‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 60 sur 95 · S14.—LE HÉROS DE LA MONONGAHÉLA · texte numérisé non relu

S14.—LE HÉROS DE LA MONONGAHÉLA

Reprenons maintenant les récits de guerre, toujours d'après les annales monastiques. Nous sommes à l'été de 1755,

“ Les Anglais, en évacuant leur fort au printemps de l’année dernière, avaient promis d’avoir leur revanche ; ils ne tinrent que trop parole. M. Braddock, grand général du roi d'Angleterre, se mit en marche avec de grosses troupes et quantité de belle et bonne artillerie, non-seulement pour s'emparer de la Belle-Rivière, qu'ils nomment la rivière hoyau (Ohio), mais encore de tout le pays, qu'il regardait déjà comme à lui, et qui l’eût été en effet sans une protection visible de Dieu, par l’intercession de la très-sainte Vierge et du glorieux saint Joseph.

“ M. de Contrecæur, averti de la marche de l’ennemi, envoyait souvent des éclaireurs français et sauvages en forme de détachements, pour harceler les Anglais et les empécher d'arriver jusqu’à son fort. Il apprit qu’ils étaient à 30 ou 40 lieues, au nombre de 3,000, (1) se préparant à les venir assiéger. Ces troupes se tenaient si bien sur leurs gardes, marchant toujours en ordre de bataille, que tous les efforts de nos détachements contre elles devenaient inutiles.

«“ Enfin, apprenant tous les jours que l’armée approchait, M. de Contrecœur envoya M. de la Pérade,

(1) Quelques Historiens disent plus, d’autres moins.

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