CHAPITRE IV. . nos
Le Pensionnat de 1700 à 1759. 45h
une
Remarques générales — Liste de la plupart des élèves qui se sont trouvées
au Pensionnatde 1700 à 175— Une Femme Forteen Canadaau XVIIIe siècle - Bel exemple de piété filiale— Les six Dlles de Ramesay—Mile Charlotte d'Anticosti— Mile de Saint-Castin.- lostérité d'une vénérable aïcule- Grand'tunte d'un digne Aumônier - Quelques particularités sur d'autres anciennes élèves— zèle pour l'éducation -lougévité cte.— Quelques filleules d’une excellente Marrainc—Un dernier adieu aux enfants de la forêt—Domitille Alénaquise—Jaqueline de Chicoutimi —Application des pensions du Roi ct de la Fundatrice—De petites sou v élèves qui reposent uvuc leurs bonnes maitresses— Les compagnes de
disio Miles de Brouagucs.
touj $ 1.—REMARQUES GÉNÉRALES. trice $ parti 7 PRES avoir assisté aux tou- -)chantes fêtes du premier centeaire de l'établissement des Ursulines en Canada, nos lectrices satiè se demandent sans doute quelles Yo \(S" étaient leurs devancières au pen- veau NS n “ PS PA
4 sionnat à cette époque. En éerivant c'était les pages qui précèdent, que de fois
pages qui } , nous avons jeté ls yeux sur cette comp XY famille toujours si intéressante que En 1 la divine Providence amène au Mc- lemer nastère, et à laquelle la grâce nous unit si étroitement ! Avec quel de bonheur nous saluïons chaque nou- +
velle découverte sur ces chères anciennes élèves ! Comme s0' 1 nous apprenions avec une intime consolation leur heureuse délibr destince à travers le monde, et leur bienfaisante influence nou
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it tronvécs au XVIIIe csay—Mile e vénérable rticularités vité ctc.— adieu aux Chicoutimi De petites npagnes de
aux touer cente- ; des Urlectrices e quelles au penéerivant Le de fois sur cette ante que
Comme heureuse influence
sur la société ! Voici le moment de faire part du fruit de nos recherches, moment qui renouvelle les jouissances que tant de fois nous avons éprouvées, à communiquer à une classe avide d'instruction, de c2s choses qui font du bien et à l'esprit et au cœur. Nos lectrices ne seront pas moins heureuses de connaître celles qui jadis, ont passé comme elles par cette maison de Ste-Ursule, apprenant à traverser chrétiennement et utilement les épreuves de la vie, é
Dans l'étude des registres du Pensionnat, un regret s’est souvent présenté à notre esprit Que: dommage, nous disions-nous, que les Cahiers du Monastère n'aient pas toujours eu une Mère Bourdon de Ste-Agnès pour rédactrice ! Des feuilles détachées et perdues, d’autres en grande partie illisibles, des omissions de noms et de dates, laissent à désirer des informations que nous avons inutilement cherchées ailleurs, Quoi qu'il en soit, la nomenclature que uous avons à présenter à nos lectrices sera, nous l’espérons, satisfaisante.
Voyant les dimensions du Monastère prendre un nou-
veau développement, nos lectrices ont déj compris que c'était à raison de l'accroissement de la famille du cloître. Nous avons pu constater que vers 1700, le pensionnat comptait en moyenne, par annte, une soixantaine d'élèves. En 1703, malgré l’affreuse épidémie qui sévissait si cruel-
lement dans Québec, il restait encore quarante pensionnaires, Par les notices des Religieuses et autres documents de ce genre, on voit que le nombre des élèves pensionnaires alla toujours croissant jusqu’à l’année 1750, “ où nos classes se trouvèrent si surchargées, disent les annales, qu'il fut délibéré par Mgr et notre Chapitre sur la création d’ine nouvelle classe ; ce qui donna un nouvel élan au zèle de
nos maîtresses.” Le Récit ajoute que l'externat (école gratuite!, était toujours rempli à l'ordinaire, {1 ne faut pas oublier que, dans une maison d'Ursulines, ce département est aussi indispensable qu’un pensionnat- Il y eut en outre jusque vers 1725, une classe de petites fill:s sauvages.
On se demande naturellement quelles étaient les ressources des Ursulines pour subvenir aux frais des édifices et autres dépenses de l’fnstitut. Un état de comptes en date de 1701, fait voir qu'une allocation annuelle de 1000 livres leur avait été faite par le gouvernement. II y avait en outre la fondation de Mme de la Peltrie pour six petites filles sanvages et quelques françaises. Le reste, à part la modique pension des élèves, venait de lu pure Providence : c’étaient des secours envoyés par les amis de France et. différentes communautés d’Ursulines ; les dons pieux de particuliers en Canada ; ressources précieuses que savait faire fructifier l’exacte économie de nos Mères.
Les documents du temps nous apprennent que les MM. du Séminaire de cette ville, avaient vu le nombre de leurs élèves s'accroître de 14 à 80 en moins de vingt-cinq ans (de 1677 à 1700). Une lettre de M. Tremblay en date de 1728, mentionne que le Séminaire recevait annuellement 4000 livres du gouvernement. Douze pensions avaient été fondées à perpétuité par Mgr de Laval.
Nous donnons maintenant la liste de la plupart des élèves qui se trouvaient au pensionnat en 1700, et dans les années subséquentes jus u’à 1739
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82.—LISTE DE LA PLUPART DES ÉLÈVES QUI SE SONT TROUVÉES AU PENSIONNAT DE 1700 À 1759.
Miles Marie-Madeleine Faber (1), Marie-Anne de Bécancour, Marguerite de Bécancour, Clémence Guenet, Marguerite-Philippe de Muy, Marie-Joscph de Muy, Geneviève Couillard, Angélique Danais, Catherine Maufait, (R. Hôp. Gén.), Louise des Meloises, Marie Lalande, Louise de Lot. binière, Madeleine Beaupré (2), Marie Massot (3), Marie- Ursule Charets (4), Agnès Bonhomme, Marie Cadet, Cutherine de Lino, Marguerite Toupin, Geneviève Baudoin, Françoise Baudoin, Susanne DuPuy, Françoise Pachot, Marie Feuilleteau, Geneviève Martial, Marie-Madeleine de Muy, Maric-Charlotte de Muy (R. U.), Louise Clérin, Agathe de Repentigny, Marie-Jeanne Descorneaux, Marie-Anne Desquerat, Catherine de Brucy, Marie Lefebvre, Angélique Després, Elisabeth Marchand, Catherine Mézières, Elisabeth Gauthier, Elisabeth Feuilleteau, Charlotte Baudoin (R. H. G.), Marie-Anne du Bos (R. U.), Louise Racine, Marie- Louise, anglaise (5), Charlotte Pachot, Madeleine Puchot, Madeleine de la Motte-Cadillac, Judith de la Motte-Cadillac (6), Louise-Thérèse des Meloises (R. H. D.), Marie-Thérèse
(1) Cette demoiselle demeura sept ans au pensionnat,
(2) “ Placée au pensionnat par sa tante Mme de Saint-Crespin.” M. de Suint-Crespin, conseiller au conseil souverain, était grand ami du Monastère.
(3) Nièce de M. Bouteville, marchand-bourgeois de Québec,” père de notre religieuse,
(4) “ Placée an pensionnat par sa sœur Mme de Courtemanche.'
(5) Protégée de Mlle Pinaud, ainsi que plusieurs autres demoialles anglaises nommées ci-après.
(6) Ces Diles ont été longtemps au Monastère, V. t. 1, p. 522.
194 à LES URSULINES DE QUÉBEC.
des Meloises (R. H, D.), Marie Amiot de Vincelot (1), Louise de la Valtrie, Jeanne Catalorgne (2), Elisabeth de Saint-Simon, Anne-Gertrude Perrot, Louise de Jwotbinière, M. Arnauld, Rosalie Duquet des Rochers, Marie-Andrée Guyon, Louise Macart, Angélique Luudron, Catherine de Launay, Thérèse de la Mare, Catherine Picard, Françoise Roussel, Geneviève Maufuit, Marie Juchereau-Duchesnay, Geneviève Blouin, Agathe Clarke, anglaise (3), Madeleine d'Auteuil, Thérèse Lallemand, Catherine Chaunière, Jacqueline Poisson, Geneviève de Launay (R. H. D.), Marie Pinard, Angélique du Buisson, Marie-Madeleine Landron, Marie-Madeleine du Puy (BR. H. D.), Angélique Riveriu, Madeleine Riverin, Marie-Charlotte Arnauld, Marie Massot, Marguerite Mercier, Charlotte Saint-Germain (R. H. D), Marie-Louise de la Fraynaye, Marie Cadet, Gabrielle Cadet, Anne Cadet, Catherine de Montigny, Thérèse de la Saïle, Geneviève de Grandville, Madeleine Saint-Godard, Marguerite du Breuil, Marie Juchereau, Elisabeth Couillard, Charlotte Baudouin, Marie-Catherine Joriam, Jeanne Chorel, Madeleine Gatien, Marie-Françoise des Meloises, Jeanne des Meloises, Catherine-Madeleine des Meloises (R. U.), Marguerite Gravel, Anglique-Hyacinthe Rouer de la Cardonnière, Louise Le Vasseur, Louise Roussel, Louise Racine, Françoise Joriam (R. H. D.), Marguerite Pilote, une grande Dlle Anglaise mise par M. l'Intendant, Churlotte Boulanger, Marie-Anne Oéloron de Blainville, Marie- Louise Céloron de Blaivvyille, Marie-Catherine d’Ailleboust, Thérèse Huault, Gabrielle-Françoise de la Chenaye, Frangoise-Charlotte de la Chenaye, Marie-Josephte de Galifet,
(1) ‘* Placée au pensionnat par 8a grand'mère mademoiselle de l'Espinuy.”
(2) Fille du lieutenant de Messire Daniel de Subercas, capitaine et major des troupes en ce pays.
(3) ** Plavée au pensionnat par Mine l'Intendante."
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HISTOIRÉ DU MONASTÈRE, 195
Catherine La Palme, Louise Pingnet de Montigny, Madeleine Beaulieu, une Dlle de la Grange,’ Marie-Susanne Grouard, (teneviève Gravel, Catherine Roussel (R. H. D.), Catherine Prudhomme, Charlotte Gosselin, F.-Margucrite Reiche, Angélique Maufnit, Madeleine du Puy, une demoiselle Pageot, Thérèse de In Fresnaye, Angélique de Lotbinière, Charlotte Arnauld, Madeleine du Puy et sn cousine Mlle des Prés, Charlotte Aubert de la Chenaye, Marie-Madeleine du Sault, Louise Chorel de Saint-Romain (R. H. D.), Jeanne Poisson, Marie Jacques, Marie Judith de Clignancour, (R. H, D), Marguerite Feuilletenu, Marie-Barbe de Launay, une Délle Le Vasseur, Jeanne Laroche, une Dile Cadet, Barbe Donairé, une Dlle de l'Estage, une Dlle anglaise adoptée par M. Petit, Marie-Anne Perthuis, Marie-Angélique de la Chenayÿe, Francoise Baudouin, Marie-Anne-Ursüle Hazeur, une demoîsélle Peavret, Madeleïne Jobin, Charlotte Godefroy de Vieux-Pont, Marie-Elisabeth, anglaise, Louisé Boulanger, Marie:AÆtme Tournelle, Clémence Riverin, Elisabeth Rochon, Geneviève de la Grange, Thérèsé de la Grange, Jeanne Durand, Louise Sauvage, Madeleine Gravel, Marie Pomainville, Marie-Marguerite du Breuil, Louise Masse, Anne Cadet, Elisabeth, anglaise, Marguerite Le Gardeur de Courtemanche, Frapçoise Amariton (1), M.-Madeleine Cocheu (2), Marie-Jeanne de la Rue, Marguerite Hertel de Cournoyer, Françoise Couillard, Barbe Faucher dit Saint-Maurice, Elisabeth Chorel de Saint-Romain, Marie-Madeleine Huot, Elisabeth La Chapelle, Marié-Genéviève Joriam, Marie-Madeleine de Saint-Germain, Charlotte Muufait, Marie-Madeleine Gravel, Marie-Anne Bailles, Marie-Catherine Châtel, Louise Pinguet-Vaucours (R; H. D.), Charlotte Guay, Marie-Anne Guay, Marie-Madeleine de Saint-Godard, Hélène, l’'Anglaise de M. Drouard, Marie-Françoise anglaise,
(1) Fille de M. François Amariton, capitaine des troupes.
(2) M. Cecheu était seigneur de la Graude-Rivière,
Charlotte Aubert de la Chenuye (1), deux petites Irlandaïses Louise et Marguerite, M.-A. Chevalier et M.-A. Carelot, (ces Diles sont venues de Plaisance, Terreneuve), Margte Bourchemin, Marie Landron, MA. Perthuis, Marie-Catherine Gaillard (R.H. D.). M.-Lie-Claire Gaillard, M.-Louiso Placent, M.-Mad. du Fort, Marie Hertel de Cournoyer, Marie de Bouuliou, M.-Anne du Pré, Elisaboth Foucault, Jeanne de Saint-Louis, M.-Jo: de Suint-Murtin, M.-Thé:èse c'e Saint- Murtin, Françoise Couillard, Margte de Chantal, Margte de la Roche, M.-Cathe:ine Placent, M.-Mud. Chorel ile Saint- Romain, Esther Wheclwright, Louise de Vaudreuil, M.-Anne do Saint-Simon, Caurlotte’ Le Gurdeur, Mauric-Joseph Juchereau-Duchesnay, Marie-S, Couillard, Frango'se de la Murtiniére, M.-Anne d’AilleLoust des Musseaux, Marie-Renée de Norey du Mesnil, Lse-Geneviève d'Auteuil, Mad. de la Cétière, Murgte Chéron, Marie-Anne Roussel (R. H. D.), Marie Viabon, Charlotte Roy, Marguerite Gravel, deux dempiselles de Villedonné, Catherine de Ramezay, Murie- Cathorine de Ramezay (R. U.), Marie-Charlotte de Ramezay (R. H. G.), Marie-Jos. Phézeret (2), Marie-Thérèse Roy, Genev. Gravel, Genev. Chorol de Saint-Romain, Claii e Bissot, Charlotte L'Éveillé, M.-Simone Couillard, trois Dlles de Montigny, qua.re Diles de Ramesay (3), Elisabeth de la Chevrotière, Maric-Anne des Joutrdis, (4) Marie-Cluire Fleury de la Gorgendière, M.-Anne du Moutier, (5) Angélique
(1) Nous parlerons plus tard de cette famille, ainsi que de plusieurs autres sur lesquelles nous avons pu nous procurer des renseigrements précis.
2) Voir ci-après Bel Exemple de Piété filiale. (3) Voir ci-après Notice à leur nom.
(4) M. des Jourdis était Capitaine d’un détachement de la Murine, et premier seigneur de Saiut-Roch-des-Auinets.
(5) M. du Mouticr était premier scigneur des iles Bouchurd.
naye, Jobin,
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Chenaye rine des Courtem
rais (6), Marie Ch Susanne LeVassou Angéliqu M. Gossel Anne Rou guerite C Nafrechon
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(5) Mile Bouchervill était selon |
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Perthuis, Marie-Mad, Perthuis, Ursule Aubert de la Chenaye, Elisabeth de la Grange, Muarie-M, Lambert, Marie Jobin, Louise Chuuvin, M.-Lse, Peuvret, Marie Bergeron, Madeleine Peuvret, Angélique Perthuis, Charlotte Pinguet- Vaucours (RH, G.), Marie-Jos, Perthuis, Marie-Françoise Gagnon, Louise (1) et Agathe Perthuis, Margte Cloutier, Marie-M, Vachon (2), Périnne du Plessis, M. Jos, Pachot (R. H. D.), Marie-Anne Pachot (R. H. D.), Marie-Anne de Lino, Elisabeth des Turgis (3), Angélique Aubert de la Chenaye, Anne-Lse-Thérèse Juchereuu-Duchesnay, Catherine des Jourdis, Angélique de Lotbiniére, deux Dilles de Courtemanche, M-Anne Courtiaux, Margte de Falaise (4), Lac Beaupré, Marie-Jos, de Bleury de Sabrevois (5), Gén, Le Gardour de Repentigny, Margte du Frost de lu Gresmerais (6), M.-M. des Bergères de Rigaudville, Charlotte Petit, Marie Chavigny de la Chevrotière, Delphine Le Gardeur, Susanne de L'Angloiserie, Marie-Barbe Garneau, Marie-M, LeVassour, Marie-A, et Thérèse Racine, Charlotte Maufuit, Angélique Langlois, Ang. Suns-Peur, Mario LeCierc, Marie M. Gosselin, Dorothée du Sablon, Marie Ducasse, Marie- Anne Roussel, Louise Gaillard, Marguerite Poisson, Marguerite Chéron, Marie Landron, Mile Nolan, Jeanne Nafrechon, Françoise Filteau, Catherine Bélanger, Thérèse
(1) Cette Dlle, fille de M. Ch:. Perthuis, marchand de Québec, et frère aîné de M. Jos. Perthuis, conseiller, mourut au pensiounat encore enfant, Elle fut enterrée daus le cuveuu des Religieuses.
(?) Petite-fille de M. Paul Vachon, Notaire Royal.
(3) Mine venve des Targis étais première seignenresse de Métis,
(4) Cette Dile était fille de Louis de Gannes, sieur de Faiuise, lieutenant d'un détachement de la Marine Royale,
(5) Mile de Sabrevois était, par sa mère, nièce de nos Mères de Boucherville, M. de Sabrevois, commandant au Fort Chambly, était selon le R. P, de Charievoix, un officirr de grand mérite,
(6) Voir ci-après : Une femme forte au XVIIIe siècle.
Pinguet-Vaucours (R. H. G.), Marie-Mad. Gaillard (R. H. D) Jeanne de Rochefort, Angélique Sanvage, Mile Plante (1), Murie-Mad Ructte d'Auteuil (2), Angélique-Claire Bissot Marie-Jos, de Belle-Isle, Marie-Anne La Joue (R. H. D.) (3), M.-Anne de Repentigny, Marie-M. da Mont, Thérèse Hertel de Rouville, Margte Dugas, Marie Polonais, Gen. de Villeray, deux Diles Gaillard, Marie Creste, Charlotte Bissot, M Chauvin, Renée Frérot, Agnès Guyon, Charlotte Bouvier, Anne-Marie, anglaise, Marie de Falaise, Marie-Clémence ct M.-Louise du Frost de la Gesmerais (4), Marie-Anne Simari Elisabeth et M.-A. Choret, Marie-Jos. LaJoue, François Dumontier, Madeleine Dumoniier, deux Dfles Chéron et une sœur de leur mère, Marie Cochex, Marguerite Poudret, Madeleine Bouat, Marie Content, Marie Dabouville, Mar. guerite Ozelet, Marie Chevalier, Marie-Jos. Vachon, Thérèse Gauthier, Marie-Jos. de la Barre, Lse Soulange, Marie. Garneau, Marie-M. Le François, Blanche Mourier, François Drapeau, Charlotte de la Chenaye, M. Thibierge (R. H. D), Charlotte du Buisson, Louise Fournel, Thérèse Mercier Rosalie Amiot, Lse et M.-Anne du Montier, Marie de Plaine Thérèse de Tonti, (5), Mad. Huault, M.-Anne de Vitré, Cath,
(1) Des familles Plante, très-anciennes à l'ile d'Orléans. der cendent quelques-unes de nos religieuses, entre autres notre doyenne actuelle, qui « été longtemps Supérieure:
(:) M. Ruette d'Auteuil est anteur d’un célèbre Mémoire pré senté à la cour de France quelques années avant 1760.
(3) M. La Joue était un architecte de Québec.
(4) Heureuses du succès qu'elles avaient obtenu dans l'éduction de Mile Margte de la Gesmerais, nos Mères eurent la tou chante peusée d'assarer à ses deux jeunes sœurs le même avantage
(5) Le chevalier de Tonti fué un des plus hardis voyageur de l'Ouest. C'est de son temps que l’idée d’un empire Français, di golfe Saint-Laurent et des grands lacs à l'embouclrure du Missis sipi, vocupuit le vaste génie de Louis XIV.
Prieur, Bouthil Charlot de Hert Rancou Mlle de Chamar du Pré, Lise Le Racine, M.-Réné rière, À François Comte, :
La Point!
mite, Cle de la Dé de Mont: Ducasse, Villiers ( Brigitte Grandme Ang. Pla Duchesn:
euvret, Gen, Gue Page (3),
de Jumon
(2?) Voir
(3) Cett Rimouski q'elque ée adieu,” q
d (R.H.D) Plante (1), aire Bissot, +. H. D.) (3), érèse Hertel de Villeray, » Bissot, M.
tte Bouvier, Clémence et nne Simari, e, Françoise héron et une ite Poudret, ouville, Mar.
thon, Thérèse ge, Marie.
er, Françoise re (R. H. D) èse Mercier, rie de Plaine, e Vitré, Cath.
Orléans. der.
e autres note
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danse l'éducr eurent la tot:
éme avantagt s voyageurs dé » Français, dt ture du Missis
Prieur, Véronique Mathieu; Marie-Jos. du Bois, Barbe Le Bouthillier, Jeanne de la Neuville, Marie-M. Duchesnay, Charlotte du Pont, Mad.du Buisson, Marie Dumais, Mlle de Hertel, Mlle de la Durantaye, Mlle de Lamothe, Barbe Rancourt, Angélique du Val, Marie Joriam, Marie Bertrand, Mile de Louvière, Aug. des Coteaux, M.-A. Lemelin, Mlle Chamare, Marie-A, Chaboillet, deux Dlles Bailly, Thé:èse du Pré, Lse de la Grange, Marie Bélanger, deux Diles Béga, Lie Le Febvre, Claire Douville, Lse Beauvais, Thérèse Racine, M.-Anne LeBlond, Jeanne Mallet, Gen. Michelon, M.-Rénéo Cugnet, Miles de la Pérade et Boucher de la Perrière, Agathe de Hertel, Ang. La Branche, Anne Roy, Françoise de Boucherville, Chaxlotte Sauvage, Rose Le Comte, Michelle de Villeneuve, Thérèse Boivin, Marie-Jos. La Pointe, Cath. Derome, Ang. des Rochers, Mile L'Hermite, Claire Hertel de Cournoyer, Jeunne de Lorimier, Lse de la Découverte, Gen, Racine, Thérèse de Beaujeu, Margto de Montreuil, M, de la Chevrotière, Lse de Louvigny, Mwie Ducasse, Catherine Persan, Mad. de Hertel, deux Diles de Villiers (1), M.de Villejoin, M. Couillard des Prés (R. H. G.), Brigitte de Saint-Castin (2), Charlotte Gaillard, Catb. de Grandmesnil, Jeanne et Louise de Gontins, Jeanne Resche, Ang. Placent, M.-Anne Hertel, Thérèse Laroche, Thérèse Duchesnay, Gen, Cartier, Lse Roy, Thérèse Bédard, Gen, ’euvret, Flavie Savary, Lse de Renou, Margte Chevalier, Gen. Guenet, Margte de Saint-Ours-Deschaillons, Reine Le Page (3), M.-A. Barbel, Lse Bronce, Barbe Gauthier, Marie-
(1) M. de Villiers, cupitaine d'Infanterie, était frère aîné de M. de Jumonville.
(?) Voir ci-après Notice à son nom,
(3) Cette fumille, originaire de l'île d'Orléans, alla s'établir à Rimouski vers 1700, sur le fief Le Page. Il serait à désirer que qelque écrivain des ‘ Soirées Canudieunes ‘” ou du *‘ Foyer Cauadieu,” qui racontent taut de délicieuses histoires du tewps
M. Fleury de la Gorgendière, M.-Anne LeFebvre, deux Dlles de Rigaud de Vaudreuil, Lse de Villedonné, Thérèse Huot, M.-Cath. et Thérèse La Joie, Thérèse Mercier, M.:Anne Philis, Gen. et Elis. Saint-Jean, Mad. Langoumois, M.-Anne Baudoin, A.-Françoise de Rouville, M.-Anne Chéron, Françoise de Saint-Michel, Cath. de Villeray, M.-Lse de la Gor. gendière (1), M.-Anne de Villeneuve, Louise et Anne Duchesnay, Dorothée Racine, M.-Jos. Parent, Gen. Mercier, Susanne des Rivières, Cath. de la Coudraie, Mad. du Pont, Louise Montandre, Marie-A. de la Tessonnière, Jeanne Lucas, Marie-Anne et Thérèse de Rigaudville, Marie-Jos, Mailloux, Agnès Girard, trois Diles Bégon (2), Françoise de Lotbinière, Lse Cartier, Mile Pugibeault, Charlotte de Beaujeu, Thérèse d’Ailleboust des Musseaux, Félicité du Chesnay, Margte Gravelle, Jeanne Pinguet-Vaucours, Gen. Le Mieux, Lse de Lotbinière, Claire de Renou, Margte La Jus, Charlotte des Marais, Margte de la Chevrotière, Miles Baudoin, de Plaine, Migeon de la Gauchetière, Denis de la Ronde, Brisson, Gosselin, Louvière et Aubert de la Chenaye, Marie de Jéry, Mad. de Jonquières, Cath. et Ang. de Portneuf, Elis, Champugne, Ang. Guilloré, Margte de Guet, Jeanne Baby (3), Lie Travers, Elis, de Girardin, Cath. de la Borde, Cath. de la Croix, Ang. de Hertel, Marie-A. La Garenne, Charlotte
passé, donnât nn état de l'accroissement prodigieux de cette famiiie patriareale, ainsi que de tant d’autres anciennes familles qui vnt formé des étabiissements en différentes parties du pays.
(1) Voir ci-après Notice à son nom.
(2) Epouse du marquis de Vaudreuil, dernier gouverneur français,
(3) Ces demoiselles étaient filles de M. Bégon, capitaine ct chevalier de Saint-Louis. La plus jeune, âgée de six ans, était un auge que le ciel s'empressa de recueillir, et que nos Mères eurent le bonheur de préparer à jouir de Dieu, Elle fut enterrée, comme Mlle Perthuis, duns le caveau des Religieuses,
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vre, deux 16, Thérèse r, M.:Anne 3, M.-Anne ron, Frande la Gor- , Anne Du- . Mercier, 1. du Pont, ‘e, Jeanne Marie-Jos, rançoise de e de Beau- 1 Chesnay, Le Mieux, Jus, Chars Baudoin, > la Ronde, aye, Marie tneuf, Elis, inne Baby rde, Cath.
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pouverneur
apitaine et 8, était un res eurent 6, COMME
Boucher de Niverville, deux Dlles Bissot, deux Dlles Saint- Ours-Deschaillons, Mlle Charlotte d’Anticosti (1), Marie. Jos. de Beaujeu, Marie Davis, Françoise Girard, Marie de la Barre, Charlotte Bonneau, Miles Hiché, de Muisonbasse, d'Antaille, de Rainville, de Belleville, de Belêtre, Godefroy de Tonnancour (1) et Couillard, Elis. Roy, Thérèse Fortier, Marie-Tse. Hertel de Beaulac, Marie-Jos. LeClere, Charlotte du Bord, Marie-Mad. Boucher de Niverville, Marie-Mad. de la Croix, Marie-Jos. Jutras, Marie-Anne de la Verendrye, Susanne du Clos, Barbe de Gaspé, Marie-Franc. de Montreuil, Miles Saint-Luc de la Corne (2), T.-Aubert de la Chenaye, Navarre, Richard, Marie-Ursule de la Chevrotière, Ang. et Agnès Le Vasseur, Mad, Godefroy, Françoise de Frontigny, Joseph-Marie Riverin, Marie-A. de Villiers, Jeanne de Saint- Romain, Barbe de Beauïieu, M.-Anne du Blé, Murie-A. Le Page, Gen. Chomereau, Marie-Jos, Gasnier, Marie Brissot, Marie Couillard, Marie-Louise et Murgte de la Chevrotière, Margte Carrerot (3), Marie-Jos. Durbois, Marie-Jos., Jeanne et Margte Bédard, Marie-Jos, Davis, Rébecca Anglaise, Marie. A. de Bellefeuille, Mad de Villeray, Marie-A, Gagnon, Cath, de la Martinière, Claire-Franç. Couillard, Marie Boucher, Marie-Jos., Berthe, Gen. et M. Damours de Plaine, Mad. de Sacquépée, Mile Baudoin, Marie-Lse Lecours, Marie-Gabrie!lle de l’Ile, Marie-Antoinette de Lanouiller, deux Dlles d'Orvilliers, Margte de Boisvert, Marie Cartier, Pélagie La Morille, Pétronille et Charlotte de Croisilles, Cath. de la
(1) Les Godefroy de Tonnancour, ont été anoblis de bonne heure, et gratifiés de fiefs et de seigneuries dans le district des Trois-Rivières, Leur ancêtre Jean Godefroy. célèbre interprèie, resta parmi les sauvages à la prise de Québec en 1629.
(2) M. de in Corne de Saint-Luc était Commandant en chef des contingents des Nations.
(3) Cette Dlle vint ici de l'île Royale où son père éteit garüemagasin du Roi.
Verendrye, Ang. Perrault, Ang. des Meloises (1), Thérèse Hertel de Cournoyer, Marie-Judith Damours de Clignaneour, Thérèse de Frontigny, deux Diles de Bayeulles, Marie. Jos. de Villedonné, Marie Morel de la Durantaye, Marie-Lxe Carey, Mile de Saint-Simon, Charlotte de Boucherville, Marie-M. de Muy, Agnès Boldue, Elisabeth des Meloises, M.-Cath, Amiot, deux Diles des Aulniers, M.-A. Beauchène, Cath. Berment de la Martinière (R, H. G.), Catherine de Verchères, M,-Marthe Le Mieux, M.-Marthe Couillard, Miles Corneille, de Lanou, Chavoy, Noyan, Biron, Brassard, Philibert et Proulx, deux Dlles de Vincelot, M.-Lse Carrerot, Gen, Hertel de Beaulae, deux Dlles Parent, deux sœurs de Léry, deux sœurs de Saint-Germain, Marie-T. Taschereau, Marie-Jeunne Channazard, Marie-M. Delorme, Charlotte Denis de la Ronde, Mlle l’'Estage, Marie-Angélique et Marie- Louise Mariaucheau d'Esglis, Louise Drouard (2),
Œue Femme forte Du Canada au Dip-buitiemessièele.
Une élève des plus distinguées de cette époque, et qui exerça une influence bien marquée sur les temps qui ont suivi, est sans contredit Mile Marguerite du Frost de la Gesmerais. lle était nièce par sa mère de nos Mères de Boucherville, de Varennes et de Muy et petite-nièce de notre Mère Boucher de Saint-Pierre,
Mlle de la Gesmerais, qui devint une de ces femmes fortes
(1) Mile Ang. des Meloises fut plus tard la célèbre dame Péan de Livaudière. C'était une personne très-remarquable pour sa beauté, ses agréments et son esprit.
(2) Mile Drouard était fille de Mme Cath. de Villeray, qui épousa en secondes noces M. Michel de Salaberry. capitaine de flûte du Roi. Elle fut placée au pensionnat par son beau-père qui Jui paya ausei sa dot à l'Hôpital-Général de cette ville, où elle véout saintement pendaut près d’un demi-siècle. Elle mourut en 17914 Elle porta en religion le même nom que sa pieuse tante, notre Mère Drouard de Saint-Michel.
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Toutsemblait sourire 4 cette jeune famille quand Dieu, dont les desseins sont impénétrables, retira du monde ce bon pèré au moment où ses enfants avaient le plus grand besoin de son appui. Margucrite n'avait que huit ans lorsqu'elle resta ainsi orpheline; mais élevée en partie chez son respectable aient, M. Pierre de Boucheiviile, son éducation ne füt pas négligée. Dès sa onzième année, ori l’'envoyait à nos classes, Douce, pieuse, pleine de candeur et d'intelligence, Mlle de la Gresmerais s’acquit la sympathie et l'estime de tons. Elle ne perdait pas un instant, et si elle voyait quelqu'une dé ses compagnes, moins assidue at travail, chercher à s'amuser pendant la classe on l'étude, elle sé disait à ellesmême: ‘“ Ces demoiselles sont plus fortunées que moi; leurs années d’étudé ne sont pas limitées; pour moi, je n’ai plus de père, et ma pauvre mère attend avec anxiété mon retour à la maison...” Et elle redotblait d'activité et d'application dans l’aequit de ses devoirs. C’est ainsi que Diet préparait sa jeuné servante aux grandes œuvres qu'ellé devait plus tard accomplir à la gloire de son nom.
Après deux années de séjour à notré pensionnat, Mile de 14 Gesmeraïs retoarna atprès de sa mère, qui avait plüs besoin que jamaïs de cet ange de consolation. Chargée de cinq enfants encore en bas âge, deux garçons et trois filles, elle n’a-
vait aucune ressource pour l'avenir, Les amis de la famille avaient fondé de grandes espérances sur notre intéressante Marguerite. M. Sattin, de la maison de Saint-Sulpice de Montréal, auteur de sa vie manuscrite, nous la présente ainsi à sa sortie du Pensionnat: ‘“ Après avoir passé deux ans, ditil, chez les dames Ursulines de Québec, Mile de la Gesmerais revint à Montréal auprès de sa mère, dont elle fit la consolation et la joie, par les qualités de la nature.et de la grâce que le ciel lui avait données en partage. Elle fut d’un grand secours à sa mère en lui aidant à élever. ses autres enfants, Que ne devait-on pas attendre de si habiles et de si dignes maîtresses ? En cultivant son esprit et en formant son cœur aux vertus de son âge, elles firent en même temps passer dans son âme le germe de ces rares vertus dont elle devait donner dans la suite de si grands exemples.”
Parée de tous les attraits de la jeunesse et de la beauté, cette intéressante orpheline, quoique entièrement dépourvue des biens de la fortune, parut dans la société avec un grand éclat. Elle y fut à la fois fêtée, adm':ée et chérie. Cet accueil ne la trouva pas insensible; elle répondit avec empressement aux égards qu'on lui témoignait, Dieu qui devait plus tard l'attirer si parfaitement à lui, voulut qu’elle comprit par sa propre expérience, tout ce qu'il y à d’amer, de vide et de fugitif duns les joies et les espérances de la terre. Le charme de la nouveauté lui fit donc d’abord trouver une certaine jouissance dans les assemblées du monde; plus tard, elle se laissa éblouir par les grâces extérieures d’un gentilhomme français, M. François M. You d’'Youville, Mile de la Gesmerais était alors dans sa vingt et uniéme année, et il faut l'avouer, elle était digne d’un meilleur sort, Ce gentilhomme qui ne jouissait que d'une médiocre fortune, ne paraît avoir eu, d’après un grave historien, que l’éphémère avantage d’être ‘ un des plus beaux hommes de son temps.” L'alliance eut lieu, mais que de larmes coulèrent dès le début de cette union malheureuse! Capricieux et intraitable, dur envers sa
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famille et dissipé dans ses plaisirs, M. d'Youville fit cruellement souffrir son héroïque jeune femme, pendant les huit années qu'il vécut, Mme d’'Youville était veuve en 1730; de six enfants il lui restait deux petits garçons, qui plus tard se consacrèrent à Dieu dans le sacerdoce,
Chargée à la fois de pourvoir à ses enfante et d’acquitter les dettes de son mari, Madame d’Youville se trouva souvent à manquer du nécessaire, et ressentit pour la seconde fois toute l’amertume des épreuves qu'elle avait partagées avec sa mère. Ce fut alors que: sa haute vertu commença à percer, et à la distinguer éminemment parmi les dames de M'intréal, dont la douce et fervente piété était pourtant, alors comme aujourd’hui, l'honneur et la joie de l'Eglise de Ville-Marie.
La vie entière de la jeune veuve fut, de ce moment, un exercice continuel de bonnes œuvres. Elle visitait les malades à domicile et se faisait en tout la servante des pauvres ; elle reçut même dans sa propre maison des boiteux et des estropiés. Charmées de sa vertu, plusieurs jeunes filles de Montréal se joignirent à elle, vivant en commun, travaillant pour leur propre subsistance et servant les pauvres. La communauté naissante, qui avait pour elle l’approbation de l'Evêque et la généreuse protection des MM. de Saint-Sulpice, subsista ainsi jusqu’en 1747, On s'occupu aiors de confier à la pieuse veuve l'administration de l'Hôpital-Général, fondé par les frères Charon environ soixante ans auparavant, Mme d’Youville fut à cette occasion assaillie d’une persécution générale, et des gens ingrats qu’elle avait assistés et soignés dans leurs maladies allèrent jusqu’à lui donner par dérision, à elle et à ses sœurs, le nom de Sœurs Grises, L'humble Dame voulant mettre à protit cette humiliation, résolut de ne prendre jamais d'autre nom pour distinguer sa Congrégation,
Il serait trop long d’énumérer ici les épreuves par lesquelles eut à passer la sainte Fondatrice ; qu’il nous suffise d’ajoutor que les employés du gouvernement furent entin forcés
de reconnaître l'association de Mme d'Youville, La cour de Versailles, à la sollicitation de l'Evêque et du clergé du Canada, avait pris sous sa protection les servantes de Dieu, et leur avait accordé des lettres patentes en 1753.
L'Hôpital-Général de Ville-Marie avait été jusque-là dans un état de décadence véritable ; il fut bientôt retiré de ses ruines par le piété éclairée, la sagesse, l'intelligence et la prudente économie de Mme d'Youville, De grandes épreuves vinrent encore dans la suite épurer sa vertu. En 1765, an affreux incendie réduisit en cendres l'asile béni des pauvres. A peine échappée de catte maison envahie par les flammes, cette tendre mère des membres souffrants de J..0. réunit autour d’elle sa nombreuse famille d'adoption, et s'adressant à tous, aux vieillards, aux estropiés et aux orphelins des deux sexes, aussi bien qu'à ses sœurs : “ Mes enfants, leur dit-elle d’an ton pénétré, nous allons réciter le Te Deum à genoux afin dé remercier Dieu de La grâce qu’il vient de nous faire.” Tant de résignation ot de piété reçut bientôt sa récompense ; la charité lui vint on aide de toutes purts, et peu d'années après, l'Hôpital-Général reconstruit sur un plan plus vaste ot plus régulier, recueillait sous son toit près de deux cents pauvres
Personne en ce pays ne peut ignorer les services qu'ont rendus et que rendent encore au public ces veritables Sœurs de Charité.
Tous ceux qui ont eu le bonheur de visiter cette maison fondée par Mme D’Youville, conviendront sans peine avec nous, que le trait le plus frappant de la protection de Dien sur ces bonnes et pieuses sœurs, c'est qu'elles ont conservé intact jusqu'à ce jour l'esprit de leur digne Fondatrice, cette antique et naïve simplicité religieuse qui ajoute à leur piété je ne sais quoi d’aimable et d’édifiant,
En 1849, Mgr P. F. Targeon, alors archevêque de Québec, confia aux filles de Mme d'Youville Ia direction &e l'hospice
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des orphelins de oette ville, qui a son propre noviciat et des règles particulières. Humble fruit des sacrifices du pieux prélat, oette institution, déjà grande et prospère par son orphelinat et par ses nombreuses écoles dans la ville et les campagnes, ferait honneur aux plus anciennes villes de l'Europe. Le bonne œuvre n’a pas non plus manqué d’ensouragement, soit de la part des généreux habitants do Québec, soit par les renforts que lui donne une pieuse et fervente jeunesse, qui s’empresse d'augmenter le nombre des Sœurs, Parmi les établissements de filles de Mme d'Youville, nous citerons la mission de la Rivière-Rouge, en faveur des tribus errantes du Nord-Ouest. A Ogdensbourg encore, aux frontières du Canada, se trouve une ramification de la maison mère, sortie de la maison d'Ottawa, et fondée par M. Le Mercier, prêtre français d’un mérite distingué, qui a travaillé en ce pays avec un zèle digne de nos anciens missionnaires.
En 1824, les filles de Mme d’Youville se sont encore chargées d’un orphelinat nouveau, établi à Montréal en faveur des jeunes filles irlandaises pauvres et délaissées, et en 1853, elles ont accepté la direction d’une autre institution semblable, fondée au faubourg Saint-Antoine par O. Berthelet Ecuyer, de Montréal.
Il y a plus d’un siècle que la vie pieuse et méritoire de Mme d’Youville s’est éteinte, laissant après elle des œuvres qui feront à jamais bénir sa mémoire en Canada. Elle mourut paisiblement au milieu de ses chères filles, le 31 décembre 1771, d’une paralysie qui réeista à tous les remèdes. Elle était dans sa soixante-dixième année. Objet des regrets et de la vénération du public, elle était encore infiniment plus chère à ses sœurs, et ivngtemps après sa mort, On ne pouvait sans verser des larmes entendre prononcer son nom dans l'asile qu'elle avait fondé. Ses restes reposent aujourd’hui dans une châsse, pratiquée dans le mur de la sille de Communauté de la maison mère, à Montréal. Ils sont,
nous n'en doutons pas, une source de bénédictions et de consolations pour ses filles,
Nous ferons remarquer en terminant cette notice, que Mme d'Youville était non-seulement notre élève, mais qn'elle avait aussi, comme on a pu le voir, de proches parentes au Monastère, Nous avons eu du bonheur à constater que les membres de deux ou trois familles patriarcales se sont ainsi généreusement partagés entre les familles religieuses du pays; ce qui n’a pas peu contribué sans doute à la douce et cordiale amitié qui lesunit. Ilnous sera agréable
d’avoir à revenir plus tard sur ce sujet.
Bel GBremple de pieté filiale.
Une des compagnes d’études de Mme d’Youville s’est rendue particulièrement remarquable par son dévouement envers sa famille. Son père, M. René Phézeret, était un armurier de Montréal, que l’âge et les infirmités mettaient hors d'état de pourvoir à l'avenir de sa fille. Accablé par la perte de ses trois fils, morts au service, il ne faisait plus que languir dans le découragement et la douleur; ces pauvres jeunes gens qui rêvaient gloire et honneur, n'avaient trouvé sur nos frontières qu'une mort prématurée. Mille Phézeret revenue du pensionnat, est témoin de la désolation de son vieux père. À peine âgée de 17 ans, elle se trouvait sans autres ressources, pour l'avenir de ses parents et le sien, que celles que pourraient lui suggérer sa piété et son bon cœur. Que fit alors la douce et timide jeune fille? Son bon ange l'inspira sans doute. Elle se détermina à révéler au chef du gouvernement, au marquis de Vaudreuil lui-même, toute la détresse de sa position, et dans cette résolution, elle alla trouver un homme d’affaires pour dresser son placet.
Le Gouverneur qui connaissait bien la famille Phézeret, les jeunes gens ayant servi sous ses ordres, fut charmé de ce noble dévouement de l’intéressante Dlle. Il répondit favora-
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blement à sa demande, prenant comme plaisir à entrer dans le détail des circonstances propres à relever le mérite de la pétitionnaire: “Dile Murie-Joseph de Phézeret, disent les documents publies, nous ayant représenté qu'étant âgée de dix-septans...….. elle s'est trouvée dans l'obligation pressante de s'adresser à nous, afin de venir en aide à son père et à sa mère, nous priant de vouloir bien lui concéder une terre sur la rivière Ouamaka, ayant cinquante arpents de front sur environ deux lieues de profondeur...” Non-seulement ces 50 arponts furent octroyés, mais pour lui prouver davantage son estime, le Gouverneur ajouta à ce premier don une autre concession sur la même rivière, et donna à ce dernier fief, qui est non loin de celui de Mile Louise de Ramezay, le nom de “Bourg-Marie,” gratifiant la jeune Dlle ‘de tous les pouvoirs de haute, moyenne et basse justice, ainsi que de tous les priviléges de la pêche et de la traite avec les sau vages,”?
Le fief de “ Bourg-Maric ” avait soixante arpents de front sur une lieue et demie de profondeur, le tout accordé aux conditions ordinaires: ‘qu'elle rendrait foi et hommage au représentant de Sa Majesté, au château Saint-Louis, selon les coutumes de Paris, qu'elle défricherait ses terres et y maintiendrait feu et lieu.”
Mile Phézeret t:ouva moyen de concéder et de faire valoir se: terres, et entoura ainsi de joie et de consolation les vieux jours de ses bons parents. Que'ques années ap:ès cette henreuse démarche, elle épousa Gabriel François de Thieran,
éuyer, sieur de Genis, licutenant de la Marine Royale. Vingt-cinq ans plus tard, p'obablement pendant l'absence de son mari, en guerre où en Europe, on retrouve cette
ancienne élève au Monastère parmi les pensionnaires en Chamb:e.” Elle séjourna aup ès de no; Mire:, pendant p:ès de troissans, et les laissa au mois d'octobre 1734.
D'après une note qui nous à été fournie par M. l'abbé
Ferand, nous voyons que Mme de Thiersan passa on France vers le temps de la conquête, avec son mari et son fils Charles-Henri de Thiersan.
Les Piles de MRaimeyay.
Des six Diles de Ramezay que nous avons vues au pensionnat vers 1710 et 1715, l’aînée, comme npus l'avons dit, se fit Hospitalière, et sous le nom de Marguerite-Charlotte de Saint-Claude, vécut à N.-D.-des-Anges d’une vie tout angélique pendant près d’un demi-siècle. Geneviève avait pris son parti dans le monde et Marie-Catherine, en 1717, 8e fhisait Ursuline.
Disons un mot des trois plus jeunes, Miles Angélique, Louise et Elisabeth, qui retournèrent à Montréal à leur sortie du pensionnat, et se fixèrent dans leur famille, faisant l'édification du monde par une vie digne des premiers sièeles de l'Eglise. Par leur haute vertu, surtout par leur héroïque charité, elles se montrèrent les dignes émules des personnes vouées par état à la perfection religieuse. Elles étuient ravies de trouver quelque occasion d'assister les pauvres ou de servir les infirmes, n’hésitant pas à exposer leur santé et leur vie, quand il s'agissait de procurer à un pauvre mourant quelque soulagement corporel ou quelque consolation spirituelle. Qu'on en juge par le trait suivant, que nous tenons des RR. Mères Hospitalières de Montréal, et qui se rapporte à l’année 1735, époque où une maladie contagieuse fat communiquée à la population de Ville-Marie par un vaisseau du Roi.
Après avoir écrit le progrès de la contagion, la mort de neuf Hospitalières, le partage que l'on fit de la Communauté en pleurs, lorsque l’Evêque, l’Intendant et le Gouverneur les obligèrent d'envoyer à la campagne toutes les sœurs à l'exception de six, qui se dévouèrent à mourir auprès des malades, l’annaliste ajoute que ce fut précisément alors que
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les Diles les plus vertueuses et les plus distinguées de la colonie sollicitèrent, de loin et de près, la grâce d'être admises à l'Hôtel-Dieu. ‘“ Mais, dit-elle, les Dilles de Ramezay firent plus que cela. Au fort de la contagion et lorsque personne n'osait approcher des religieuses, ces trois filles de l'ancien gouverneur de Montréal allèrent s'offrir à elles, pour les aider dans le service des malades, ne demandant d'autre récompense d'un sacrifice aussi héroïque que la grâce d'être soi gnées à l'Hôtel-Dieu, si elles venaient à être elles-mêmes atteintes de la maladie, et en cas de mort, d’être enterrées avec les Hospitalières duns la chapelle de N.-Dame-de-Bon- Secours. Nos chères sœurs admirèrent la charité courageuse de ces demoiselles, elles leur en témoignèrent leur juste et sincère reconnaissance ; mais elles'ne crurent pas devoir les exposer à une mort qu’on regardait comme inévitable, et elles refusèrent de les introduire dans l’intérieur de la maison.”
lle Ebariotte d'Anticosti.
D'où vient à cette Dlle ce titre d’Anticosti que lui donnent nos registres ? Le voici ; c’est tout un épisode de l'Hstoire du Canada. Son nom était Joliet et ce fut son aïeul Louis Joliet qui, de concert avec le P. Marquette, eut l’honneur de découvrir le Mississipi. L'histoire de Joliet nous intéresse d'autant plus que nous trouvons sur nos registres le nom de sa belle-mère, de sa femme, de ses filles st de ses petites-filles jusqu'à la cinquième génération.
“Le 25 mars 1665, disent nos anciens papiers, Mme Bissot nous amena ses trois filles, Geneviève, Catherine et Claire- Françoise.” La dame Bissot dont il est ici question était Mile Marie Couillard, une des premières élèves de nos Fondatrices. A sa sortie du pensionnat en 1648 elle avait épousé à Québec M. François Bissot, sieur de la Rivière, natif de Lisieux en Normandie.
Plus tard, Mme Bissot donna sa fille Claire à Louis Joliet, Ce grand explorateur canadien était né à Québec et avait fait de fortes études au collége des Jésuites, Dans sa jeunesse, croyant que Dieu l’appelait à la vie cléricale, il voulut en essayer, et avant l’âge de dix-sept ans il avait déjà reçu les quatre ordres mineurs, A dix-neuf'ans, ilsoutenait au collége, en présence du gouverneur et de l’intendant, des thèses de philosophie qui les ravissaient d’admiration. Louis Joliet était un des meilleurs garçons du pays, il avait force bonne volonté pour se fuire prêtre; mais croyant voir que Dieu ne lui avait pas donné grâce pour cela, il quitta enfin la soutane. Ses voyages et ses découvertes ayant immortalisé son nom, il serait inutile d'en dire ici davantage, Ajoutons seulement que ce fut à l'âge de trente ans, en 1675, qu'il épousa à Québec Mile Cluire-Françoise Bissot, et que cinq ans plus tard, il recevait en récompense des services qu'il avait rendus à son Roi et à son pays, lu seigneurie de l’île d'Anticosti, et qu'il signa toujours depuis Joliet d'Anticosti.
On aurait droit de s'étonner, de nos jours, si le Gouvernenement faisait un pareil’ p'ésent à un homme de ce mérite ; mais cette île, aujourd’hui déserte et tristement célèb:e par ses naufrages, était alors d'une tout autre importance, à cause du grand nombre de sauvages qui y abordaient pour
# traite des pelleteries. Après avoir tenu “feu et lieu,”
pendant quelque années dans son île, Louis Joliet revint à Québec avec sa jeune famille, Sur nos registres se trouvent successivement le nom de ses filles: Ma:ie-Claire, Geneviève et Marie-Anne. Mile M.-Claire Joliet, qui sortit du pensionnat en 1696, épousa à Québec en 1702, M. Joseph Kicu:y de la Gorgendière. :
Quelques années avant sa mort, Louis Joliet reçut de Louis XIV un nouveau titre de gratification, la seigneurie de Joliet que possèdent encore ses descendants. TI fut aussi nommé hydrographe du Roi, et mourut vers l'an 1700.
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Parmi ses descendants, il en est un surtout qu’il ne faut pas oublier, l'Hon. B. Jeliet, né à Saint-Thomas et qui s’est rendu bienfaiteur de son pays aux dépens de son repos, de ses plaisirs et de sa fortune, Fondateur du village de l’Indus!rie, à la Valtrie près de Montréal, il y bâtit une église et un collége, et fit venir: d'Europe, à ses frais, les Frères de Saint-Viateur, si connus par leur dévouement et leur piété. Ce digne rejeton de Louis Joliet eut le bonheur de recevoir du Sint-Siége une lettre de félicitation; ce témoignage si fatteur lui fut accordé six ans avant sa mort arrivé en juin
alle Brigtte ve Saints: Castin.
Cette demoiselle était fille d’une princesse sauvage ct de ce baron de Saint-Castin qui combattait si vaillamment eh Acadie, vers 1707 et les années suivantes. Après le licenciement du régiment de Carignan, cet officier, natif d'Oléron en Béarn, s'étuit retiré au milieu des Abénaquis nos ancions veisins, dont il parlait trè:-bien la langue; il y épousa une p'incesse de la nation, “ p:éférant les fo:êts d'Amérique aux Py.énées d'Europe.” Il vécut parmi les sauvages de manière à s'en faire aimer et estimer au-delà de toute expression, “Il le firent grand chef, (Sagamo), qui est comme le souvesain de la nation, et peu à peu, dit un contemporain, il a travaillé à se faire une fortune dont tout autre que lui saurait p'oiter, en retirant de ce pays-là deux ou trois cent mille, écux, qu'il a dans ses coff:es en belle monnaie d’or, Cependant, il ne s’en sert qu'à acheter des marchandises pour faire des présents à ses confrères les sauvages, qui lui font ensuite, au retour de leurs chasses, des présents de castor d'une triple valeur, Les gouverneurs généraux du Canada leménagent, et ceux de la Nouvelle-Angleterre le craignent.”
Nous ignorons si Mile de Saint-Castin participait à l'huneu: aventureuse de son père, mais nous savous .que les
filles du baron de Saint-Castin furent toutes richement dotées, et mariées très-avantageusement à des Français.
Postérité D'une bénérable Micule.
Les noms de Chavigny, de la Gorgendière, de la Tesserie, de Beaulieu, se sont trouvés si souvent cités jusqu'ici, que nous avons éprouvé un vif intérêt à découvrir l’origine de ces familles, dont le zèle pour l'éducation paraît ne s'être jamais ralenti. Reportons-nous aux premiers temps de la colonie, car c’est vers 1640 que Mlle de Grand-Maison, veuve de M. Boudier, sieur de Beauregard, épousait à Québec M. François de Chavigny de Berchereau, Ce dernier avait acquis des terres à Sillery et occupait un rang distingué dans la colonie : il remplaga même pendant quelque temps le gouverneur.
M. de Chavigny ayant fait vers 1651 le voyage de France et }
ÿ étant mort, sa veuve. jeune encore, se trouva en de grandes difficultés et ent beaucoup de peine à conserver son bien; elle eut même le contre-temps de voir son manoir de l’île d'Orléans détruit par un incendie. Elle épousa en troisièmes noces M. François Gourdeuu de Beaulieu, fils d’un procureur du Roi à Niort, et donna par là un nouveau nom à sa posté. rité. Le malheur semblait poursuivre les alliances de Mlle de Grand-Maison ; onze ans après ce mariage, M. de Beau. lieu tomba sous les coups d’un misérable valet qui, après avoir assassiné son maître, mit le feu à sa propriété. L'avenir de Mme de Beaulieu devenait de plus en plus sombre, surtout quand elle envisageait le sort de sa nombreuse famille. C’est alors que M. de la Tessserie, membre du conseil supérieur, et pendant longtemps lieutenant gouverneur, offrit à la veuve éprouvée sa protection et sa main. Cette dernière union dura trente ans. M. de la Tesserie lui aida avoc une extrême bonté à pourvoir ses enfants, et lui rendit les derniers devoirs en 1692. Elle était ôgée de 70
ans, et 4 faire be Voyo Maison.
au pens rite.” lors se mai 16 Monastè àdire q de bon Grand-M malheur Raguene tte da manière 1656, poi a fille MI lotte, et r diverses Dlles ne et les per mèrent he Margue de Bondy chambaul familles d Longueui souvent si Marie-] un des pt vières, de:
Lemoine
richement rançais.
la Tesserie, squ'ici, que l’origine de it ne s'être temps de la aison, veuve \ Québec M.
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n de grandes er son bien; noir de l’île on troisièmes an procureur m à sa postéces de Mlle M. de Beaut qui, après été.
lus en plus de sa nomie, membre tenant gouet sa main. T'esserie lui g nts, et lui égée de 70
ans, et avait trouvé au milieu de ses épreuves le secret de faire beaucoup de bien.
Voyons maintenant quelle a été la lignée de Mlle de Grand- Maison. ‘En 1647, dit le registre, Mme de Chavigny amena au pensionnat ses deux filles, Marie-Madeleine et Marguerite.” Mme de la Peltrie, marraine de l’aînée, voulut dès lors se charger de l'éducation de sa chère filleule. ‘“ Le 15 mai 1650, Geneviève de Chavigny rejoignit ses sœurs au Monastère, le R. P. Ragueneau payant sa pension. ” C’est àdire que dans ce bon vieux temps, il y avait réciprocité de bonnes œuvres entre ces âmes pieuses; Eléonore de Grand-Maison, à cette époque, donnait ses terres sur l'Ile aux malheureux Hurons poursuivis par les Lroquois, et le R. P. Ragueneau, en reconnaissance, s’intéressait à l'enfant de cette dame généreuse. Les Ursulines s’unissaient à leur manière à ces protecteurs des sauvages, car, le 25 octobre 1656, porte encore le registre, Mme de Beaulieu ayant retiré a fille Marguerite, nous a mis entre les mains sa fille Charbtte, et nous la tenons pour 100 livres par an, eu égard à diverses considérations.” La piété et l'application de ces Dlles ne firent pas défaut à la bonne réputation de la famille, et les personnages les plus marquants de la colonie s’'estimèrent heureux de les avoir pour épouses.
Marguerite a transmis le sang des Chavigny aux Douaire de Bondy par son premier mari (1), et aux Fleury Deschambaulit par son second, se trouvant ainsi aïeule des familles de la Gorgendière, Rigaud de Vaudreuil, Choiseal, Longueuil, Taschereau, etc., noms qui se rencontrent si souvent sur nos registres.
Marie-Madeleine, par son mariage avec M. Jean Lemoine, un des premiers concessionnaires du district des Trois-Rivitres, devint le tige féminine des Lemoine de Monière et Lemoine des Pins.
(1) M. Douuire de Bondy se noya près de l'ile d'Orléans.
Geneviève s’allia à M. Charles Amiot, seigneur de Vincelot, dont la fille aînée la Mère M.-Madeleine Amiot de la Con: ception est déjà connue de nos lectrices. Quant au nom de Chavigny, il s'est conservé jusqu'à nos jours dans la branche des Chavigny de la Chevrotière, qui possèdent encore un des fiefs de leurs aïeux.
Ia mémoire de Mlle Eléonore de Grand-Maison ser toujours én bénédiction dans ce Monastère, où un de ses petit-fils est actuellemént aumônier, où trois de ses petites. filles ont été religieusés, et où se forment encore à la piété et à la science plusieurs de ses arrière-petites-filles.
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Une des plus remarquables petites-filles de Mile Eléonore de Grand-Maison est certainement Mile Marguerite-Thérèse Lemoine des Pins (1), qui fut par ses vertus un des plus beaux ornements de l'Hôpital-Grénéral de Montréal tenu par les Sœurs Grises. Ayant pris de bonne heure. la ré:olution de se consacrer à Dieu, elle rompit sans hésiter avec tout ce qui pouvait l’attacher au monde, et dès l’âge de 17 ans, elle entra comme dame pensionnaire à l'Hôpital. Mile Lemoine ayant obtenu de ses parents la liberté de disposer comme elle le voudrait de son héritage, elle le destina dès lors aux pauvres, sans toutefois être encore décidée à se faire religieuse. IL y avait à Montréal un grand sujet d'édification dans la vie qui menaient Mme d’Youville et ses compagne: Mlle Lemoine, passant de l'admiration au désir d’imiter, demanda aux Srs Grises de la recevoir parmi elles. Elle avait environ 30 ans. Non-seulement elle fut accueillie de grand cœur dans la société naissante, mais le jour même de sa ré ception, elle fut nommée maîtresse des novices par Mme d’Youville. Les vertus de la Sr des Pins furent une source
(2) Fille de M. René-Alexaudre Lemoine des Pinus et de Mu M.-Rénée Le Boulanger.
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de sainte émulation pour ses sœurs, et l'estime qu’on en conçut fut si général qu'à la mort de Mme d’Youville, en 1771, on n’en voulut point d'autre pour la remplacer.
Cette nomination attira à la nouvelle supérieure plusieurs lettres de félicitation, Voici comment le bienveillant M. Gravé, du séminaire de Québec, lui faisait son compliment de circonstance. ‘“ Je ne vous félicite pas de ce que vous lui succédez. Il n’est pas gracieux de remplacer une fondatrice dont le mérite était si fort au-dessus du commun. Mais il n’a tenu qu’à vous de vous remplir de son esprit, de profiter de sa présence et de ses saints avis; et je ne puis vous rien souhaiter de mieux que la grâce d’en faire un saint usage.” Les annales de la communauté témoignent qu'elle fit en effet un saint usage d'un si précieux trésor, conservant intact par ses exemples et par ses conseils, durant les 21 ans qu’elle fut supérieure, l’esprit de la vénérée Fondatrice. Sous son administration sage et judicieuse, la prospérité s’affermit dans sa maison ; elle sut aussi défendre les droits des pauvres, en invoquant la protection des autorités civiles contre les agressions des sauvages du saut Saint-Louis, qui faisaient des déprédations sur les terres de Châteauguay, seigneurie dont Mme d’Youville avait fait l'acquisition en 1764. Ses lettres à milord Carleton et au lieutenant gouverneur Cramahé, donnent une idée assez juste de sa rare capacité pour les affaires.
Mlle Lemoine des Pins a rempli une carrière beaucoup moins éprouvée que sa vénérable aïeule; mais sa vie d’abnégation et de bonnes œuvres, toute consacrée à l'utilité publique, offrira toujours aux âmes généreuses un digne sujet d'émulation dans la pratique du bien. Elle mourut en 1792. Jus'e un siècle entre la mort de l’aïeule et celle de sa pieuse petite-fille |