SERRES
@uelqnes particularités si D'autres auciennes elèbes. Zèle pour l'éducation ;—longebité ete.
Un autre nom que nous rencontrons incessamment sur les registres est celui de la Chenaye, dont la descendance se retrouve encore aussi au Pensionnat. Ce nom paraît pour la première fois quelques années après le premier incendie ; il se répète souvent depuis, et “en 1704, Mme Aubert de la Chenaye nous donna quatre nouvelles pensionnaires pour être instruites: ses deux filles, sa petite-fille Mile de Gallifet (1), et leur petite servante.”
Cette dame Aubert de la Chenaye était épouse de M. Charles Aubert de la Chenaye, ce riche négociant de Québec mort en 1702, un des ancêtres vénérés de la famille de Gaspé (2), si renommé pour sa bienfaisance que les documents du temps en font le plus bel éloge: voici à quelle occasion. Un incendie affreux éclata à la basse ville dans l'été de 1682 et causa une consternation générale, car toutes les maisons, qui étaient de bois, furent consumées, à la seule exception de celle de M. de la Chenaye. “ Dieu lui conserva sans doute ses biens, ajoute la Mère Juchereau de la
(1) M. de Gallifet était Major de Québec en 1698.
(2) Il parait qu'il n'y a rien de bien certain sur l’origine de ce surnom de Gaspé. Voici l'opinion de M. Philippe Aubert de Gaspé, Vauteur si admiré des Anciens Canadiens, à qui nous demandions quelques renseignements sur sa famille: # Je ne puis préciser en quelle année Charles Aubert, fils de Jnemne:, prit le nom de la Chenaye....Le premier Aubert de la Chenar: portant le titre de Gaspé. était le fils du précédent, qui s'étair marié en 1664. Un autre sieur de la Chenaye combattait aux Tuileries pour la défenre de la famille royale. le LQaoût 1792. On sait que les cadets des anciennes families françaises prenaient souvent le nom des fiefs où xeignenries octroyés à leurs pères, et eest te tradition dans ma famille que le nom de Gaspé nous à été transmis par un de nos aucâtres, propriétaire d'un fief daus le district
de Gaspé.”
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Ferté, afin qu'il pût aider ses concitoyens à bâtir. C'était un très-riche marchand qui avait l’âme noble et généreuse, et qui épuisa ses fonds pour prêter à tout le monde, de sorte qu'il n’y 4 presque aucune maison à la basse ville qui ne lui soit redevable.”
On se rappelle que M. Basire, autre riche marchand de Québec, s'était attaché à faire l'aumône la plus agréable à Dieu en procurant l'instruction à des enfants sans ressources, Au reste, un simple coup d'œil sur nos registres suffit, pour nous faire voir que la sollicitude de ces premiers seigneurs et marchands du pays, ne se bornait pas à leurs intérêts de négoce, ou au défrichement de leurs terres, Outre les noms déjà cités, il faut voir comme les Juchereuu, seigneurs de Beauport (1), les Toupin Dussault (2), père et fils, premiers seigneurs de Belair, les Langlois, premiers seigneurs de Saint-Jean Port-Joly, les Lessard des Eboulements, les Hamelin des Grondines, etc., tenaient à venir payer pour leurs enfants. Ilest vrai qu'ils donnaient l'argent de l'époque : blé, pois, beurre, etc ; mais leur zèle n’en brillait que mieux,
Uue autre famille dont le zèle pour l’éducation s’est transmis de génération en génération pendant deux siècles, est celle des Guyon, qui s'est ramifiée sous les noms de Guyon du Buisson, Guyon des Prés, ete. Nous trouvons constam-
(1) Daus le cours de l'année 1681, Mile de Beauport, selon notre Récit, envoyait au Monastère une chalonpée de pierres de sa seigneurie, en paiement de la pension de sa nièce.
(2) En 1663, M. Tonpin donna sa fille en mariage à M. Mouette de Moras, officier dans les troupes. Plus tard, Mile M.-Thérèse de Moras épousait M. Beaubien, seigneur de la Rivière du Loup (en haut), et veuf de Mile Godefroy de Linctot. Sa seconde femme lui apportait comme dot l'ile de Moras, dans la rivière Nicolet, aujourd’hui la propriété de leur petit-fils, Note de M. l'Abbé Ferland,
ment ces noms sur nos registres, ainsi que ceux des Diles Couillard, leurs tantes et leurs cousines,
Cette famille prit naissance dans le pays par l’allinnce de M. Guyon des Prés avec M.-Madeleine Marsollet (1), une des trois filles du valeureux interprète de ce nom,
Plusieurs petites-filles de Mme Guyon des Prés (2) furent religieuses dans cette maison et ailleurs; mais aucune d'elles n’a atteint l’âge de sa respectable uieule, qui mourut à Beauport en 1734, âgée de 90 ans.
Donnons ici en passant un échantillon des transformations qu'ont souvent subies en Canada les noms de famille, transformations qui par temps font le désespoir des généalogistes canadiens. Ce nom de Guyon par exemple, tant par les surnoms que l'orthographe, est devenu à peu près mécon-
- naissable. C'était donc Guyon dans le principe. Eh bien !
dès 1667, c'était M. Claude Dion, qui plaçait au pensionnat ses deux filles; plus tard M. ‘“ Quion” venait présenter sa fille au Monastère. Notre aumônier actuel nous dit qu'il n'y a que peu d'années qu'il a découvert que c’est des Guyon que vient une propriété très-étendue, à Beauport, que l’on désignait sous l'appellation de Champ des Dion, Chandel on (3) etc., etc.
(1) Mlle Louise Marsollet épousa M. Le Mire, et Marie, M. Dumours des Chaufours.
(2) Eu 1692, Mile Elisabeih des Prés, qu'on appela depuis Mme de Martigny. épouna à Québec M. Lemoine fils de Jacques et neveu de Charles de Louguenil; Geneviève eponsa en secoides noces M. Chavigny de in Chevrotière ÿ Thérèse, M, de la Motte- Cudilinc, fondaeur du Détroit, et Louise, M. Damours des Chaufours,
(3) Nos lectrices ont bien des fois entendu parler de Foi et hommage ; peut-être serout-elles œurienses de voir un échanion de la formule usitée en ces rencontres, sous Île régime féouul,
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La longévité des premiers habitants de notre pays est remarquable, La plupart des élèves du premier siècle de notre Monastère ont vu grandir leurs enfants et leurs petitsenfants jusqu’à la quatrième génération. Nos registres sont aimables en ce point, car en inscrivant le nom des enfants, ils désignent ordinairer.ent celui de leurs mères. Citons encore un exemple ou deux de cette longévité patriarcale,
En 1742 vivait Mile Marguerite Le ardeur de Tilly (1),
“ En lu présence et compagnie de Guillaume Tronquet, commis au Greffe et tubellionnge de Québeq, en lu Nouvelle France, Jeun Guion, habitant de la Nouvelle France, d' meurant en sa maison du Buisson. s’est transporté en la maison seigneuriale de Beauport, et à la principale porte et entrée de lu dite maison, où estant le dit Guion aurait frappé et serait survenu François Boulé. fermier du dit seigneur de Beauport, auquel le dit Guion aurait demandé si le dit seigneur de Beauport étaiten su maison seigneuriale de Beauport ou personne pour lui ayant charge de recevoir les vassaulx à foy et hommage ; à quoy le dit Boulé auroir faics response que ie dit seigneur n’y estait pas, et qu'il avoit charge de luy pour recevoir les vassaulx à foy et hommage. Après laquelie response et à la principale porte le dit Guion s’est mis un genouil en terre, nud teste, sans épée ni esperons et à dit par trois fois ces mots : monsieur de Beauport, monsieur de Beauport, monsieur ie Beauport, je vous faics et porte lu foy et hommage que je suis tenu de vous faire et porter, à cauxe de mon fief Du Buisson duquel je suis homme de foy relevant de votre seigneurie de Beauport, vous déclarant que je vous offre payer les droicts seigneuriaux et féodaux quand deubs seront, vous réquérant me recevoir à la dite foy ethomimage.” Documents de J. B. Faribault, Ecuyer.
Notre Communauté dois à ce laborieux et intelligent citoyen de Québee plusieurs papiers d’un haut intérêt, et le pays lui est redevuble de beaucoup de recherches historiques.
(1) Les Dlles de Tilly furent remarquables par leurs belles qualités et leurs hautes alliances, Catherine fut l'épouse de M, de Sorel, qui a donné son nom au fort sur la rivière Chambly ; nne autre épousa M. des Bordes de Laudricf, officier du garde-corps
que M. le gouverneur de Courcelles plagait aa pension: en 1668. Quelque temps après sa sortie du pensionnat, Mlle de Tilly épousa an officier du régitnent de Carignan, le capitaine Joseph Le Gouës de Grey ; mais bientôt elle eut la douleur de rester veuve avec une fille à élever. M. Pierre de Saint-Ours, seigneur des Chaillons, s'offrit alors à être le père de cette jeune orpheline, et de fuit ayant épousé Mme de Grey, il fit instruire la jeune Charlotte avec autant de soin que ses propres enfants, et l’introduisit dans la famille de Longueuil ; elle épousa le fils aîné du baron.
Dans un pays comme était le nôtre au temps passé, où l’on ne mourait que de vieillesse ou par accident, mais aussi où les accidents étaient si fréquents, il y avait ce nous semble un touchant patriotisme dans cette attention à ne pas laisser d'orphelins. Ces alliances répétées, où régnait une si parfaite harmonie entre le beau-père et les enfants d'adoption, sont un beau témoignage en faveur des mœurs de l'époque.
Mme de Saint-Ours, restée veuve une seconde fois, épousa en troisièmes noces le premier baron de Longueuil, qui mourut deux ans après, âgé de 73 ans, On fit de magnifiques funérailles à cet illustre défunt, Sa veuve se retira au château de Longueuil, auprès du second baron et de la jeune baroune sa fille, où elle vécut jusqu'à l’âge de 85 ans (1).
de Louis XVI. et chevalier de Saint-Lonis; il hérita dn duc d’Aremberg dont il fut aide-de-camp l'Hôtel d'Aremberg à Paris.
Parmi les officiers supérieurs de 1a Marine, on couserve le souvenir da comte de Tiily, qui émigra à la Conquête, et dont les descendants existent encore en France. Notre historien du Canada, M. Ferland, a été en correspondance avec le comte Alfred Le Gardeur de Tilly.
(1) La douce et pieuse Charlotte de Grey, délicate de santé, ne survéeut que trois ans à sa mère. Elle moarut à Longneuil en 1745, âgée de'49 ans sl AS
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Mile M.-Anne Beequard de Grand'Ville, fille d'un officier du régiment de Carigan, qui se trouvait au Monastère quelques années après Mlle Le Gardeur de Tilly dont nous venons de parler, poussa encore plus loin sa vigoureuse existence, puisqu'elle atteignit sa quatre-ving-douzième année, Elle avait épousé le chevalier Pierre-Jacques de Joybert- Marson, seigneur de Soulanges (actuellement les Cédres, près de Montréal). Sa fille Mlle Geneviève de Joybert- Marson devint, en 1728, l'épouse du chevalier dt res Lemoyne, frère du second baron.
Lorsque le chevalier Lemoyne était major de ville à Québec, c’est à dire en 1752 et dans les années suivantes, Mme de Longueuil et Miles ses filles entraient souvent au Monastère, C'est à l’oecasion d'une de ces visites que notre Récit dit: “ Y avait-il quelque désastre public, incendie, naufrage ou misère quelconque, Mme de Longueuil faisait avec ses filles la quête à l'église où au. salon, et cette véri: table amie des pauvres trouvait toujours moyen d'apporter secours aux malheureux.” Cette vie de bonnes œuvres et de mérites fut beaucoup trop courte au gré de tout le monde; Mme de Longueuil devança de cinq mois dans l'éternité sa bonne mère, qui mourut en 1767.
Ajoutons encore iei un nom qui nous dira que nos bonnes grand’mères, tout en ayant le secret de vivre longtemps en menant une vie sobre, frugale et active, travaillant le jour et se reposant la nuit, avaient aussi celui de garder jusqu'à la fin leur amabilité. Il s’agit de Mile Durmais, pensionvaire ànos classes en 1715 et qui devint plus tard épouse de M. Robineau, baron de Portneuf. Veuve, elle entra à l’âge de 19 ans, en qualité de dame pensionnaire à lhospice dirigé par Mme d'Youville. Si nos lectrices désirent savoir comment elle y passa ses derniers jours, qu’elles lisent les lignes suivantes: ‘Nous avons ici en pension une dame, veuve de Messire Robineau de Portneuf, âgée de 81 ans, qui jeûne et fait maigre tous les jours commandés, et travaille comme nous
pour le bien des pauvres, quoiqu'elle paye sa pension. Elle est charmante pour sa grande piété et sa belle humeur: ”
Qu'il fait bon se reporter à cet âge d'or de la colonie, où notre bon peuple ignorait le faste des richesses et les pitoyables raffinements de la vanité moderne, qui creusent sous les pus des générations, des abîmes qui les engloutissent si rapidement!
Mile Jeanne Baby mentionnée dans la liste qui précède, était petite-fille de Mile Jeanne Dandonneau du Sablé, qui se trouvait au pensionnat vers 1666, Cette dernière avait épousé en 1670 ‘ honorable homme Jacques Baby, officier du régiment de Carignan.” C’est l'origine des nombreuses familles Baby et Casgrain. Trois des petits-fils de cet officier de Carignan, Louis, Antoine et Jacques Dupéron (Baby), séjournèrent longtemps dans le Haut-Canada, où ils faisaient le commercc des pelleteries avec les sauvages; leur principale station était au Détroit. Nous pensons que c'est là l'histoire d’un grand nombre de gentilshommes, sous la domination française et après la conquête,
A l'époque des guerres qui précédèrent la prise du pays, les commandants du fort Duquesne confièrent aux frères Dupéron, à plusieurs reprises, le commandement de t:oupes et de partis de sauvages à la tête desquels ils se distinguèrent, Une branche de la famille Baby s'établit définitivement à Sandwich, Haut-Canada, dans le voisinage de l’ancien fort du Détroit, quand ce fort passa aux mains des Américains en 1812. Un observateur étranger, qui visitait assez récemment les environs de ces deux villes, était émerveillé de voir comme tout y était resté canadien et catholique,
Nous désirerions une liste bien complète des nombreux officiers du régiment de Carignan-Salières ; car c’est de là que la population actuelle du pays tient, en grande partie, les sentiments si éminemment patriotiques et religieux qui l'ont toujours distinguée. : Nos lectrices doivent avoir tout
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Quant aux Dlles Thérèse Gauthier, Thérèse Racine, M.- Anne Le Blond, Anne Roy, Michelle de Villeneuve, M.-Jos. Parent, Thérèse Bédard, Geneviève Lemieux, Miles de Rainville, Cartier, Riverin, de Beaulieu, des Aulniers, Brassard, Auclair, nous n'avons pas les données suffisantes pour constater que ces anciennes élèves soient alliées aux nombreuses familles si bien connues dans le pays au temps où nous vivons, mais la chose est très-probable, On sait qu'Ant. Brassard concédait une terre sur les Plaines d'Abraham en 1647, et que plus tard, présque tous ses descendants se sont établis dans le district des Trois-Rivières et de Montréal; que Guillaume Gauthier concédait au même endroit en 1615, ainsi que Pierre et Gervais Normaud en 1647. Jean Lemire avait aussi pris une concession ver. le même temps. François Racine était établi sur le terrain des Ursulines, rue Saint-Louis, en 1718. Ce qui nous fuit appuyer sur ces détails, c’est que nous regardons comme une grande bénédiction de descendre de ces anciennes familles, où le sentiment du travail et l'attachement à Dieu et à la patrie, ont été portés jusqu’à l'héroïsme. Tout ce que nous pouvons connaître de ces ancêtres doit être un fort encouragement à tenir une conduite sans reproche.
Dans les anciens papiers concernant la ville de Québec, se rencontre fréquemment le nom de lu famille Auclair, dont une branche a occupé longtemps une muison située sur notre terrain, vis-à-vis l’Esplunude.
Quiconque connaît le district de Québec, a dû remarquer avec quelle abondance le bon Dieu a répandu sur ces familles les bénédictions d'Abraham, d'Isaac et de Jacob? Espérons que l’hiatoire de ce petit peuple qui vint, il y a plus de deux cents ans, sur les bords du Saint-Laurent, et qui s’y est muintenu malgré tout, se complètera sous peu dans tous ses
détails; alors chacun pourra savourer avec délices les souvenirs du passé,
Nous suivons avec intérêt le mouvement qui se fait en ce sens depuis quelques années dans plusieurs familles. Il est désirable qu'on les imite dans les recherches historiques ; car autant que nous en pouvons juger, il y a peu de familles en Canad à qui aient à rougir de leurs ancêtres. Nour revieidrons sur cc sujet, quand nous parlerons des événements qui ont suivi la conquête du pays en 1759.
Plusieurs noms bien connus ne sont pas mentionnés dans ces articles : ils se trouvent dans les notes historiques plus étendues à la fin de ce volume, ou ils se rattachent d’une manière ou d’une autre à différentes parties de cette Histoire,
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Quelques découvertes récentes au sujet des filleules de Mme de la Pelirie, nous amènent à en dire encore quelques mots.
Nous avons déjà fait connaissance avec Mile Marie-Madeleine de Chavigny, cette aïeule vénérée des Lemoine de Monière et Lemoine des Pins, dont la postérité s’est étendue considérablement, comme la plupart des anciennes familles du pays.
Mille Marie-Madeleine Hertel est une autre filleule qui ne se contenta pas de reproduire le nom de sa bonne marraine, mais qui sut aussi en imiter les vertus. Placée au pensionnat dès 1650, elle y resta jusqu'à l'accident funeste qui termina les jours de son père, M. Jacques Hertel, célèbre interprète des sauvages. M. de Saint-Quentin étant devenu beau-père de la jeune M.-Madeleine, la ramena au pensionnat en 1656, ‘“ Mme notre digne Fondatrice, dit le registre, ayant remis au pensionnat sa filieule.”
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A sa sortie du Monastère, Mlle M.-Madeleine Hertel épousa M. Pinart, chirurgien de la garnison. On dit que sa bonne marraine assista à ses noces ; toujours est-il qu’elle continua de s'intéresser à sa filleule, et qu'elle lui aida grandement à faire instruire sa famille.
On sait déjà que la protection de Mme de la Peltrie valut
toute une fortune aux Dlles Macart, devenues si tristement orphelines. L’aînée, qui était au pensionnat en 1658, “par la charité de Mme de la Peltrie,” devint, comme on l’a vu, l'épouse de M. Basire, le plus riche marchand de Québec. n 1700 mourait Marie-Madeleine, épouse de M. Charles Cadieu de Courville, qui faisait valoir ses terres avec ‘toute l'application et l'indépendance d’un patriarche.” (1) M. de Courville survécut plus de quinze ans à sa femme; il mourut âgé de près de cent ans.
Geneviève Macart était devenue marquise, par son mariage en secondes noces avec M. Charles d'Alogny, marquis de la Groix; la quatrième Dlle Macart s’allia à la famille de Repentigny.
Une autre filleule dont nous n’avons encore rien dit est Mlle Françoise de la Haye, qui se trouvait au pensionnat vers le temps de la mort de sa bonne marraine. Elle était fille d’un sieur de la Haye, du régiment de Carignan, qui vint avec un de ses fils en Canada, où tous deux s'établirent.
Une des familles resta à Québec jusqu’à la Conquête ; l'autre se fixa à Batiscan où elle est encore, maintenant intact le bien paternel. On y garde précieusement la carabine de l’ancien officier du régiment de Carignan, et un sac de grosse toile française, contenant des correspondances et autres papiers de l’ancien temps.
(1) La propriété de M. de Courville setrouvait dans les environs de la chute de Montmorency, où une côte porte encore son nom. Cette côte est devenue célèbre par la défaite des Auglais, le 31 juilles 1739, .. | mens
Comme trait de mœurs, nous dirons qu'après la Conquête, un fils du premier de la Haye qui, en bon militaire, aimait l'eau-de-vie de France, s’abstint entièrement de l’usage des boissons spiritueuses, no voulant pas, disait-il, s'empoisonner de l’eau bénite des Anglais: quand son couteau français fut usé, il se fit lui-même uv ombelle (couteau monté en bois), ayant en horreur les couteaux de fabrique anglaise.
Les familles des La Haye, si nombreuses à Batiscan et äux environs, descendent de celles que nous venons d’indiquer, Les Laframboise, les Quesnel, les Blondeau, du district et de la ville de Montréal, sont alliés aux de la Haye par les femmes.
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Avant de voir entièrement s’effacer du Monastère les traces des propriétaires primitifs des immenses forêts de notre Canada, qu’il nous soit permis de leur dire un petit mot d'adieu, et de nommer au moins les dernières élèves sauvages qui formèrent une classe séparée après 1700, Les voici:
M.-Françoise et Marie-Catherine, Montagnaises ;—-Maric- Anne et Louison, Abénaquises ; —Annce-Françoise et Rosalie, Abénaquises ; —Maguerite, fille de Madeleine l'Iroquoise ; — Fanchonette et sa sœur Manette, Abénaquises ; —Madeleine et Jeannette, Montagnai-es ;—Murie-Agnès, Alénaquise, et aussi Thérèse Haouendi. Cette dernière est renommée comme fille d’une grande vertu; elle fit dans la suite les fonctions de catéchiste parmi les siens,
Assistons maintenant à la pieuse mo:t de deux petites filles des bois, qui furent les dernières à s’envoler du Monastère au Ciel.
Domitille Abénaquise.
Après son baptême, Domitille avait comme changé de
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temps de sa fût à à lui f# petite mome Etant raient elles lu mitille, répond Domiti Marie d “Son souffrir, répétant auprès d les invod “Mère, C'est da
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Jonquête, e, aimait sage des Joisonner L français monté en nglaise.
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ouastère
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HISTOIRE DU MONASTÈRE, 229 temps à notre Séminaire, dit le Récit, quand elle füt attaqnéo de sa maladie mortelle, au printemps de 1701, Quoiqu'elle fût à peine âgée de neuf aris, son co:fesseur ne balança pas à lui faire faire sa première communion en viatique, Cette petite fille de la forêt nous a donné, surtout à ses derniers moments, des marques d’une piété qui surpassait son âge, Etant alors dans notre infirmerie, les religieuses l’entouraient sans cesse, et voyant la: joie qu’elle avait de mourir, elles lui disaient agréablement : “Tu veux done mourir, Domitille, tu veux aller voir le bon Jésus ? "Oh! oui, Mère, répondait-elle avec effort, d’une voix pres."e éteinte, oui, Domitille veut s’en aller bien vite, nu de voir Jésus et Marie dans le ciel !”
“Son mal, qui était une hydropisie, la faisait cruellement souffrir, mais elle garda son jugement libre jusqu’à la fin, répétant avec une ferveur d'ange les prières que l’on faisait auprès d'elle. L'infirmière cessait-elle un instant de réitérer les invocations, elle disait avec l'accent d’une suppliante: “Mère, prie encore, prie encore, et fuis prier Domitille! ” C'est dans ces sentiments qu'elle s’envola au ciel,
Jacqueline de Œbicontimi.
Vers le temps de la mort de la petite Domitille Abénaquise, le chef des sauvages de Chicoutimi venait présenter à nos Mères sa tille Jacqueline, âgé de 12 ans. ‘“ Il semble que la Providence ne l’eût amenée à notre maison que pour là préparer au grand voyage de l'éternité. Six mois ap:ès son entrée, elle fut prise des écrouelles, et languit longtemps comme une pauvre victime dévouée à la souffrance. Toute l'habileté de notre médecin (M. Sarrasin), n'eut d'autre résultat que de prolonger son martyre. Jacqueline compre- ‘ nant bien qu’elle approchait de la mort, demanda à faire une dernière confession, ce qu’elle accomplit avec une grande présence d'esprit, Peu après, ses soutfrances s’accruront avec
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un redoublement de fièvre si violent que, pendant trois se. maines, elle fut dans un délire continuel. Nous aurions beaucoup souhaité la faire communier en viatique, ajoute le Récit; mais nous n'avons pu que lui faire administrer l’Extrême-Onction.”