

Mlle. Marie-Anne Baillargé était fille de Sieur Jean Baillargé et de dame M. Louise Parent. C’est la famille Baillargé actuellement à Québec. :

Mile. M. A. Baillargé se trouvait tante de MM. Florent et Jean-François Baillargé, architectes remarquables, et grandetante de M. Thomas Baillargé, qui avec son cousin a exécuté les ouvrages en scuipture de la cathédrale de Québec, et qui a fait presque tous les plans des églises construites dans ce diocèse

jusqu’en 1840. Elle était parente au même degré de M. l'abbé J. Frs. Xavier Baillargé, professeur pendant 25 ans au séminaire de cette.ville, comme aussi de Ls, Gonzague Baillargé, Ecr. Avocat. Qu'il nous soit permis de publier à la louange de ce membre distingué du barreau, un fait qui décèle sa profonde modestie : c'est son refus d'un siége élevé dans la judicature du pays. Nous rendons également ici un tribut de reconnaissance à ce gentilhomme, ainsi qu’à son honneur M, le Juge R. E. Caron, (1) procureurs de notre communauté jusqu’à ces années dernières, C’est à leur haute intelligence de la loi, à leur intégrité et à leur dévouement; c’est à la position élevée de M. le juge Caron, qui a été Représentant et membre du Ministère, que nous devons d'avoir conservé intacts nos droits et nos propriétés, contre ceux qui, de 1830 à 1850, se donnèrent tant de mouvement pour nuire aux intérêts canadiens et catholiques.

Oeubre de bienfaisance.

Mile. Reine Frémont était de la famille du Dr. C. Frémont, décédé ces années dernières sous de si pénibles circonstances, Il avait eu le bonheur insigne de déposer aux pieds du $. Père,

le produit de la première collecte du denier de St. Pierre dans le diocèse de Québec.

Nous ne pouvons passer ici sous silence une œuvre des plus philanthropiques et des plus charitables, fondée par MM. les Docteurs Jos. Morrin, J. Douglas et C. Frémont, et continuée par MM. les Drs. J. Landry, (2) Professeur à l’Université Laval, et Frs. Elz. Roy, tous médecins de premier mérite, et

(1) De concert avec les Hon. juges A. N. Morin et Day, l'Hon R. E. Caron s'occupe actuellement du grand travail de la codification des lois du Bas-Canada, œuvre qui promet d’être un monument élevé à l’avantage du pays, d’après les éloges flatteurs qui en ontété faits l'hivér dernier dans les deux chambres du Parlement Canadien, notamment par l'Hon. Procureur-Général Geo. Cartier, et par l’Hon. Conseiller Législatif Jos. N. Bossé, notre procureur actuel.

(2) M. le Dr. Landry est le médecin actuel du Monastère, ayant remplacé le regretté Dr. Z. Nault, Professeur à l’Université-Lavui, inhumé dans notre église le Vendredi Saint 1864.

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les quatre derniers nommés, chirurgiens des plus distingués. Nous voulons parler de l'asile des Aliénés, situé à la Canardière près de Québec, sur le chemin royal conduisant au Sault Montmorency. Cette institution fut commencée à Beauport en 1845, sur une propriété louée à cette fin; mais cinq ans après fut acheté le beau site mentionné plus haut. En mai 1863, temps où le Dr. J. Landry devint propriétaire avec le Dr. Douglas, l l'asile renfermait 443 malades. Depuis lors, il a subi des additions (1) considérables et contient aujourd’hui 558 patients ; il peut en contenir 750.

La Législature du Canada s'est réservé le droit d'acheter tout l’étublissement, qui, véritablement, fait honneur aux propriétaires et au XIXe siècle,

familles bénies dans les ancetres et leur postérité,

Les Diles. Perrault qui se trouvaient au pensionnat peu après la conquête, étaient sœurs du respectable Protonotaire du district de Québec, M. Joseph-François Perrault, né en 1753, et mort en 1844. Déjà sans doute, nos lectrices ont parcouru avec intérêt et plaisir sa Biographie, écrite par lui-même à la demande de lord

(1) Le centre de l’asile a été démoli et rebâti à quatre étages. On a ajouté deux ailes de 44 x 42, à trois étages, plus un bâtiment de 30 x 30, pour l’appareil du chauffage. Ces travaux à peine terminés, on a commencé l’érection d’un nouvel asile pour les hommes, (les sexes sont aujourd'hui séparés), comprenant une partie centrale de 96 pieds sur 64, et deux ailes de 44 x 140 chacune. Une aile centrale de 80 x 30 complète l'édifice, qui est à trois étages, plus un rezde-chaussée. Les appartements sont spacieux et bien éclairés. On confectionne à l'asile tout ce qui est nécessaire aux aliénés. L'institution a sa boulangerie, son abattoir, son usine à gaz, ses ateliers de menuiserie etc., etc. qui occupent un certain nombre de malades, L'établissement possède 130 arpents de bonne terre. Le mode de chauffage est au moyen de la vapeur, d’après les plus récentes améliorations. Il y a sur les toits des citernes qui contiennent 16,000 gallons d’eau, pour l’usage de l'établissement et au cas d'incendie, Un fourneau fait sur le plan de celui des Ursulines, et construit aussi par M. Michel, peut suffire à 800 personnes. Nos remerciments à qui nous a procuré des renseignements aussi complets.

Aylmer, à l’âge de 80 ans, ‘sans lunettes.” Quel courage dans ce jeune homme qui passe du Canada à la Louisiane, de la Louisiane aux Illinois, répétant jusqu'à trois fois ce dernier voyage, à travers une suite de malheurs et de mécomptes de toute sorte, où il ne se soutient que par son courage naturel et par le sentiment d'une foi vive, Revenu par Détroit et Montréal dans sa ville natale, il occupa depuis 1795 jusqu’à sa mort, la place de Greffier de la Cour du Banc du Roi pour le district de Québec; cette époque de sa vie fut employée dans les travaux les plus utiles à l'éducation.

Nous n'avons pu considérer la carrière du Grand-Père Perrault, sans penser au Grand-Père Boucher. Né en France, M. Boucher assiste à l’origine de la colonie, et à travers les longues luttes des Jroquois, il nous amène avec des traditions dignes des premiers chrétiens jusqu’en plein 18e siècle; M. Jos. Perrault se présente à nous à l'origine de la domination anglaise, et nous donne en sa personne un exemple frappant des épreuves de l’époque. Malgré une infinité d’embarras plus dangereux à la foi que ceux où s'était trouvé M. Boucher, il transmet à nos temps des traditions de probité et de religion dignes des premiers colons du Canada. Tous deux ont été auteurs de livres très-utiles ; tous deux ont aimé et favorisé l’agriculture.

M. J. Frs. Perrault avait pour mère Mme. Josephte Baby, fille de Mme. Thérèse Le Comte Dupré, toutes deux élèves du Monastère. Au reste, sur nos listes se présentent successivement, son aïeule (1) paternelle, ses tantes, ses cousines, ses filles et ses petitesfilles.

En parlant de M. J. Frs. Perrault dont la descendance s'est unie à la famille de l’Hon. Chs. Eusèbe Casgrain, il nous est agréable de pouvoir rappeler l’aïeul de ce dernier, dont nous avons sous les yeux l’intéressante notice. Ce nom d’ailleurs, aussi bien que celui des familles Perrault et Baby, se rencontre souvent sur nos Registres.

M. Jean-Baptiste Casgrain, le premier de sa famille en Canada,

(1) Dlle. Pagé Carey, qui avait épousé à Québec en 1715, M. Perrault, marchand forain, fils de J. F. Perrault, chirurgien en la ville de Cosne sur Loire,

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émigra peu avant la conquête, C'était un glorieux vétéran qui portait d'une manière non équivoque les trophées de sa bravoure, ayant eu le nez coupé d'un coup de cimeterre, lorsqu'il combattait contre les Turcs, en Orient, et étant devenu boiteux, par suite d'un coup d'escopette qui lui enleva la cheville du pied, à la bataille de Fontenoy en 1745. De plus il avait été blessé d'une balle, qui lui passa de la joue à l'oreille droite, et d'un coup de sabre qui lui sillonna la figure du front à lu joue gauche. En 1747, il assistait au siége de Berg-op-zoom, où les Français entrèrent en marchant dans le sang jusqu’à la cheville du pied,

Un trait nous donnera une idée de cette foi énergique qui devait passer tout entière à ses descendants. Fait prisonnier par les Turcs, ainsi qu'un chef de brigade du nom de Sabran, lorsqu'il combattait en remplacement des Chevaliers de Malte tués en Orient,

un renégat vint leur proposer de passer À l’'Islamisme.—" Ah ! s'écria Sabran, s'adressant à son compagnon d'infortune, est-il possible qu'on vienne outrager Dieu d'une telle manière!” A

ces mots, Jean Casgrain, furieux, se précipite sur le renégat et il l'aurait tué, si un janissaire ne se fût jeté sur lui avec son cimeterre. L'intrépide soldat saisit une chaîne et frappe le janisssaire à mort. Jean et Sabran reçurent cinquante-neuf coups de nerf de bœuf; le second en mourut. Le brave soldat chrétien reçut encore vingt-cinq coups de bâton de Calabre sous la plante des pieds. Ce fut après avoir assisté à cinquante combats et engagements, ayant été promu au grade de sergent-major après la retraite de l’armée française devant Prague, que l’héroïque vétéran s'embarqua pour la Nouvelle-France. Il était natif d'Airvault, petite ville du Poitou, à huit lieues de Saumur, dans la Vendée militaire, M.J.B. Casgrain se fixa à Québec, où il tint un commerce sous le fort, à droite de l'escalier de la Basse-Ville. Son fils, M. Pierre Casgrain, mort en 1828, acquit les seigneuries de N. D. de Liesse de la Bouteillerie de la Rivière. Ouelle et de N. D. de Bon-Secours de l'Islet.

En même temps que M. J.B. Casgrain étaient venus en Canada MM. Bonenfant et Letellier de Saint-Just. Ces trois familles se sont unies dans leurs descendants et figurent sur nos Registres.

La famille Casgrain s’est également unie à celle de l'Hon, Amable Dionne, seigneur de Sainte-Anne de la Pocatière et de Saint-Roch des Aulnets, dont le nom a si longtemps et aimablement retenti au Monastère dans sa nombreuse postérité féminine et dont nous avons encore les petites-filles. Les demoiselles Dionne sont devenues Mesdames Geo. Desbarats, E. Casgrain, Elz. Taschereau, Juge J. T. Taschercau, C. Têtu, Hon. J. Chs. Chapais, Dr. L. Téêtu. Une autre est décédée religieuse à l'H6pital-Général de Québec.

Alle, de Longueuil ou ‘“‘ La Baronne.”

De toutes ses compagnes de pensionnat, Mile. Marie Charles Lemoyne de Longueuil (1) est celle qui a poussé plus avant sa vigoureuse carrière.

C’est ici surtout que nos souvenirs d'enfance viennent se confondre avec les traditions du Monastère. Quelle est l'élève de 1830, qui ne se rappelle les pommes exquises de la bonue Baronne ? Chaque année arrivaient en effet quelques barils de fameuses pour régaler les enfants du Vieux Monastère? Avec ce gracieux envoi nous étaient distribuées bien des aimables traditions sur la généreuse dame. Au reste, sa correspondance intime est là, pour témoigner de l’impérissable gratitude qu’elle conserva toute sa vie, pour la maison où elle avait puisé l'instruction religieuse, et où avait été élevée sa mère.

(1) La Baronne de Longueuil se trouvait à descendre d’une des plus anciennes élèves de cette maison, Mlle. Catherine Hayot. Mlle. Hayot épousa M. Veron de Grand Mesnil, homme d’un courage et d'un dévouement sans bornes à la patrie, et qui fut massacré à Trois- Rivières par les Iroquois en 1652, ainsi que M. le gouverneur du Plessis.

Catherine, petite fille de M. de Grand Mesnil et de dame Catherine Hayot devint l'épouse de M. Jos. Fleury d'Eschambault. C’est sa fille qui épousa le 3e baron de Longueuil. Après la mort de M. Veron de Grand Mesnil, sa veuve passa à de secondes noces épousant M. Médard Chouart des Groseliers, si fameux par ses expéditions à la Baie d'Hudson, dont les documents publics donnent de longs et intéressants

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Mlle. de Longueuil était née sur la fin de l’année 1775, au milieu du deuil le plus profond qui pût affliger une famille, peu après le tragique accident qui la privait de jamais connaître son père (1). Sa sœur jumelle étant morte presque aussitôt après son baptême, Marie-Charles-Joseph resta seule héritière des immenses biens de sa famille.

Nous n'avons pas intention d'entrer en discussion, touchant l'éducation de cette unique fille d’une mère (2) si jeune et si désolée. Comme on le peut bien croire, la Baronne ne put de longtemps se décider à éloigner d'elle cette chère Marie-Charles, seul espoir de sa maison. D'ailleurs, il est bien reconnu que l'’aïeul maternel de l’unique héritière, M. Joseph Fleury d'Eschambault, voulait à tout prix qu’elle eût une éducation anglaise, et qu'il fit venir pour elle, au château de Longueuil, des précepteurs chargés de lui enseigner tout ce qu’on faisait alors apprendre aux Dlles. nées dans les rangs de l'aristocratie anglaise.

Toutes ces dangereuses nouveautés ennuyaient fort les cœurs vraiment français, et quand Mme. et Mlle. de Longueuil visitaient le Monastère, on en revenait toujours à la question de ces nouvelles études.—“ Qu'est-ce donc de si beau qu'on vous enseigne ?” disait un jour la Mère St. F. Xavier (3) à Mile. de Longueuil. — C’est de l'Anglais, ma cousine;” répondit la jeune Baronne.—" Oui, oui; de l'Anglais, de l'Anglais !”” repartit en secouant la tête la jeune religieuse; “ celles qui se donnent tant de peine pour plaire aux Anglais, seront un jour prises dans leurs filets,” Elle ne se

(1) Le chevalier Chs. Jacques Lemoyne, 3e baron de Longueuil, s'était empressé de répondre à l'appel aux armes, dans l'été de 1755; il périt en septembre, dans la funeste expédition de Dieskau, Le 17 janvier précédent était mort son père, le second baron de Longueuil.

(2) Mmee Cath. Fleury d’'Eschambault, qui était à notre pensionnat en 1749 et dans les années suivantes, avait épousé M. Chs. Jacques Lemoyne de Longueuil le 7 janvier 1754, n'ayant pas encore 15 ans; elle était veuve à 16.

(3) La Mère M. Lse. Taschereau de St. François-Xavier était fille

de Mme. Marie-Claire Fleury d’Eschambault, sœur cadette de Mme. de Longueuil.

trompait pas. L’héritière de Longueuil n'eut à peu près d'autre société que celle des militaires anglais, aussi son sort fut-il définitivement unià l’un deux, M. David Alex. (1) Grant. Sa mère avait préparé les voies à cette union, en épousant en 1770, à l’âge de 31 ans, l'Hon. W. Grant, oncle du précédent, seigneur de St. Roch de Québec.

A cette époque, on disait hautement dans le pays que M. Fleury d’'Eschambault avait anglifié la Baronne. Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer avec bien d’autres qu’elle se montra toujours des premières dans tous les genres de bonnes œuvres. En 1785, à l’époque de la grande obscurité qui jeta tant d’effroi dans toutes les parties du pays, les dames de Montréal s’empressèrent d’aller prendre la Baronne pour les accompagner au pied du tabernacle, afin d'implorer la miséricorde du Dieu qui y réside et à qui les élements obéissent.

Mais le trait le plus touchant de sa vie, en ce qui nous regarde particulièrement, c’est l'affection qu’elle conserva pour les amies de sa jeunesse, leur écrivans encore, après cinquante années de séparation, des lettres toutes parfumées des sentiments les plus vifs de sa constante amitié. Que nos lectrices en jugent elles-mêmes par les extraits suivants d’une lettre adressée à la Mère M. Louise MecLaughlin de St. Henri, qui avait remplacé la Mère St. François-Xavier comme Supérieure.

Montréal, 18 octobre, 1823.

Madame et chère amie,

Je suis toujours de plus en plus sensible et reconnaissante des souvenirs de la part de votre chère et respectable communauté, dont je connais depuis si longtemps l’attachement ; et moi, je vous prie

(1) M. D. Alex. Grant, de la maison de Blairfindie, en Ecosse, capitaine dans le 84e Régiment du Roi, épousa à Québec, en 1781, ‘ Dlle. Marie Charles Joseph Lemoyne, baronne de Longæuil et dame de Belœil, fille unique de défunt Charles-Jacques Lemoyne, Chevalier, Baron de Longueuil, et Seigneur de Belœil, vivant Capt. d'Infanterie; et de Dame M. Catherine Fleury de la Gorgendière d’Eschambault, à présent épouse de l’'Hon. W. Grant: la dite Dlle. Marie Charles-Joseph Lemoyne étant l'unique héritière au nom, armes, (les trois roses), dignités et biens de feu le Chevalier et Baron son père.’

| près d'autre ; fut-il définiit. Sa mère 1770, à l’âge

seigneur de

Le M. Fleury qu'il en soit, > se montra œuvres. En d’effroi dans empressèrent ied du taberside et à qui

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armes, (les à son père.’

de les assurer toutes de ma plus vive reconnaissance. Dites à ma chère cousine St. François-Xavier, qu’elle m'est toujours présente à l'esprit, et que je n’oublierai jamais ses bontés envers toute ma famille ; dame de Montenach me les répète tous les jours. Elle me charge de vous assurer toutes, Mesdames, de son plus tendre attachement, et de vous dire que, malgré sa grande faiblesse pour ses enfants, elle en a le plus grand soin, tant au spirituel qu’au temporel.

“ A la réception de votre lettre par Mme. Perrault, nous avons eu une courte joie; pensant que c'était la cousine Juge Perrault, je fus immédiatement à sa recherche chez MM. d'Eschambault, Selby, Frémont etc. sans succès.

“Je vous envoie par le steamboat Telegraph, capt. Wickstead, trois barils de pommes. A la réception de cette lettre, envoyez votre voiture à la Basse-Ville, et le Capt. vous remettra les pommes.

‘ Je désirerais bien aller vous voir, maïs je commence à être vieille et les voyages me fatiguent.

Je termine, Mesdames, en vous priant de croire aux sentiments d'affection avec lesquels je suis,

‘ Votre très-attachée amie, LoncuguiL:”

L'aimable Baronne mourut à Montréal, le 17 janvier 1841, âgée de 85 ans. Pour dernier souvenir, elle légua à notre Monastère la somme de $100, pour être employée en bonnes œuvres ; ce legs est inscrit sur le journal du Dépôt en date de l’année 1842. Mme. de Montenach ne se souvient plus de ce don, tant il est vrai que dans certaines familles, la main droite ignore toujours ce que fait la main gauche.

Etat vu Pensionnat de 1776 à 1800 :—D'Œrternat acquiert une fm 7 portance toute spéciale,

D’après la liste des élèves et les documents du temps, le Pensionnat continua d’être florissant dans les années qui suivirent 1775. ‘Nous avons beaucoup de pensionnaires, tant anglaises que françaises, écrivait notre dépositaire en 1779. Actuellement l'argent est très-conimun dans le pays, c’est ce qui nous procure co

concours et en même temps nous facilite le moyen de nous tirer d'affaire, vendant ce que nous avons à bon prix comme nous achetons des autres. Votre situation présente, (à Paris), comme vous le marquez dans vos lettres, me paraît en quelque sorte plus triste, à l'exception de la guerre qui nous environne ici de toutes parts..." En 17:1, “ Nos classes sont toujours bien soutenues, grâce à Dieu...”

Mais dans les années subséquentes, on commence à constater cet affaiblissement dans les mœurs et le sentiment religieux, dont nous avons donné les causes au chapitre précédent. Oninitie dès le bas âge les jeunes filles aux 4iangereuses excitations de la comédie et des spectacles, et le goût des études sérieuses et solides diminue à proportion; (conséquence inévitable de ce genre de séduction). ‘“ Voici la rétribution de nos messes de fondation, écrivaient nos religieuses vers 1785. Distribuez-les à vos pères persécutés, mais que ce soit à la condition qu’ils prient Dieu de répandre ses bénédictions sur nous et sur les jeunes filles qui nous gont confiées. Nous instruisons avec peu de succès malheureusement aujourd'hui.” En 1787: “Nos sœurs de St. Pierre de la Martinique en sont logées au même lot. Elles ont un grand nombre d'élèves pensionnaires et externes; mais l’amour de la liberté et dela vanité règne là tout comme ici. Voilà ce qu’elle nous en écrivent.”

Mais ce que nos religieuses, à cette dernière époque, paraissent particulièrement déplorer, c’est la diminution du nombre des élèves et le peu de temps qu’elles les ont sous leur influence. ‘Ce qui nous afflige le plus, disait la Mère St. Ls. de Gonzague, Sup., c'est que l'argent n'étant pas commun, les parents préfèrent mettre leurs enfants aux classes externes. Nous n’avons actuellement, (1785), que 24 pensionnaires, sur lesquelles se trouvent plusieurs Dlles. anglaises...” On voit par ces dernières paroles, avec quelle sollicitude les Ursulines jetaient les yeux sur l’avenir religieux de la population catholique. Elles semblent avoir redoublé d’ardeur et d'activité dans l’exercice de leurs fonctions devenues deux fois difficiles, surtout à l'égard des enfants de ce nombreux externat qu’elles avaient si peu de temps sous leur contrôle, et qui pourtant se trouvaient plus exposées que jamais aux séductions du

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monde. Leurs travaux, cependant, paraissent avoir été couronnés d'heureux résultats, car il est resté de beaux souvenirs de piété d’un bon nombre de ces élèves, dont l’action salutaire dans le monde a dû aider à combattre la funeste irruption des mauvais principes: fortifiée par une instruction solide, la conviction religieuse, dans le cœur de la femme, est un des boulevards les plus redoutés pt. j'impicté.

Nous ne pouvons que regretter ici de nouveau de n'avoir pas les noms des élèves dont le cours d’études se fit à l’externat, qui devait être alors, pour le moins, aussi nombreux qu’en 1845, où il comptait plus de 300 élèves. Ces noms jetteraient un jour tout particulier sur la population de notre ville.

Mais ce qui est en notre pouvoir et que nous nous sentons comme pressée de faire en ce moment, c’est de rendre hommage à nos devancières de l'importance que, de tout temps, elles ont attachée à la bonne éducation dans leurs classes gratuites. Nous nous rappellerons toujours avec bonheur et gratitude, le témoignage consolant rendu à plusieurs reprises par Mgr. l’Administrateur actuel, disant que lorsqu'il était curé de Québec, c-à-d, pendant plus de vingt ans, il avait si bien reconnu la solide instruction religieuse donnée à notre externat, qu’il dispensait de tout examen les enfants dès qu’elles lui étaient présentées de la part de nos religieuses. C'était aussi le témoignage rendu par le regretté pasteur de la congrégation irlandaise de Québec, le R. M. P. McMahon.

On sait que les enfants sont préparées de longue main à la première communion, par les instructions qui se donnent à l’externat dans les deux langues régulièrement chaque dimanche, en vacance comme dans le reste de l’année, non-seulement aux enfants qui fréquentent notre école, mais encore à leurs sœurs et autres jeunes filles que les parents envoient à ces instructions. De plus pendant un certain nombre de mois, le catéchisme de celles qui doivent communier au printemps se fait plusieurs heures chaque semaine. En 1854, on voulut en vain calculer le nombre des enfants qui avaient passé par l’école gratuite des externes ; il doit s'élever à un chiffre considérable.

Revenons maintenant à notre pensionnat, et passons rapidement en revue Je vieux Registre, de 1776 à 1800. Tels que donnés par les parents et inscrits sur nos registres, ces noms nous paraissent passablement tronqués : triste influence d’une époque où l'on osait à peine laisser apercevoir son origine !

Le nom de Mgr. Briand figure à bien des reprises, tant dans la liste qui précède que dans celle qui va suivre, com > protecteur des enfants de ces anciennes et honorables familles dont parle M. De Gaspé dans ses “ Anciens Canadiens,” familles tombées dans la misère par le malheur des temps.

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