UNE NOVICE DEMANDE LA MORT PLUTÔT QUE DE SORTIR DU CLOÎTRE
Il y avait au Monastère en 1735, une jeune novice du nom de Marguerite Constantin, qui portait depnis près de deux ans l’habit de l’ordre. Elle aspirait ardemment au bonheur de la profession religieuse et pouvait se flatter d'en jouir bientôt, quand il survint de graves difficultés dans ses affaires temporelles, par une injustice dont la famille doit avoir encore quelque souvenir,
“et que la seule charité chrétienne peut lui avoir fait
complètement pardonner. Notre jeune sœur fut alors
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saisie d’une vive crainte que ce contretemps ne mît obstacle à sa persévérance en Religion ; et comme la mort lui semblait mille fois préférable à la perte de ce bien, elle résolut de s’adresser à la Ste. Vicrge et à ses bienbeureux patrons, pour obtenir de sortir plutôt de ce monde que de la maison de Dieu.
Le 28 août, fête de St. Augustin, gardant toujours sa peine au fond de son cœur, elle entreprit de faire violence au ciel, conjurant le Seigneur de lui accorder la grâce qu’elle sollicitait par l’intercession de son grand serviteur. Ce vœu innocent provenant du plus saint des désirs fut sensiblement exaucé, car dès la nuit même, quoiqu’elle se fût mise au lit bien portante à l'ordinaire, elle fut soudainement saisie vers minuit de douleurs si violentes qu'on crut qu’elle allait expirer sur l'heure. ‘ Cependant, dit le Récit, le Seigneur voulant nous édifier de sa patience en même temps qu’il augmentait ses mérites, prolongea son existence ct ses douleurs jusqu’au 28 septembre où, munie de tous les sacrements et soupirant après la vision de son Dieu, Sr. Marguerite Constantin de St. Athanase sortit avec bonheur de cette vallée de larmes pour entrer dans la terre des vivants.”
Cette pieuse novice dont le Monastère garde un si touchant souvenir, doit être grande tante de la famille du nom, actuellement à St. Augustin, près de Québec, et dont les filles aînées ont passé plusieurs années à notre pensionnat, l’une d'elles s’y trouvant encore l’année dernière.