‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 95 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

770, édifiant DEVANCIÈRES QUI PASSENT DU MONASTÈRE AU CIEL AU ‘ COMMENCEMENT DU SIÈCLE.

a première Ursuline Canadienne—Une jeune fille de quinze ans devançant les prévisions de ses parents, ou la Mère Marie Boutet de S Augustin—Belle mort après longue et sainte carrière—La Mère Duguet de la Nativité. ou Bonheur de mourir en “si divine compagnie !”—La Mère du Puy de l'Enfant-Jésus, ou Douceurs du cloître —La Mère M.-Madeleine de Compoité de Ste-Agathe—La Mère M. Bouteville de Ste-Claire—La Mère Drouet de Jésus, première supérieure des Ursulines des Trois-Rivières - La Mère Anne Bourdon de Ste-Agnès, première Supérieure canadienne - La Mère J. Godefroy de Saint Frs-Xavier—T'rois fidèles imitatrices de la Sr Saint-Laurent.

+ OUR ne pas interrompre la suite des événements, nous réunissons en un chapitre spécial les Notices Biograyhiques des reli- S gieuses décédées à cette époque, (de 1700 à 1713). Nos lectrices les attendent sans doute ces notices, et l'Histoire du Monastère ne serait pas plus complète à leurs yeux qu'aux nôtres 2) sans une connaissance intime de celles qui nous ont précédées. Qu'est-ce en effet >) qu'un Monastère ? Ce n’est certainement L 4 yas une réunion de bâtiments plus ou oins spacieux, plus ou moins antiques, auxquels se tachent des souvenirs de faits ou d'événements. Non,

c'est avant tout, et par dessus tout, un corps intelligent qui s'organise, puis se modifie avec les époques, perpétuant son œuvre en perpétuant les vertus dont les Fondatrices ont déposé le fécond et précieux germe, chacune exploitant ce trésor selon la mesure de la grâce. Une Biographie, dans le cas présent, c’est donc la mise en action d’une ou de plusieurs vertus spéciales, que telle sœur a été chargée par la Providence de perpétuer dans sa Communauté. Celle ci a un don, celle-là en a un autre, selon le langage de l’Apôtre, mais tout vient du même Esprit et doit retourner à la gloire du même Maître.

Nous pensons que si l’on réunissait les générations telles qu’elles se sont trouvées à vivre aux différentes périoles de cette Histoire, nous y découvririons un ensem: ble complet des plus belles vertus, dont chaque membre rescent l'influence et partage le mérite, d’après les privi. léges mêmes de la vie de Communauté. Quel puissant encouragement! Nous l’avouons ingénument, cette pensée

de l'avantage qui revient de la vie de communauté, nouk semble suffisante pour décider à un sacrifice entier et géné.

reux de toute propriété personnelle ; on conviendra facile

ment qu’il n’y a qu’à gagner à l'échange.

Nous continnerons done avec le même intérêt à fain conuaissance avec nos Mères. Leurs noms ne diraien! rien au cœur, s'il ne s’y rattachait quelque douce imagi des qualités et des vertus par lesquelles elles se sont ren dues chères à la communaut#, On les verra tenir inva riablement à ce mot d'ordre de l’Institut: “Ne poin faillir à l'honneur de ph à l'égard des jeunes fill l'office des bons Anges.”

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reposer sur elle.

HISTOIRE DU MOXASTÈRE. 57

Ba Mère Genchfebe Bourdon de Saint-Joseph, première &rsulin: Canadicune.

On n’a pas oublié, sans doute, le charme dont s’est entouré le nom de Marie de Saint-Joseph, au commencement de cette Histoire. Nous sommes heureuses d'ouvrir soùs un nom d'aussi bon augure, les notices biographiques de ce second tome, les offrant en hommage au grand et spécial protecteur des vocations religieuses du Canada.

Comme l'ont vu nos lectrices, c'était sous ce nom béni que le Monastère donnait au ciel les prémices de ses vierges, au printemps de 1652. L'été même qui suivit la mort de là bien-aimée Mère Marie de la Troche de Saint-Joseph, Mlle Geneviève Bourdon entrait au noviciat, heureuse de s’emparer la première de ce nom vénéré, qui lui rappelât sans cesse les héroïques vertus d’une de ses saintes et bien chères maîtresses. Cette seconde Marie de Saint-Joseph fut aussi la première que la Communauté députa vers le ciel au dixhuitième siècle.

‘“ Ayant été mise à nos classes dès l’âge de six ans, dit la notice de son décès, elle conserva toute sa vie le précieux trésor d’une innocence angélique, et une horreur de tout ce qui pouvait tant soit peu déplaire à son Dieu. Sa ferveur lui fit solliciter l’entrée du noviciat avec tant d’instance qu'on fut comme forcé de l’y admettre avant l’âge. Elle attendit six mois pour prendre le voile, et tit profession le 8 décembre 1654, n'ayant encore que seize ans, les règles permettant alors de faire les vœux à cet âge. A peine fut-elle professe qu’on la plaça aux classes, où elle travailla longtemps et avec succès, son zèle ne se lassant jamais,

“ Cette chère Mère a exercé tous les emplois de la religion, à la réserve de celui de supérieure, montant des plus bas aux plus hauts, se montrant partout soigneuse, vigilante et ménagère, de sorte qu’en toute chose on pouvait se Sa parfaite obéissance ne pouvait souffrir

même l’idée d'examiner les décisions des supérieurs, ct sa charité la portait à tout excuser dans les autres.

“ La délicatesse de sa conscience et sa solide piété ne se démentirent jamais. Elle avait hérité de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation une tendre dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, et grande fut sa consolation de voir, avant sa mort, cette dévotion s'étendre dans le pays, la fête solennelle s’en étant faite pour la première fois cette année même où elle est décédée.

“IL y avait six mois que notre chère Mère Bourdon de Saint-Joseph, remplissait la charge de maîtresse des novices, quand elle fut atteinte des maladies courantes. Le 6 décembre 1700, elle reçut les derniers sacrements, et nous ne pensions pas qu'elle pût vivre au-delà de deux ou trois jours, mais notre bon Dieu nous la conserva jusqu'au 13, où elle reçut pour la seconde fois le saint Viatique. Peu après cette divine visite, elle entra avec le calme et la douceur d’un enfant, dans le repos de la bienheureuse éternité.

# Notre chère Mère Geneviève Bourdon, en religion Marie |

de Saint-Joseph, était la première Ursuline canadienne, et la troisième professe de notre Communauté, Elle mourut dans la soixante-troisième année de son âge et la quaranteseptième de sa profession religieuse.

Ba fire Marie Boutet de Saint-Martin, en Religion de Saunt=Angustinr.

La Mère Marie Boutet de Saint-Augustin était française de naissance, et originaire de la ville de Xaintes. Sa famille étant venue s'établir en ce pays, la jeune Marie fut placée au pensionnat où elle eut le bonheur d'entendre, pendant deux ans, les ravissantes instructions de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation. Ayant achevé ses études, Mlle Boutet retourna auprès de ses parents, qui se félicitaient déjà de pouvoir produire avec avantage dans la société leur fille chérie, Ils étaient loin de penser que la charmante demoiselle eût de-

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vancé leurs projets d'avenir, en s’assurant une place au noviciat des Ursulines, Bientôt cependant le pieux secret dut se révéler... Mme Catherine des Champs de Saint-Martin re-sentit un vif chagrin de la résolution de sa fille, et la soumit à une rude épreuve; mais il fallut céder à la constance de la fervente postulante et lui permettre de suivre son attrait pour la solitude, A l’âge de dix-sept ans, elle était déjà enrôlée d’une manière permanente sous la glorieuse bannière de Ste-Ursule.

Employée pendant de longues années à l’enseignement, la Mère Saint-Augustin eut l’heureux talent de faire aimer l'étude aux élèves qu’elle instruisait, et d'assurer par là leurs rapides progrès. Les dernières années de sa vie, elle devint sujette à de violents maux de tête, et les supérieures crurent devoir la retirer des classes; mais ce soulagement lui causa une peine si sensible qu’il fallut, pour la consoler, lui accorder au moins la permission de soigner dans leurs maladies les petites filles sauvages.

“Toute l'ambition de cette chère sœur, dit sa notice, se portait à suivre du plus près possible la vie cachée de son Sauveur; jamais on ne la vit tant soit peu se mêler des oftices des autres, tant elle appliquait son attention à parfaitement remplir ce dont l’obéissance l'avait chargée. Elle se portait avec une joie ravissante aux emplois vils et laborieux, se faisant un plaisir de soulager nos sœurs converses dans les travaux les plus durs et les plus pénibles à la nature, Malgré ses infirmités elle a beaucoup aidé à notre Communauté, son amour pour le travail la rendant ingénieuse à’utiliser tous ses moments, Sa grande bonté de cœur la portait à soulager par tous les moyens ‘possibles les âmes souffrantes du purgatoire,

“ Le soin de l’infirmerie et de l’apothicairerie lui ayant été donné, elle mourut dans l'exercice charitable de ces deux fonctions. On la voyait jour et nuit sur pied pendant la cruelle épidémie de 1701; elle voulut même céder à ses

chères malades sa petite cellule afin de n'avoir plus d'autre lieu dé repos que l’infirmerie même. Toute sa pensée se portait à adoucir les souffrances de ses sœurs, comptant pour rien ses propres incommodités, ŒEnfin, accablée par la fièvre, elle dut consentir à se faire traiter par le médecin às la maison, M. Sarrasin. Il eut d’abord plein espoir de la guérir; mais le 8 janvier, sans qu'aucun symptôme alarmant se manifestât, elle fut suffoquée en un instant. Le confesseur de la Communauté, qui venait de la visiter, n’était encore qu'à la porte du Monastère ; on le rappelle en toute hâte, : il accourt de même, mais déjà notre chère sœur était passée à une meilleure vie. Nous fûmes désolées de n'avoir pu lui faire administrer les derniers sacrements; cependant sa sainte vie nous rassura, Elle s'était d’ailleurs confessée la véille des Rois, disant à ses sœurs qu’elle l'avait fait comme pour mourir, sentant bien qu'elle ne guérirait pas de cette maladie.”

La Mère Boutet de Saint-Augustin était âgée de 57 ans et comptait 40 ans de profession religieuse,

Œa Mère Charlotte Barre de Saint-Égnace, première professe Du fMonastere.

Quel bonheur pour nous, chères lectrices, de pouvoir raviver ici le souvenir de la fondation et du dévouement qui s’y rattache! La Mère Charlotte Barré de Saint-Tgnace, dont nôus allons vous entretenir, nous apparaît, au début du dixhuitième siècl, comme un de ces vieillards d'Israël, qui faisaient la gloire et la force du peuple! Elle était là, rappelant Mme de la Peltrie dont elle fut la fidèle compagne, la Vén. Mère de l’Incarnation sous qui elle se forma à la pratique des vertus religieuses, et toutes ces cinquante-deux Ursulines avec qui elle vécut, de 1639 à 1701, et dont elle vit seïze la devancer au lieu de la récompense,

Annoncer une si longue carrière, c'est dire assez les immenses travaux de la Mère Saint-Ignace et les services

qu'elle quelque trices, Mlle Nicole « l'enfance pratiqué au mili chrétie nent la lui don vertus, Dès l’{ immensd travailla quand ?

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qu'elle a rendus à la Communauté. Nous ajouterons ici quelques détails probablement moins connus de nos lectrices,

Mile Barré était fille de M. Jacques Barré et de Mme Nicole des Roches, et native de la ville d'Azée. Portée dès l'enfance à la piété"par un puissant attrait de la grâce, la pratique du bien lui fut d'autant plus facile qu'elle vivait au milieu d'une de ces anciennes familles éminemment chrétiennes, dont les mœurs honorent lu société et soutiennent la foi, Son oncle surtout, qui était chanoine de Tours, lui donnait l'exemple des plus belles et des plus pures vertus,

Dès l’âge de treize ans la généreuse Charlotte sentit un immense désir de consumer sa vie au service de Dieu en travaillant au salut des âmes, mais de quelle manière, où et quand ? c'était encore le secret de son Dieu, Le R,. P. Salin, qui était son directeur, fut frappé de ce courage admirable qui eût été prêt à passer par l’eau et le feu pour la gloire du

divin Maître; il comprit que le ciel avait quelque grand

dessein sur cette âme, Sous un guide aussi éclairé, la fervente jeune fille put marcher sans crainte d'illusion, attendant une manifestation plus sensible des vues de la divine Providence,

Six ans plus tard, une expédition d’Amazones chrttiennes, selon l’aimable expression du R. P. Le Jeune, se disposait à quitter l’ancienne France pour la Nouvelle, On se rappelle qu'à la veille du départ, une jeune fille élevée avec Mme de la Peltrie et qui ne devait s’en séparer qu’à la mort, regarda en arrière et se refusa au sacrifice des douceurs de la patrie, Grand fut alors l'embarras de la généreuse fondatrice, Elle en conférait avec la Mère de l’Incarnation quand parut le R. P. Salin, qui venait faire ses adieux aux missionnaires, Il apprend leur difficulté ...., Un éclair jaillit dans son âme! Il a en main le sujet que Jieu de toute éternité a destiné à cette glorieuse entreprise ! >ortant en toute hâte, il fait avertir Mile Barré de 8: rendre

au plus tôt auprès de la Mère de l’Incarnation, Elle arrive sans se douter le moins du monde de quoi il était question. Mme de la Peltrie lui demande sans autre p'éambule, si elle ne serait pas disposée à l'accompagner en ‘Canada, Mlle Barré répond aussitôt que son désir eat de se faire religieuse, et qu'elle ne laissera certainement pas échappe: une si belle occasion de risquer sa vie pour Dieu. C'était la disposition des Apôtres lorsque sur la simple invitation du bon Maître ils quittaient tout pour le suivre, ‘Nous la regumes, dit la Vén, Mère, comme un présent que Dieu nous faisait, pour nous accompagner en notre voyage et participer au sacrifice que nous allions faire de nos personnes à sa divine Majesté,”

Mile Barré était la plus jeune de la troupe apostolique, mais elle ne fut pas la moins courageuse, résistant à toutes les sollicitations de sa famille et ne voulunt pas même aller dire un dernier adieu à sa bonne mère, de crainte que la nature se réveillant ne nuisît en quelque chose à la perfection du sacrifice, Elle pria seulement qu'on lui permît “de porter la clef de son coffre à une personne fiable de sa connoissance, afin qu'elle pût rendre un dépôt qui appartenait à une amie.”

Le sentiment qui s’empara de l’âme de cette admirable jeune fille, fut celui d’un profond anéantissement, sentiment qui l’accompagna toute sa vie, ne pouvant comprendre comment Dieu l'avait mise en une aussi suinte compagnie,

et l'avait appelée à partager les travaux, les mérites et la

gloire d’une œuvre aussi sublime,

Mme de la Peltrie, ravie de sa générosité, lui avait promis de lui faciliter l'entrée de la religion en lui payant sa dot. Elle tint parole aussitôt que le Monastère fut en état d’admettre des novices. Mlle Barré avait travaillé de concert avec nos Mères jusqu’à l’année 1646, où elle devint le germe d’un noviciat qui ne devait pas tarder à être florissant, Que dire de sa ferveur, de sa fidélité à cette grâce si longtemps

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attendue et désirée ? Elle se montra dès lors l’émule des plus ferventes dans ln carrière religieuse. ‘“ À l'exemple de son divin Epoux, qui s'appelle un Dieu caché, elle n'aspirait, dit sa notice, qu'à s’anéuntir et à disparaître, traitant son corps comme son plus grand ennemi, ne se chauffant preique jamais, mangeant si peu que sa vie élait un jeûne continuel, se refusant en un mot les satisfuctions les plus innocentes.—S$S: Charlotte, lui disait à ce sujet l’aimable Mère Saint-Joseph, vous aurez une belle amende honorable à faire à votre corps à l’heure de la mort — Ah ! ma Mère, répondait sur le même ton notre fervente novice, vous ne savez

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pas combien je le ménage en secret!”

Nos lectrices ont assisté, en 1648, à la cérémonie de pro-

fession de la Mère Saint-Ignace, et sans doute elles ont béni Dieu avec nous d'avoir donné un #i parfait modèle aux

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vierves qui devaient, dans la suite, prononcer les mêmes Les | , ?

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saint Institut pour lequel elle avait un grand talent, se faisant à la fois aimer et craindre des enfants, joignant à une extrême bonté et charité la fermeté qui convient à une muitresse, On sait quel fut son dévouement lors du premier

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incendie, n'ayant pus hésité à exposer sa vie à un péril imminent, d'où elle n'échappa que par miracle, afin d’arracher aux flammes ses chères petites innocentes,

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“ Dieu avait doué cette chère Mère d'un esprit solide, prudent et sage, accompagné d'une mémoire heureuse et d'un très-bon jugement, d’un courage magnanime, propre aux grandes entreprises.

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“ Ce fut surtout dans la charge de dépositaire qu'elle s'acquit l'estime générale, non-seulement par sa haute intelligence des affaires, mais encore par sa charité universelle et son aimable prévenance, Ses nombreuses occupations lui laismient-elles un moment de repos, on la voyait aussitôt courir au pied des autels, et là, prosternée dans l’humble

attitude du publicain de l'Evangile, elle semblait se vouloir abîmer devant la Majesté divine.

“ Notre chère Mire reçut plusieurs faveurs surnaturelles, qui furent approuvées par les personnes les plus entendues en ces matières, et qui montrent clairement combien cette âme était précieuse et chère à Dieu. A l’époque mémorable des attaques des Anglais, en 1690, elle parut choisie de Dieu pour être une des victimes destinées à fléchir le Ciel. Elle regut une impression si forte de l’infinie sainteté de Dieu, et de l'extrême maliée du péché, qu’elle entra dans un état indicible d'anéantissement et de contrition, état qui lui dura plus d’un mois, et où toutes les facultés de son âme furent tellement absorbées qu'aucune occupation extérieure ne pouvait l'en distraire.”

Dans les dernières années de la vie de la Mère Saint- Ignace, il fut encore question de l'établissement d'une maison de notre ordre à Ville-Marie. Mlle Barré avait suivi Mme de lu Peltrie à Montréal en 1641, et ensemble, selon nos munuscrits, elles y avaient murqué la place où pourrait «e fonder un Monastère d'Ursulines. L'entreprise eût été alors aussi inutile que téméraire : mais bien des fois depuis, {on sollicita, on pressa fortement ” nos Mères de réaliser ce premier projet, et le grand nombre de jeunes Dlles de Montréal qui se trouvent sur nos listes d'élèves, explique ces pressantes sollicitations. Vers 1690, la Communauté se trouvant

en état de répondre à cet appel, la Mère Charlotte Barré de À

Saint-Ignace fut une des premières à proposer l'exécution du projet. Nos Mères s’y portèrent très-volontiers, n'ayant vu dans l'établissement récent des Sœurs de la Congrégation à Québec, qu'un nouveau moyen d'étendre le bien, Les MM. de Saint-Sulpice, qui avaient été les organisateurs de titutions de l'Ile de Montréal au prix des plus grands

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diront que Montréal ne suflirait pas à occuper deux Comimunautés enseignantes, Comme l’ambition de nos Mères ne paraît avoir été en aucun temps proverbiale, elles furent sutisfaites de ce témoignage de leur bonne volonté, se réjouissant de voir tant de jeunes filles de toutes les parties du pays, continuer de #instruire aux lieux mêmes où la Vén, Mère Marie de l'Incarnation avait laissé de si précieux parfums de sainteté, Quant à la vénérable Mère Saint-Ignace, elle ne songea plus qu'à sa mission dernière, celle de préparer ses comptes pour le Dieu qui juge et qui récompense,

“ Ce fat dans la nuit du 22 janvier 1701, que cette belle âme vit poindre pour elle la lumière de l'éternité, souhaitant ardemment de voir la fin de sa vie pour mettre fin, disaitelle, à sa vie pécheresse, et pour s'unir à son Souverain Bien. Elle expira en des sentiments admirables de piété et de joie, ayant eu l'esprit présent jusqu'à la fin, Elle a reçu la bénédiction de la femme forte, ayant ri à son dernier jour (1). On peut dire aussi en toute vérité qu'elle est morte dans le baiser du Seigneur, puisqu'elle rendit l’âme en baisant les pieds de son crucitix qu'elle avait amoureusement porté à ses lèvres, Elle achevait sa quatre-vingt-unième année et avait passé cinquante-cinq ans en Religion.”

La dernière maladie de la Mère Charlotte Barré de Saint- Ignace fut une pleurésie, qui l'emporta au septième jour comme sa chère bienfuitrice, Mme de la Peltrie, à laquelle elle avait survécu près de trente ans. Sa notice est visiblement encore du style et de la main de la Mère Anne Bourdon de Ste-Agnès, qui se trouvait la doyenne de notre Communauté à la mort de cette vénérable Mère,

Ma Mère gnès MBuquet de la Natibité et sa charitable Xutirmiere.

Mère Duquet de la Nativité, présentée à nos lectrices ne novice en 1667, n’eut pas une aussi longue carrière

(1) Livre des Proverbes,

que la plupart de ses conrpagnes de noviciat ; elle n'atteignitfmanda que la cinquante-quatrième année de son âge et la trente-Beut la d

troisième de sa profession religieuse, sans ag mort ét

Sa notice la donne comme douée “ d’un excellent cœur, mr ait m

d’un jugement sûr, de beaucoup d'esprit et d'adresse, et, cel | qui vaut mieux encore, d’une véritable humilité, Voyant hÿ“° le Communauté si pauvre qu'il fallait travaïtier des mains por: Sr Li vivre, elle utilisait avec une industrie ravissante tous lesans rés petits moments que ses emplois lui laissaient libres, gravantMtivité, fi et dorant des ciboires, des figures de la trè:-sainte Vierge terrible des vases à fleurs, des chandeliers ete., pour les différentes pr peine ñg roisses, ayant un talent remarquable pour ce genre de tra-surtout ( vail, Comme le nombre de nos sœurs converses était insuf. fisant pour les fonctions que la règle leur assigne, elle s'offrit de grand cœur à.en tenir lieu, regrettant de n'avoir pas eu l'idée d'embrasser cet état, tant était grand son amour pour la vie humble et cachée du Sauveur,

M. Pa de Carig s'était re bas de Q ui-même a nomb nant civi illes au

# Notre Seigneur semblait se plaire à conduire cette chère sœur par le chemin royal de la sainte Croix, et elle entra sil ‘bien dans ses desseins qu’elle s’offrit à lui pour souffrir, de. mandant de faire son purgatoire en ce monde, Il semble qu'elle ait été exaucée, car elle endura pendant quatorze mois une maladie tellement cruelle et crucifiante, qu’on nelembrasse pouvait la voir sans s’attendrir jusqu'aux larmes. Elle futhtoujours « pendant huit mois véritablement clouée à son lit de douleur ;Msatrifice cependant la fidèle amante da Dieu pauvre qui s'était fait 1eéfentra à l

fils du charpentier, suppliait encore qu'on lui apportât ses Douée instruments de travail, nous voulant persuader que cela laÏDu Puy à soulageait. es amis,

“ L'heure de la délivrance sonna enfin. Le 4 avril 1702 Bemble le ie R, P. Germain S, J., lui apporta pour la troisième fois lelfvenue pa

le piége.

ù la vict:

Marie d'u:

Saint-Viutique, et elle communia avec la ferveur d’une prédestinée. Quelques instants après, apercevant dans la maladellk les symptômes d’une mort prochaine, le R. P. commença en présence du très-saint Sicrement les prières de la recom-k ju'elle n’é

mandation de l’âme et ce fut en si divine compagnie qu’elle eut la consolation de passer de cette vie à l’autre, moutant sans agonie et dans des sentiments qui disaient assez que sa mort était précieuse aux yeux de Dieu. Cette chère Mire tait maîtresse-générale des classes, quand elle fut atteinte He la cruelle maladie qui nous l’a enlevée.

[le n’atteignit et la trente.

cellent cœur,

é. Voyant la s mains pour ante tous le bres, gravant

Sr Louise Huart de Ste-Geneviève, qui s'était dévouée sans réserve au soulagement de la Mère Duquet &c la Natitivité, fut la première à la suivre au ciel. Atteinte ào la inte Vierge terrible contagion de 1703, elle succomba le 8 février, à différentes pr peine âgée de 27 ans, mais déjà bien avancée dans la vertu, genre de tra surtout dans l'humilité et la charité,

es était insu.

e, elie s'offrit lavoir pas eu M. Paul du Puy, à l'époque du licenciement du régiment 1 amour pourde Cariguan après les victoires remportées sur les Iroquois, k'était retiré sur ses terres à l’île aux Grues, douze lieues en bas de Québec, y vivant comme les patriarches, surveillant ui-même ses domestiques, et élevant dans la crainte de Dieu sa nombreuse fantille, Ayant accepté la charge de lieutenant civil, il vint s'établir à Québec et plaça peu après ses ant quatorze illes au pensionnat. Dex d’entre elles se décidèrent à te, qu'on ne embrasser la vie religieuse, et ce vaillant soldat, qui avait es. Elle futiitoujours si fidèlement servi son roi, ne recula pas devant le t de douleur :@ acrifice que lui demandait son Dieu: Geneviève, l’aînée, s'était fait eMentra à l'Hôtel-Dieu, et la jeune Marie se fit Ursuline.

Ba Mère du J'up ve l'Enftant-Prsus.

re cette chère t elle entra sil » souffrir, dee. Il semble

apportât ss Douée de beaucoup d'esprit et d’une grande vivacité, Mile r que cela laDu Puy à sa sortie du Couvent n’eut pas de peine à se faire es amis, et elle se trouva bientôt entourée de tout ce qui emble le plus propre à charmer un jeune cœur ; mais prérenue par l'inspiration céleste elle se tint en garde contre le piége. Ce combat entre la grâce et l'attrait des plaisirs, Doù la victoire est si difficile à tant d’autres, fut pour la jeune Marie d’une étonnante facilité. Elle avoua à une amie intime qu'elle n’'éprouvait dès lors qu'un extrême éloignement des

tavril 1702, sième fois le r d’une préns la malade . commença e la recom$

créatures, qui ne laissent toujours après elles que vide et ennui, quelque aimables qu’elles nots paraissent,

De retour au Monastère en qualité de postulante, Mile Bu Puy se distingua tout d'abord par sa ferveur, et elle prononça ses vœux avec la piété d’un ange, ne s’apercevant même pas d’un accident qui dérangea toute l'assistance. Son attrait particulier la portait à prier sans cesse, accomplissant ce précepte du divin Maître, non pas précisément à la manière de ces saints et saintes du sanctuaire qui sont en adoration perpétuelle, mais en tenant son cœur attaché à Dieu au milieu même des plus pressantes occupations, vivant dès ici-bas d’une vie toute céleste et divine. Elle ne comprenait pas que l’on pût jamais s'ennuyer à la prière, avouant ingénument qu'elle se sentait une inclination aussi forte et entraînante à faire oraison, que l'oiseau à s'envoler dans les airs ; alle eût passé dans ce saint exercice les nuits entières si l’obéissance ne s'y fut opposée. “ Sa mortification allait de pair avec sa dévotion, dit la notice; on voyait en elle une certaine générosité et grandeur d'âme qui la portait à imiter, dans la vie des saints, ce qu'il y avait de plus pitrfait, tandis que son zèle pour le salut des âmes lui faisait trouver son bonheur à sacrifier son repos et sa santé, aux devoirs imposés par l'instruction de la jeunesse. Elle célébrait toujours dans de nouveaux sentiments de gratitude envers Dieu, chaque anniversaire de son entrée en religion, de sa vêture et de sa profession religieuse, appelant ces jours bénis sa Pâque particulière et délicieuse, où le Seigneur l'avait fait passer de la terre d'Egypte à la terre du repos et de la paix.

“ Mes amis, disait-elle dans un écrit tracé de sa main peu avant sa mort; mes amis, ne m'importunez plus ; laissezmoi jouir en repos de mon Dieu. Je veux contempler ses perfections infinies et ne plus m'occuper que de lui seul, Adieu monde! je m'en vais à mon Dieu pour vivre en lui dans un recueillement perpétuel et ne m’en séparer jamais.”

“ Son humilité était si grande, dit M. Glandelet, alors

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supérieur de la maison, qu’elle, se donnait en toute chose le blâme ; à l'entendre, on eût “ dit qu’elle était la personne la plus imparfaite dumonde. —‘“ Venez, Seigneur disait-elle, et couvrez du manteau de vos miséricordes les innombrables imperfections qui me retiennent loin de vous.”

Cette chère sœur semblait pressentir que la mort la réunirait bientôt à son Epoux céleste; toujours est-il qu’à cette époque on s'apereut qu'elle tendait à un plus parfait dé tachement des choses de la terre, Sa tendresse pour sa fumille était extrême et elle eut d'immenses sacrifices à faire en la quittant; que dire donc du glaive qui transperça son âme quand elle se vit enlever presque en même temps, sa mère, trois de ses sœurs établies dans le monde, un petit neveu et une petite nièce! ‘Cependant, dit sa notice, nonseulement elle accepta avec une résignation toute céleste la coupe amère de la douleur, mais pour s'assurer d’une générosité complète, elle s’offrit elle-mêr.e comme victime au Seigneur, Son offrande fut agréée ; atteinte de la petitevérole qui faisait alors de si affreux ravages dans le payr, elle mourut le septième jour dans les dispositions où elle avait vécu, ce terme suftisant sans doute pour la disposer à entrer en possession de Celui après lequel elle avait si ardemment soupiré, Cette jeune Sœur sur laquelle la Communauté avait tant compté pour l'avenir, achevait à peine

ses vingt-quatre ans, dont elle avait passé neuf au service du Seigneur,”

La Mère M-Madcleine Gauthicr De Comporte De &te-Agaibe.

La jeune sœur Ste-Agathe fut ici la troisième victime de la terrible contagion de 1702-1703 ; elle mourut le 28 février, quatre jours ap ès la précédente dont elle avait été compagne de noviciat,

Mlle Marie-adeleine Gauthier de Comporté, fille du grand Prévost de Québec, avait parcouru avec succès et en fort peu

de temps son cours d’études. D’une figure douce, fraîche et gracieuse, d’une humeur gaie, accommodante et facile, elle réunissait à l’âge de quinze ans toutes les qualités que le monde admire. Lai famille avait déjà songé à une alliance avantageuse, et la jeune demoiselle se voyant fêtée dès son début dans la société, prit goût au plaisir; les divertissements et la liberté lui semblèrent des gages assurés de bonheur. Ses parents de leur côté prévenaient ses moindres désirs, tout semblait lui promettre des jours d’une joie sans mélange. Telle cependant ne peut être la condition humaine, dont l'instabilité détruit incessament les projets les mieux concertés, Cette excellente et honorable famille en fit bientôt la douloureuse expérience. M. Gauthier, frappé d'une maladie mortelle, fut enlevé en quelques jours à sa famille désolée, et Mme Gauthier, ne pouvant soutenir le poids d’une douleur aussi inattendue, suivit son mari au tombeau dans le court espace de trois semaines.

Quelle désolation pour notre jeune demoiselle! ‘“ A quoi, se disait-elle dans l’amertume de sa douleur, à quoi sert une alliance humaine dont les liens peuvent se détruire si vite en brisant le cœur!...” Cependant, Mile Gauthier de Comporté n'avait pas encore le courage de rompre avec un monde qui avait toujours pour elle de la complaisance,et ce ne fut qu'après avoir éprouvé bien profondément le dégoût que le Seigneur répandait en secret sur ses plaisirs, qu’elle se rendit enfin à Celui qui demandait depuis si longtemps son cœur. Pleinement désabusée de ses illusions passées, elle prit une résolution durable, et quitta sans verser une larme cette société qu’elle avait tant aimée. Elle reçut le voile sous le nom de Ste-Agathe, bien déterminée à imiter cette vie:ge sage et prudente, tenant comme elle sa lampe toujours prête pour aller au-devant de l’Epoux céleste,

Écrivant en France à la mort de cette chère sœur, la Mère Ste-Agnès, supé: ‘ue, lui rendait le témoignage suivant: ‘“ Quoique petite de corps et fort délicate, elle était si dure

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HISTOIRE DU MONASTÈRF, 71

eur elle-même qu'elle ne se plaignait jamais d'aucune incommodité ; et lorsqu'on voulait lui faire prendre quelque soulagement, elle s'en excusuit d'une manière si persuasive qu'on était obligé de la laisser suivre la vie commune, Douée de rares talents pour l'intruction des enfants, elle s’y employait avec zèle, su:tout dans les classes des filles sauvages, dont la malpropreté ne lui inspirait aucun dégoût, Quoiqu'elle entendît fort peu leur langue, elle ne laissait pas de les instruire solidement et de leur faire bien comprendre les mystères de notre sainte foi, en leur montrant et expliquant des gravures qui les représentaient, C'était une chose admiable que de la voir au milieu de ces pauvres enfants ; plus il y en avait dans la maison, plus elle était contente, Comme elle était ingénieuse à leur inspirer l'horreur du vice et l'amour de la vertu ! Comme elle avait de plaisir à leu: parler des avantages de la confiance en la sainte Vierge!.., Priez, je vous en prie, pour la consolation de notre Communauté affigée, et surtout pour une jeune sœur de celle que nous regrettons si justement, qui est religieuse ici et qui ressent vivement cette séparation”

La Mère Ste-Agathe était dans la 29ème année de son âge et la 4ème de sa vie religieuse,

Za Mère faite Boutebille dr Ste-Clairre,

En date du 18 mai 1705, le registre consigne le décès de la Mère Marie Bouteville de Ste-Claire, qui succomba au cinquième jour d’une pleurésie des plus violentes, Elle était âgée de 37 ans dont elle avait passée 21 dans la sainte Religion.

Le souvenir des vertus de cette chère Mère s'est confondu d'une manière si touchante avec celui des bienfaits de sa famille, que nous citerons ici le document qui en fait foi, Ce document est caractéristique; on y voit de ces hommes de l'ancien type, sobres et sévères dans leurs mœurs, généreux, hospi-

taliers, toujours prêts à seconder les nobles entreprises et les }

œuvres de zèle,

“ Pardevant le Notaire Garde-Notes en la ville et prévôté de Québec, en la Nouvelle-France, fut présent le sieur Lucien Bouteville, marchand-bourgeois de Québec, demeurant rue Ste-Anne; lequel a dit que Rév, Mè.e Marie Bouteville de Ste-Claire sa fille, s'étant dévouée et consacrée à Dieu dès l'année 1683, dans le Monastère des dames Ursulines de cette ville, il en a toujours reçu depuis tant de consolation, par la grâce qu'il a plu à la divine Bonté de lui faire, de se conformer dignement à son état, qu'il veut par une espèce de reconnaissance, donner quelque portion de son bien au

Monastère des Ursulines, comme aussi pour avoir-part aux k

mérites et bonnes œuvres des dites religieuses qui le composent, et contribuer par ce moyen à soutenir le zèle qu’elles ont pour l'instruction des jeunes filles de ce pays. C'est pourquoi le sieur Bouteville fait par ces présentes, donation au dit Monastère des dames religieuses Ursulines de cette

ville, de la somme Ce deux mille livres à prendre après son À

trépas sur les plus clairs des biens qui se trouveront alors lui appartenir, ses dettes payées si aucune y a. Et sil arrive que son épouse lui survive, la dite somme ne sera payée qu'après la décès d'icelle .,,,,,

‘“ Cette donation ainsi faite pour les causes et raisons exprimées ci-devant; à condition toutefois, que tant que le dit Monastère subsistera en cette ville, la dite Mère Ste- Claire ne sera envoyée en aucun autre Monastère, afin que le donateur et sa femme ne soient pas privés de la consolation et satisfaction qu'ils ont de la voir à leur commodité, ete... L'an 1698,”

(Signé) GENAPLE,

Nous ne saurions nous dispenser de faire part à nos lectrices d'une réflexion qui nous a vivement frappée en trans-

crivant cet acte, Si des parents chrétiens sont attendris et

consolés de voir une enfant chérie remplir dignement les!

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vœux qu'elle a faits au Seigneur, combien plus grande doit être la joie de Dieu et de ses anges!

La postérité de M. Bouteville s’éteignit vite en Canada, Ses seules enfants furent Marie, notre Ursuline, et Geneviève, qui épousa en 1696, M. Peuvret, sieur de Guadarville, con-

seiller, secrétaire du Roy, greftier en chef du conseil souve-

rain, Mme Peuvret décéda en 1699 sans laisser de postérité,

M. Bouteville lui-même mourut en 1707, et Mme Bouteville, en 1713, Ils étaient venus s'établir en Canada vers l'année 1680, Heureux sont-ils d’avoir mis à la banque du bon Dieu une partie de leurs fonds pour encourager l’œuvre de l'instruction de la jeunesse, Les intérêts ne leur en reviennent-ils pas là-haut, à mesure que l'œuvre se poursuit et se développe ?

M. Bouteville paraît souvent sur nos listes d'élèves, comme défrayant la pension d’une nièce ou d’une protégée.

$7.— Da Mère Marie Brouet de Jésus, prenrière Snpérieure des rsulines des Trois-Ribières.

Une lettre reçue des Trois-Rivières à la fin d'octobre 1709, apporta au Monastère la triste nouvelle de la mort de la révérende Mère Marie Drouet de Jésus, fondatrice et supérieure de cette maison,

Par son activité dans les emplois, son application au travail, surtout par l'exemple de sa vie vraiment religieusé, cette bonne Mère avait grandement contribué à accroître la prospérité de notre Monastère, à partir de son arrivée à Québec en 1671 jusqu’à l’année 1697, où elle fut nommée supérieure de la nouvelle fondation, Sa touchante piété envers le saint Enfant-Jésus lui a assuré un souvenir impérissable parmi nous, car c’est à elle que nous devons, comme on l’a déjà vu, l'érection de notre chapelle de l’'Entnt-Jésus, et la pieuse coutume d'y chanter le 25 de chaque mois un salut solennel,

La Mère Marie Drouet de Jésus a été très-souvent chatgée d'instruire pour la première communion les élèves tant françaises que sauvages, et elle remplissait cet important exercice de l’Institut avec un succès qu'on ne pouvait se lasser d'admirer, Sa conversation ordinaire portait à la dévotion, et même au milieu du travail le plus disträyant, on s’apercevait que sa pensée s'élevait incessamment vers le ciel, Dès son arrivée en ce pays de privations et de souf: frances, les Supérieures virent qu'elle se portait avec une rigueur excessive à la pratique des austérités corporelles, que c'était un sujet dont il n’y aurait qu'à modérer la ferveur,

La Mère Marie Drouet de Jésus gouverna notre Communauté avec une grande douceur et sagesse de 1682 à 1688, et il y avait près de neuf ans qu'elle gouvernait celle des Trois- Rivières quand sa mort, arrivée le 26 octobre 1709, plongea dans le deuil cette nouvelle fondation, Elle était dans la soixante-treiziôme année de son âge, et la cinquante: septième de sa profession religieuse,

À la mort de la Mère Marie Drouet de Jésus, on fit aussitôt à Québec l'élection d'une nouvelle Supérieure, Le choix de la Communauté s'arrêta sur la Mère Marie-Madeleine Amiot de la Conception, qui partit peu après pour Trois-Rivières afin d'y occuper la place vacante, jusqu’à ce qu'on eût pu consulter Mgr de Saint-Valier, L'année suivante, Mgr écrivit de Londres qu’il désirait que la Mère des Anges fût chargée du gouvernement de la nouvelle maison, et l'on agit en conséquence,

69,—2a Mère Anne Bourdon de Ste-Agnès, premiere Supérieure Canadienne De cette Maison.

Déjà nous avons initié nos lectrices aux aimables traditions de l’enfance de cette chère Mère ; elles l'ont vue entrer en Religion avec toute la générosité possible, rivaliser de zèle et de ferveur avec les Fondatrices, les seconder dans

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leurs travaux, et leur succéder enfin en 1700, dans le gouvernement de la maison, Nous savons aussi quels droits elle s'est acquis à la reconnaissance de la Communauté, nous oserions presque dire du pays, par ses immenses travaux comme annaliste. Recueillons-nous quelques instants et voyons briller d'un nouveau lustre, à son heure dernière, sa tendre et énergique piété.

Vers le 24 octobre 1711, la Mère Ste-Agnès demandait aimablement son congé pour aller, disait-elle, régler ses comptes avec le bon Dieu. Elle entra en effet en retraite, et s'y livra avec sa ferveur ordinaire. Absorbée dans la pensée de l'éternité, elle se dissimula d'abord à elle-même un certain malaise qui s’emparait de toute sa nature; mais le mal se développant rapidement, la lutte ne lui fut plus possible, il lui fallut prendre l’infirmerie. Le 2 novembre. le médecin la déclarant en danger, on lui fit administrer les derniers sacrements, et le 4 au matin, elle rendit avec joie à Dieu sa belle âme, ‘sa sainte vie, disent les Registres, lui ayant épargné toutes les appréhensions de la mort.”

‘“ On ne saurait assz dire, au témoignage de sa supérieure, combien cette vénérable Mère était précieuse à la Communauté, et combien aussi elle en était estimée et chérie, C'était un bon esprit, un riche naturel, accommodante avec toutes ses compagnes d'office, laborieuse, paisible, excusant tout avec une merveilleuse charité. Elle a passé par tous les premiers emplois du Monastère, et les a toujours exercés à la satisfaction générale.”

La Mère Ste-Agnès était du nombre de ces élèves de notre Vén. Mère de l’Incarnation, qui rappelaient sans cesse la ferveur des Fondatrices : l’une s’appliquait à reproduire leur charité, l’autre leur mortification ; cell:-ci leur ardent amour pour Dieu, celle-là leur recueillement continuel. Quant à la Mère Ste-Agnès, il semble qu'elle eût pris à cœur de retracer en elle l’humilité et la débonnaireté de sa chère et unique Mère. On raconte de la Mère de l'Incarnation qu’un des

traits les plus saillants de son caractère, était sa promptitude à déférer aux avis des autres chaque fois que cela se pouvait faire sans inconvénient grave. Si dans les affaires ou dans le maniement des travaux communs, quelqu’une se permettait de lui dire: ‘ Ma Mère, cela ne me paraît pas bien; ce serait mieux autrement,” l’humble Mère répondait aussitôt : ‘ Eh bien ! mon enfant, dites-nous votre avis.” C'est ainsi qu'en usait la Mère Ste-Agnès: ‘ Quoique très-entendue dans les affaires et le ménage, elle recevait avec agrément et douceur les avis de personnes bien moins entendues qu'elle,”

Comme sa sœur Geneviève de Saint-Joseph, elle avait hérité de la Mère de l’Incarnation, une ardente dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, sentant que, ‘“ pour correspondre aux grâces qu’elle recevait de son Dieu, elle n'avait pas de moyen aussi efficace que de conjurer le Verbe Incarné de la recevoir sur son divin Cœur, pour y brûler en continuel holocauste en lu présence de son Père; et aussi, afin que le feu de ce divin autel consumât toutes ses infidélités, et sanctifiât ses pensées, ses actions et sa vie.”

Sa tendresse pour le Cœur de Jésus la portait à honorer particulièrement sainte Gertrude, qui avait dit des choses si admirables de ce divin Cœur, et sans doute aussi la Vén, Mère de qui elle tenait cette p' 'cieuse dévotion, puisque d’après sa notice, son bon cœur se portait avec une affection toute filiale à honorer la tiès-sainte Vierge, le grand saint Joseph, saint Augustin, sainte Ursule, et tous ces saints et esprits bienheureux chargés de protéger son ordre et sa maison d’une manière spéciale.”

“ Je n'aurais jamais fait, dit celle qui écrit sa notice, si je voulais détailler en particulier toutes les vertus de cette chère Mère; disons encore cependant qu'elle a porté avec une patience héroïque des croix qui en eussent accablé bien d'autres,” Et l'on n’aura pas de peine à en convenir si l’on

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considère seulement l’époque où elle fut supérienre: en moins de trois années, il lui fallut rendre les derniers devoirs à sept de ses religieuses, dont trois étaient encore à la fleur de l'âge et donnaient beaucoup à espérer pour l'avenir ; deux autres faisaient partie de son conseil, l’une la Mère Gene viève Bourdon, sa propre sœur, étant maîtresse des novices, et l'autre, la Mère Duquet de la Nativité, maîtresse générale, La sixième religieuse de chœur était la vénérée Mère Charlotte Barré de Saint-Ignuce. Au milieu de tant d'épreuves, sa force d'âme ne paraît pas une seule fois l'avoir abandonnée ; quelque sensible et bon que fût son cœur, elle maîtrisait la nature, et recevait tout avec paix et douceur de la main de Dieu,

La Mère Anne Bourdon de Ste-Agnès remplissait actuellement dans toute leur étendue, les deux charges de maîtresse des novices et de sacristine, quand la mort l’enleva si inopinément à sa Communauté. Elle semble même avoir redoublé d'activité en approchant de la fin de sa course, et portait jusqu’au scrupule le bon emploi de son temps. En la voyant agir à l’âge de soixante-dix ans comme une personne jeune et fraîche dans lu route de la vie, on trouvait édification et encouragement. Ainsi se perpétuait dans la maison l'esprit de recueillement et de travail, barrières de la solitude tout aussi fortes que les grilles des parloirs ou les murs de notre cloître.

Nous avons déjà parlé du saint patriotisme de notre Mère Ste-Agnès, Une pensée nous a frappée, chaque fois que nos réflexions se sont arrêtées sur la coïncidence de la maladie et de la mort de cette chère Mère avec la délivrance du pays en 1711: qui sait si cette âme généreuse ne fut pas une des victimes agréées par Marie, pour le salut de ce pays si

cher ?...... Quoi qu'il en soit, il n’y a pas de doute que la

Mère Ste-Agnès n'ait emporté avec elle le sentiment par lequel elle terminait si bien l'expression de ses alarmes: “ Ils (les Anglais) se confient en leur nombre et en leur force ;

pour nous, Seigneur, notre confiance est en votre sainte protec. tion /"” C'est en compagnie des Anges qu'elle remercia Dieu de la merveilleuse réalisation donnée à cette ferme et entière espérance.

En terminant cette biographie, nous éprouvons le besoin de payer un dernier tribut d'admiration et de gratitude, à ce premier procureur général de la Nouvelle-France, qui ne fut pas moins ardent zélateur des intérêts de son Dieu, que fidèle représentant de ceux de son Roi, pu. :qu’il donna à la Religion ses quatre filles. Si M. Bourdon se rendit recommandable aux petits et aux grands par ses talents et sa rare probité ; son amour pour la Religion et sa haute piété lui assurent un souvenir impérissable dans la reconnaissance de la postérité. Nommons encore aussi cette noble veuve, Mme Gasnier du Wault de Monceaux, qui ne voulut devenir belle-mère de cette famille de bénédiction qu'’afin d'assurer à Dieu de si précieuses conquêtes. Les quatre sœurs Bourdon, qui furent les prémices des vocations religieuses du Canada, se partagèrent également entre les deux seules communautés alors existantes : Marguerite, l’aînée, fut une

des fondatrices de l’Hôpital-Général de cette ville, et fournit une longue et prévieuse carrière ; la jeune Marie, au contraire s'était hâtée de ravir le ciel, car elle était morte à l’Hôtel-Dieu dès l’âge de vingt ans ; quant à nos deux Mères Bourdon, nous avons essayé de dire ce que cette maison leur doit de vénération et de gratitude,

Ba Mère Jeanne Govetrop de Salnt-Francois-Xabier, troisième rsuline Canadienne.

Nos lectrices se rappellent cette aimable petite Jeanne, amenée des Trois-Rivières au Monastère dès l’âge de cinq ans, en 1647. Son père, M. Jean Godefroy de Linctot (1),

(1) La ville des Trois-Rivières, fondée en 1634 sous les aus-

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un des héros du pays, voulait qu'elle grandît au contact de la sainteté, près de nos fondatrices, Elle n'avait encore que huit ans lorsqu'elle revint après l'incendie de 1650,

“ C'était, dit le vieux récit, une enfant extrêmement précoce, d'un esprit brillant, d'une mémoire heureuse, Dès sa septième année, elle était très-avancée dans la doctrine chrétienne, la lecture, l'histoire sainte et autres études convenables à cet âge. Dans ces premiers temps de la colonie, les RR, Pères de la Compagnie de Jésus faisaient le catéchisme tous les dimanches et nos pensionnaires sortaient pour y assister, De temps en temps, pour exciter l'émula-

tion, ils faisaient apprendre des vers et de petites tragédies sacrées, et récompensaient l’enfant la plus méritante, Jeanne Godefroy emportait le plus souvent le prix.

Mlle

‘ À l'époque de sa première communion, Dieu lui donna Vers sa quatorzième année, ses parents insistèrent à la ramener dans

Bsa famille Mgr de Laval, premier évêque du pays, l'ayant

vue au pensionnat et apprenant ses instances pour être admise au noviciat, exigea une nouvelle épreuve, et Jeanne dut retourner de nouveau au milieu du monde. Notre chère enfant ne perdit rien de sa première ferveur; ses désirs au contraire augmentaient avec les obstacles,

“ Elle parvint enfin au terme de ses vœux. Sa vêture, qui eut lieu le 9 octobre 1659, fut la première cérémonie de ce genre, en ce pays, présidée par un évêque. Dès son entrée au noviciat, elle ne fit plus que courir dans les voies de la perfection, C’est surtout comme maîtresse générale qu’elle a fait éclater son zèle pour notre saint Institut, ayant un

quelques années d'existence une aristocratie complète : les Hertel, les Le Neuf, les Boucher, les Godefroy, les Poulin de Courvai,

occupaient un rang distingué dans le pays ec s'allièrent avec les

principales familles.” Note de M. l'abbé Ferland.

talent tout particulier pour parler de Dieu et instruire les enfants, Quoique très-éclairée sur toute chose elle était per. sonne à prendre et à demander conseil, aussi a-t-elle rempli à la satisfaction de tous, les empiois considérables dont elle a été chargée.

“ C'était une âme candide, bienfaisante et charitable, dé-

sireuse de suivre Notre-Seigneur dans les saintes voies de la croix, À l’âge de 62 ans, par suite de divers maux, elle perdit presque entièrement la mémoire, Cet aïfaiblissement moral, dont elle s'apercevait très-bien, lui était un sujet continuel d’humiliation et de sacrifices, Elle agréa cette disposition de la divine Providence sur elle, inclinant doucement son cœur à toutes les volontés de Dieu,

“ Cette chère Mère était depuis longtemps à l'infirmerie k et cependant sa mort nous prit à l’improviste. Une dé: charge de cerveau la suffoqua en un instant, sans que nous ayons pu lui faire administrer les derniers sacrements. Au reste, sa sainte vie n'avait été qu'une longue préparation à ce dernier passage et nous avons la douce conviction qu’elle a trouvé grâce devant le Seigneur,

‘“ La Mère Jeanne-Louise Godefroy de Saint-François Xavier était dans la 70ème année de son âge et la 55ème de sa carrière religieuse. Elle mourut le 28 juin 1713.

Œrois fldèles Xntitatric* de 17 Sr Saint-Laurent, Sr Douise Huar de Ste-Gencbièbe.

A l’époque où nous sommes, c’est à dire de 1700 à 1713, trois de nos bonnes sœurs converses allèrent recevoir le prix de leur généreux dévouement.

nous avons mentionné le décès dans les maladies pestiientielles de 1703. Elle n’était que dans la 28ème année de son

Le première fut Sr Louise Huart de Ste-eneviève, dont

âge et la 5ème de sa profession religieuse, Le récit sous la À

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conserver, Cette bonne sœur pouvait au besoin être l’ébéniste du Mo-

nastère, “ayant fait une très jolie niche de bois fort propre

pour une figure de saint Joseph, désirant ardemment con-

tribuer à la dévotion envers ce grand saint par la décoration )

de sa niche, Elle avait aussi grand soin d’orner et d’en-

tretenir de fleurs une grande figure de la sainte Vierge;

posée au-dessus de la porte de la grande allée qui conduit à

tous les offices de la maison. ” Les habitantes du cloître reconnaissent facilement ici la

witable, dé.

s voies de la

maux, elle iblissement in sujet concette dispo-

doucement be ; ; statue de N.-D. des Anges et la niche de saint Joseph à l'extrémui£ opposée du même corridor. Ce détail les fait | 2. . à FN l'infirmerie À déjà remonter à près de deux siècles.

,, Une déns que nous À ments, Au éparation à tion qu’elle

Sœur Louise Huart de Ste-Geneviève, si laborieuse et si aff:ctueusement dévouée à ses chères malades, était fille de “Sieur Jean Huart, habitant de la côte de Lauson, et de dame Anne-Marie Amyot dit Villeneuve. ”

Sr Marie Dieu de la Résurrection.

t-Françoisa 55ème de

Notre chère sœur de la Résurrection fut une autre victime des maladies courantes. ‘“ Tombée malade dans la nuit du 17 au 18 décembre 1708, elle expira le 21, dans la douceur d’un enfant, avec sa parfaite connaissance ainsi qu’elle

} rent, : : x - ; } l'avait demandé à Notre-Seigneur. Ce qui parut à toutes une très-grande grâce, car ces maladies étaient des fièvres 00 à 1713, M violentes, accompagnées de mal de côté et de vomissements

tels, que l’on ne passait pas trois ou quatre jours, les malades expirant pour la plupart en des délires et des convulsions extraordinaires, Notre chère sœur reçut le saint Via- | tique après avoir renouvelé ses vœux. Il y avait à peu près une demi-heure qu’elle avait reçu l'extrême-onction lorsque notre Rév, Mère, voyant qu'elle s'en allait, lui présenta le cierge bénit, Elle le prit et serra dans sa main, puis fit une

oir le prix

riève, di nt

S pestiien-

née de son M it sous la À

inclination de tête à notre Mère comme pour la remercier et lui dire adieu.

“ La mémoire de cette bien-aimée sœnr sera toujours en bénédiction en cette maison. Elle était une des dernières religieuses venues de France en 1671, et était professe du Grand-Couvent de Paris. Elle a été avec nous 37 ans et deux mois, et nous a toujours parfaitement édifiées par sa vertu et sa régularité. Son esprit de conduite et d'économie l’a rendue extrêmement utile à cette Communauté. Elle ne regardait ni à sa santé ni à ses peines quand ilétait question

du bien commun. C'était un esprit bien fait, un bon et &0-È I ;

lide jugement, une humeur agréable et accommodante, une âme pacifique, prête à excuser tout le monde et ne se plaignant jamais de personne.

“ Elle avait un grand zèle pour la conversion des sauvages et pour la reconstruction de notre église de Saint-Joseph, faisant pour cela bien des prières et des sacrifices.

“ Elle s'estimait la dernière de toutes ses sœurs, la plus incapable et inutile, et éprouvait de la confusion des atten-

tions que nous avions pour la soulager et conserver. Nous |

avions bien d’autres sentiments à son égard car elle n'avait rien de vieil que le corps, l'esprit étant vigoureux et fervent.

“son ardeur à la prière et sa régularité, son profond respect pour les supérieures, son amour du travail, son zèle pour le bien commun dams un total oubli d’elie-même, sa charité parfaite et son dévouement aux intérêts spirituels et temporels de notre maisor, ont fait de notre bien-aimée sœur de la Résurrection le modèle achevé d’une véritable sœur converse ursuline,

“ Elle était dans la 77ème année de son âge, et la 53èmek

de sa profession religieuse.”

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, remercier Sr Marie Modicr de la Passion.

Sr Marie Dodier de la Passion est une de ces enfants de la Providence dont l’état d'abandon du coté de la terre, a été comme l’acheminement dans les voies du salut et de la perfection, Elle était fille de sieur Sébastien Dodier et de dame Mairie Belhomme, et native du Perche, Quant à sa paroisse uatale, nul ne la connaît, l'enfant n'étant âgée que de cinq àsix semaines lorsque ses parents s’embarquèrent pour venir en ce pays, ce qui devait être vers l’année 1641.

toujours en s dernières professe du 18 37 ans et iées par sa d'économie té. Elle ne ait question mn bon et s0odante, une ne se plai-

Marie pouvait avoir 8 ou 9 ans, lorsque ses parents, que diverses affaires obligeaient de repasser en France, la confièrent à nos premières Mères, Périrent-ils dans le trajet, fou furent-ils victimes de quelque autre accident ? Nous ne le savons, Toujours est-il qu'après une longue attente, Marie finit par se considérer comme orpheline, Elle était alors dans sa douzième année. Tout en suivant les instructions religieuses et les classes élémentaires, elle s’associait aux travaux de nos sœurs converses autant que son âge le permettait. ÆElle se rendit si aimable à toutes que notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation n'hésita pas à acquiescer di son désir d’être religieuse converse, et elle la présenta à la Communauté. Elle avait alors seize ans,

les SAUVALES -Joseph, fai-

urs, la plus des attenbrver, Nous!

elle n'avait

eux et fer « On n'eut jamais sujet de regretter l'admission de cette chère sœur, car on peut dire sans exagération qu’elle a parfaitement rempli les fonctions de son état, et qu'il est difficile

rofond res-Æ.

id'en trouver de semblables,

il, son zèle “ Depuis l’âge de onze ans qu’elle fut donnée pour aide à

pirituels et nos sœurs jusqu’à sa mort, elle a porté avec une joie et une

bien-aimée charité incomparables le faix du travail, sans jamais rien

e véritable Mralentir de sa première ardeur, Elle s'était faite une loi de

néconduire jamais personne, quelque fatiguée ou pressée

qu'elle fût, et elle rendait service de si bonne grâce, qu'on

t la 53ème Bt dit, à la voir, que c'était l’obliger et Ini faire plaisir que le s'adresser à elle,

ie-même, sa

‘“ Sa plus grande peine en sa dernière maladie, qui ne dura que quinze jours, était d'avoir à accepter les services que requérait son état. Elle s'accusait de lâcheté et disait

agréablement que cela la rendrait paresseuse, La moindre

perte de temps lui avait toujours été en horreur. Le grand mobile de son dévouement sans bornes était une profonde reconnaissance envers la Communauté qui l'avait adoptée et élevée pour Dieu, Jui enseignant à le servir parfaitement. “Sa piété était aussi profonde qu'éclairée, et l’on peut dire qu'après avoir rempli les jours de son pèlerinage, elle s’est endormie sur le Cœur de Notre-Seigneur, ayant communié pour la troisième fois en viatique quelques heures seulement avant que d’expirer. Elle mourut le 3 juin 1710,

dans la 70ème année de son âge et la 54ème de sa vie reli-B

gieuse, :

Sa dévotion à la sainte Mère de Dieu était extraordinaire: elle aimait surtout à l’honorer par la récitation du chapelet, Elle pria instamment ses Mères et sœurs qu’au moment de sa mort, On lui fît la charité de le réciter pour elle, afin de rendre hommage à Marie au commencement de son éternité, dans l'état où Dieu l'aurait mise.”

Touchante pensée qui montre avec quelle force l’orpheline d’ici-bas s'était attachée à sa parenté du ciel.

Une réflexion se présente à nous en terminant ce chapitre, L'affectueux intérêt avec lequel ces dernières notices sont

écrites fait assez voir comment l’on entend au Monastère la distinction de religieuse de chœur et de religieuse con:

verse. La Providence assigne à chacun sa place en ce mince pour l’accomplissement de ses desseins ; mais ces places n°

sont que temporaires. La religieuse travaille à accompi lé le volonté de Dieu là où il la met, sachant qu’au jour de sel grandes assises, les comptes seront définitivement réglés, etl

chacun récompensé selon son mérite,

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