‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 64 sur 70 · CL-N · texte numérisé non relu

CL-N

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1 Grange de St.

ous allons nous de St. François, épositaire. Le ur nos lectrices, nee a été le plus yé de faire des j à de continuels élèves, soit pour parle nécessairee des détails que vaste et sûr, elle t qu'elle apportyle gerait même aussitôt corriger d elle traite d’afarrière à l’expansensibilité de son

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HISTOIRE DU MONASTÈRÉ.

pour recevoir l'application du surcroît promis par l'Evangile, il faut, tout en cherchant premièrement le royaume de Dieu, ne se point ménager dans l’administration du dépôt mis entre nos mains par la Providence. Au reste, personne mieux que notre Mère n’a compris que, soutenir le temporel d’une communauté religieuse, c’est maintenir l'édifice spirituel; c’est travailler ‘non pour ie pain qui périt, mais pour celui qui demeure jusqu’à lu vie éternelle.”

Bien que ces pensées résument toute la vie de la Mère St. François, il peut nous être très-utile d'entrer un peu plus avant dans son intimité, de considérer à la fois la femme d'esprit et la parfaite religieuse. Pénétrons donc dans ce cœur si bien fait, dans ce sanctuaire d'élans sublimes qui élèvent l'intelligence jusqu’à la souveraine sagesse, et sans lesquels on ne s’acquiert de droits durables ni à l’estime, ni à la gratitude des générations qui craignent Dieu.

“ Cette chère Mère, dit le Récit, était émue d’une tendre compassion pour les afligés, charitable, bienfaisante à tous. Elle fut mise dépositaire à six différentes reprises, et cela dans un temps où toutes choses nous manquaient après la prise de notre ville. Son économie et sa bonne conduite furent admirables, mais la bonté de son cœur parut plus grande encore, et nous en étions si persuadées que cela adoucissait beaucoup les umertumes et les privations de ces tristes conjonctures. Elle fut une de celles qui eurent le courage de rester ici durant le siége, pour veiller à la conservation de notre Monastère; ce qui lui occasionna pendant longtemps ua surcroît de travail, se trouvant chargée de tous les effets que les séculiers avaient déposés chez nous.

“ Elle aimait tendrement les enfants et leur en donnait des preuves dans toutes les occasions, non-seulement lorsqu'elle était employée auprès d’elles comme maîtresse, mais dans tous les offices qui avaient tant soit peu de rapport avec ce devoir, le plus cher et le plus important pour une Ursuline.”

Nous n'avons pas besoin d'ajouter avec sa notice que la Mère St. François a toujours montré “ une grande droiture d'âme dans sa conduite et le maniement des affaires ;” cette disposition si bien faite pour l'âme chrétienne, qui doit avoir sans cesse

présent le Dieu qui voit et qui juge, était toute naturelle à cet esprit élevé dont l'œil invariablement fixé sur les choses éternelles, dédaignait cette politique qui semble vouloir substituer à la loi de Dieu la fausse prudence du siècle. De cette droiture d'esprit jointe à la sensibilité de son cœur, naissait une délicatesse de conscience que la multiplicité des affaires n’a jamais pu altérer. Nous en avons un exemple frappant dans sa manière d’agir, par exemple, a l'égard des rétributions de messes.

Le petit nombre de prêtres qu’il y avait en Canada ne leur permettait pas de répondre sous ce rapport à la piété des fidèles. La Mère St. François devint comme la dépositaire d’une bonne partie de la population religicuse de Québec et des environs, dont elle recevait les aumônes pour messes, donnant procuration pour prendre le même montant sur les revenus de la communauté en France où les messes devaient se dire. Sa piété lui faisait un devoir de favoriser ce commerce dont le but était divin, puisqu'il assurait aux particuliers, moyennant leur modique aumôûne, une part plus directe, pour eux ou pour les défunts, dans l’offrande de l’auguste Victime ; mais aussi que d’inquiétudes et de perplexités pour celle qui prenait la responsabilité de ces aumônes! Pas une lettre où il n’en soit question. ‘“ Nos intentions de messes sont-elle remplies? On m'a offert encore 3000 liv., mais n'ayant point de nouvelles de France je les ai refusées.” Aïlleurs: “ Vous avez la bonté de me dire dans votre dernière lettre, ma chère Mère, que je puis être tranquille par rapport à l’argent des messes; cependant, je me trouve encore en perplexité à ce sujet ; souffrez que je m'en explique dans la crainte que ma lettre en seconde voie ne vous soit point parvenue. J'y ajoutais la somme de 851 liv., 10s., ce qui ferait un objet considérable de 1703 messes. Mon inquiétude vient surtout des dates des différents billets de messes, dont plusieurs sont antérieurs à ma demande.” Dans une autre circonstance elle écrivait: “ J'étais dans de grandes inquiétudes, ma chère Mère, mais votre dernière lettre m'a mis le cœur fort au large, au sujet des rétributions de messes, dont j'étais comptable, m'en étant chargée devant Dieu et devant les hommes.....La somme ci-incluse est de deux curés, MM. Gervais et Noiseux, qui désirent avoir pour la

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décharge de leur conscience, un certificat du prêtre qui aura acquitté les messes. J'en demande aussi deux pour un père et une mère de nos religieuses, et quatre pour des bienfaiteurs particuliers. J'espère que le nombre de messes pour notre chère défunte a été rempli tout d’abord, à moins que pour la dédommager du délai vous ne lui en ajoutiez trois. Je n'aime pas à devoir aux morts...”

Cette chère Mère n’aimait pas plus à devoir aux vivants, car en date de la même année (1777), elle écrivait: “J'ai eu le plaisir de voir le dépôt acquitté de toute dette, ce qui n’était pas arrivé depuis plus de 30 ans.”

Mais voyons ce que pensait d'elle-même cette digne Mère qui, avant sa dixième année de profession religieuse, s'était distinguée par sa capacité et sa vertu dans les emplois les plus difficiles. En 1776, elle écrivait à Paris: “ Recommandez moi, je vous prie, aux saintes prières de votre communauté, et avec d'autant plus d'instance que le besoin est plus pressant chez moi, et que je suis le plus souvent privée du temps que je voudrais donner à Dieu. Triste sort que d’être supérieure ou dépositaire dans des temps de guerre où +out contribue à accroître les peines et les embarras. J'yp «la tête en entier par la multitude des difficultés. Prenezmoi, je vous supplie, en grande pitié surtout du côté de la dévotion qui malheureusement s’en va bien en décadence...” Dans une autre circonstance : ‘“ Je m’accorde un droit tout particulier aux prières de toutes les saintes âmes qui composent la Communion des Saints; mon extrême pauvreté devant Dieu me mettant du nombre de ceux et celles dont on demande tous les jours la conversion."”"—"t J'ai de la peine à croire à votre extrême pauvreté devaut Dieu, répondait la Mère Ste. Saturnine dans ce sentiment qui anime les saints; ce bon Père ayant soin de vous fournir des moyens de vous enrichir par toutes les tribulations que vous avez à essuyer. Je lui offre toutefois mes prières telles qu’elles sont pour vous et votre chère communauté, espérant que vous ne refuserez pas de m'unir à vos ferveurs.”

Le 15 décembre 1778, la Mère St. François était élue Supérieure. Voici comment elle se présentait en cette qualité à sa correspondante de Paris: ‘......Vos chères et gracieuses lettres

me font voir que vous êtes présentement dépositaire, ayant mis cet adjoint à votre signature. Le témoignege de mon incapacité me couvre de honte à vous dire que j'ai succédé à notre Mère St, Louis de Gonzague, qui occupait la place de supérieure avec une grâce bien autre que je ne puis faire. Mais, j'espère qu’elle reprendra sa charge après les trois ans, et que l’on me fera comme à vous, ma chère Mère, c-à-d., qu’au bout de 36 mois je reprendrai le dépôt. Quelque pénible que soit chez nous cette charge, je la recevrai il me semble avec plaisir si la chose arrive, tant je me trouve embarrassée et mal placée... Ayez égard, je vous supplie, à la triste position où je me trouve, étant d'autant plus à plaindre que je suis, quoique tout à fait incapable, chargée de la conduite d’une communauté dont il me faudra rendre compte à Dieu. Renouvelez-moi, de grâce, l'assistance de vos prières et de celles de toutes nos Rév. Mères et sœurs de Paris, les assurant du sincère et respectueux attachement de notre communauté, qui vous aime et honore dans les sentiments de la plus parfaite reconnaissance.”

Les deux correspondantes étaient dignes l’une de l’autre, comme

on le voit encore par les lignes suivantes: ‘ Je félicite toute votre digne communauté de vous avoir pour leur mère, et prends beaucoup de part au fardeau qu'elles vous ont imposé; car je vous avoue que je plains les supérieures. Quelque bien réglées que soient les communautés, le cœur et l'esprit de la supérieure ont toujours à pâtir. Avouons cependant que vous avgz bien de la consolation dans ce qui est essentiel, toutes vos chères filles étant bien ferventes et zélées, votre noviciat bien monté, Cette bénédiction que Dieu répand sur votre maison me fait espérer qu'il vous accordera tout ce qui vous est nécessaire.”

Les désirs de l’humble supérieure furent exaucés, Elle avait fait preuve d'une si rare capacité dans l’administration du temporel qu'au bout des 36 mois, elle y fut remise. ‘“ Elle a repris le triste poste de dépositaire, écrivait la Mère St. Louis de Gonzague ; les temps sont des plus durs ; Dieu veuille nous les adoucir.” Dans une autre lettre: “ Notre pauvre dépositaire vous présente ses respects, en attendant qu’elle puisse le faire elle-même, Elle

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IISTOIRE DU MONASTÈRE, 375

est depuis quinze jours accablée d'affaires auxquelles il faut répondre. Je ne sais comment la tête ne lui en tourne pas.”

La Mère Antoinette de St. François était naturellement d’un tempérament fort et robuste; maisun ‘‘épanchement de bile à la tête, qui lui arriva une nuit du Jeudi-Saint et qui lui fit perdre connaissance, fut pour elle une source d'infirmités. Il lui en resta entre autres un assoupissement qui lui a duré toute sa vie, lui fournissant un exercicé presque continuei de violence contre elle-même. Sa patience n’en brilla qu'avec plus d'éclat, ayant toujours, en dépit de sa nature souffrante, vaqué aux emplois qui exigeaient le plus de tension d'esprit.”

Une grâce bien particulière qu'elle avait reçue du ciel au début de sa vie religieuse, ne contribua pas peu à lui donner cette grande estime de sa vocation qui la portait à se sacrifier elle-même pour en remplir les saintes obligations. ‘“ Elle avait toujours eu la vue très-faible, mais au commencement de ses deux années de voile blane, elle se vit menacée de la perdre entièrement. Désolée de cet accident qui allait la priver du bonheur de se faire Ursuline, elle se sentit inspirée de recourir à notre glorieux père St. Augustin, allant tous les jours à la chapelle qui lui est dédiée, pendant une neuvaine des plus fervantes. Cette chère sœur fut si efficacement consolée qu’elle n’eut jamais depuis aucune inquiétude à ce sujet. Une faveur aussi signalée redoubla sa dévotion envers les saints de notre Ordre, tandis que la plus tendre piété l’entraînait, par l'intermédiaire de la Ste. Vierge et de St. Joseph, jusqu’au diviu Cœur de Jésus.”

C'était donc sous l’impulsion des sentiments de la plus vive gratitude qu’elle maîtrisait les souffrances et achevait son terme comme dépositaire. La nature toutefois s’épuisait : ‘ Les fatigues d'esprit et de corps m'ont si fort accompagnée dans l'emploi de dépositaire, écrivait-elle, que je ne me reconnais plus. Le grand nombre d’années passées dans cet exercice m'ont usé considérablement la mémoire ; les infirmités jointes à cela me font passer des jours trèspénibles... Les affaires d’ailleurs ont si fort changé qu'il faut toujours avoir l'esprit bandé et souvent captif, tant il y a peu d'apparence de réussir dans les moindres entreprises.” Cependant, la vivacité de ses sentiments ne s’usait pas, ‘ Nous

n'avons pas l'avantage de connaître le nom de votre Rév. Mère Supérieure, ni de savoir si elle est nouvellement élue; ce serait une grande consolation pour nous de le savoir, la regardant bien sincèrement comme notre Mère commune et saluant du meilleur de nos cœurs toutes ses chères filles..…....Je voudrais, ma très-chère Mère, pouvoir vous ouvrir mon cœur en quatre pour vous exposer tout ce qu'il conçoit de confiance, de reconnaissance, d’attachement et de respect pour vous. Ces sentiments y sont gravés pour la vie, en attendant que nos cœurs soient réunis pour l'Eternité en celui de Jésus. Recommandez-moi, je vous prie, à ce divin Cœur en lequel je serai toujours votre toute dévouée.”?

Les élections de 1787 approchaient : “ Le 15 déc. prochain, écrivait notre Mère, me délivrera enfin de la charge de dépositaire. Il m'est bien permis d’aspirer à cette délivrance ; vingt-deux années passées dans cet emploi m'ont rendu les fatigues d'autant plus difficiles à porter qu'on ne rencontre plus la même droiture et bonne foi que par le passé. Et puis, parvenue à l’âge de 62 ans avec des infirmités continuelles, il est temps que j'aie du repos. C’est ce que je souhaite et espère. Recevez tout de nouveau, ma très-chère Mère, l'expression de mes sentiments de respect, d’estime et de gratitude, et comptez que toute ma vie je conserverai comme le plus précieux souvenir celui des bontés que vous avez eues pour nous, surtout de celles que vous m'avez témignées en particulier.”

Ces lignes sont les dernières que nous possédions de la Mère St. François. Cependant l’année suivante, la nouvelle dépositaire, la Mère M. L. Taschereau de St. F. Xavier écrivait d'elle : ‘ La Rév. Mère St. François, actuellement notre Assistante, se propose de vous écrire pour vous assurer par elle-même de sa sincère reconnaissauce et de son tendre attachement. Vous ne doutez point que cetre chère Mère ne trouve le repos bon, quoique je l’importune quelquefois, ne croyant pouvoir mieux faire que de prendre son conseil. L’année dernière nous avons craint de la perdre. Vingt ét un ans de dépôt dans les temps les plus critiques ont beaucoup affecté sa santé; son talent pour cet emploi lui a coûté cher. Maintenant, le remède qui lui fait le plus de bien est le

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Hélas! ces espérances ne se réalisèrent pas. Dans l'automne de l’année suivante, la même écrivait: “ Notre très-chère Mère St. François est des plus sensibles à votre souvenir. Sa santé est bien dérangée, quoique ses sentiments de reconnaissance et d'affection pour vous soient toujours les mêmes.”

Le message suivant fut un ivssege de moït. (Comme le disait la Mère Ste. Saturnine, ‘la communauté avait été trop bien pensante pour lui laisser jouir du charme du repos en se privant de son concours dans le gouvernement de la maison ;” elle était encore Assistante le 29 avril 1790, lorsque Dicu l’appela à jouir de iui dans le repos de son éternité, Cependant les vœux de cette chère Mère furent en partie exaucés. ‘“ Elle avait toujours désiré avoir du temps pour se préparer à, la mort, et Dieu lui envoya une longue maladie, suite d’une fluxion de poitrine,” qui acheva de consumer sa laborieuse et utile existence. A 65 ans, elle avait rempli la mesure de ses mérites, ayant passé 46 ans au service de la Religion.

La Mère Antoinette Poulin de St. François est une de celles qui ont le plus de droit à la reconnaissance de la postérité en cette maison ; il semble que sa devise ait été cette maxime généreuse de notre Vén. Mère Maric de l'Incarnation : “ Soyons de dignes imitatrices de celles qui nous ont devancées, et ne craignons pas de consumer ni d’user notre vie au service de Celui qui a prodigué la sienne pour nous.”

Réunissons dans un même article deux sœurs qui échangèrent pour les porter en religion ieurs noms de baptême, afin d'être plus fermement unies dans l'amour et la pratique des vertus qui font les parfuites religieuses. Le bon Dieu, il est vrai, les sépara vite ici-bax ; mais la carrière qu’elles s'étaient choisie était de nature à adoucir le sacrifice, leur montrant sans cesse comme terme la plus heureuse des réunions, la bienheureuse éternité.

Mlle. Françoise Puulin avait reçu comme sa sœur cadette, la meilleure éducation qu’il fût alors possible de donner à une jeune personne. Dès l’âge de 17 ans, elle avait apporté à la religion le tribut de ses talents et de sa bonne volonté, et pendant 14 ans,

elle les employa avec ardeur au service de notre Institut. ‘“ Belle voix, beau style, belle mémoire, adroite en tout ce qu’elle entreprenait, il ne lui manquait rien de ce qui fait une bonne Ursuline, joignant à ces belles qualités un cœur bienfaisant et beaucoup de piété.

‘ Nous n'avons épargné ni remèdes, ni prières pour la conserver, mais elle avait déjà gagné sa couronne. Les suites d'un mauvais rkume nous l'ont enlevée après six mois de maladie, le 30 août 1763, dans la 32e annéc de son âge.”

Les deux sœurs Poulin, filles de M. François Poulin, bourgeois bien connu de Québec, avaient vécu au Monastère avec leur vénérée tante, la Mère Félicité Poulin de l’Assomption, entrée en religion en 1722, et décédée en 1754, dans sa 60e année, après quelques jours seulement de maladie.

La Mère de l’Assomption avait pour père le sieur Pierre Poulin. Elle était née en la côte de Beaupré et avait été baptisée dans l'église de Ste. Anne. Le Récit nous en dit de bien aimables choses ; mais son éloge nous semble complet en ces trois mots : 4 C'était un bon esprit, à la main des supérieures pour tous les

offices, suppléant par son adresse à ce que la faiblesse de sa santé ne lui permettait pas de faire.”

Ce fut le jour de St. Michel que cette vénérée tante alla commencer avec les anges le cantique de l’éternité.

Belle réconvpense de la débotion enbers les antes Du purgatoire.

Le 1 novembre 1790, comme on faisait vibrer les dernières notes d’allégresse de la grande fête du jour, un événement des plus inattendus vint rendre plus expressive encore la commémoration des fidèles trépassés dont on allait commencer l'office. La Mère Supérieure est avertie en toute hâte que la Mère St. Gabriel, vénérable octogénaire, a été soudain frappée d’apoplexie et de paralysie. Tout est en mouvement et dans l’afliction au Monastère; le prêtre et le médecin accourent, la malade est fortifiée des onctions saintes, et deux heures après, sur les 54 heures P. M. elle avait fini sa laborieuse course en ce monde.

‘ Si cette mort précipitée nous a surprises, ajoute le Récit, elle n’avait pas été imprévue pour cette chère Mère, et la manière

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dont elle passa ce dernier jour de sa vie mortelle prouve qu'elle avait eu plus que le pressentiment de ce qui lui devait arriver.

Ayant communié avec la communauté et passé la matinée en prière selon sa coutume devant le très-saint Sacrement, elle était retournée à l’infirmerie où elle se tenait depuis quelque temps. Après le dîner, elle désira descendre à la communauté pour jouir de la conversation de ses sœurs. Sur la fin de la récréation, au grand étonnement de toutes, elle nous embrassa avec beaucoup d'affection comme pour un dernier adieu, remonta à l'infirmerie disant qu'elle allait se retirer pour réciter l'office des morts. En sortant, elle recommanda de prier beaucoup pour elle lorsqu'elle re serait plus.—‘ J'ai bien prié pour les autres pendant ma vie, ajouta-t-elle ; j'espère que l'on aura pour moi la même charité après ma mort.”

‘ Penc nt que nous chantions vêpres, elle voulut aller chercher quelque chose à ses chères externes, où elle était employée depuis bien des années comme maîtresse-générale. Elle y avait à peine été l'espace de deux miserere, qu'elle perdit la parole et la connaissance. La sœur qui l'accompagnait courut aussitôt chercher du secours ; on la transporta à l’infirmerie où elle expira pour aller augmenter le nombre des Saints.”

Celle que Dieu préparait ainsi à sa dernière heure avait mérité ce privilége par d’éininentes vertus. C’est ce qu’atteste sa notice.

‘# Avant d'entrer en religion, elle avait mené dans le monde une vie vraiment chrétienne, ayant même embrassé le tiers-ordre de St. François, dont elle gardait les règles avec la plus scrupuleuse fidélité. Aspirant à un état plus parfait, et se croyant assurée d'apporter en religion de quoi vourvoir (1) à sa subsistance,

(1) On sait que le gouvernement français ne s'engageait à protéger les corps religieux que moyennant certaines restrictions. Il ne leur était pas loisible, par exemple, d’exempter de dot un sujet qui eût d’ailleurs toutes les qualités désirables. Cette mesure avait pour but d'assurer l'existence des communautés, afin qu’elles ne pussent tomber à la charsede l’État. C'était la crainte d’une pareille charge qui tourmentait M. l’Intendant Demeulles, lorsqu'il se prononçait si fort contre les vœux solennels, ayant évidemment plus à cœur de prêétendus intérêts financiers que la conservation de l’état monastique,

elle demanda et obtint l'entrée de notre maison et commença son noviciat avec une ferveur qui devait se soutenir jusqu'au dernier moment. Elle était dans sa 27e année lorsqu'elle fut revêtue du saint habit sous le nom de Marie de Jésus.”

Tout semblait prospérer au gré de la fervente novice, elle touchait déjà à l’heureux terme de sa consécration au Seigneur, lorsque à la veille de faire ses vœux, de graves difficultés survenues dans ses affaires temporelles vinrent renverser de si douces espérances et la jeter dans les plus douloureuses perplexités. Pendant quatorze mois il fallut languir, sans savoir quelle serait l'issue d'une affaire d'autant plus difficile à régler qu’une des parties se trouvait au-delà des mers, à Bordeaux (1). Que l'on s'imagine les angoisses de son âme, l'ardeur des prières qu'elle adressait à Celui qui a dit: ‘ Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné comme par surcroît.” Comme elle suppliait ce Dieu bon de vouloir bien couronner ses désirs de se vouer toute à lui !

Ce fut sans doute à la suite de quelque promesse faite à ce sujet, peut-être aussi par reconnaissance pour la mémoire de l'oncle pieux dont le testament lui assurait une place dans la maison de

(1) La pieuse novice, dont le père était un négociant de Québec, se trouvait probablement orpheline lors de son entrée en religion, (1737), ou bien ses parents étaient retournés en France. Dans l’acte passé à Bordeaux pour assurer la dot de sa sœur, il est dit que ‘ Mile. Louise Lagère (plus tard Mme. d'Estenave), pour remplir et suivre les intentions de son oncle, touchant la vocation de sa sœur. ...novice au Monastère des dames Ursulines de Québec....a constitué une rente annuelle de 115 liv. rachetable à volonté par le payement d’un capital de 2,300 liv., 700 liv. ayant déjà été données en monnaie de carte. . . .”’ Le 22 nov. 1741, ‘‘les notaires Imbert et Barolet se rendaient au parloir des dites dames Ursulines, pour constater que la dite dot se trouve remplie au terme du Règlement établi par Sa Majesté pour cette colonie....’’ En 1789, nos religieuses, d’après l'avis de M. Gravé, s’adressèrent à M. du Devant, ancien ami dont il a déjà été parlé, alors encore chanoine de Bordeaux ; l'évêque même de l’endroit s'était intéressé à cette affaire, qui paraît avoir donné plus de soucis que de profit Enfin, après plusieurs à-comptes, le capital fut ac. quitté en 1791.

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Dieu, qu'elle changea son nom en celui de St. Gabriel, sous lequel elle prononça enfin ses vœux le 28 novembre 1741, après une épreuve de près de quatre ans.

“ Son esprit d'ordre et d'économie dans tous les offices, son zèle à chanter les louanges de Dieu en qualité de première chantre, son affection et ses succès dans l'exercice de nos fonctions d'Ursulines, l'ont rendue des plus utiles à notre communauté pendant les 53 ans qu'elle y a passés.

“# L'attrait particulier de sa piété la portait À soulager les âmes du purgatoire, traitant avec elles de ses besoins et leur appliquant ses mérites. Dans toutes ses difficultés elle recourait avec confiance à ces saintes âmes, et à différentes reprises, elle en a reçu des assistances très-marquées. Dans sa 80e année, elle était encore maîtresse-générale des classes externes, où elle s'était consumée de travail, et où elle déployait un zèle qui ne se ressentait en rien du poids des années. Dieu semble l’en avoir récompensée d'une manière toute spéciale, puisque sa dernière démarche a été dans l'intérêt même de ses chères enfants, et qu’elle a été frappée à mort dans le lieu de son office de prédilection comme Ursuline.”

“Beauté, bonneurs, plaisirs, tout passe ; vien De solfde que D'ainter Dieu et Le serbir ! ”

Oh! qu'elles avaient bien compris l’immuable vérité de ces paroles, ces deux touchantes amies, infiniment plus estimables par leurs qualités intérieures que par les avantages d’un beau nom et d’une beauté passagère.

Nées toutes deux la même année à Montréal, et venues au pensionnat vers la même époque, Milles. de Varennes et de Landriève marchèrent au ciel par la même route et y arrivèrent presque en même temps. Leur carrière fut courte, mais elle fut féconde en mérites. Après quelques années seulement de travaux, elles entendirent la douce voix qui les avait appelées à son service, retentir de nouveau à leur oreille: “ L’hiver est passé, les pluies ont cessé, levez-vous, mes bien-aimées et venez.” Et ces épouses confiantes quittaient la terre pour se joindre au cortége du Roi des vierges.

Nous avons vu en 1778, avec quelle ferveur Mlle. Charlotte

de Varennes franchissait les portes du cloître, et avec quel bonheur aussi on accueillait au Monastère cette fiancée du Seigneur, à qui le ciel semblait n'avoir rien refusé, et que l’on voyait échapper aux caresses d’un monde perfide. Cette petite-nièce de la Mère (iencv. Boucher de St. Pierre avait trouvé en son âme une heureuse semence de piété, héritage le plus précieux de l’ancien et vénéré seigneur de Boucherville à ses enfants; sa vocation religicuse datait de l’époque de sa première communion, et elle fut fidèle à ses saints exgagements comme l’atteste le Récit.

“ Son talent pour instruire et former les enfants nous était extrêment précieux, et elle l'employait avec ardeur à l'égard de nos élèves des classes externes, tandis que son naturel doux et poli, son humeur enjouée, étant des plus sociables et des plus habiles à récréer innocemment les autres, la rendaient chère à toutes. C'était une âme ouverte qui allait droit à Dieu et l’aimait de tout son cœur, se portant avec une grande tendresse de dévotion à honorer le S. C, de Jésus et la très-sainte Vierge.”

Sr. Charlotte de Varennes de Ste. Catherine étant très-délicate, la communauté ne pouvait naturellement se flatter de la conserver aussi longtemps que sa vénérée grande-tante, la Mère St. Pierre. “ Atteinte dans sa 32e année d’une pthisie acompagnée d’une transpiration excessive, elle fut en moins de six mois réduite à l’extrémité; nos efforts pour arrêter le progrès du mal furent inutiles. Le 6 juin 1792, aprés 14 années seulement de vie religieuse, cette aimable et pieuse sœur qui avait fait de bon cœur à Dieu le sacrifice de la vie, mérita d’habiter avec lui pour jamais dans les tabernacles éternels.”

Une année après l'entrée au noviciat de Mlle. Charlotte de Varennes se présentait sa fidèle amie, Mlle. de Landriève. Elle aussi était douée de ces qualités extérieures qui attirent et concentrent les hommages; mais elle montra bien que ses goûts n'étaient pas pour les choses du monde; si sa vocation paraît avoir été en partie décidée par des motifs naturels, l'épreuve fit voir qu’elle n’en était pas moins divine.

A en juger par les traditions qui se rattachent à la mémoire de Mlle. de Landriève, elle était plus connue à Québec que Mlle, de Varennes. Elle passa ses premières années à Montréal sous

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les soins de .a tendresse maternelle et la vigilance de son bon père. Il paraît que ce dernier vivait encore en 1776, car le Récit dit qu’il plaça alors au pensionnat ses deux filles, Catherine, âgée de 16 ans, et Marie Gillette, âgée de 15. L’aînée passa une année à nos classes ; la cadette sortit en 1778, probablement vers le temps de la mort de son père.

Mme. de Landriève (Dlle. Dagneau de Quindre), fille d'un officier du détachement de la Marine Royale, voyait en tout temps “ force bonne compagnie.” Son deuil de veuve fut assez vite expédié et son salon rouvert aux visites. Un des visiteurs les plus assidus, le vieux major Eccleston, épousa bientôt la joyeuse veuve dont les attraits étaient des plus remarquables.

Les deux Dlles. eurent peine à oublier sitôt leur bon père, la plus jeune surtout ne cherchait qu’à fuir la présence du Major. Pendant son séjour au pensionnat, elle avait eu de fortes inspirations d’embrasser la vie laborieuse et paisible du cloître ; maintenant, elle ne balança plus. S’étant entendue avec nos religieuses sur le jour de son entrée, elle porta elle-même à sa mère la nouvelle de sa décision, déclarant d'avance que toutes les attaques et les séductions la trouveraient inébranlable dans sa résolution d'être désormais à Dieu sans partage.

Dès que le bruit de cette vocation se fut répandu, on ne manqua pas d’en faire de singulières appréciations ; on contait à ce sujet mille histoires sans fondement où figurait invariablement le vieux Major ; il se fit même des romances dont nous avons entendu chanter quelques débris. Mile. de Landriève riait de bon cœur de ces folies, disant que les cancans du monde ne lui ôtaient rien de son bonheur, qu’il en pouvait débiter tout à son aise pourvu qu'on ne lui refusât pas une place dans la maison de Dieu, où elle s’estimerait

‘ fortunée d’être toute sa vie la dernière. (Comme les voies de Dieu

sont admirables pour attirer à lui les âmes qu’il s’est choisies de toute éternité! Mlle. de Landriève était indubitablement appelée à une vice parfaite ; il est probable cependant que sans la mort de son père, sa vocation eût couru les plus grands dangers. Remoettant à discerner la voix de Dieu au milieu du fracas *t des séductions, elle se fût très-probablement cngagée dans le monde, tant son extérieur et les qualités de son cœur avaient d’attraits, sauf

plis tard à se livrer à d’inutiles regrets. Que de vocations ont été ainsi perdues au milieu des prospérités temporelles; et que d’autres, au contraire, ont été affermies par une adversité en apparence cruvlle. Le monde soupçonne peu, dans ces malheurs qui viennent fondre sur une jeune existence, les miséricordes dont Dieu comble alors ses enfants. Heureuses les âmes fidèles qui sacrifient tout pour y correspondre ! Dans les décrets éternels, la carrière de Mile. de Landriève ici-bas devait être courte ; quelle consolation, à l’heure dernière, de l'avoir consacrée tout entière au service du Maître qui récompense surtout celle qui va à lui parée de l’immortelle couronne de sa virginité!

‘“ Cette chère sœur était pénétrée d'estime pour sa sainte vocation et de zèle pour en remplir tous les devoirs, y employant sans réserve l'esprit et les talents que le ciel lui avait si généreusement départis. La faiblesse de son tempérament ne lui permettait pas toujours d'observer la règle en tous ses points; mais elle en gardait au moins exactement tout ce qu’elle pouvait, recevant avec peine les soulagements nécessaires. Son adresse, ses connaissances et son amabilité, en faisaient un sujet précieux qui eût fait plaisir dans tous les emplois, tandis que la plus solide piété mettait le sceau à ses belles qualités et nous assurait de sa persévérance. Sa posture en présence du $. Sacrement, était un sujet d’édification et prouvait sa foi et son amour pour cette Victime sacrée immolée sur nos autels.

“ Un vomissement continuel joint à d’autres infirmités la faisait dépérir depuis longtemps; le peu de soin qu’elle prenait de sa santé lui fit contracter, au mois de mai, une fluxion de poitrine qui la consuma en trois mois. Elle était si accoutumée à souffrir qu’elle ne remarquait pas son état, conservant toujours sa gaieté naturelle. Mais dès qu’on l’eut avertie du danger, elle fit aussitôt et du meilleur cœur son sacrifice, voulant elle-même le faire faire à sa mère qui avait eu permission d'entrer pour la voir. Ce fut le 8 septembre 1788, à l’âge de 27 ans dont elle avait passé neuf et demi en religion, que l’âme généreuse de notre chère Sr. Landriève de St. Antoine alla chanter avec les Anges la Nativité de sa divine Mère, et sa propre naissance à la gloire éternelle.”

C'est à ces deux aimables sœurs que se rattache la légende du

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Æncore trois bertueuses Barentes.

Voici trois membres d'une même famille, dont les notices montrent qu’à tout âge, on peut avoir rempli la mesure de ses travaux et mérité sa couronne.

La première, la Mère M. Françoise Cureux de St. Germain, en religion, de St. Chrysostome, ‘ morte à la fleur de l’âge, était une jeune personne dont l'innocence avait été sauvegardée par les soins d’une mère sage et vigilante (Mme. M. Lse. Polonnaise). Entrée au Monastère à 17 ans, elle était déjà mûre pour le ciel à 27. La maladie la rendant incapable des emplois difficiles, elle saisit avec bonheur et empressement l'occasion d'enseigner l'écriture aux élèves externes, où elle continua de donner des preuves de son talent pour assurer le progrès des enfants. Elle disait, dans les dernières semaines de sa maladie, que son esprit et son cœur étaient sans cesse au milieu de ses chères enfants, qu’elle désirait si ardemfnent attirer à l'amour des choses éternelles. Le 14 décembre 1758, chette chère sœur mourut dans de grands sentiments de joie de s'être donnée toute à Dieu; elle était dans la 10e année de sa vie religieuse.”

La Mère St. Chrysostome semble avoir demandé à Dieu, pour sa sœur cadette, les jours dont il abrégeait son pélerinage ici-bas ; en effet, la Mère M. Madeleine Cureux de Ste. Agathe atteignit un des termes avancés de la vie humaine. Après 60 ans de vie religieuse, le divin Époux la couronne, tandis que nos Mères passent ainsi à la postérité le parfum de ses vertus :

“ Depuis l’âge de quinze ans et demi jusqu’à celui de 75, cette chère Mère s’est invariablement soutenue dans sa première ferveur. Elle a rempli avec un zèle admirable tous les offices communs; mais c’est surtout pendant les 20 années qu’elle a été infirmière, qu’elle a excellé. Sa bonté, sa charité, son affection envers toutes ses malades nous charmaient ; elle ne s’épargnait ni jour ni nuit pour les soulager. Elle mourut le 22 mai 1811.”

Nous avons souvent entendu dire à nos anciennes combien l’on

avait été édifié de l'esprit dé foi et de simplicité de cette vénérable Mère, à la nomination du nouveau chapelain sor neveu, en 1802 (M. Ant. Langlois). Quoiqu'elle eût plus de deux fois son âge, elle se montrait aussi huimble et soumise à ses avis que la dernière postulante. Préposé par les supérieurs ecclésiastiques à la direction de la communauté, ce neveu était maintenant pour elle l'interprète de la volonté de Dieu et le guide qui devait la diriger dans les voies de la perfection.

Entre ces deux existences d’une durée si inégale, se présente la Mère M. Geneviève Cureux de St. Germain (1) dite de Ste, Pélagie, nièce ou cousine germaine des précédentes. ŒElle tient comme le milieu, ayant vécu 54 ans, dont 31 au service de la religion. Quand elle vint s'offrir au divin Maître, dont ‘le joug est doux et le fardeau léger,” l’aînée des deux sœurs était entrée dans le repos de son éternité; maïs la seconde montrait une vigueur qui devait prolonger de 15 ans sa carrière au delà de celle de la Mère Ste. Pélagie.

Entrée en 1765 et morte en 1796, la Mère Ste. Pélagie nous est donnée comme une fidèle émule de la piété et du dévouement dont elle avait vu de si beaux exemples dans sa propre famille. Elle aussi étuit d’un caractère paisible qui lui gagnait tous les cœurs ; en elle se vérifiait à la lettre cette parole du Sauveur : 4 Bienheureux ceux qui sont doux, car ils possèderont la terre.” Faible de tempérament, mais active et industrieuse, elle ne cédait pas aux plus robustes dans les emplois les plus pénibles. Ce fut surtout comme apothicairesse qu'elle montra dans tout son jour l’empressement et la délicatesse de sa charité. Une chute dont elle ne redouta pas assez les suites amena sa mort. Cette chère sœur avait fait preuve d'un grand zèle dans l'office de maîtressegénérale des classes, où elle fut aussi employée.”

Œomnient l'on accommode Marthe et Marie au Wonastère,

S'il est bien évident, par les notices déjà citées, que les religieuses de chœur ont aussi été des Marthes, par leur activité et leur ardeur

(1) Cette troisième religieuse du nom était fille de M. Louis Cureux de St. Germain, de Québec, et de Mme. M. Anne La Roche. C’est évidemimnent la même famille.

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à partager les travaux communs; il ne nous est pas moins consolant de remarquer que nos religieuses converses ont également été des Maries, par la ferveur de l’esprit et leur exactitude au devoir de ia prière. Nos devancières, écrivant les notices dans l’un et l'autre cas, semblent même prendre plaisir à faire remarquer cette heureuse fusion de la vie active et de la vie contemplative. (C'est en effet la principale devise des filles d'Angèle, et la voie par laquelle elles sont appelées à suivre les exemples laissés par le divir

Sauveur à son passage en ce monde,

Parmi ces Marthes infatigables, véritables auxiliatrices di notre œuvre, nous mentionnerons Sr. Marie-Jos. Gagnon de St. Paul, fille de M. Mathurin Gagnon et de dame Charlotte Cochon de la paroisse de St. Joachim. Entrée au noviciat au printemps de 1722, elle mourut en 1794, âgée de 90 ans: c’est le Mathusadem de nos sœurs converses. Elle a pu se féliciter d’avoir passé plus de 71 ans de sa longue et belle vie au service du meilleur des Maîtres, de Celui qui récompense les sacrifices du temps par les délices de l'éternité.

En 1779, était décédée Sr. Genev. Marie Mimaux de la Présentation, fille de M. Jean Mimaux et de dame Susanne Feuilleteau de la paroisse de St, Michel. ‘“ Ayant perdu bien jeune son père et sa mère, elle fut mise chez une parente, qui l’éleva avec une grande rigueur ; les coups et les mauvais traitements ne lui manquèrent pas. Ces procédés, qui d'ordinaire forment des caractères durs, n’eurent pas cet effet sur notre orpheline, prévenue de la grâce dès sa jeunesse, Pour se tirer d’esclavage, elle se mit en condition chez d’honnêtes gens, qui lui laissèrent tout le loisir de satisfaire à ses exercices de dévotion. Étant, à l’âge de 28 ang venue servir à nos classes, elle entra de là au noviciat pour être sœur converse. Elle était capable de tous les offices, son zèle, son bon cœur et son exactitude l’accompagnant partout. Etant parvenue à un âge avancé, elle fut affligée de ce qu’on ne voulait plus qu’elle fût à la cuisine ou dans les offices pénibles. Elle disait qu'une sœur converse doit toujours travailler tant que Dieu lui laisse quelque force. Elle ne perdait jamais un moment, et cela ne préjudiciait en rien à ses exercices spirituels ; Dieu était toujours le but de ses travaux et elle le voyaiten tout. Elle tomba malade le 7

décembre au soir, assurant qu’elle mourrait de cette maladie. En effet, elle fut inhumée la veille de Noël, nuit qu’elle n'avait jamais manqué de passer devant le S. Sacrement, non plus que celle du Jeudi-Saint, depuis qu’elle était en religion. Nous avons tont lieu de penser qu'elle a été reçue favorablement du grand Juge qui ne laisse rien sans récompense. (Cette chère sœur était âgée de 72 ans.”

A l'âge de 58 ans, le 21 mai 1784, mourut Sr. Elis. Le Vasseur de St, Ambroise, fille de sieur Ls. Le Vasseur, de la Pointe Lévi, et de dame Genev. Huart, religieuse aussi austère pour elle-même qu’elle était charitable et bonne pour autrui. ‘ Elle traitait son corps comme une bête de charge, et si on ne l’eût surveillée de près, elle eût passé les nuits sur le pavé de la cuisine ou le plancher de sa chambre. Elle a été près de 20 ans jardiniîre et chargée du réveil. ÆElk avait un naturel doux et bienfaisant, l'humeur gaie, toujours égale. Ces heureuses qualités jointes à la plus aimable simplicité la rendaient chère à tout le monde. Elle a vécu 40 ans en religion, et nous a ét enlevée après quelques

heures seulement de maladie. Elle est passée à son Dieu à la même heure où elle s'était levée bien portante la veille.”

Sr. M. Joseph Clément de Ste. Véronique, fille de M. Ignace Clément et de dame Véronique Flerrette, naquit à St. Michel en 1757, et fut baptisée dans la paroisse de St. Vallier. ‘ On ne peut qu'admirer, dit le Récit, les desseins de la Providence, dans le choix qu’elle fait de certaines âmes pour les attirer à Dieu. Entrée en religion avec une grande apparence de santé, grosse et grasse, elle ne fut pas plus tôt professe qu’elle se trouva accablée d'infirmités. La douceur de son caractère fut inaltérable. Elevée dans l’innocence et la crainte de Dieu, l’ombre même du péché l'effrayait. Elle a passé 5 ans en religion dont 6 mois à l’infirmerie. Je ne pense pas qu’elle ait dit une seule parole inutile : on peut donc conclure, à après St. Jacques, qu'elle était parfaite. Elle est morte le 13 déc. 1780, sans agonie, profitant des derniers moments de sa vie pour s'unir à Dieu. Ce n’est pas mourir, mais sortir d’un pays de mort pour vivre éternellement.”

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LA

Eine fantille fertile en Locations saiutcs.

La famille Brassard est une de ces anciennes familles du pays qui semblent avoir eu pour mission de recruter les ouvriers (1) de la vigne du Seigneur. Quant à notre Monastère, il en a eu sa bonne part, dans les deux excellentes sœurs qui travaillèrent jusque dans un âge très-avancé au soutien de l'œuvre de Ste. Angèle en Canada.

Le nom de la Mère Charlotte Brassard de Ste. Claire a déjà paru dans la correspondance. Nous constaterons ses vertus par la voix même du Récit,

“ Le 16 mars 1797, nous avons eu la douleur de perdre notre chère et respectable Mère Ste. Claire, ancienne supérieure.

“Sa maladie quoique sérieuse ne nous semblait pas devoir la conduire au tombeau, nous nous flattions qu'un prompt secours la tirerait de ce danger ; nous comptions beaucoup sur l’habileté d’un médecin qui l'avait heureusement traitée en semblable maladie. Hélas! nos espérances furent vaines ; elle tourna toutà-coup à mort. On envoya aussitôt chercher M. notre Confesseur pour lui administrer les sacrements ; mais il arriva trop tard ; elle n'était plus. Une mort aussi précipitée et sous de telles circonstances, jeta la communauté entière dans une consternation des plus grandes. La soumission que nous devons aux ordres de la Providence, et l’intime connaissance de la vie vertueuse de notre chure défunte, purent seules apporter quelque adoucissement à notre juste douleur,

“ Cette digne Mère a rempli à l'édification du dedans et du dehors les principales charges de la religion. Elle a été Supé-

(1) M. Ls. Brassard, premier fondateur du collége de Nicolet, était déjà prêtre à l'entrée de ses sœurs en religion. Après avoir été vicaire pendant neuf mois à Charlebourg, il fut nommé curé de Nicolet, le 1 oct. 1750. Cette famille a donné six prêtres. Des trois frères qui vivent actuellement dans le diocèse de Montréal, l’un M. T. L. Brassard, curé de St. Paul, a trouvé dans son patriotisme et son dévouemeut le moyen d'ouvrir un débouché pour la colonisation à dix lieues au delà des Laurentides. Le second M. M. Brassard, curé de St. Roch, a été longtemps procureur du collége de Nicolet: et letroi: sième, M. T. Brassard, est curé de Vaudreuil.

rieure, assistante, zélatrice, maîtresse des novices, maîtresse générale et particulière des pensionnaires, s'acquérant partout l'estime et la confiance. Aussi était-elle de ces personnes rares qui joignent à des vertr : .:lides, les talents et les qualités propres à un bon gouvernement, au maintien de la charité, de l’union et de la régularité. Nous pouvons faire en deux mots l'éloge de cette chère défunte en disant qu'elle a pratiqué toutes les vertus qui font les saints; mais la vertu qui éclata davantage en elle fat une humiité profonde qui influait sur toutes ses actions et qui faisait pour ainsi dire son vrai caractère.

“ Elle avait une affection très-marquée pour notre saint Institut, et le succès a toujours répondu à son zèle, pendant les nombreuses années qu’elle a été employée à nos classes. Son ardeur au travail était infatigable et elle avait le talent d’en inspirer les autres. Dans le temps malheureux où la disette pesait sur le pays, où tout était d’une cherté extrême, et où nous ne pouvions subsister que par le travail de nos mains, on voyait cette chère Mère aidant les unes, encourageant les autres, chacune recourant à elle dans ses difficultés, certaine d’en être bien reçue. . Nous pouvons certainement dire qu’elle était en cela l’âme de la communauté, en même temps qu'elle en était le Joseph.”

Cette digne Mère, qui se rappelait avec tant d'émotion et de gratitude que c'était le énéré M. de Villars qui l'avait reçue professe, mourut dans la 47e année de sa vie religieuse et la 69e de son âge.

La Mère Marie-Anne Brassard de Ste. Madeleine fut la dernière novice reçue avant la conquête. Entrée le 27 décembre 1755, elle prolongea sa carrière jusqu’au 14 juin 1815. Ces soixante ans embrassent sans contredit l’époque la plus tumultueuse et la plus inquiétante de l’histoire du pays: la guerre de Sept Ans et ses deux siéges ; les deux guerres américaines avec le mémorable hiver de 1775, 76; puis quatre changements de formes gouvernementales. La Mère Ste. Madeleine est la seule de nos religieuses qui ait traversé cette époque en ertier. Quel trésor d’anecdotes et d’incidents à redire aux générations nouvelles ! comme nos Mères jouissaient de sa conversation aussi intéressante que pieuse! Les souvenirs rajeunissent ici, il nous

, maîtresse génépartout l'estime onnes rares qui iiés propres à un le l'union et de s l'éloge de cette outes les vertus avartage en elle s ses actions et

notre saint Insèle, pendant les os classes, Son talent d’en inspidisette pesait sur Jù nous ne pouon voyait cette res, chacune reêtre bien reçue.

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d'émotion et de qui l'avait reçue igieuse et la 69e

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semble, car c'est par le témoignage même de nos anciennes actuelles que nous avons connu ce vétéran de notre milice religieuse. Avec quelle affectueuse tendresse elles nous dépeignent cette vénérable octogénaire, à la taille naturellement élevée, mais con:ée sous le poids des années, et qui cependunt n'avait rien perdu des grâces de son esprit et de l’amabilité de son caractère, —# Oh! la Mère Ste. Madeleine,” nous disait dernièremer* une de nos jubilaires, avec un accent de tendresse qui nous a touchée, ‘ quelle aimable et sainte religieuse! Pendant notre noviciat, nous avons eu bien des fois le plaisir de la voir. Son amour pour la jeunesse et sa gaieté naturelle, autant que l'esprit de ferveur et de régularité qui animait toute sa conduite, lui valurent souvent la charge de suppléante de la maîtresse les novices.”

Prière, travail et sacrifice résument cette belle carrière, qui n’avait jamais cessé de rayonner de cette joie douce et pure que Dieu aime à voir jaillir du cœur de ceux qui le servent,

Ce fut à l’âge de près de 80 ans, dont elle avait passé 59 et demi au service du meilleur des Maîtres, que cette bonne et fidèle servante entra dans la joie de son Seigneur.

La piété des mères bénie Dans leurs enfants,

En relisant les pages du registre où il est parlé de la mère Elis. Richard de St. Augustin, fille de M. J. Jacques Richard, marchand de Québec, et de Mile. Geneviève Amiot de Vincelot, nous ‘avons été frappée de ce dernier nom, et instinctivement nous mettions la main sur un écrit du temps passé, signé, “ Geneviève de Chavigny, veuve Amiot.”?

C'est une lettre en date de 1678, adressée à un R. Père Jésuite en France, le priant d'accepter une procuration pour retirer une somme d'argent d’un citoyen de Grenoble. Après avoir fait cette demande dans les termes polis et délicats d’une personne de bon ton, l’admirable veuve ajoute: “ L'emploi que je prétends faire de cet argent vous portera encore davantage à me rendre ce service, car il aidera à payer la dot de ma fille, Vous savez, mon R. Père, que Dieu l’a appelée à la religion. Je ne puis vous exprimer la joie que j'en ressens. L'argent qu’il me

faut donner me coûte beaucoup par l'impuissance où je me trouve ; jeled anmoins du meilleur de mon cœur, et si je pouvais me sac. il. pour les Ursulines, il n’y a rien que je ne fisse.

“ J'avoue cependant que je serais un peu partagée, ayant des obligations infinies au Père Rouvenot, pour les soins qu'il prend de mon fils, depuis deux ans qu'il est en sa classe. Je reconnais que Dieu m'assiste particulièrement, puis qu'il procure à mes enfants des personnes qui leur font tant de bien. Je vois bien aussi que rien n’est plus sensible à une pauvre mère que le bien ou le mal que l’on fait à ses enfants. Je vous supplie, mon R, Père, de prier Dieu pour nous afin que nous lui soyons fidèles..."

Il est facile de reconnaître dans cette lettre le langage d’une ancienne élève. Nous ne savons combien de temps vécut encore cette mère dévouée qui avait si bien compris le don de Dieu. Quant à notre Mère Amiot de la Conception, nos lectrices se rappellent sa longue ct inviolable fidélité. Maintenant, en entendant dire, 120 ans plus tard, d’un rejeton de la même famille, “ qu'elle était douée d’une piété peu commune, et s’est invariublement soutenue dans la plus grande ferveur jusque dans sa 78e année,” nous nous sommes rappelé avec émotion ‘les bénédictions promises à la troisième et quatrième génération de ceux qui aiment et craignent le Seigneur.”

Mlle. Richard était restée orpheline dans un âge encore tendre. Son tuteur, M. du Hautmesnil-Vincelot, s’'empressa de confier sa jeune protégée aux maîtresses dévouées qui avaient instruit et formé sa mère. A peine lu fervente Elisabeth avait-elle complété ses quatorze ans qu'elle demandait ‘‘ avec instance ” son entrée au noviciat. Son tuteur crut devoir modérer cette vocation préccce, mais six mois plus tard, il dut céder à ses pressantes sollicitations. Elevant ses regards vers l'héritage céleste, cette âme bénie de Dieu avait aussitôt compris combien sont vaines et transitoires, les plus brillantes perspectives d’un avenir que la mort peut interrompre dès son début; quittant sans un regret ‘ les grands biens dont Mme. sa mère l’avait laissée unique héritière, et toutes les jouissances que le monde lui promettait, elle commença son noviciat dans des sentiments admirables qui lui durèrent toute sa vie.”

Bel exemple pour bien des parents qui, s'appliquant à exci-

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HISTOIRE DU MONASTÈRE, 393 ter dans le cœur de leurs jeunes enfants mille désirs, s'étonnent qu'ils soient si longtemps à acquérir la sagesse ! C'est là, sans doute, une des principales causes de la rareté des vocations dans une certaine classe de la société. On veut que les enfants voient tout, sachent tout, se familiarisent avec tous les dangers; qu'ils goûtent à toutes les jouissances. Qu'y a-t-il d'étonnant que leur imagination ne puisse tenir contre tant de choses séduisantes ? Déplorables effets de la mollesse des sociétés actuelles qui, en Europe comme ici, gâte, affaiblit, rend presque nulles de belles intelligences! L'histoire de notre maison, comme celle de plusieurs autres que nous avons lues, nous montre grand nombre de jeunes personnes de 15 ans, 16 ans, entrant avec assurance dans la carrière religieuse et s’y montrant jusqu’à un âge très-avancé de vrais modèles de perfection. Aujourd’hui, on est irrésolu, on hésite, on diffère; et trop souvent on manque l'occasion de répondre à la voix de Dieu.

Pour revenir à notre jeune débutante, ses premiers pas dans la carrière sainte furent marqués par une épreuve des plus sensibles, pour une âme aussi ardente de se consacrer à l'Epoux célsste, C'était à cette époque où l'Eglise du Canada, veuve de son premier pasteur, s’agitait dans un mala:. : aflligeant pour les âmes qui aiment la paix, la paix avec Dieu, la paix avec le prochain, La jeune novice dut doubler le terme déjà assez long des épreuves ordinaires ; ce ne fut que le 18 février 1740, qu'elle fut adinise à la sainte profession. Pendant les 58 annnées qu'elle vécut encore après ce jour heureux, elle fut maîtresse-générale du pensionnat, secrétaire du chapitre et zélatrice, employant sans réserve au service de Dicu l'esprit et les talents qu’elle en avait reçus.

“ Sa dévotion à St. Augustin était touchante; elle ne le qualifiait jamais autrement que son glorieux Père, ne pouvant entendre prononcer son nom sans verser des larmes d'attendrissement ; elle passait en prière, à la chapelle qui lui est dédiée, la veille et le jour où l’on célèbre la conversion de ce grand saint.”

Nos lectrices ne remarqueront pas sans intérêt que cette pieuse Mère était née le 27 août, veille de la fête de St. Augustin, et que 15 ans plus tard, le 29 août 1736, elle prenait l’habit religieux sous ce nom qui lui devint par là doublement cher,

C'était sans doute aussi ce Docteur de l'amour de Dieu qui lui avait inspiré une si grande ardeur à honorer la très-sainte Trinité, le S. C. de Jésus, l'auguste Sacrement de nos autels, ainsi que St, Joseph et la Ste. Vierge qui, dès le bas âge, lui avaient tenu lieu de père et de mère.

Ce fut le 14 février 1798, à l'âge de 77 ans, que la Mère Elisabeth Richard de St. Augustin entra en possession du trésor céleste promis au dépouillement volontaire ici-bas, ‘“ Elle avait d'abord été administrée par M. Plessis, curé de Québec, M. Gravé notre digne confesseur étant absent; mais l’apoplexie l'ayant soudain frappée, elle fut assistée à ses derniers moments par M. Desjardins, G. V., qui heureusement se trouvait à notre Monastère.”?

La Mère de la Conception et sa petite-nièce remplissent à elles seules un siècle et quart de l'Histoire de cette maison, la première ayant été contemporaine des Fondatrices, et la seconde léguant à notre siècle les traditions du précédent. Elles se rencontrèrent pendant douze années de leur belle existence sous le toit de la maison de Dieu, s’excitant mutuellement à l’ardeur dans la route qui mène au ciel.

Comme nous sans doute, nos lectrices éprouvent un double plaisir à rencontrer, si près de notre époque, la digne lignée de celles qui, ainsi que Mlle. Geneviève de Chavigny, figurent sur les plus anciennes pages de nos registres d'élèves. La Mère St. Augustin tenait directement, par sa mère, à la postérité de la célèbre dame Eléonore de Grand'Maison.

Quant à M. du Hautmesnil-Vincelot, oncle et tuteur de la riche et pieuse orpheline, il emprunta vraisemblablement son dernier titre de son alliance avec l’aînée des Diles. Amiot de Vincelot, tante de notre religieuse, et qui fut quelque temps pensionnaire en chambre en cette maison. Dans nos correspondances, il est assez souvent question d’une Dlle. de Vincelot, passée en France probablement après la conquête,

Œrois autres filles de Ste, Angèle admises à la récompense,

Avant de clore cette revue du mouvement qui se fait au Monastère dans la direction du ciel, de 1776 à 1800, nous mentionne-

jeu qui lui ite Trinité, insi que St.

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TÉCOMPENSE.

fait au Monasus mentionne-

rons encore trois filles d'Angèle, qui ont apporté à l'œuvre de * l'éducation leur part de dévouement dans les vues d divine D s de la divine ï * Mère M. Mad. Massot de St. François de Paule, native de 8 À À = és tree de ces mes, attachées à Jésus, qui ont pe sh pes et l autre sur elles-mêmes et sur leur a à . . & ) “ Vraic religieuse, dit le Récit, personne RL ; u, capable de tous les emplois, elle a servi ie gion comme maîtresse des novices ct zélatrice, avait le plus grand zèle pour notre saint Institut, dans |’ oice duquel elle est passée de cette vie à une sites dt janvier 1794, âgée de 63 ans, dont elle avait consac ou vice de notre St. Ordre.” éd dci Il s'agit maintenant d'une âme crucifiée, ‘ qui L, , ‘ qui à généreusesk as ph qu 2 vote fidèle copie du saint n € 28,” , Mère M. Jeanne Papin de St. Olivier, et rie d' ds cre dont les remèdes les plus actifs ne purent oies ] tes effrayants. C'est par la douleur et la soumission à “à id adorables que Dieu la voulait Ursuline; qui sait si 5 ere d'impuissance apparente, elle ne méritait pas à tallss qui ss Fe aient aux fonctions de l’Institut les plus beaux fn it pr cas apostolat ? ‘“ Aimer les sacrifices et les er rh L x Dis avec un grand respect sur l'autel du S. Cœur de J és #4 Es : l'avis de notre Mère de l’Incarnation, c’est quelque Fe ; pe Lé de si profitable, aux yeux de Celui qui n'a que fi % éclat de notre dévouement pour opérer ses œuvres | re | C'est dans cet état de victime que se consuma la Mère $S i vier. Le 26 octobre 1796, après 29 années de vie religi Lu ne son exil et ses souffrances. vas de à AE he are ce jugement,” tel est en résumé l'éloge de la Lee à < = Ste. ans morte le 21 mai 1799, à l’âge Pi = sa Fa A e carrière avait été 00 ) ges, et si tout n'était pas com sn Angèle, dans le tombeau comme à la cellule, on te sur sa tombe virginale: Adoratrice perpétuelle du Cœur de

(1) Maxime de la Vén. Mère Marie de l’Incarnation

. Jésus dans le Sacrement de son amour. Non pas qu'elle fût toujours présente de corps au pied du tabernacle; maïs par cet attrait de son cœur qui l’y attachait, et dont le mouvement était si sûr, qu'au milieu des occupations les plus multipliées, elle trouvait mille moyens de passer par la chapelle, pour rendre ses hommages au Dieu qui y manifeste sa puissance par des prodiges de miséricorde et d'amour. Les voiles de la foi tombèrent bientôt pour elle; quels transports ineffables quand il lui fut donné de «c contempler à découvert le Dieu caché du tabernacle |

La notice de cette pieuse sœur clôt les notices du siècle. A l'exception de trois vénérables anciennes, la communauté s'était renouvelée tout entière depuis la conquête. Voici le personnel de notre Monastère en ce qui est des religieuses, à l'inauguration du 19e siècle.

Rév. Mère Marie-Marg. Davanne de St. Louis de

MAUR sranen ete evene Érérerene 81 ans Sr.

L ‘6 Marie-Mad. Cureux de st. Germain Sr ASE AGAIN serum rresenninmoeses … 64 ds ge ‘6 Marie-Anne Brassard de Sle. Madeleine 64 ,, “2 ce ‘6 M. A. Lse. Taschereau de St. Frangçois- e Æavier ........ Nr hi al éesai. DU | 4 4 Marguerite Blais de 8. Dé Oh 6 | ‘4 & 4 M. Louise-Ignace des Roches à Sle. ss Al dus tone APN AT ne:

6 4 M. Marguerite Marchandde Ste. Ursule 46 5 6 M. Amable Dubé de St. Ignace... 49 6 M. Josephte La Fontaine dite Thérèse de Jésus... PP TO IT 44 se M. Élisabeth ds Lage 4 St. Ti Baptiste NN op 060 can 50 ‘ # ‘6 Marie Borne de St. Charles... + 40

LL; ‘6 M. A. Archange Punet de St. Bernard 40 ;f ‘ M. Françoise Panet de St. Jacques … 86 # ‘6 M. Angélique Miller de St. Thomas. 32 Fi ‘M. Louise Rouleau de St. Michel... AL

u'elle fût is par cet nent était liées, elle rendre ses 8 prodiges nt bientôt . donné de

siècle. À tuté s'était ersonnel de uration du

le . 8l ans n s 64 (1 ne 64 LE | S=

56 66 A1 RL Le.

RL ule 46 … 49 de + 0.

an-

rd 40

Françoise- Elisabeth Giroux des Anges 32 M. Josephte Méthot de l'Incarnation… 28 M. Genev. Julie Berthelot de St. Joseph 34 Genev. Thérèse Berthelot de St. Ers.

d'Assise... Hein: 85 ‘° Angélique-Judith de la Ferrière de Ste.

MON Bree sosvscse CCECE TOC EE EEE ET ET EEER 26

Marie-Elisabeth Blais de Ste. Monique 26 Novices voiles blancs.

Morie- Louise Me Laughlin de St. Henri 20 Elisabeth Dougherty de St. Augustin. 20 Louise- Olive Roy de St. Paul... 22

Religieuses Converses.

Sr. M. Angélique Hamel de Ste. Marguerite... 54 M. Charlotte Chandonnet de St. Claude... 56 “ M. Angélique Rousseau de Ste. Marthe... . dl M. Marguerite Hamel de Ste. Croir ….….… 46 “ M. Madeleine Rousseau de St. Clément... 46 M. Catherine Beaudet de St, André... 38 ce M.

Josephte Hamel de St. Hyacinthe... 33 Anne Le Vasseur de St. Ambroise... 35 Josephte Le Clerc de Ste. Thècte.…... . 22 Geneviève La Croix de St. Nicolas... 20

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