MGR. BRIAND
Mgr. Husites pastoue en chef, tions.
travaux et des affaires gr. Plessis, ritait d’une
bonne part du fardeau, l’évêque en titre de Québec étant trop faible de santé pour administrer par luimême ce vaste diocèse.
Mgr. Hubert est donc véritablement l'intermédiaire entre Mgr. Briand et Mgr. Plessis, et son auréole ne s'efface pas même entre ces deux grandes figures. Il était digne de recueillir, pendant dix ans, les derniers rejaillissements de l'intelligence et les sublimes élans du cœur du premier, tandis qu’il donnait au second le temps de mûrir son expérience et de s'exercer à la lutte.
Après avoir été un des membres les plus distingués du Séminaire de cette ville, et premier Supérieur canadien de cet établissement, M. Hubert préluda à ses futurs travaux en se livrant aux missions difficiles et lointaines. Nous l’avons vu missionnaire au Détroit, lors de sa nomination comme coadjuteur; dès le printemps de 1787, selon notre Récit, il parcourait la houlette à la main les paroisses du diocèse.
Evêque en titre de Québec en 1738, son zèle sembla prendre une nouvelle vigueur. En 1796, ‘“ voulant poursuivre plus loin ses visites pastorales, Mor. notre digne prélat partit le 20 juillet pour la Baie des Chaleurs, accompagné de M. Desjardins son G. V., et de deux autres prêtres français émigrés, tous deux destinés à rester dans cette mission lointaine : l’un se nomme M. Castanet et l’autre est M. Desjardins, frère du premier. Sa Grandeur fut reçue avec une joie extraordinaire par ces pauvres gens, d'autant plus qu’ils n'avaient jamais vu d’évêque en ces lieux. Tous dans des transports inexprimables allèrent au-devant de lui et le reçurent sous le dais en chantant le verset: Benedictus qui venit in nomine Domini. Mgr. travailla avec zèle et succès aux pénibles fonctions de la visite et ne revint ici que sur la fin d'octobre, chargé des dépouilles qu’il avait remportées sur l’ignorance et le vice, mais aussi, accablé des fatigues qu'il avait soutenues à son retour, ayant fait plus de 150 lieues par terre, le plus souvent à pied.”
Ce pénible voyage altéra la santé du Prélat d’une manière irrélæ]
paruble, ‘ Il est bien à craindre, écrivait l'Annaliste au printemps de 1797, que cette maladie, résultat de fatigues excessives, n'ait des suites fâcheuses. Ce serait une grande perte pour tout le diocèse.” La prévision ne se réalisa que trop.
Au mois de septembre suivant: ‘ Mgr. de Québec, sentant ses forces s’affaiblir, et craignant d'exposer la perpétuité de l'épiscopat en son diocèse, résigna son évêché à Mgr. Denaut, ci-devant évêque de Canathe et son coadjuteur. Cette cérémonie eut lieu le jour de la fête du sacerdoce, où le nouvel évêque de Québec fut salué de tout le clergé. On s’occupa aussi de nommer” un coadjuteur ; le choix tomba sur M, J, O. Plessis, curé de Québeo, et l'on écrivit aussitôt à Rome pour obtenir ses Bulles ; mais ilest à craindre que les choses ne réussissent pas à notre gré, en conséquence des troubles qui agitent l'Italie.”
Le naïf Récit va maintenant nous révéler, dans le détail de ses derniers moments, l'énergie persévérante de l'apôtre de J, C. 4 Quantà Mgr. l'Ancien (Mgr. Hubert), se persuadant que l'air de la campagne pourrait rétablir sa santé, ou plutôt tirant des forces de sa faiblesse et voulant mourir les armes à la main, il demanda et obtint la cure du Château Richer, côte de Beaupré, Il partit vers le 20 sept. avec M. Raïmbault, notre chapelain, qui devait être son vicaire. À peine y eut-il été quinze jours qu'il se sentit plus mal et fut transporté à l'Hôpital-Général, où il mourut le 17 octobre, un mois et quinze jours après sa démission, beuucoup plus chargé de vertus et de mérites que d'années; ce digne prélat n'étant que dans la 59e année de son âge, Il comptait 31 ans de prêtrise, et près de 12 ans d’épiscopat. Cette dignité fut toujours un véritable fardeau pour son humilité, il ne consentit à sa nomination que pour ne pas s'opposer à la volonté de Dieu.
4 I] fut inhumé dans sa cathédrale avec les honneurs dus à sa dignité. M. Desjardins, prêtre français, V. G., fit son oraison funèbre. Elle attira l'attention des auditeurs. Le plus habile peintre n’eût pas mieux réussi à tirer le linéament du visage du prélat défunt, que l’éloquent prédicateur à faire le portrait de son caractère et de ses vertus. Ce monsieur eut la bonté de nous en faire la répétition à la grille du chœur.
‘ Mer. Hubert légua par son testament le peu de bien qui lui
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restait aux hôpitaux et aux pauvres. Il nous avait donné peu auparavant 1921liv. Il s'est souvent privé du nécessaire en faveur des indigents. Il fit venir à ses frais, ces années dernières, plusieurs prêtres français émigrés, qui sont tous de fervents ouvriers travaillant avec zèle à la gloire de Dieu et au salut des âmes, 1l a aussi établi pour les enfants pauvres, des écoles publiques qu'il entretenait à ses dépens, voulant s'il lui eût été possible bannir de son diocèse l'ignorance, suurce funeste de l’impiété et du libertinage. Sa sollicitude pastorale ne se borna pas à; il regardait les communautés religieuses, comme une des principales portions de son troupeau et leur adressa, le 27 février 1789, une lettre remarquable, dont nous faisons tous les ans lecture le jour de la rénovation des vœux. Les originaux se conservent dans les archives.
“ Mgr. Hubert témoigna toujours beaucoup de bienveillance à notre communauté, il nous fit même l'honneur, le 18 oct. 1796, de conférer dans notre église les ordres sacrés à M, l'abbé Taschereau, en considération de notre Rév. Mère Supérieure, la Mère St. François-Xavier, tante du jeune prêtre.”
Nous citerons quelques extraits de la lettre dont il est parlé plus haut; on y verra quel esprit animait le saint Evêque.
‘,,,... Les vierges chrétiennes étant, selon St. Cyprien, la plus illustre portion du troupeau de J. C., ont droit plus que tout autre à mes soins et à ma vigilance. Je n'ignore pas d’ailleurs de quelle utilité sont les communautés bien réglées, ici, pour détruire l'ignorance, source de tant de vices; là, pour le soulagement des pauvres ct des malades; partout, pour le maintien de la vertu et la sanctification du monde... Aussi regardai-je l'institution des ordres religieux dans l'Eglise comme un des plus précieux dons que Dieu ait faits à son Eglise. Quels magnifiques éloges les saints Pères n'en font-ils pas? Etat sublime, asile sacré des vertus, chemin assuré de la perfection, image vivante du ciel...”
Parlant de la pauvreté ‘ Heureux dépouillement, dit-il, qui vous met en état de dire. Deus meus et omnia, mon Dieu est mon tout |... [a chasteté....c'est cette précieuse vertu....qui donne à la religion de véritables héros; à J. C., des favoris intimes ; à la nature humaine, quelque chose de plus que des hommes ; au ciel,
ses principaux citoyens. ÆElles est la ressemblance des anges, l'admiration des hommes, et l’ornement de l'Eglise. Que ce soit donc avec toute sorte de soins que vous gardiez votre cœur, vous dit le St. Esprit. L
“ Ce qui regarde l’obéissance surtout nous sera toujours infiniment à cœur : c’est l’observance de ce vœu qui seule peut maintenir vos communautés dans la réputation de maisons régulières... Ayez donc, nos très-chères filles, une affection toute particulière pour cette vertu. Elle est bien chère à J. C. puisqu'il aima mieux dit St. Bernard, perdre ta vie que de perdre l'obéissance. Elle complète et comble de mérite votre consécration au Seigneur ; le don irrévocable de votre volonté a été le plus grand hommage que vous puissiez lui faire : après ce dernier sacrifice, il ne vous reste plus rien en propre...
“Voici un quatrième vœu qui doit vous être bien précieux (puisque vous portez le nom d’Ursulines), c’est celui d’instruire les jeunes personnes de votre sexe; c’est lui qui vous rend chères à la société, à qui vous rendez un des plus importants services : ini qui vous fait protéger d’un gouvernement dont les principes en watière de religion sont si différents des vôtres; lui enfin qui m'attache si fort moi-même à votre conservation, qu’une des plus grandes consolations de mon âme est de vous voir acquitter sc meusement de ce glorieux devoir..…....Mais que de vertus dans la pratique ne demande pas cette sublime vocation ? Elles sont détaillées d’une manière si intéressante et si circonstanciée dans le livre de vos Constitutions et de vos Règlements, que vous souffrirez que je vous y renvoie.
‘ Après la matière de vos vœux, nos très-chères filles, je ne vois rien qui intéresse davantage le bien de vos maisons que la charité mutuelle. C’est par elle qu’on y vit et qu’on y respire: elle unit tellement les personnes de différentes familles et souvent de différents climats, qu’elles ne font, pour ainsi dire, qu’une seule personne : mêmes sentiments, mêmes principes, mêmes vues, mêmes fins... Pour tout dire en un mot, en s’aimant d’un amour tendre, elles soutiennent l’aimable nom de sœurs qu’elles portent…....Filles du même Père, épouses du même Sauveur, sous la même règle, sous le même habit, sous le même toit, unies sur la terre, espérant
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être à jamais réunies dans le ciel, n’ayez donc entre vous qu’un cœur et qu'une âme. Que votre charité soit patiente en supportant vos défauts, en excusant vos imperfections, en faisant grâce à vos intentions ; qu’elle soit bienfaisante, en vous prévenant mutuellement, en vous soulageant dans vos besoins, en ayant les unes pour les autres, tous les égards que la règle autorise et prescrit ; qu’elle soit universelle, sans penchant pour celle-ci, ni dégoût pour celle-là, sans acception ni exception de personne ; enfin, qu’elle soit constante en durant autant que votre vie. Oui, la mort seule doit les rompre ces liens qui vous unissent. Que dis-je ? elle les perfectionnera, parce que vous vous aimerez encore plus parfaitement dans le sein de Dieu même, centre de nos cœurs et terme de notre bonheur..."
Par le fait même de la démission de Mgr. Hubert, Mgr. Denaut devenait évêque de Québec; nous verrons ailleurs quels furent les rapports du nouveau pasteur avec notre Monastère. Disons maintenant que sacré à Montréal le 29 juin 1795, ‘‘ à la grande satisfaction des citoyens,” il avait continué à desservir la paroisse de Longueuil. “Devenu évêque de Québec, il essaya d'établir sa résidence dans sa ville épiscopale ; mais sa santé ne s’accommoda pas de ce changement et il résuma ses anciennes fonctions comme curé de Longueuil. M. Plessis, coadjuteur élu et G. V. est resté chargé des affaires du diocèse et nous tient lieu de Supérieur.”
C’est sous l’irradiation de cette grande figure que nous verrons s’inaugurer en Canada le 19e siècle.
$ 11.—LE NovictAT, LE 1789 À 1800 ; UNE CÉRÉMONIE DE VÊTURE.
Dans l'été de 1789, il n’y avait au noviciat que trois professes de chœur ; pas une seule novice ou postulante. La fête du 150e anniversaire semble avoir un peu réveillé la ferveur ; cependant les vocations continuent d’être assez cluir-semées jusqu’à la fin du siècle. Les
deux jeunes Dlles. qui furent les premières à se présenter sont:
Le 8 septembre 1789, Mile. Marie Josephte (1) Méthot, âgée de 17 ans, native de la Pointe-aux-Trembles, fille de M. Joseph Méthot et de Mme. Geneviève Lauriot. Elle prononça ses vœux sous le nom chéri de Marie de l'Incarnation, au milieu d’un grand concours de spectateurs entre lesquels figurait $S. A. R. le prince Edouard, duc de Kent.
Le 31 octobre suivant, Mlle. Genev. Julie Berthelot, fille de M. Charles Berthelot, marchand de Québec, et de Mme. Genev. Channazard. Sa mère, qui redoutait beaucoup cette séparation, l'avait retenue sous le toit paternel jusque dans sa 24e année, Enfin elle la laissa libre de suivre ses pieux penchants et la jeune novice fut bientôt transformée en cette aimable et fervente Mère St. Joseph que nous avons connue, et dont les petits-neveux et nièces se retrouvent dans les familles Faribault, Berthelot, Planté et Doucet, Nous pensons aussi que ce sont là les Berthelot d’Artigny dont parle Bibaud dans son ‘“ Panthéon Canadien.”
Le 2 juin 1791, la sœur aînée de Geneviève, Mlle. Thérèse Genev. Berthelot, confuse sans doute de s'être laissée devancer dans la voie parfaite, arrivait aussi au noviciat âgée de 26 ans. Elle porta le nom de St. François d'Assise,
Les Mères St. Joseph ei St. François étaient sœurs de M. Chs. Berthelot, ordonné prêtre en 1788, après un cours complet d’études au Petit Séminaire de Québec, et aussi de M. Ls. Gonzague Berthelot, catholique toujours fervent quoique employé constamment dans des institutions de commerce protestantes.
Mais laissons à la vénérable veuve à nous faire faire connaisgance avec son intéressante famille, dans une lettre où elle se dépeiut elle-même. Cette lettre parvenait à nos deux religieuses
(1) Notre postulante se trouve grand’ tante des familles Lauriot actuelles de la Pointe-aux-Trembles; elle est également parente de plusieurs familles Méthot, de F. X. Méthot Ecr., fondateur de la maison de commerce Méthot, Simard et Chinic, maintenant Chinic et Méthot ; de M. l’abbé E. Méthot Professeur et Directeur de l’Université-Laval, de M. l’abbé Eug. Méthot récemment ordonné prêtre etc., etc.
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au commencement de l’année 1814. Mme. Berthelot, alors retirée auprès de son fils, M. l'abbé Berthelot, charmait les ennuis de sa vieillesse et de son isolement en priant Dieu et en pensant à ses enfants. La lettre est écrite sous dictée par une main étrangère, mais comme pour mettre le sceau à ses bons avis, la signature est d'elle-même.
‘“ Mes chères Filles, —Il y a longtemps, ce me semble, que je n'ai point reçu de vos nouvelles, ni du reste de ma famille à Québec: on dirait que vous êtes tous morts. Comment allez-vous ? comment vont Gonzague et sa femme? Lisette et Planté avec leurs enfants ? mon frère et ma sœur ? Je n’entends plus parler d'eux. Ah! si je pouvais écrire, que je fasse à votre âge, quand même je serais religieuse, il me semble que j'échapperais plus souvent un instant pour écrire à ma mère! Mais vous êtes bien les sœurs de votre frère; il n'aime pas à écrire, et je crois que vous lui ressemblez un peu en cela. Pourtant j'aime à penser que je me trompe, et que vos lettres ne parviennent pas aisément à leur adresse. Si vous m'écrivez bientôt, (et le plus tôt, ce sera le meilleur), acheminez-les exactement; vous pourriez les remettre au soin de M. Sauvage, prêtre du Séminaire de Montréal.
“# Je vous dirai naturellement que par temps je m'ennuie. Je ne puis plus, et on ne veut pas me laisser faire tout ce que je faisais il y a quelques années. Mes oreilles s’endurcissent, ma vue s’affaiblit; je ne puis plus lire le soir. Je tricotte encore un peu, mais ça me fatigue dans le dos. Ah! mes pauvres enfants, que la vieillesse est une chose triste! Point, ou très-mince société ici, toujours vis-à-vis les uns des autres, sans avoir rien de nouveau à se dire; il y a quelquefois de l'ennui à essuyer: mais il faut se consoler avec le bon Dieu. Priez-le pour moi, afin qu’il m’accorde la grâce de me soumettre à sa sainte volonté en toutes choses; dans l’affliction comme dans la consolation, dans l’infirmité comme dans la santé, enfin dans le temps pour l'Eternité. Le curé espérait sortir d'ici cet automne. Il dit qu’il s'y déplaît beaucoup. Il peut avoir quelque raison. Du reste, il se porte mieux qu’il n’a fait depuis bien du temps; il faut en remercier le bon Dieu.
“ Parlons actuellement des Bostonnais. Vous en avez eu, je
suis sûre, plus de peur, pour nous et pour vous, que nousmêmes. Voilà ce que c’est que d’être éloigné du théâtre; les objets grossissent de loin, et de près, on voit au juste ce qu'ils sont. Eh bien! on s’est familiarisé à entendre parler de guerre, à voir aller et venir à tous moments des soldats, des miliciens, des gens de corvées, à apprendre r îme quelques alertes, qui ont donné, il faut l'avouer, quelques ;etits frissons pour un instant, mais qui enfin, Dieu merci, se sont évanouies en fumée, Dieu veuille que nous soyons quittes à aussi bon marché pour l’année prochaine! Nous avons tout mis entre ses mains. S'il faut que nous ayons la gucrre l’année prochaine, j: ne sais ce que nous deviendrons, car il n'y a rien dans ces contrées-ci, et le curé ne se flatte pas d'avoir cent minots de blé, cette année ; —et pour tout cela, il ne se démonte pas et prend sa tasse de café tous les jours: il sera assez tôt de s’en passer quand il n’y en aura plus.
“Je me rappelle que Julie doit avoir fait sa première communion vers le 15 août dernier : il me semble qu’elle me l’a écrit cllemême. J'ai prié le bon Dicu pour elle ce jour-là, et le prie tous les jours qu’elle en conserve la grâce et s'en rende digne de plus en plus. Lorsque vous verrez Lisette, dites-lui que je suis trèscontente de ce que presque tous ses enfants ont eu ce bonheur ;— car je suppose que Charles l’a faite aussi. Cela doit faire six communiants dans sa famille. Qu'elle prenne bien garde de négliger ou de s'éloigner de la communion. C’est souvent la seule ressource et la seule consolation dans la vie, dans le ménage. Ditcs-lui bien que c’est moi qui dis cela.
‘ Faites mes amitiés au cher Gonzague et à la chère Lilique. Elle a perdu son dernier enfant ; le bon Dieu sait bien ce qu'il fait. Ils sont heureux dans le ciel. N'oubliez point mon frère et ma sœur, mon gendre, mes petits-enfants. Je porte tous ces gens-là dans mon cœur ; il serait trop long d'écrire tout ce que je sens pour eux. Je les embrasse de tout mon cœur.
“ Pour vous, mes chères filles, qui avez choisi la meilleure par’, estimez infiniment votre état. Jouissez de la paix, de la solitude. Pensez à moi dans vos prières, comme je ne vous oublie pas dans les miennes. Recommandez-moi à toutes vos sœurs, que
s, que nous- 1 théâtre; les ce qu’ils sont.
œuerre, à voir ens, des gens ai ont donné, instant, mais
Dieu veuille r l'année pro- S'il faut que ce que nous ci, et le curé te année ; —et tasse de café and il n’y en
emière commune l’a écrit elleet le prie tous digne de plus ue je suis trèsce bonheur ;— doit faire six bien garde de souvent la seule ns le ménage.
chère Lilique.
bien ce qu'il oint mon frère porte tous ces tout ce que Je
meilleure par’, ix, de la soline vous oublie s VOS SŒUTS, QUE
je salue très-respectueusement, et me croyez, mes chères Filles, Votre tendre et affectionnée mère, —(hannazard, veuve Berthelot.” “15 déc. 1812.”
Reprenons notre coup-d’œil à l’intérieur, revenons au milieu de cette fervente troupe d'Enfants de Marie et de Ste. Angèle, encore plus désireuses de se dérober aux yeux du monde, que les jeunes filles frivoles ne sont ardentes à se produire et à mendier les hommages.
Voici une autre de ces bonnes Mères que nous avons connues et aïimées, la Mère Judith Angélique de la Ferrière &e Ste. Marie. Elle était fille de M. Chs. François de la Ferrière et de Mme. Angélique Roy (1). Née et élevée à la Noraye, elle perdit jeune encore ses parents et fut laissée sous la tutelle de son beau-frère, M. Ricard, père des deux prêtres de ce nom. Ce bon protecteur la mit au pensionnat dans sa treizième année. Elle se rencontra alors au Monastère avec un nombre considérable d'élèves d’une haute piété, entre autres, les Dlles. Berthelot, Louise Panet, Olive Roy, Mary (Polly) MeCord, Eliz. Dougherty, M. Anne Borgia, M. Ursule Borne et M. Louise McLaughlin. Plusieurs d’entre elles furent appelées à la vie religieuse; les autres, destinées par la Providence à édifier le monde, y portèrent l'exemple des plus belles vertus chrétiennes.
Mlle. de la Ferrière ne fut pas longtemps à balancer dans son choix; le 26 avril 1795, elle commençait son temps de probation dans la carrière d’Ursuline.
Le 5 avril 1796 entrait au noviciat, à l’âge de 21 ans, Mlle. M. Elizabeth Blais, née et baptisée en la paroisse de St. Thomas, fille de M. Jos. Blais et de Mme. M. Elisabeth Michon. Elle prit le voile sous le nom de Ste. Monique. Nous en dirons un mot plus tard.
(1) Les familles Roy sont très multipliées à Québec et à Montréal comme marchands, artisans etc; mais c’est surtout dans les comtés de Lévi, Beauce, Dorchester, Bellechasse, Montmagny, de l’Islet, qu'on les trouve dans les rangs honorabies de cultivateurs aisés: leurs enfants ont fréquenté nos classes. Nos anciennes élèves devenues Madame Chauveau, Madame Hamel, étaient sœurs de l'Hon. Juge Roy, de Ths. et de F, X. Roy Ecrs., de Québec, etc.
Trois amies intimes de Mile. de la Ferrière marchèrent de près sur ses traces. Ce fut d’abord Mlle. McLaughlin, qui après bien des combats et des actes de courage et d'énergie, commençait le 21 novembre 1797, à l’âge de 17 ans, cette carrière qui devait la rendre à jamais chère à cette maison.
Le 9 mars 1798, se présentait au noviciat Mlle. Elisabeth Dougherty, parente nous a-t-on dit, de M. l'abbé P. Doherty, récemment ordonné prêtre, ainsi que d’une de nos jeunes sœurs ; nous donnerons ailleurs la notice de la Mère St. Augustin, religieuse remarquable par sa capacité et sa vertu.
Le 15 avril suivant, à l’âge de 19 ans, Mlle. Louise Olive Roy, connue en religion sous le nom de St. Paul. Elle était fille de M. Frs. Roy, de Québec, et de Mme. Louise Lapérade. On trouve dans le registre que la famille de Lanaudière et son frère Charles fournirent une partie de sa dot. La Mère St. Paul, d'une régularité et d'une ferveur exemplaire, fut sur le point de partir en 1822, pour porter secours aux Ursulines de la Nouvelle- Orléans ; elle était alors maîtresse des novices. La Providence, qui la destinait à faire bientôt le voyage de l'éternité, suscita des obstacles qui empêchèrent son départ. Elle mourut saintement en 1826. :
Un mot maintenant de cette bonne Mère St. Henri, au nom de laquelle se rattachent tant de belles actions et d’agréables souvenirs,
Dile. Marie Louise McLaughlin, fille de M. Jean MeLaughlin et de Mme. Angélique Fraser (1), naquit à la Rivière du Loup (en bas de Québec), vers l’année 1780. Comme il n’y avait alors ni église ni curé dans ces parages, c’est à Kamouraska qu’elle fut baptisée. Vers l’âge de 6 ans, sa mère l’am:: : } Québec pour voir son grand-père, M. Simon Fraser, qui vivait retiré dans sa
(1) La famille Fraser, dont le nom se multiplie sur nos listes d’éléves après la conquête, se partagea de bonne heure les seigneuries de la Rivière du Loup, St. André, Cacouna, etc. en partie celle de la Malbaie. Le Col. S. Fraser était fils de lord Lovat qui périt sur l’échafaud dans la cause des Stuarts. Il était à la tête de ce régiment écossais qui se battit avec tant de bravoure en 1759 et 60. Une famille Fraser se trouve alliée par les femmes, pensons-nous, à la famille du Dr. Michaud de Kamouraska, dont les enfants connaissent
rent de près L'après bien mmençait le ui devait la
, Elisabeth P. Doherty, unes SŒuTs ; gustin, reli-
e Olive Roy, tait fille de pérade. On et son frère re St. Paul, Je point de la Nouvelle- Providence, , suscita des saintement en
i, au nom de bles souvenirs.
McLaughlin ière du Loup y avait alors a qu'elle fut Québec pour etiré dans sa
os listes d’élèseigneuries de elle de la Malpérit sur l’éête de ce régi- 59 et 60. Une
ons-nous, à Ja is connaissent
résidence sur le Cap. Le vieux Colonel ayant pris Marie-Louise en grande affection voulut absolument la retenir chez lui. Il connaissait les sentiments de monsieur et de madame McLaughlin en matière de religion; cependant il ne fit pas apprendre à l'enfant d'autre catéchisme que le eredo écossais de la Réforme, lui interdit l'exercice de la religion catholique et l’envoya à une école anglaise protestante.
Quand Mme. McLaughlin, (que nous avons bien connue dans les jours de sa belle vieillesse), fut informée du projet de son père, elle vint en toute hâte de la campagne pour réclamer sa fille. Le vieux militaire refusa de la rendre et fit force menaces de les déshériter tous. M. McLaughlin, homme extrêmement pacifique, crut qu’il pouvait patienter un peu, vu surtout que Mme. Fraser, (qui était canadienne), instruisait en secret sa petite-fille et la fortifiait dans son attachement à la foi. Ce fut à 15 ans que Mile. MecLaugblin fit son abjuration et se montra ouvertement catholique, Cet acte solennel eut lieu dans la chapelle des Messieurs du Séminaire, en présence de M. le G. V. Gravé, directeur de la communauté, et de M. John McLaughlin, père de la jeune Dlle. Elle avait été préparée à la réception des sacrements par M. Ls. Phil. Desjardins, qui eut toujours dans sa reconnaissance la place due à un premier père spirituel.
Te grand-père Fraser permit enfin à Mlle. McLaughlin d'entrer au couvent comme pensionnaire, tout en défendant qu'on en fit une religieuse. Mais bientôt se développèrent dans le cœur de la jenne fille toutes les plus fortes inspirations du cathoïicisme, et elle ne songea plus qu’à offrir en holocauste au Seigneur, avec son cœur, son âme et toute sa personne, les heureux dons dont elle était ornée.
Cependant, le vieux colonel la surveillait de près. S’apercevant qu’elle goûtait beaucoup la vie du couvent, il trouva moyen
depuis longtemps la route qui conduit à notre pensionnat. La famille Fraser, en s’alliant à des canadiennes, est devenue en bonne partie aussi canadienne que catholique ; M. l’abbé Ferland fait quelque part la remarque que cet heureux changement a eu lieu à l’égard d’un grand nombre de militaires établis dans le pays après la conquête, surtout à la Malbaie appelée aussi Murray Bay.
de la retirer. La jeune Dlle. n’en persévéra pas moins dans son pieux dessein, et en dépit des menaces les plus formidables, elle écrivit à la Mère St. François-Xavier, la conjurant de lui accorder l'entrée du Monastère en qualité de postulante. Par la réponse que nous transcrivons ici, nos lectrices verront que les religieuses comptaient beaucoup sur la bonne foi et l'honneur du Colonel, connu au Monastère depuis l’époque du grand siége de 1759.
‘# Mademoiselle, —Vous êtes reçue avec satisfaction de la communauté. Nous sommes toutes bien assurées que vous ne serez point déshéritée, par conséquent nous nous en tiendrons à vos droits.
‘“ Je viens d’en écrire à M. Gravé, je lui dis que vous irez le trouver aujourd’hui, pour qu'il vous présente à Mgr. de Québec, afin de recevoir sa bénédiction.
“Je vous souhaite bon courage, et suis votre affectionnée Mère, — Sr. St. Frs. Xavier, Supre.”
‘ Ursulines, 3 septembre, 1797.”
Mlle. McLaughlin retarda encore de trois mois son entrée craignant d'attirer quelque fâcheux contre-temps sur sa famille. Enfin le colonel ayant dû entreprendre un assez long voyage, la fuite d'Egypte s'exécuta aussitôt, et la nouvelle lui en fut transmise par lettre avec tous les ménagements possibles, ce qui n’empêcha pas une explosion plus que franche du mécoutentement du vieux militaire. Heureusement, la tragédie n’eut rien de plus sérieux, jamais depuis il ne fut question des redoutables menaces.
La future Ursuline avait déjà bien combattu, cependant elle n’était pas encore soldat de J. ©. par la confirmation. Ce fut le 27 fév. 1798, au jour de sa vêture, qu’elle reçut ce sacrement qui répand dans l’âme l'abondance des dons du St. Esprit ; elle le reçut au moment même où elle allait quitter les vêtements de l’homme terrestre pour se revêtir des habits bénits par l'Eglise, symboles d’humilité, de mortification et d’innocence.
Quels étaient les sentiments de la jeune vierge quand, l'âme encore tout imprégnée de l’onction de l'Esprit sanctificateur, elle vint se réunir à la communauté déjà rangée dans l’avant-chœur pour la cérémonie de sa vêture |
Les cloches du Monastère s’agitent, les chœurs entonnent, O gloriosa virginum, tandis que, le visage voilé, et revêtues de
ins dans son nidables, elle > lui accorder ir la réponse 2s religieuses * du Colonel, le 1759.
on de la comvous ne serez 18 À vos droits.
> vous irez le
r. de Québec,
e affectionnée r, Supre.”
is son entrée sur sa famille.
png voyage, la fut transmise qui n’empêcha hent du vieux e plus sérieux, na ces.
ependant elle ation. Ce fut eçut ce sacredu St. Esprit ; les vêtements ts par l'Eglise,
quand, l'âme tificateur, elle l'avant-chœur
rs entonnent, t revêtues de
leurs longs manteaux, les religieuses s’avancent lentement vers l'autel, marchant sur deux lignes à la suite de la croix. La jeune fiancée du Seigneur est transportée au ciel : elle se croit déjà en compagnie de la Vierge immaculée dont on chante les louanges et la gloire ; elle voit cette proccssion éternelle qui forme le cortége de l’Agneau partout où il va... Mais suivons nous-mêmes l'heureuse débutante dans cette touchante cérémonie.
La voici maintenant prosternée au pied de l'autel. ‘ O Jésus qui sous les bannières de la gloricuse vierge Marie, votre mère, avez élevé et choisi dans votre Eglise un ordre que vous avez voulu appeler du nom de votre martyre, la bienheureuse vierge Ursule, faites par votre bonté que celle dont nous honorons et respectous la mémoire, fortifie de son secours en cette vie sa famille bien-aimée, et lui obtienne en l’autre les joies de l’immortalité. Amen.”
Le célébrant bénit le cierge, il met à la main de la jeune vierge “ cette lampe de la foi et de la charité, dont la lumière et l'ardeur doivent à jamais éclairer et vivifier son âme, afin qu'elle puisse aller dignement à la rencontre de l'Epoux.” Et la postulante de faire une nouvelle protestation de ses sentiments, afin que l'Eglise appelle avec plus d'efficacité sur elle les bénédictions qui préparent aux noces mystiques de la profession religieuse.
Monde, désormais tu n'auras plus rien à dire, l’aspirante a paru devant le tabernacle de J. C ; c’est l'autorité la plus imposante, le député de ia sainte Eglise, qui l’2 interrogée ; elle a répondu librement et pour elle-même. Si elle préfère aux promesses de bonkeur du siècle et à ses charmes passagers, {a miséricorde de Dieu ; à l'éclat des parures mondaines, le saint habit de la religion ; aux affections de la terre, la charité de l'Ordre, aux conversations terrestres, aux réunions bruyantes, la société des mères et des sœurs ; monde pervers, arrête, ne condamne pas ; respecte au moins son choix si tu n’es pas capable d'en comprendre l’élévation, le bonheur et la gloire.
La jeune fille continue, et tout haut elle proteste que, moyennant le secours de Dieu et les prières de la communauté, elle espère porter jusqu’à la fin de sa vie, pour le seul amour et la crainte de Dieu, le doux joug des conseils évangéliques. Alors le.célébrant, satisfait de ces dispositions, se lève et dit en joignant les mains :
‘“ Que Dieu perfectionne ce que lui-même a commencé! Qu'il bannisse de votre cœur le vieil homme et ses œuvres |”
La postulante, qui n’a repris un instant les pompes du monde que pour montrer le peu d'état qu’un chrétien doit en faire, sort avec allégrest+ pour s'en dépouiller à jamais, laissant les vierges du sanctuaire à célébrer de nouveau leur propre délivrance de la terre de perdition par le psaume Zn exitu Israël de Ægypto ; psaume où se peignent si bien les sentiments de l'âme religieuse, ses transports de gratitude, son anéantissement À la vue des œuvres de Dieu en sa ferveur: Von nobis, Domine, non nobis ! Psaume où, de sa nouvelle terre promise, l'âme consacrée à Dieu regarde avec compassion les enfants du siècle se prosternant devant des idoles aussi vaines que l'or ct l'argent, le plaisir, la gloire, les satisfactions passagères ! ‘Nous sommes, Seigneur, ce peuple dont vous vous êtes souvenu, que vous avez bénil Le Dieu qui nous a bénies, c'est celui à qui appartient le ciel des cieux ; il à donné la terre aux enfants des hommes. Seigneur, ceux qui sont morts, morts à la vie de la grâce et à votre amour, ne sauraient vous louer non plus que ceux qui descendent en enfer. Mais nous qui vivons, nous qui surabondons de vos bienfaits, nous vous bénissons, Ô Seigneur, maintenant et à jamais!” Estil possible .’entendre le chant de ce psaume sans se sentir tout ravi et pénétré des sentiments qu’il exprime ?
Cependant, la nouvelle novice a revêtu l’humble tunique et la robe flottante; le long voile blanc a été jeté sur sa tête. Les portes s'ouvrent de nouveau ; les chœurs tressuillent et se lèvent; les chants sont suspendus......Quæ est ista, reprend une voix à laquelle d’autres se joignent bientôt, tandis que la novice s’avance, bénissant Dieu de la vérité de ces paroles que l’on chante où elle est proclamée pleine de délices et appuyée sur son bienaimé Sauveur qui déjà lui montre la couronne: Vent sponsa mea, vent, coronaberis !
L'Eglise a voulu bénir des plus amples bénédictions tout ce qui doit être à l’usage de la nouvelle fiancée; elle lui dit maintenant, par la bouche du célébrant, la profonde signification des habits qu'elle lui donne. La Pauvreté l'a déjà revêtue de la serge grossière, La Mère Supérieure lui met la ceinture de cuir :
nencé! Qu'il À da du monde que aire, sort avec es vierges du nce de la terre to ; psaume où use, ses transeuvres de Dieu ume où, de sa regarde avec ant des idoles oire, les satise peuple dont Le Dieu qui iel des cieux. ; neur, Ceux qui amour, ne saudent en enfer.
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4 Quand vous étiez jeune, dit l'Eglise par l'organe de son ministre, jeune dans la science des choses de Dieu, vous vous ceigniez vousmême et vous alliez où vous vouliez; maintenant que vous avez grandi dans la connaissance de vos devoirs, un autre vous ceindra, vous n'aurez plus de volonté que celle de vos supérieures, dépositaires de l'autorité divine :”” voilà l’Obéèssance. Le voile béni, c'est le symbole du vœu de Chasteté : ‘ Recevez ce voile immaculé, emblême de la pureté intérieure, afin que vous puissiez suivre l’Agneau sans tache, et marcher à sa suite dans la blancheur de l’innocence.”” Elle reçoit le manteau : “ Que le Seigneur vous rende la robe d'immortalité que vous aviez perdue par la prévarication de votre premier père.”
‘# © Seigneur, reprend le célébrant, écoutez nos supplications et daignez bénir votre servante, que nous venons de revêtir en votre nom de l’habit de ce saint ordre; faites par vos bontés ineffubles, qu’elle persévère pieusement dans. votre Eglise et mérite la vie éternelle, par J, C. N. S.”
La jeune vierge sur qui se font ces souhaits et ces bénédictions est heureuse sans doute; mais plus heureuses encore sont celles qui ont déjà fait expérience de la suavité du joug du Seigneur; elles aussi ont besoin de renouveler leurs ‘protestations et de les renouveler hautement; de là ce dialogue animé, cette lutte en quelque sorte, où les anciennes semblent le disputer avec la nouvelle élue, en ferveur, en bonheur et en reconnaissance. ÆRegnum mundi: l'empire du monde, son éclat et ses grandeurs, chante chacune, j'ai méprisé tout cela pour l’amour de N. $S. J. C., que j'ai connu, que j'ai aimé, en qui j'ai cru, et qui fera à jamais les délices de mon âme.”
‘Mon cœur a proféré une bonne parole, reprend la jeune vierge ; j'ai consacré mes œuvres au Roi.”
# Que j'ai connu, continue le chœur avec empressement; que j'ai aimé, en qui j'ai cru, et qui fera à jamais les délices de mon âme.” Quel est celui qui, entendant ce Quem vidi, quem amawi, n’a pas cru que la note en avait été apportée du ciel ?
Mais la base du véritable amour, c’est l’anéantissement de l'orgueil humain :—‘ J'ai choisi, dit la novice dans un profond sentiment des paroles quelle prononce, j'ai choisi d’être abjecte dans
la maison de mon Seigneur Jésus-Christ.” Et les anciennes de répondre : C’est le Dieu “ que j'ai connu, que j'ai aimé, en qui j'ai cru, et qui fera à jamais les délices de mon âme !”” Alors la novice se prosterne en terre, les bras attachés en esprit à la croix de J.-C. pendant que l'assistance chante l'hymne Veni Creator Spiritus. L'Eglise s'empresse de bénir cette mort libre et volontaire qui assure la véritable vie de l'âme; elle réitère ses ferventes oraisons, Le baiser de paix se donne à la nouvelle sœur, qui va s'attacher à faire revivre dans la communauté, avec la sainte dont elle vient de prendre le nom, les bien-aimées Mères qui l'ont porté avant elle; et puis l’Æcce quèm bonum, oh ! qu'il est doux en pareille circonstance! Ainsi se termine cette cérémonie, aussi profonde dans les mystères de grâce qu’elle symbolise que belle et imposante,
Voilà, chères lectrices, une longue digression; mais nous y avons été comme entraînée par la circonstance exceptionnelle où se trouvait notre aimable et courageuse novice. L'avenir fera voir que sœur M. Lse. McLaughlin de St. Henri fut fidèle à la grâce, et qu’elle devint à son tour un des plus fermes soutiens de cette maison de Ste. Ursule, véritable Mère d’une communauté qui bénira à jamais ses travaux et son zèle.