S9.— INCENDIE DU COUVENT DES URSULINES DE TROIS-RIVIERES
La Communauté des Ursulines des Trois-Rivières florissait depuis plus d’un demi-siècle, quand elle subit le premier de ces incendies désastreux qui devaient l’assimiler à sa maison mère, en épreuves de ce genre, Le 17 mai 1752, ces dignes filles de Marie de l’Incarnation se trouvaient en quelques heures dépouillées de tout, et réduites à accepter un asile de la charité d'autrui, Leur position était d'autant plus pénible que le feu s'était étendu à une partie considérable de la ville, et avait ruiné la plupart des habitants.
“ Deux incendies consécutifs, écrivait notre Mère de Ste- Hélène, ont presque détruit cette petite ville, qui n’est pas très-peuplée. Le premier incendie fut le moins consid'able, mais nos pauvres sœurs y ont passé, ce qui les a rtduites à la dernière misère. Deux jours après, le feu reprit et brûla 47 maisons. Ce qu'il y a de plus fâcheux, c’est que «dans le premier incendie, une dame veuve s’'opiniâtrant à sauver ses petits meubles, demeura dans les flammes et y mourut d’une façon fort cruelle, étant suependue à des bois en sorte qu’on ne put la sauver. Mur en descendant de Montréal vit ce triste spectacle ; il ne demeura qu’une heure dans la ville, et il la passa à consoler les pauvres relivieuses, qu'il voyait avec douleur aller jar les rues pour entendre la sainte messe, laver à la rivière leurs pauvres vueuilles, et pourvoir comme elles le pouvaient à leurs autres besoins. Nous leur avons offert notre maison, où Dieu n'aurait pas manqué de faire Ja multiplication des pains pour les soulager; mais elles ont préféré rester là où
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elles sont très-utiles, Les Pères Récollets, qui ont une maison dans la ville où ils font les fonctions curiales, la leur ont cédée, et en ont pris une plus petite qu'un des beaux-frères de la Supérieure leur a prêtée.
‘On travaille fortement à réparer ce malheur et j'espère que Dien y donnera sa bénédiction. On a lieu de juger que ce feu a été mis par des soldats de nouvelles recrues, qu'on nous a envoyées il y a deux ans, et qui sont les plus mauvais garnements de la France, Il y en a en prison; mais on n'a pas, dit-on, de preuves assez convaincantes pour les punir comme coupables.”
Ce fut à l’occasion de ce désastre que Mme de Longneuil it, comme on l’a déjà dit, une quête par la ville de Québec, et qu’elle obtint de Mgr la permission d’entrer avec mesdemoiselles ses filles dans notre Monastère, heureuse de profiter de cette occasion pour voir de plus près ses anciennes maîtresses. Nos Mères remirent en argent entre les mains des aimables quêteuses, 56 livres pour les familles incendites, ayant à aider plus particulièrement leurs pauvres sœurs, Elles leur envoyèrent done du linge, des matelas et autres choses indispensables, divers objets de literie, outre l'argent qu’elles purent recueillir,
“Le 5 mai 1753, ajoute le récit, Mor est parti pour Trois-Rivières, afin d'y travailler au rétablissement de la maison de nos sœurs, qui est doublement utile au public, y exerçant à la fois les emplois d'Ursulines et d'Hospitalières. L’inépuisable charité de notre digne Evêque, lui a fait trouver moyen de les remettre en état d'exercer leurs fonctions d’institutrices et de servantes des pauvres. Nous
avons travaillé tout le carême pour aider à l’embellisse-
ment de leur église, et si la dureté des temps nous eut permis d'agir à leur égard selon nos désirs, nous leur aurious donné bien d’autres témoignages de notre amitié.
“ Après avoir passé six mois aux Trois-Rivières, surveil. lant lui-même les ouvriers qui travaillaient aux bâtisses au couvent, et les payant de sa propre bourse, Mgr est re. venu parmi nous, pauvre et épuisé de forces par l'assiduité continuelle au travail depuis trois heures du matin jusqu’à 7 heures du soir. C’est là qu’on a pu admirer un Evôque qui ne dédaignait pas de travailler lui-même avec les macons et les menuisiers, Aussi la postérité devra-t-rlle’regarder Mur de Pontbriand comme le second fondateur des Ursulines des Trois-Rivières. Pendant l'été de 1753, qu'il a passé ainsi à travailler au rétablissement de leur maison, ce saint Prélat n’a pas voulu avoir d'autre logement que l'habitation de leurs domestiques, qui était le seul bâtiment que l’incendie eût épargné.”
La communauté des Trois-Rivières, ne dépendait plus alors de celle de Québec, et ce serait bien le moment de constater l’époque précise de ce changement, Malheureusement, les deux incendies du couvent des Trois-Rivières ayant à peu près tout consumé en fait d’annales, et les nôtres offraut une lacune considérable à partir de 1727, nous nous trouvons sans renseignements exacts, au sujet d’une maison qui nous est si chère. La Mère Anceau de Ste-Thérèse, supérieure ici par commission de Mgr Dosquet en 1732, est indiquée comme récemment venue des Trois- Rivières, où elle avait été envoyée en qualité de supérieure ; ce qui nous porte à croire que la séparation se fiten 1751. Cette communauté devait être alors, en effet, capable de se suffire à elle-même, puisque le R. P. de Charlevoix anté-
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Nous aurons le plaisir de citer plus tard les éloges du publie, en faveur du cours d'études suivi dans cette Institution,