S15.—SUPÉRIEURS ET CHAPELAINS
M. Charles Glandelet, qui fut le premier théologal et doyen du chapitre de Québec, et qui travailla pendant cinquante ans à la prospérité du Séminaire, fut supérieur de notre Communauté pendant une quinzaine d'années, à partir de 1700. (2) M. de Lotbinière remplissait cette fonction à la mort de Mgr de Saint-Valier.
(1) C'est en qualité d'administrateur que Mgr Dosquet vint en Canada. Il avait été sacré évêque de Samos en 1725. Le titre d'évêque de Québec ne lui échut qu’en 1733, où Mgr de Mornay résigna la miître,
(2) Natif du Languedoc, M. Glandelet vint en ce pays en 1675, et mourut aux Trois-Rivières en 1725. Il était très-bon prédicateur, Eu 1714, où il y eut un peu de bruit en Canada au sujet des doctrines Jan-énistes, M. Glanudelet dut s'éloigner de Québec. Pendant Îles années où il fut notre Supérieur, le Récit mentionne
quelques débats au sujet du plain-chant ; mais il nous a été
impossible de deviner ce que M. de la Tour a voulu nous trausmettre ralativement à lu direction spirituelle.
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En 1730, Mer Dosquet donna cette charge à M. Ls Bertrand de la Tour, Ce monsieur, qui était Docteur en Théologie de la faculté de Sorbonne, était venu avec le nouveau prélat l’année précédente, ainsi que plusieurs autres prêtres d’un mérite distingué, Voici le témoignage rendu aux vertus sacerdotales de M. de la Tour dans le mandement de Mgr Dosquet aux communautés religieuses en date du 7 mars 1750.
“ A nos chères filles les Ursulines de Québec, salut et bénédiction. La tendresse paternelle dont nous sommes rempli envers vous, nous avait engagé à nous réserver jusqu'ici la conduite de votre maison sans nous en reposer sur d’autres ; mais l'expérience nous a fait voir qu’il était fort difficile, vu le grand nombre d’affaires dont nous sommts chargé, d'entrer dans le détail nécessaire pour vous être utile, Nous avons donc cru qu’il vous serait avantageux de vous donner un supérieur, conformément à vos règles. Nous avons pour cela jeté les yeux sur M. B. de la Tour, notre grand vicaire, dont nous connaissons parfaitement la prudence et la droiture, le désintéressement et la piété, la doucœur et le zèle. A ces causes, nous l'avons établi supérieur de toutes les Communautés religieuses de cette ville.”
Le Récit ajoute que M. de la Tour servit notre Communauté avec autant de générosité que de dévouement pendant deux ans, c’est à dire jusqu’en 1732, où il fut obligé de repasser en France pour les affaires de la cathédrale de Québec. De retour en sa patrie, l'excellent abbé résolut de sy fixer, se livrant tout entier aux études inséparables de la prédication. Cela ne l’empêcha pas du publier un “ Essai en forme de Mémoire sur la vie de Mgr de Laval, premier évêque du Canada,” ouvrage qui lui valut presque autant
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second tôme ne paraît pas avoir été publié. Ses divers ou- ; 4) vrages imprimés forment plusieurs volumes. Quoi qu'il pete en soit de son autorité comme historien, on ne peut nier qu'il qu'il ne fût un homme distingué, et un bon orateur dans la eh tribune sacrée. pelain, Avant son départ pour la France, M. de la Tour nous su avait fait présent de plusieurs volumes très-appréciés : Rae “L’Explication des Quatre Evangilistes et des Epîtres de ve 7 saint Paul, par le KR. P. Jacques Lalemant, et l'Histoire du past Peuple de Dieu, par le KR. P. Isaac Joseph Berruyer.” ville L M. de la Tour étant devenu dans la suite curé de Mon- dé k D tauban, n'oublia pas ses anciennes filles spirituelles les Ursulines de Québec; il leur adressait souvent des lettres | Le 1 remplies de la plus douce piété. En 1750, il fit avec notre directel Monastère une union de prières que le Récit indique en à ces termes: “ M. de la Tour, curé de Montauban, a pro- UE posé que notre Communauté fasse chanter grand’messe, lonsiem vêpres et salut du Saint-Sacrement le jour de saint Ber- es trand, 15 octobre...” Cette obligation cessa à la mort de EEE fie M. de la Tour qui, d’après une notice néerologique publiée près” ae | dans l’Ami de la Religion en 1822, décéda à Montauban l'était er le 19 jauvier 1780, à un âge fort avancé. seue qu Mgr Dosquet donna pour supérieur à la Communauté, ASTRA en remplacement de M. de la Tour, M. de Miniac, son MU grand vicaire, “ personne d’un mérite distingué par sa Le KR. naissance, son esprit, et ses autres belles qualités, mais contiss beaucoup plus encore pour sa grande vertu,” dit le Récit, Maurice Il gouverna cette inaison jusqu’en 1740, où des jours nauté fut sereins continuèrent de réjouir le Monastère sous la supt- charge.
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Quant aux confesseurs de la Communauté à cette époque, on voit en 1714 le R. P. Léonard-Martin Dumans SJ, remplir cette fonction, “C'était un homme tellement péuctré de l'amour divin et de l'esprit de componction, qu'il ne pouvait parler de Dieu sans émouvoir aussitôt son auditoire, Pendant les quatorze mois qu’il fut notre chapeluüin, il nous donna une retraite commune qui a laissé au fond de nos cœurs un désir ardent d'acquérir la perfection, Au mois de mars 1715, il fut atteint de la maladie populaire, la rougeole. Accablé par la fièvre, il se rendit néanmoins auprès d’une pauvre femme qui désirait en être assistée. Ce fut là son coup de mort, Toute la ville, les pauvres surtout, furent longtemps à se consoler de sx perte.”
Le R, P. de la Chasse remplaca le R. P. Martin, comme directeur de la Communauté, Ce fut vers 1712, que ce géucreux missionnaire fut rappelé de la mission des Ahénaquis. Le marquis de Vardreuil, alors gouverneur, s'était longtemps opposé à son «épart de la mission, le croyant n'cossaire à la stabilité de lalliance des Francais avec cette fière et belliqueuse nation. Le R. P. de la Chasse fut près de dix-sept ans chapelain à différentes reprises. Il l'était encore en 1732, car le Récit nous dit que ce fut en cette qualité qu'il rendit les derniers devoirs à la Mère Ans lique de Lauson, qui mourut à la fin de décembre de
cette: année,
Le R. P. de la Chasse fut remplacé en 1735 par le
contuissuire ou supérieur général des Franciscains, le R, P, Maurice Tmbault, “personne de mérite dont li Commu-
nuute fut fort contente.” Il exerça pendant cinq ans cette charge,
Nous ajouterons ici un mot à la mémoire d’un ancien ami du M onastère, le R. P. Raffeix, mort en 1727. Ce KR, Père avait dirigé les travaux du rétablissement du Monastère en 1687, et il avait encore puissamment aidé les Ursuliues dans les constructions qui venaient de se terminer,
“ Nous avions recours à lui, disent les annales, dans tous nos besoins. 11 nous prêtait de l'argent, quoique rare, et il attenduit notre commodité pour le lui rendre. Rencontrait-il quelque bon marché, il venait aussitôt en faire part à notre dépositaire, se montrant en tout à notre égard un véritable père. Sur le déclin de l'âge, il agissait encure avec la ferveur d’un jeune prêtre, ne se relâchunt eu rien de ses premières habitudes, surtout de celle de se rendre au coufessionnal dès la pointe du jour, et d’y rester le soir le plus turd possible, coutume qu'il observa pendant cinquante ans pour Ja commodité des artisans et des pauvres, sans que les froids rigoureux de nos hivers pussent jamais ralentir en rien son courage, Sa confiance en Marie étuit toute filiule ; on le voyuit encure, à 90 ans, diriger tous les matins ses pus tremblants vers la chaj elle de la Congrégation établie aux Jésuites, afin d’uffrir ses hommages à la très-digue Mère de Dieu.”