‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 95 · PAYS A · texte numérisé non relu

PAYS A

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Le marquis de Beauharnais avait fait élever le fort Niagara et celui de la Pointe à la Chevelure, à la tête du lac Champlain. Il tourna ensuite son attention'sur le Haut Missouri, et à l’ouest jusqu'aux montagnes Rocheuses, encore inconnues aux Européens. Le celèbre Varennes de la Vérendrye poursuivit pendant quinze ans, avec une énergie incroyable, ces fameuses découvertes.

En même temps s’effectuait, à l’intérieur de la colonie, un mouvement remarquable pour l'exploitation des richesses du sol. (1) Les forges de Saint-Maurice furent établies ; des chemins s'ouvrirent de toute part. En moins de dix ans une trentaine de seigneuries avaient été concé-

(1) L'intendant Hocquart secondait activement le zèle du gouverneur. En 1735, il expédiait en France différentes espèces de bois, aussi de la téréhenthine et quantité de goudrons, fouruis par les habitants de la baie Saint-Paul, de la Rivière-Onciie et de Chambly. On constatait de tous côtes l'existence de précienses richesses minérales,

Le tissage des toiles et des étoffes s'était inauguré dès le commencement du siècle, après la capture par lex anglais du vaisseau la Seine sur lequel se trouvais Mgr de Saint-Valier, et dont la perte avait mis le pays duns une si grande gêne.

dées, aussi en 1744, la population s'élevait-elle à 50,000 âmes. Nos lectrices seront pent-être surprises d'apprendre que ce n'est qu'alors, vers 1740, que l'en put remonter en voiture de Québec à Montréal,

Le marquis de Beauharnais montra un grand zèle pour répandre l'éducation; il fit même donner publiquement, pendant plusieurs années des leçons de droit, Malheureusement ces leçons furent peu suivies. Nés au bruit des expéditions guerrières, n’entendant parler que de cominerce, de voyages et de découvertes, les jeunes gens en général n'étaient guère disposés à une application sérieuse et sé. dentaire. Les professions libéraies n'offraient aucune perspectiva d'avenir dans la colonie, et il fallait d’ailleurs des moyens de subsistance à ces fam Îles d'ordinaire fort nombreuses (2) et très-peu avantagées du côté de la fortune,

Les mêmes inconvénients existaient dans les campagnes.

Pour obvier au défunt d’instituteurs, le gouverneur fit passer en Canada des fières des Ecoles Chrétiennes, espiraut que leur union avec les Hospitaliers de Montréal, soutiendrait cette dernière œuvre, tout en procurant au pays des instituteurs expérimentés, Ce projet malheureusement ne put être effectué.

Nos lectrices, ici, béniront avec nous la divine Providence de la facilité offerte à l'éducation des jeunes filles, et du soin qu'on y apportait dans le pays. Devenues mères de familles, ces femmes vraiment chrétiennes communiquaient du moins à leurs fils cette éducation de

(2) Il n’était pas rare de voir des fumilles de douze à quinze enfants. Le chevalier de Repentigny, père de notre religieuse, était l'uiné de vingt-deux eufauts dont dix-sept garçons.

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l'esprit et du cœur, basée sur l’enseignement de la religion, qu'aucune connaissance humaine ne supplée, et qui, avec une instruction ordinaire, peut suffire à une carrière utile et honorable, surtout sous des circonstances comme celles où se trouvait la Nouvelle-France à cette époque

Les adininistrations du marquis de Vaudreuil et du marquis de Beauharnais, remplissent près d’un demisiècle ; ce sont les plus longues et les plus prospères des annales canadiennes. La seule ombre au tableau fut l’entêtement déplorable des coureurs des bois qui, contrairement aux lois, portaient aux sauvages des boissons enivrantes et empêchaient ainsi en grande partie le bien spirituel que l’on pouvait espérer de cette éroque de paix.

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