‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 3)Chapitre 41 sur 91 · CIE · texte numérisé non relu

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olonie, sollicitèrent de loin et de près la grâce & Mais, dit-elle, les Diles. de Rart de la contagion et lorsque perfilles de l’ancien

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distinguées de la ce d'être admises à l'Hôtel-Dicu.

mesay firent plus que cela : au fo sonne n'osait approcher des religieuses, Ces trois Gouverneur de Montréal allèrent s'offrir à elles, dans le service «les malades, ne demandant d'autre récompense d'un sacrifice aussi héroïque que la grâce d’être soignées à l'Hôtel- Dieu, si elles venaient à être elles-mêmes atteintes de la maladie, et en cas de mort, d'être enterrées avec les Hospitalières dans la Chapelle de N. D. de Ban-Secours. Nos chères sœurs admirèrent la charité courageuse de ces demoiselles, elles leur en témoignèrent leur juste et sincère reconnaissance ; mais elles ne crurent pas devoir les exposer à une mort qu’on regardait comme inévitable, et elles refusèrent de les introduire dans l'intérieur de la maison.”

file. Œbarlotte v'anticosté, D'où vient à cette Dile. ce titre d'Anticosti que lui donnent épisode de l'Histoire

nos Régistres ? Le voici ; c'esb tout un du Canada. Son nom était Joliet et ce fut son aïeul Louis

Joliet qui, de concert avec

de découvrir le Mississippi.

d'autant plus que nous trouvons sur n0$ Régistres

belle-mère, de sa femme,

la cinquième génération.

Mme. Bissot

& Le 25 mars 1665, disent nos anciens papiers,

nous amena 868 trois filles, çoise. ” La dame Bissot Couillard, une des pren gortie du pensionnat en François Bissot, Sieur de la Rivière, Normandie.

Plus tard, Mme. Bissot donna sa fill Ce grand explorateur canadien était né

fortes études au collége des J ésuites.

nit à la vie cléricale,

que Dieu l'appel l'âge de dix-sept ans 1] avait déjà reçu Îles qu

dont ilest iei question étai

le P. Marquette, eut l'honneur L'histoire de Joliet nous intéresse le nom de sa

de ses filles et de 865 petites filles jusqu'à

Geneviève, Catherine et Claire-Frant Mile. Murie isres élèves de nos Fondatrices. À sa

1648, elle avait épousé à Québec M.

et natif de Lisieux en

e Clhireà Louis J oliet.

à Québec et avait fait de Dans sa jeunesse, croyant il voulut en essayer, e$ avant atre ordres mineurs.

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mineurs.

À dix-neuf, il soutenait au Collége, en présence du Gouverneur et de l’Intendant, des thèses de philosophie qui les ravissaiont d’admiration. Louis Joliet était alors un des meilleurs garçons du pays, il avait force bonne volonté pour se faire prêtre ; mais croyant voir que Dieu ne lui avait pas donné grâce pour cela, il quitta enfin la soutane. Ses voyages et ses découvertes ayant immortalisé son nom, il serait inutile d'en dire ici davantage. Ajoutons seulement que ce fut à l’âge de trente ans, en 1675, qu'il épousa à Québec Mlle. Claire-Françoise Bissot, et que cinq ans plus tard, il recevait en récompense des services qu’il avait rendus à son Roi et à son pays, la seigneurie de l’Ile d’Anticosti et qu’il signa toujours depuis Joliet d’Anticosti.

On aurait droit de s'étonner de nos jours, si le Gouvernement faisait un pareil présent à un homme de ce mérite ; mais cette île, aujourd’hui déserte et tristement célèbre par ses naufrages, était alors d’une tout autre importance, à cause du grand nombre de sauvages qui y abordaient pour la traite des pelleteries. Après avoir tenu ‘‘ feu et lieu, ” pendant quelques années dans son île, Louis Joliet revint à Québec avec sa jeune famille. Sur nos Régistres se trouvent successivement le nom de ses filles : Marie- Claire, Geneviève et “ Manon ” (Anne), toutes deux nommées Madeleine par mégarde au premier tôme de cette Histoire. Mile. M. Claire Joliet, qui sortit du pensionnat en 1696, épousa à Québec en 1702, M. Joseph Fleury de la Gorgendière.

Quelques années avant sa mort, Louis Joliet reçut de Louis XIV un nouveau titre de gratification, la Seigneurie de Joliet que possèdent encore ses descendants. Il fut aussi nommé hydro. graphe du Roi, et mourut vers l’an 1700.

Parmi ses descendants, il en est un surtout qu'il ne faut pas oublier, l'Hon. B. Joliet, né à St. Thomas et qui s’est rendu bienfaiteur de son pays aux dépens de son repos, de ses plaisirs et de sa fortune. Fondateur du village de l'Industrie, à la Valtrie près de Montréal, il y bâtit une église et un collége, et fit venir d'Europe, à ses frais, les Frères de St, Viateur, si connus par leur dévouenient et leur piété. Ce digne rejeton de Louis Joliet eut

le bonheur de recevoir du it, Siége une lettre de félicitation ; ce Y

témoignage si flatteur lui fut accordé six ans avant sa mort arrivée en juin 1850.

faille, Brigitte de St. Castins,

Cette demoiselle était fille d’une princesse sauvage et de ce Baron de St. Castins qui combattait si vaillamment en Acadie, vers 1707 et les années suivantes. Après le licenciement du Régiment de Carignan, cet officier, natif d'Oléron en Béarn, s'était retiré au milieu des Abénaquis nos anciens voisins, dont il parlait très-bien la langue ; il y épousa une princesse de la nation, ‘ préférant les forêts d'Amérique aux Pyrénées d'Europe.” Il vécut parmi les sauvages de manière à s’en faire aimer et estimer audelà de toute expression. ‘“ Ils le firent grand chef, (Sagamo), qui est comme le souverain de la nation, et peu à peu, dit un contemporain, il a travaillé à se faire une fortune dont tout autre que lui saurait profiter, en retirant de ce pays-là deux ou trois cent mille écus, qu’il a dans ses coffres en belle monnaie d’or. Cependant, il ne s’en sert qu’à acheter des marchandises pour faire des présents à ses confrères les Sauvages, qui lui font ensuite, au retour de leurs chasses, des présents de castor d’une triple valeur. Les gouverneurs généraux du Canada le ménagent, et ceux de la Nouvelle-Angleterre le craignent, ”

Nous ignorons si Mile. de Castins participait à l'humeur aventureuse de son père, mais nous savors que les filles du Baron de St. Castins furent toutes richement dotées, et mariées très avantageusement à des Français.

Bostérité d'une bénérable Afeule,

Les noms de Chavigny, de la Gorgendière, de la Tesserie, de Beaulieu se sont trouvés si souvent cités jusqu'ici, que nous avons éprouvé un vif intérêt à découvrir l’origine de ces familles, dont le zèle pour l’éducation ne paraît pas s'être jamais ralenti, Reportonsnous donc aux premiers temps de la colonie, car c'est vers 1640 que Mile de Grand-Maison, veuve de M. Boudier, sieur de Beauregard, épousait à Québec M. François de Chavigny de Berchereau.

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de ce \cadie, du Rés'était parlait “ pré- 1 vécut ner augamo), un contre que is cent Cepenire des ite, au valeur.

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erie, de 8 avons dont le portonss 1640 b Beaubhereau.

Ce dernier avait acquis des terres à Sillery et occupait un rang distingué dans la colonie ; il remplaça même pendant quelque temps le gouverneur.

M. de Chavigny ayant fait vers 1651 le voyage de France, et y étant mort, sa veuve, jeune encore, se trouva dans de grandes difficultés et eut beaucoup de peine à conserver son bien; elle eut même le contre-temps de voir son Manoir de l’Ile d'Orléans détruit par un incendie. Elle épousa en troisièmes noces M. François Gourdeau de Beaulieu, fils d’un procureur du Roi à Niort, et donna par là un nouveau nom à sa postérité. Le malheur semblait poursuivre les alliances de Mile, de Grand-Maison ; onze ans après ce mariage, M. de Besulieu tomba sous les coups d’un misérable valet qui, après avoir assassiné son maître, mit le feu à sa propriété.

L'avenir de Mme. de Beaulieu devenait de plus en plus sombre, surtout quand elle envisageait le sort de sa nombreuse famille. C'est alors que M. de la Tesserie, membre du Conseil Supérieur, et pendant longtemps lieutenant-gouverneur, offrit à la veuve éprouvée sa protection et sa main. (Cette dernière union dura trente ans. M. de la Tesserie lui aida avec une extrême bonté à pourvoir ses enfants, et lui rendit les derniers devoirs en 1692. Elle était âgée de 70 ans, et avait trouvé au milieu de ses épreuves le secret de faire beaucoup de bien,

Voyons maintenant quelle a été la lignée de Mlle de Grand- Maison. ‘“ En 1647, dit le Régistre, Mme de Chavigny amena au pensionnat ses deux filles, Marie-Madeleine et Marguerite. ” Mme de la Peltrie, marraine de l’aînée, voulut dès lors se charger de l'éducation de sa chère filleule. ‘“ Le 15 mai 1650, Géneviève de Chavigny rejoignit ses sœurs au Monastère, le R. P. Ragueneau payant sa pension : ” c’est-à-dire que dans ce bon vieux temps, il y avait réciprocité de bounes œuvres entre ces âmes pieuses ; Eléonore de Grand-Maison à cette époque, donnait ses terres sur l'Ile aux malheureux Hurons poursuivis par les Iroquois, et le R. P. Ragueneau, par reconnaissance, s'intéressait à l'enfant de cette dame généreuse. Les Ursulines se réunissaient, à leurs manière, à es protecteurs des sauvages, car, ‘ le 25 octobre 1656,

porte encore le Régistre, Mme. de Beaulieu ayant retiré sa fille Marguerite, nous a mis entre les mains sa fille Charlotte, et nous la tenons pour 100 livres par an, eu égard à diverses considéra. tions. ” La piété et l'application de ces Dlles ne firent pas défaut à la bonne réputation de la famille, et les personnages les plus marquants de la colonie s'estimèrent heureux de les avoir pour épouses.

Marguerite a transmis le sang des Chavigny aux Douaire de Bondy par son premier mari, (1), et aux Fleury Deschambault par son second, se trouvant ainsi aïeule des familles de la Gorgendière, Rigaud de Vaudreuil, Choiseul, Longueil, Taschereau etc., noms qui se rencontrent si souvent sur nos Régistres.

Marie-Madeleine, par son mariage avec M. Jean Lemoine un des premiers concessionnaires du district de Trois-Rivières, devint la tige féminine des Lemoine de Monière et Lemoine des Pins.

Geneviève s’allia à M. Charles Amiot, Seigneur de Vincelot, dont la fille aînée, la Mère M. Madeleine Amiot de la Conception, doit être déja connue de nos lectrices. Quant au nom de Chavigny, il s’est conservé jusqu’à nos jours dans la branche des Chavigny de la Chevrotière, qui possèdent encore un des fiefs de leurs aîeux.

La mémoire de Mile Eléonore de Grand-Maison sera toujours en bénédictien dans ce Monastère, dont un de ses petit-fils est actuellement aumônier, où deux de ses petites-filles ont été religieuses, et où se forment encore à la piété et à la science six de ses arrière petites-filles dans les Diles Chavigny de la Chevrotière, Gourdeau et Lemoine.

ÆZa prande tante D'un digne Aumonier,

Une des plus remarquables petites-filles de Mlle. Eléonore de Grand-Maison est certainement Mile, Marguerite Térèse Lemoine des Pins, (2), qui fut par ses vertus un des plus beaux ornements de l'Hopital-Général de Montréal tenu par les Srs. Grises. Ayant pris de bonne heure la résolution de se consacrer à Dieu, elle

() M. Donaire de Bondy se noya près de l’île d'Orléans.

(2) Fille de M. René Alexandre Lemoine des Pins et de Mme. M. Rénée Le Boulanger.

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rompit sans hésiter avec tout ce qui pouvait l’attacher au monde, et dès l’âge de 17 ans, elle entra comme dame pensionnaire à l'Hopital. Mlle. Lemoine ayant obtenu de ses parents la liberté de disposer comme elle le voudrait de son héritage, elle: le destina dès lors aux pauvres, sans toutefois être encore décidée à se faire religieuse. Il y avait alors à Montréal un grand sujet d'édification dans la vie que menaient Mme d’Youville et ses compagnes. Mlle. Lemoine, passant de l'admiration au désir d’imiter, demanda aux Srs. Grises de la recevoir parmi elles. Elle avait alors environ 30 ans. Non seulement elle fut aceueillie de grand cœur dans la société naissante, mais le jour même de sa réception, elle fut nommée maîtresse des novices par Mme. d'Youville. Les vertus de la Sr. Lemoine des Pins furent une source de sainte émulation pour ses sœurs, et l'estime qu’on en conçut fut si général qu'à la mort de Mme. d’Youville, en 1771, on n’en voulut point d'autre

” pour la remplacer.

Cette nomination attira à la nouvelle supérieure plusieurs lettres de félicitation. Voici comment le bienvaillant M. Gravé, du Séminaire de Québec, lui faisait son compliment de circonstance. ‘“ Je ne vous félicite pas de ce que vous lui succédez. Il n’est pas gracieux de remplacer une fondatrice dont le mérite était si fort au-dessus du commun. Mais il n’a tenu qu'à vous de vous remplir de son esprit, de profiter de sa présence et de ses saints avis; et je ne puis vous rien souhaiter de mieux que la grâce d’en faire un saint usage.” Les annales des Srs. témoignent qu’elle fit en effet un saint usage d’un si précieux trésor, en conservant intact, par ses exemples et par ses conseils, durant les 21 ans qu'elle fut supéaieure, l'esprit de la vénérée Fondatrice. Sous son administration sage et judicieuse, la prospérité s’affermit dans sa maison ; elle sut aussi défendre les droits des pauvres en invoquant la protection des autorités civiles, contre les agressions des sauvages du Sault St. Louis, qui faisaient des déprédations sur les terres de Châteauguay, seigneurie dont Mme. d'Youville avait fait l'acquisition en 1764. Ses lettres à Milord Carleton et au L:eutenant-Gouverneur Cramahé, nous donnent une idée assez juste de sa rare capacité dans les affaires.

Mlle. Lemoine des Pins a rempli, il est vrai, une carrière beaucoup moins éprouvée que sa vénérable aîeule; mais sa vie d'abnégation et de bonnes œuvres, toute consacrée à l'utilité publique, offrira toujours aux âmes généreuses un digne sujet d'émulation dans la pratique du bien. Elle mourut en 1792. Juste un siècle entre la mort de l’aïeule et celle de sa pieuse petite-fille !

Quelques particularités sur D'autres anciennes élèbes :— 3èle pour l'éducation ;—longebité etc,

Un autre nom que nous rencontrons incessamment sur les Régistres est celui de la'Chesnaye, dont la descendance se retrouve encore aussi au Pensionnat. Ce nom paraît pour la première fois quelques années après le premier incendie ; il se répète souvent depuis, et “ en 1704, Mme. Aubert de la Chesnaye nous donna quatre nouvelles pensionnaires pour être instruites : ses deux filles, sa petite-fille Mile. de Gallipet, (1), et leur petite servante.” .

Cette Dame Aubert de la Chesnaye était épouse de M. Charles Aubert de la Chesnaye, ce riche négociant de Québec mort en 1702, un des ancêtres vénérés de la famille de Gaspé, (2), et si

renommé pour sa bienfaisance que les documents du temps en font le plus bel éloge. Voici à quelle occasion. Un incendie affreux éclata à la Basse-Ville dans l'été de 1682, et causa une consternation générale, car toutes les maisons, qui étaient de bois furent consumées, à la seule exception de celle de M. de la Ches-

(1) M. de Gallipet était Major de Québec en 1698.

(2) Il paraît qu’il n’y a rien de bien certain sur l’origine de ce surnom de Gaspé. Voici l'opinion de M. Philippe Aubert de Gaspé, l’auteur si admiré des ‘{ Anciens Canadiens, ?” à qui nous demandions dernièrement quelques renseignements sur sa famille : ‘Je ne puis préciser en quelle année Charles Aubert, fils de Jacques, prit le nom de la Chesnaye.... Le premier Aubert de la Chesnaye portant letitre de Gaspé, était le fils du précédent, qui s’était marié en 1664. Un autre sieur de la Chesnaye combattait aux Tuileries pour la défense de la famille royale, le 10 août 1792. On sait que les cadets des anciennes familles françaises prenaient souvent le nom des fiefs ou seigneuries octroyés à leurs pères, et c’est une tradition dans ma famille que le nom de Gaspé nous a été transmis par un de nos ancêtres, propriétaire d’un fief dans le districl de Gaspé. ”? |

naye.”’ Dieu lui conserva sans doute ses biens, ajoute la Sr. Juchereau de la Ferté, afin qu'il pût aider ses concitoyens à bâtir. C'était un très-riche marchand qui avait l'âme noble et généreuse, et qui épuisa ses fonds pour prêter à tout le monde, de sorte qu'il n’y a presque aucune maison à la Basse-Ville qui ne lui soit redevable. ”

On se rappelle que M. Basire, autre riche marchand de Québec, s'était attaché à faire l’aumône la plus agréable à Dieu, en procurant l'instruction à des enfants sans ressource. Au reste, un simple coup-d’œil sur nos Régistes suffit, pour nous faire voir que la sollicitude de ces premiers seigneurs et marchands du pays, ne se bornait pas à leurs intérêts de négoce, ou au défrichement de leurs terres. Outre les noms déjà cités, il faut voir comme les Juchereau, Seigneurs de Beauport, (1), les Toupin Dussault, (2) père et fils, premiers seigneurs de Belair, les Langlois, premiers seigneurs de St. Jean Port-Joly, les Lessard des Eboulements, les Hamelin des Grondines, cte., tenaient à venir payer pour leurs enfants. Il est vrai qu’ils donnaient l'argent de l’époque : blé, pois, beurre etc. etc ; mais leur zèle n'en paraissait que mieux,

Une autre famille dont le zèle pour l'éducation s’est transmis de génération en génération pendant deux siècles est celle des Guyon qui s’est ramifiée sous les noms de Guyon du Buiss», Guyon des Prés &c. Nous trouvons constamment ces noms sur nos Régistres, ainsi que ceux des Delles. Couillard, leurs tantes et leurs cousines.

Cette famille origina dans le pays par l’ailliance de M. Guyon des Prés avec Mile. M. Madeleine Marsollet, (1) une des trois filles du valeureux interprête de ce nom.

(1) Dans le cours de l’année 16 , Mile de Beauport, selon notre Récit, envoyait au Monastère une chaloupée de pierres de sa seigneurie, en paiement de la pension de sa nièce, Mlle. de Lauson.

(2) En 1668, M. Toupin donna sa fille en marriage à M. Monette de Moras, officier dans les troupes. Plus tard, Mlle. M. Térèse de Moras épousait M. Beaubien, seigneur de la Rivière du Loup (en haut), et veufde Mlle. Godefroy de Linctot. Sa seconde femme lui apportait comme dot l'ile de Moras dans la rivière Nicolet, aujourd'hui la propriété de leur petit fils. Note de M. l'Abbé Fe;land.

(1) Mile. Louise Marsollet épousa M. Le Mire, et Marie, M. Damour des Chaufours,

Plusieurs petites-filles de Mme. Guyon des Prés (1) furent religieuses dans cette maison et ailleurs; mais aucune d'elle n’a atteint l'âge de sa respectable aïeule, qui mourut à Beauport en 1734, âgée de 90 ans.

Donnons ici en passant un échantillon des transformations qu'ont souvents ubi en Canada les noms de famille, transformations qui par temps font le désespoir des généalogistes canadiens, Ce nom de Guyon par exemple tant par les surnons que l'orthographe, est devenu à peu près méconnaissable. C'était donc Guyon dans le principe. ÆEh bien! dès 1667, c'était M. Claude Dion, qui plaçait au pensionnat ses deux filles; plus tard M. ‘“ Quion ” venoit présenter sa fille au Monastère. Notre aumônier actuel nous dit qu’il n’y a que peu d'années qu’il a découvert que c'est des Guyon que vient une propriété très-étendue, à Beauport, que l'on désignait sous l’appelation de Champ des Dion, Chandelion (2) etc. etc.,

(1) En 1692, Mile. Elisabeth des Prés qu’on appela depuis Mme. de Martigny, épousa à Québec M. Lemoine fils de Jacques et neveu de Charles de Longueil; Geneviêve épousa en secondes noces M. Chavigny de la Chevrotière: Térèse, M. de Lamothe-Cadillac, fondateur du Détroit, et Louise, M. Damour des Chaufours.

(2) Nos lectrices ont bien des fois entendu parler de ‘ Foi et hommage ;’’ peut-être seront-elles curieuses de voir un échantillon de la formule usitée en ces rencontres, sous le régime féodal.

& Foi et hommage de Jean Guion au EAMBDMSE de Beauport; Robert Giffard, le 30 Juillet 1646.

4 En la presence et compagnie de Guillaume Tronquet, commis au- Greffe et tabellionage de Québeq, en la Nouvelle France, Jean Guion, habitant de la Nouvelle France, demeurant en sa maison du Buisson, s’est traneporté en la maison Seigneuriale de Beauport, et à la principale porte et entrée de la dite maison, où estant le dit Guion aurait frappé et serait survenu François Boullé, fermier du dit Seigneur de Beauport, auquel le dit Guion aurait demandé si le dit Seigneur de Beauport était en sa maison seigneuriale de Beauport ou personne pour lui ayant charge de recevoir les vassaulx à foy et hommage; à quoy le dit Boulé auroit faict response que le dit Seigneur n’y estait pas, et qu'il avoit charge de luy pour recevoir les vassaulx à foy et hommage. Après laquelle response et à la principale porte le dit Guion s’est mis un genouil en terre, nud têste, sans épée ni esperons et a dit par trois

La longévité des premiers habitants de notre pays est remarquable. La plupart des élèves du premier siècle de notre Monastère ont vu grandir leurs enfants et leurs petits-enfants jusqu'à la quatrième génération. Nos Régistres sont aimables en ce point, car en inscrivant le nom des enfants, ils désignent ordinairement celui de leurs mères. Citons encore un exemple ou deux de cette longévité patriarcale.

En 1742 vivait Mlle. Marguerite Le Gardeur de Tilly, (1) que M. le Gouverneur de Courcelles plagait au pensionnat en 1668. Quelque temps après sa sortie du pensionnat, Mile, de Tilly avait épousé un officier du régiment de Carignan, le Capitaine Joseph Le Gouës de Grey; mais bientôt elle eut la douleur de rester veuve, avec une fille à élever. M. Pierre de St. Ours, Seigneur de l’Echaillon, s’offrit alors à être le père de cette jeune orpheline, et de fait, ayant éprousé Mme. de Grey, ii fit instruire la jeune Charlotte avec autant de soin que ses propes enfants, et

fois ces mots: monsieur de Beauport, monsieur de Beauport, monsieur de Beauport, je vous faict et porte la foy et hommage que je suis tenu de vous faire et porter, à cause de mon fief Du Buisson duquel je suis homme de foy relevant de votre Seigneurie de Beauport, vous déclarant que je vous offre payer les droicts seigneuriaux et féodaux quand deubs seront, vous réquérant me recevoir à la dite foy et hommage. " Documents de J. B. Faribault Ecr:

Notre Communauté doit à ce laborieux et intelligent citoyen de Québec plusieurs papiers d’un haut intérêt, et le pays lui est redevable de beaucoup de recherches historiques.

(1) Les Dlles. de Tilly furent toutes remarquables par leurs belles qualités et leurs hautes alliances. Catherine fut l'épouse de M. de Sorel, qui a donné son nom au fort sur la rivière Chambly; une autre épousa M. des Bordes de Landrief, officier du garde-corps de Louis XVI, et chevalier de St. Louis; il hérita du duc d’Aremberg dont il fut aide-de-camp, l'Hôtel d’Aremberg, à Paris.

Parmi les officiers supérieurs de la Marine, on conserve le souvenir du Comte de Tilly, qui émigra à la Conquête, et dont les descendants existent encore en France. Tout récemment, notre historien du Canada, M. Ferland, recevait une lettre du Comte Alfred Le Gardeur de Tilly.

l'introduisit dans la famille de Longueil, en lui faisant épouser le fils aîné du Baron.

Dans un pays comme était le nôtre au temps passé, où l’on ne mourait que de vieillesse ou par accident, mais aussi, où les accidents étaient si fréquents, il y avait, ce semble, un touchant patriotisme dans cette attention à ne pas laisser d'orphelins. Ces alliances répétées, où régnait une si parfaite charité entre le beaupère et les enfants d'adoption, nous paraissent un beau témoignage en faveur des mœurs de l’époque.

Mme. de St. Ours, restée veuve une seconde fois, épousa en troisièmes noces le premier Baron de Longueil qui, malgré les soins les plus assidus, mourut deux ans après, âgé de 73 ans. On fit de magnifiques funérailles à cet illustre défunt ; (1) sa veuve se retira au Château de Longueil, auprès du second Baron et de la jeune Baronne sa fille, où elle vécut jusqu’à l'âge de 85 ans.

Mlle. M. Anne Becquard de Grand’Ville, fille d’un officier du Régiment de Carignan, qui se trouvait au Monastère quelques années après Mile. Le Gardeur de Tilly dont nous venons de parler, poussa encore plus loin que cette dernière sa vigoureuse existence, puisqu'elle atteignit sa quatre-vingt-douzième année. Elle avait épousé le Chevalier Pierre-Jacques de Joybert-Marson, seigneur de Soulanges (actuellement les Cèdres, près de Montréal). Sa fille, Mile. Geneviève de Joybert-Marson, dont nous avons déjà donné le nom, devint en 1728, l'épouse de Paul-Joseph Lemoyne, frère du second Baron.

Lorsque le Chevalier Lemoyne était Major de ville à Québec, c'est-à-dire en 1752 et les années suivantes, sa dame et ses demoiselles entraient souvent au Monastère, et c’est à l’occasion d’une de ces visites que notre Récit nous offre les lignes suivantes. “ Y avait-il quelque désastre public, incendie, naufrage ou misère quelconque, Mme. de Longueil faisait avec ses filles la quête à l’église ou au salon, et cette véritable amie des pauvres trouvait toujours moyen d'apporter secours aux malheureux.” Cette vie

(1) La douce et pieuse Charlotte de Grey, délicate de santé, ne survécut que trois ans à sa mère. Elle mourut à Longueil en 1746 âgée de 49 ans.

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de bonnes œuvres et de mérite fut beaucoup trop courte au gré de tout le monde ; elle dévança de cinq mois dans l’éternité sa bonne mère, qui mourut en 1767.

Ajoutons encore ici un nom qui nous dira que nos bonnes grand’mères, tout en ayant le secret de vivre longtemps, en menant une vie sobre, frugale et active, travaillant le jour et se reposant la nuit, avaient aussi celui de garder jusqu’à la fin leur amabilité. Il s'agit de Mile. Dumaiïs, pensionnaire à nos classes en 1715, et qui devint plus tard épouse de M. Robineau, Baron de Portneuf. Veuve, elle entra à 79 ans, en qualité de pensionnaire, à l'Hospice dirigé par Mme. d’Youville, et si nos lectrices désirent savoir comment elle y passa ses derniers jours, qu'elles lisent les lignes suivantes : ‘Nous avons ici en pension une dame, veuve de Messire Robineau de Portneuf, âgée de 81 ans, qui jeûne et fait maigre tous les jours commandés, et travaille comme nous pour le bien des pauvres, quoiqu'elle paye sa pension. Elle est charmante pour sa grande piété et sa belle humeur. ”

Qu'il fait bon de se reporter à cet ge d’or de la colonie, où notre bon peuple ignorait le faste des richesses et les pitoyables raffinements de la vanité moderne, qui creusent sous les pas des générations des abîmes qui les engloutissent si rapidement !

Mlle. Jeanne Baby mentionnée dans la liste qui précède, était petite-fille de Mlle. Jeanne Dandonneau du Sablé, élève qui se trouvait au pensionnat vers 1666. Cette dernière avait énousé en 1670 ‘ honnorable homme Jacques Baby, officier du régiment de Carignan. ” C’est là l’origine des nombreuses familles Baby et Casgrain. Trois des petits-fils de cet officier de Carignan, Louis, Antoine et Jacques Dupéron (Baby), séjournèrent longtemps dans le Haut-Canada, où ils faisaient le commerce des pelleteries avec les sauvages ; leur principale station était le Détroit. Nous pensons que c’est à l’histoire d’un grand nombre de gentilshommes sous la domination française et après la conquête.

A l’époque des guerres qui précédèrent la prise du pays, les commandants du fort Duquesne confièrent aux frères Dupéron, à plusieurs reprises, le commandement de troupes et de partis de sauvages, à la tête desquels ils se distinguèrent. Une branche

de la famille Baby s'établit définitivement à Sandwich, Haut- Canada, dans le voisinage de l’ancien fort du Détroit, quand ce fort passa aux mains des Américains, en 1812. Un observateur étranger qui de nos jours visite les environs de ces deux villes, demeure émerveillé de voir comme tout y est resté canadien et catholique.

Nous désirerions avoir une liste bien complète des nombreux officiers du régiment de Carignan-Salières : car c’est là que la populatio1 actuelle du pays a puisé en grande partie les sentiments si éminemment patriotiques et religieux qui !’ont toujours distinguée. Nos lectrices doivent avoir tout frais à la mémoire l’arrivée splendide du Marquis de Tracy en 1665.

Quant aux Diles Térèse Gauthier, Térèse Racine, M. Anne Le Blond, Anne Roy, Michelle de Villeneuve, M. Jos. Parent, Térèse Bedard, Marguerite Gravel, Geneviève Lemieux, de Rainville, Cartier, Joseph M. Riverin, Barbe de Beaulieu, des Auniers, Brassard, Auclair, nous n'avons pas les données suffisantes pour constater que ces anciennes élèves, et un grand nombre d’autres nommées dans la liste, soient alliées aux nombreuses familles qui se trouvent si bien connues dans le pays au temps où nous vivons, maisla chose est très-probable. On sait qu’Ant. Brassard concédait une terre sur les Plaines d'Abraham en 1647, et que plus tard, presque tous ses descendants se sont établis dans le district de Trois-Rivières et de Montréal ; que Guillaume Gauthier concédait au même endroit en 1615, ainsi que Pierre et Gervais Normand en 1647: Jean Lemire avait aussi pris une concession vers le même temps. François Kacine était établi sur le trrrain des Ursulines, rue St. Louis, en 1718. Ce qui nous fait appuyer sur ces détails, c’est que nous regardons comme une grande bénédiction de descendre de ces anciennes familles ; car le sentiment du travail, et l’attachement à Dieu et à la patrie, étaient poussés jusqu’à l'héroïsme par chacun de leurs membres. Tout ce que nous pouvons connaître et apprendre de ces ancêtres doit être un fort encouragement à tenir une conduite sans reproche.

Sur les anciens papiers concernaut la ville de Québec, nous rencontrons fréquemment le nom de la famille Auclair, dont une

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branche à occupé longtemps une maison située sur notre terrain, vis-à-vis l'Esplanade. Que dire des autres noms cités ici ? Quel est celui qui connaît un peu le district de Québec et qui n'ait remarqué avec quelle abondance le bon Dieu a répandu sur ces familles les bénédictions d'Abraham, d’Isaac et de Jacob ? Espérons que l'Histoire de ce petit peuple qui vint, il y a plus de deux cents ans, sur les bords du St. Laurent, et qui s’y est maintenu malgré tout, se complètera sous peu dans tous ses détails ; alors chacun pourra savourer avec délices les souvenirs du passé.

Nous suivons avec interêt le mouvement qui se fait depuis quelques années chez plusieurs familles: que toutes les autres les imitent dans leurs recherches historiques, car autant que nous en pouvons juger, il y a peu de familles en Canada qui aient à rougir de leurs ancêtres. Nous reviendrons sur ce sujet quand nous parlerons de ce qui a suivi la conquête du pays en 1759. Il ya plusieurs noms dont nous ne parlons pas dans ces petites notes, vû qu'ils se trouvent dans les notes un peu plus longues que nous mettons à la fin de ce livre sur certains noms historiques, ou qu’ils se rattachent d’une manière ou d’une autre à différentes parties de cette Histoire.

Quelques #illeules D'une ercellente Marraine,

Disons quelques mots de nos découvertes récentes au sujet des filleules de Mme. de la Peltrie ; car voici bientôt le temps où elles ne pourront plus être de ce monde sans dépasser évidemment les bornes de la vie humaine. En attendant, profitons de l’occasion de répéter le nom de notre chère et honorée Fondatrice,

Nous avons déjà fait connaissance avec Mile. Marie-Madeleine de Chavigny, cette aïeule vénérée des Lemoine de Monière et Lemoine des Pins, dont la postérité s’est étendue considérablement, comme la plupart des anciennes familles du pays.

Mlle. Marie-Madeleine Hertel est une autre filleule qui ne se contenta pas de reproduire le nom de sa bonne marraine, mais qui sut aussi en imiter les vertus. Placée au pensionnat dès 1650, elle y resta jusqu'à l'accident funeste qui termina les jours de son père, M. Jacques Hertel, célèbre interprète des sauvages, M. de

St. Quentin étant devenu beau-père de la jeune M. Madeleine, la ramena au pensionnat en 1656, ‘“ Mme. notre digne Fondatrice, dit le Régistre, ayant remis au pensionnat sa filleule, ”

À sa sortie du Monastère, Ule. M. Madeleine Hertel épousa M. Pinart, chirurgien de la garnison. On dit que sa bonne marraine assista à ses noces ; toujours est-il qu’elle continua de s'intéresser à sa filleule, et qu'elle lui aida grandement à faire instruire sa famille.

On sait déjà que la protection de Mme. de la Peltrie valut toute une fortune aux Dlles. Macart, devenues si tristement orphelines. L'aînée qui se trouvait au pensionnat en 1658, “ par la charité de Mme. de la Peltrie,”’ devint comme on l’a vu, l'épouse de M. Basire, le plus riche marchand de Québec. En 1700, mourait Marie-Madeleine, épouse de M. Charles Cadieu de Courville, qui faisait valoir ses terres avec ‘“ toute l'application et l'indépendance d’un patriarche.” (1) M. de Courville survécut près de seize ans à sa femme, et mourut âgé de près de cent ans.

Geneviève Marcart était devenue Marquise, par son mariage en secondes noces avec M. Charles d’Alogny, Marquis de la Groix ; la quatrième Dlle. Macart s’allia à la famille de Repentigny.

Une autre filleule dont nous n'avons encore rien dit était Mlle. Françoise de la Haye, qui se trouvait au pensionnat vers le temps de la mort de sa bonne marraine. Elle était fille d’un sieur de la Haye, du Régiment de Carignan, qui vint avec un de ses fils en Canada, où tous deux s’établirent.

Une des familles resta à Québec jusqu’à la Conquête ; l’autre se fixa À Batiscan, où elle est encore, ayant conservé intact le bien paternel. On y garde précieusement la carabine de l’ancien officier du Régiment de Carignan, et un sac de grosse toile française, contenant des correspondances et autres papiers de l'ancien temps.

(1) La propriété de M. de Courville se trouvait dans les environs de la chûte de Montmorency, où une côte porte encore son nom. Cette côte est devenue célèbre par la défaite qu'on y fit subir aux Anglais le 31 juillet, 1769,

Comme trait de mœurs, nous dirons qu'après la Conquête, un fils du premier de la Haye qui en bon militaire aimait l’eau-devie de France, s’abstint entièrement de l'usage des boissons spiritueuses, ne voulant pas, disait-il, s’empoisonner de l’eau bénite des Anglais ; et quand son couteau français fut usé, il se fit lui-même une ombelle (couteau monté en bois), ayant en horreur les couteaux de fabrique anglaise.

Les familles des La Haye, si nombreuses à Batiscan et aux environs, descendent de celles que nous venons indiquer. Les Laframboise, les Quesnel, les Blondeau, du district et de la ville de Montréal, sont alliés aux de la Haye par les femmes.

in dernier Adieu aux enfants de la foyet,

Avant de voir entièrement s’cffacer du Monastère les traces des propriétaires primitifs des immenses forêts de notre Canada, au’il nous soit permis de leur dire un petit mot d’adieu, et de nommer au moins les dernières élèves sauvages qui formèrent une classe séparée après 1700. Les voici :

M. Françoise et Marie-Catherine, Montagnaises ; — Marie-Anne et Louison, Abénaquises ; —Anne-Françoise et Rosalie, Abénaquises ; —Marguerite, fille de Madeleine l’Iroquoise ; —Fanchonette et sa sœur Manette, Abénaquises ; —Madeleine et Jeannette, Montagnaises ; — Marie-Agnès, Abénaquise, et aussi Térèse Haouendi. Cette dernière est renommée comme fille d’une grande vertu ; elle fit dans la suite les fonctions de catéchiste parmi les siens.

Assistons maintenant à la pieuse mort de deux petites filles des bois, qui furent les dernières à s'envoler ‘ du Monastère au Ciel.”

MHonitille Abénaquise,

Après son baptême, Domitille avait paru changer de nature sous l'opération de la grâce. ‘“ Elle était depuis longtemps au ‘ Séminaire,” dit le Récit, quand elle fut attaquée de sa maladie mortelle au printemps de 1701. Quoiqu'elle fût à peine âgée de neuf ans, son confesseur ne balança pas à lui faire faire sa première communion en viatique. Cette petite fille de la forêt nous a donné,

surtout à ses derniers moments, des marques d’une piété qui surpassait son âge. Etant alors dans notre infirmerie, les religieuses l’entouraient sans cesse, et voyant la joie qu’elle avait de mourir, elles lui disaient agréablement : ‘ Tu veux donc mourir, Domitille tu veux aller voir le bon Jésus ?”’—Oh! oui, mère, répondait-elle d’une voix éteinte en faisant effort ; oui, Domitille veut s'en aller bien vite, afin de voir Jésus et Marie dans le ciel ! ”

4 Son mal, qui était une hydropisie, la faisait cruellement souffrir mais elle garda son jugement libre jusqu’à la fin, répétant avec une ferveur d’ange les prières que l’on faisait auprès d'elle. L'infirmière cessait-elle un instant de réitérer les invocations, elle disait avec l'accent d’une suppliante : “ Mère, prie encore, prie encore, et fais prier pour Domitille ! ” C’est dans ces sentiments qu’elle s’envola au ciel. ”?

Dacqueline de Chicoutimi,

Vers le temps de la mort de la petite Domitille Abénaquise, le chef des Sauvages de Chicoutimi venait présenter à nos Méres sa fille Jacqueline, âgée de 12 ans. ‘“ Il semble que la Providence ne l’eût amenée à notre maïson que pour la préparer au grand voyage de l'éternité. Six mois après son entrée, elle fut prise des écrouelles, et languit longtemps comme une pauvre victime dévouée à la souffrance. Toute l’habileté de notre médecin, (M. Sarrazin }, n’eut d'autre résultat que de prolonger son martyre. Jacqueline comprenant bien qu’elle s’approchait de la mort, demanda à faire une dernière confession, ce qu’elle accomplit avec une grande présence d'esprit. Peu après, ses souffrances s’accrurent avec un redoublement de fièvre si violent que, pendant trois semaines, elle fut dans un délire continuel. Nous aurions beaucoup souhaité la faire communier en viatique, ajoute le Récit; mais nous n'avons pu que lui faire administrer l'Extrême-Onction.”

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