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En 1730, Mgr. Dosquet donna cette charge à M. Ls. Bertrand de la Tour. Ce monsieur, qui était Docteur en Théologie de la faculté de Sorbonne, était venu avec le nouveau prélat l’année précédente, ainsi que plusieurs autres prêtres d’un mérite distingué. Voici le témoiguage rendu aux vertus sacerdotales de M. de la Tour, dans le mandement de Mgr. Dosquet aux Communautos religieuses, en date du 7 mars 1780,
“ À nos chères filles les Ursulines de Québec, salut et bénédiction. La tendresse paternelle dont nous sommes rempli envers vous, nous avait engagé à nous réserver jusqu'ici la conduite de votre maison sans nous reroser sur d’autres ; mais l'expérience nous a fait voir qu'il était fort difficile, vu le grand nombre d’affaires dont nous sommes chargé, d’entrer dans le détail nécessaire pour vous être utile. Nous avons donc cru qu’il vous serait avantageux de vous donner un supérieur, conformément à vos règles. Nous avons pour cela jeté les yeux sur M. B. de la Tour, notre Grand- Vicaire, dont nous connaissons parfaitement la prudence et la droiture, le désintéressement et la piété, la douceur et le zèle. A ces causes, nous l’avons établi supérieur de toutes les Communautés religieuses de cette ville.”
Le Récit ajoute que M. de la Tour servit notre Communauté avec autant de générosité que de dévouement pendant deux ans, c’est-à-dire jusqu’en 1732, où il fut obligé de repasser en France pour les affaires de la Cathédrale de Québec. De retour en sa patrie, l’excellent abbé résolut de s’y fixer, se livrant tout entier aux études inséparables de la prédication. Cela ne l’empêcha pas de publier un ‘ Essai en forme de M6émoires sur la vie de Mgr. de Laval, premier évêque du Canada,” ouvrage qui lui valut presque autant de
blâme que d’éloges, et dont l'impression fut, dit-on, arrêtée par la famille de Mgr. de St. Vallier, et de fait le second tôme ne paraît pas avoir été publié. Ses divers ouvrages imprimés forment plusieurs volumes. Quoi qu’il en soit de son autorité comme historien, on ne peut nier qu’il ne fût un homme distingué et un bon orateur dans la tribune sacrée.
Avant son départ pour la France, M. de la Tour nous avait fait présent de plusieurs livres qui sont devenus assez rares : ‘“ L’Explication des quatre Evangélistes et des Epitres de St. Paul, par le R. P. Jérôme Lalemant, et l'Histoire du peuple de Dieu, par le R. P. Isaac Joseph Berruyer.”
M. de la Tour étant devenu dans la suite curé de Montauban, n’oublia pas ses anciennes filles spirituelles les Uursulines de Québec, et il leur adressait souvent des lettres remplies de la plus douce piété. En 1750, il fit avec notre Monastère une union de prières que le Récit indique en ces termes : ‘ M. de la Tour, curé de Montauban, a proposé que notre Communauté fasse chanter grand’messe, vêpres et salut du St. Sacrement le jour de St. Bertrand, 15 octobre...” Cette obligation cessa à la mort de M. de la Tour qui, d'après une notice nécrologique publiée dans l’Ami de la Religion en 1822, décéda à Montauban le 19 janvier 1780, à un âge fort avancé.
Mgr. Dosquet donna pour supérieur à la Communauté, en remplacement de M. de la Tour, M. de Miniac, son Grand-Vicaire, ‘ personne d'un mérite distingué par sa naissance, son esprit, et ses autres belles qualités, mais beaucoup plus encore pour sa grande vertu, ”” dit le Récit. Il gouverna cette maïson jusqu’en 1740, où des jours soreins continuèrent de réjouir le Monastère sous la supériorité paternelle de M. Thierry Hazeur.
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Quant aux confesseurs de la Communauté à cette époque, on voit en 1714, le R. P. Léonard Martin S. J, remplir cette fonction. “ C'était un homme tellement pénétré de l'amour divin et de l’esprit de componction, qu’il ne pouvait parler de Dieu sans émouvoir aussitôt son auditoire. Pendant les quatorze mois qu’il futnotre chapelain, il nous donna une retraite commune qui a laissé au fond de nos cœurs un désir ardent d’acquérir la perfection. Au mois de mars 1715, il fut atteint de la maladie populaire, la rougeole, et déjà accablé par la fièvre, ! sa rendit néanmoins auprès d’une pauvre femm: . 1 ‘iésirait en être assistée. Ce fut là son coup de mu Toute la ville, les pauvres surtout furent longtemps à se consoler de sa perte. ”
Le R. P. de la Chasse remplaça le R. P. Martin, comme directeur de la Communauté. Ce fut vers 1712, que ce généreux missionnaire fut rappelé de la mission des Abénaquis. Le Marquis de Vaudreuil, alors Gouverneur, s'était longtemps opposé à son départ de la mission, le croyant nécessaire à la stabilité de l'alliance des Français avec cette fière et belliqueuse nation. Le R. P. de la Chasse fut près de dix-sept ans chapelain à différentes reprises. Il l'était encore en 1732, car le Récit nous dit que ce fut en cette qualité qu'il rendit les derniers devoirs à la Mère Angélique de Lauson, qui mourut à la fin de décembre de cette année.
Le KR. P. de la Chasse fut remplacé en 1735 par le Commissaire ou Supérieur-Général des Franciscains, le R. P. Maurice Imbault, ‘‘ personne de mérite dont la Communauté fut fort contente ;”” il exerça pendant cinq ans cette charge.
Plaçons ici un mot à la mémoire d’un ancien ami du - Monastère, le R. P. Raffeix, mort en 1784. Ce R.
Père avait dirigé les travaux du rétablissement du Monastère en 1687, et il avait encore puissamment aidé aux Ursulines dans Jes nouvelles constructions qui venaient de se terminer.
‘ Nous avions recours à lui, disent les Annales, dans tous nos besoins. Il nous prêtait de l’argent, quoique rare, et il attendait notre commodité pour le lui rendre. Rencontrait-il quelque bon marché, il venait aussitôt en faire part à notre dépositaire, se montrant en tout à notre égard un véritable père. Sur le déclin de l’âge, il agissait encore avec la ferveur d’un jeune prêtre, ne se relächant en rien de ses premières habitudes, surtout de celle de se rendre au confessionnal dès la pointe du jour, et d'y rester le soir le plus tard possible, coutume qu’il observa pendant cinquante ans pour la commodité des artisans et des pauvres, sans que les froids rigoureux de nos hivers pussent jamais ralentir en rien son courage. Sa confiance en Marie était toute filiale ; on le voyait encore, à 90 ans, diriger tous les matins ses pas tremblants vers la chapelle de la Congrégation établie aux Jésuites, afin d'offrir ses hommages à la très-digne Mère de Dieu.”